BRÉVIAIRE NIVERNAIS
-rSi'-^/Jf de Seguiran (2), évêque de Nevers, me parloit
un jour du bréviaire de son diocèse, qui est {j^ ' l'ouvrage de M. Fontaine des Montées, l'un de ses plus dignes prédécesseurs.
Comme l'éloge de ce bréviaire avoit été fait, à juste titre, par tous les journaux du tems, lorsqu'il parut en 1727, je tâchai d'en répéter ce que j'en avois
(i) Cotte critique commence au 2^ feuillet des Notices Nivernaises (tome II), le i^r feuillet ayant été coupé, et comprend 3 pages manuscrites.
(2) M. de Seguiran, loo^ évoque de Nevers, descendait de l'ancienne famille Provençale des seigneurs d'Auribeau, du Boue de Vauvernargue, de St-Estève, etc., qui, depuis le ive siècle, s'étaient distingués tant dans la Robe que dans l'Epée et avaient même fourni des Baillis de l'Ordre de Malte. D'abord jésuite, il devint vicaire général de Mgr Dillon, évêque de Narbonne. En 1766, il fut nommé à l'Abbaye de Beauvais,puis devint, le 14 juillet 1782, coadjuteur de Mgr Tinseau, 99*= évêque de Nevers, « qui, dit Guyot Sainte-Hélène, ne aemandait pas de coadjuteur. » Il le remplaça à sa mort, survenue le 24 septembre 1782.
A propos de Mgr Tinseau, Guyot Sainte-Hélène ajoute : « Le diocèse de Nevers possédait un trésor dans la per-
lû. Mais M. de Séguiran prétendit qu'il étoit très aisé de faire beaucoup mieux : lui déclarant que je n'entendois rien à ces matières et n'y ayant pas d'apparences que je m'en mêlasse jamais, je le priai seulement de nous délivrer du Conditor aime Sidenmi qui se chante au premier dimanche d'avent, n'ayant jamais pu supporter les paroles de cet hjaune qui m'a tout l'air de ne passer qu'à cause du chant. Le Prélat me répondit qu'il le vouloit bien, si je pou vois faire mieux; comme il le disoit d'un ton à me picquer, je lui demandai huit jours pour le mettre à même de m'accorder ce qu'il me promettait, et le lendemain je lui portai tout noté à ma manière l'hymne qui suit : bien entendu que je ne m'étois pas couché.