‹ Les crises nitritoïdes localiséesChapitre 26 sur 28 · LOCALISATIONS ARTICULAIRES ET CUTANEES · texte numérisé non relu

LOCALISATIONS ARTICULAIRES ET CUTANEES

Nous ne voulons pas terminer cette énumération des faits cliniques observés touchant les crises nitritoïdes localisées, sans signaler encore une observation de M. GOUGEROT qui constitue une véritable forme articulaire. Mais, ici encore, les accidents semblent mixtes : nitritoïdes et biotropiques associés :

Ur malade de 32 ans syphilitique secondaire insuffisamment traité présente de la céphalée persistante nocturne. Il recoit du 914 à doses croissantes bien tolérées d’abord ; puis 0.45 (répété deux fois), il fait une crise nitritoïde céphalique légère de cinq minutes. Mais elle s’accompagne de douleurs très vives dans les genoux, pieds, épaules, coudes, mains ; les articulations sont douloureuses, non tuméfiées. Après 1 h. 30, les douleurs diminuent, mais les articulations des genoux et des poignets sont le siège d’un léger œdème. Ces fluxions polyarticulaires durèrent deux jours. Huit jours après, nouvelle injection de 0.45 après adrénaline suivie aussi d’une poussée poly-articulaire durant 3 jours.

Le malade est de famille goutteuse, mais il n’a jamais eu de rhumatisme, ni de goutte caractérisée ; cependant il accuse quelques vagues douleurs antérieures.

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Voici donc un fait à rapprocher des précédents; à la crise vaso-motrice du début s'associe une poussée poly-articulaire ; sans doute, laccident circulatoire s'est-il localisé sur les articulations pour constituer un point d'appel à l’exaltation biotropique d’un virus à prédestination articulaire comme semblent l'indiquer les antécédents du malade.

Enfin, nous rapprocherons des crises nitroïdes localisées certains faits curieux qui peuvent s'expliquer par une lésion sympathique limitée à un territoire cutané. Nous voulons parler des urticaires localisés qui surviennent en un point fixe toujours le même. Chez un malade de M. MirraAN, chaque injection de 914 provoquait automatiquement l’apparition d’urticaire en divers points situés sur la partie antérieure du thorax, et uniquement sur ces points, toujours les mêmes à chaque piqûre. Il ne s’agit pas, certes, là de crises nitritoïdes à proprement parler, mais de phénomèênes en somme assez voisins et dont la répétition en un même point ne peut s'expliquer que par une lésion du système sympathique correspondant. Ces faits sont à rapprocher des érythèmes fixes de l'antipyrine. autre vaso-dilatateur qui produit des effets analogues dans un territoire que l’on peut supposer insuffisant quant à son innervation sympathique.

Enfin le 914 peut produire des poussées d’urticaire généralisé où l’on peut sans doute invoquer une pathogénie analogue, mais qui sont aussi parfois des accidents infectieux biotropiques.

Nous arrêterons là cette étude clinique des cas connus actuellement de crises nitritoïdes localisées. Nous avons cherché à dégager des faits simples, d’abord décrits, l’importance de la lésion antérieure du sym-

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pathique; en arrivant aux faits plus complexes, nous avons vu apparaitre en plus des lésions sympathiques, une atteinte surrénale, cliniquement évidente dans la plupart des cas. On ne peut donc s’empêcher d'établir une profonde analogie entre les formes localisées et généralisées de la crise nitritoïde ; les premières éclairent singulièrement la pathogénie des secondes. La crise généralisée ne constitue pour ainsi dire qu’une extension de l’inhibition à tout le système sympathicosurrénal; et, comme dans les formes localisées, il faut que ce système soit antérieurement lésé pour permettre à l’action toxique élective du 914 de se manifester à la faveur d’une insuffisance fonctionnelle du régulateur du tonus vasculaire.

L'importance de l’atteinte sympathique ressort de toutes les observations de grandes crises graves généralisées : chez un de nos malades, nous avons pu noter un grand livedo annularis généralisé; récemment MM. SÉZARY et LAYANIE ont observé après traitement au 114, une insuffisance surrénale accompagnée aussi de livedo et d’horripilation généralisés; cette prédominance de Pinhibition du sympathique les a tellement frappés, qu’ils ont qualifié ces phénomènes de sympathicoplégie. Les exemples pourraient être multipliés; mais tel n’est pas le sujet de ce travail : nous avons cependant voulu rapporter ces faits qui confirment notre conclusion pathogénique touchant la crise nitritoide généralisée.

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