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LES CRISES NITRITOIDES DU SYSTEME NERVEUX

Ces accidents nous semblent relever d’une pathogénie mixte ; c’est pourquoi nous les rapprochons de la crise pancréatique que nous venons de décrire. Nous n’insisterons du reste que fort peu sur eux, car il semble qu'ici l’accident vaso-dilatateur, s’il existe sûrement, est rapidement masqué par des phénomènes d'activation syphilitique qui dominent le tableau clinique.

L’apoplexie séreuse, le grand accident nerveux du 914, a été amplement décrit et étudié ; nous renvoyons pour sa description clinique et son étude pathogénique détaillées à la thèse du Docteur Skwirs«y. Cet auteur admet qu’il s’agit d’une crise nitritoide localisée au cerveau, et en rapport avec des lésions antérieures syphilitiques ou autres du système encodrino-sympathique. Cette pathogénie semble, en effet, bien établie, mais ne paraît plus suffire à elle seule à expliquer l’évolution si particulière des accidents. Au facteur toxique, il semble en effet devoir s’ajouter, si nous rapprochons ces faits de notre observation précédente, un élément biotropique direct. « Il est très possible, dit M. MirrAN, que l’apoplexie séreuse relève d’une invasion de la syphilis dans les territoires cérébraux, principalement dans les centres vaso-moteurs. »

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Comment se présente schématiquement le tableau clinique de l’apoplexie séreuse ? Après un intervalle de latence de trois jours, survient une véritable crise nitritoïde avec facies congestionné et tuméfié, malaise général, céphalée intense dès le début. Dans les délais habituels, cette crise s’amende ; mais l’état général s’aggrave : le facies est grippé, péritonéal, un syndrome surrénal aigu s’installe et les phénomènes nerveux apparaissent, à la céphalée devenue très violente, s’ajoutent des convulsions épileptiformes qui traduisent l’atteinte cérébrale.

Si donc les symptômes du début relèvent nettement de la vaso-dilatation, il paraît bien évident que celleci cède rapidement ; et alors l’analogie avec le cas précédent devient frappante : les accidents, au lieu de s’amender, s’aggravent ; la localisation seule en diffère. L’hypothèse d’une encéphalite syphilitique aiguë par activation biotropique semble donc bien justifiée ; d’autant plus qu’il s’agit souvent de malades ayant un système nerveux antérieurement touché par la syphilis, ces lésions expliquant à la fois la localisation de la vaso-dilatation nitritoïide du début et l’activation du tréponème à leur niveau. Cette hypothèse aura une conséquence thérapeutique intéressante, comme nous le verrons plus loin.

Les autres crises nitritoïdes localisées au système nerveux qui ont été décrites semblent bien relever d’une pathogénie mixte analogue.

Nous rapporterons une observation de M. GOUGEROT, concernant une forme radiculalgique et paraplégique :

Il s’agit d’un malade de 45 ans, syphilitique depuis cinq ans, porteur de syphilides, avec Wassermann partiellement positif. Il n’a pas d’atteinte nerveuse cliniquement appréciable. Il reçoit 0.15, 0.30, 0.45 de novarseno-

benzol sans incidents, sauf une légère rougeur de la face durant deux à trois minutes. A la dose de 0.60, il fait une crise nitritoïde moyenne du visage et des douleurs vives dans les quatre membres, surtout dans les jambes, le long des sciatiques. La crise faciale ne dure que cinq minutes, mais les douleurs persistent si intenses que le malade marche difficilement : de plus les jambes fléchissent sous lui, il y a parésie. L'examen du malade couché montre la diminution de la force musculaire des membres inférieurs, les réflexes sont diminués, il y a de l’hyperesthésie cutanée, le réflexe cutané plantaire se fait en flexion. Cette paraplégie va en se précisant dans les heures suivantes. Elle persiste 4 jours, en s’améliorant jusqu’à guérison complète, alors que les douleurs ont cédé en deux jours.

Dans cette intéressante observation, l'accident vasomoteur général avec prédominance dans un territoire nerveux déterminé ne peut être mis en doute; à lui seul, il peut expliquer la rapidité d'apparition des phénomènes nerveux. Il semble possible, cependant, que chez cet ancien syphilitique, se soit surajoutée, dans le territoire des phénomènes vaso-dilatateurs, une activation rapide du tréponème expliquant la persistance des accidents pendant quatre jours.

= Nous rapprocherons de ces faits l'observation, publiée par MM. MicraN et PÉRIN, d’une malade faisant, au moment d’une injection de novar, une crise nitritoide atténuée avec atteinte du moteur oculaire commun, se traduisant par une paralysie de l’accomodation ; cette paralysie se manifesta cliniquement par une crise de myopie subite qui s’améliora dans la suite.

Comme on le voit, dans ces faits, l’accident vasodilatateur n’est pas pur; mais il existe, et a la valeur d’un véritable agent d'appel, en un point déterminé, d'accidents plus complexes.

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