‹ Les critiques et pamphlets de Guyot Sainte-HélèneChapitre 13 sur 24 · HYMNE POUR L'A VENT · texte numérisé non relu

HYMNE POUR L'A VENT

Surge, fit, Sion, propinqua Plenitudo temporum :

Germinat quem Virgo-Mater Filius de Spiritu, Est Redemptor nasciturus Mox egens homo-deus.

« sonne de son évêque. Peu ont donné mieux qne lui l'idée « de la simplicité et du zèle des apôtres. Il regardait ses « diocésains comme ses enfants. Député à une assemblée « du clergé, Louis XV, qui connaissait ses vertus, voulut « lui en donner un témoignage en lui adressant la « parole devant ses confrères : — Votre diocèse est donc bien « grand. Monsieur de Nevers ? — Non, Sire. — Je le croyais « bien plus étendu que tous ceux de vos confrères, puisque « vous n'avez jamais le temps de venir en ce pays-cy ! >>

(Guyot Sainte-Hélène. — Jean- Antoine Tinscau, gçf évêqut de Nevers, et Pierre VII de Séguiran. 100^ évoque de Nevers).

2 — Quem spoponderat Creator,

Dira juvans, mittere, Quem prophetœ, quem sybillœ Nuntiabant gentibus, Detegent lux, Stella, cantus Cœlitum in prœsepio.

3 — Experit judœa Regem

Gloria circumdatum, Cœca gens. Patri rex ille Parcituro se litat ; Œqua nostram punget hujus Vilitas superbiam.

4 — Vir dolorum natus, ipsis

Planget a cunabulis.

Vita cujus angor unus, Crux cubile funeris, Jam capax dolere, foeno Subjacebit sat bene.

5 — O puer, Gigas amoris

Quid tibi rependere !

Par refer', âmes amantem, Hœc agas quœ fecerit ; Non neges pro morte mortem., Pro corde cor Reddito.

6 — Ne sis infidus cavebis, Inquietus hic erit . :

Cum procul credes, repente Stabit ut fur ut leo ; Sanguinem suum reposcet, Damna dans aut gloriam.

y — Sempiterna sit parenti Qui pepercit laus deo, Non minor qui nos redemit Gloria sit filio, Tanta eu jus umbra fecit Par tibi sit spiritus.

M. de Seguiran me dit que cela pouvoit passer, mais que ce n'étoit pas du Santeuil (i). Je lui répondis que je ne lui avais pas promis du Santeuil, mais seulement du mieux ou moins mauvais que le Conditor aime Siderimi. Il mit l'hymne dans sa poche et me parla d'autre chose.

Plus loin Giiyot Sainte-Hélène parle des <^ Quatre derniers Evêques de Nevers » et voici ce qu'il dit de Guillaume d'Hugues, 98^ évêque.

« Guillaume IV d'Hugues (9 juin 1741), 98^ évêque « de Nevers, n'a pas laissé le même souvenir que « Jean-Antoine Tinseau, son successeur.

«Il me souvient que c'était un bien bel homme en « habits pontificaux, que sa figure indiquait un bien « bon homme mais en m.ême temps un bien pauvre « homme qui avoit pris party pour être Evêque « et qui n'en restait pas là, parce qu'il espérait « d'être Archevêque et qui, avec son peu d'esprit, « y est parvenu en se laissant men^r par le nez.

« Les dix ans que Guillaume d'Hugues passa « sur le siège de Nevers furent employés à tra- « casser les jansénistes.

« Pierre VII de Seguiran, ancien jésuite, vicaire

(i) J.-B. de Santeuil, poète latin moderne (1630-1697). composa pour le diocèse de Paris, Cluny et d'autres églises, de belles hymnes qu'on chanta jusqu'à l'introduction du rite romain.

« général à Narbonne, abbé de Landais en 1776. « Le 14 juillet 1782, on le donna^pour coadjuteur « à M. Tinseau qui n'en demandoit pas et devant « lequel il n'osa pas se présenter. Mais M. Tinseau « mourut et M. de Séguiran fut sacré le 7 janvier « 1783, prit possession par procureur le 19 du même « mois et arriva à Nevers le 17 avril suivant. Il « fut, en 1788, de l'Assemblée des Notables. Il vou- «lut, en 1789, maîtriser les Nominations aux Etats- « Généraux : il se fit haïr, détester. On répandit « contre lui des libelles infâmes, on voulut me les « attribuer. Je crus devoir lui écrire à cet égard. « Il me fit la réponse la plus honnête en me rendant « justice. Sa lettre se ressentoit toutefois du cha- « grin que ces pamphlets lui causoient, malgré qu'il « dit qu'il les méprisoit. Il mourut le vendredi « 3 avril 1789 et fut enterré le 9 à Saint-Cyr. Il « étoit alors nommé député aux Etats-Généraux « où il n'a pas été heureusement pour lui. »

Voici ce que dit M. Paul Meunier au sujet de Mgr de Séguiran et de Guyot Sainte-Hélène :

« I.e Nivernois fut, en 1787, doté d'une assemblée provinciale ; elle se réunit le 16 août 1788 dans la salle de la bibliothèque des Récollets, à Nevers. Elle se composait de Pierre de Séguiran, évêque de Nevers, président, et de onze membres, pris deux parmi les ecclésiastiques, trois parmi les Seigneurs, et six dans le Tiers-Etat {*).

« Le Président, Pierre de Séguiran, à qui cependant « rien de ce qui concernait l'administration n'était étranger » était détesté. On avait répandu contre lui des libelles infâmes : Personne ne tenait compte des hautes qualités dont cet abbé du Landais avait fait preuve dans

(*) Extrait d'une notice sur les 4 derniers Evêques de Nevers, par M. Guyot Sainte Hélène, Magistrat de sûreté du 3^ arrondissement de Paris — ajoutée à l'Histoire Sommaire des Evêques de Parmentier (manuscrit de l'abbé AUoury, chanoine de Saint-Cyr), pages 363, 364, 365, suivie de la table du volume par le même.

CRITIQUES El PAMPHLETS

le sein de l'assemblée provinciale du Berry. Son attitude d'homme d'Etat, cherchant à tracer une ligne de conduite à ses collègues, fut considérée comme de la violence. Il sera accusé «d'avoir voulu maîtriser les Nominations aux Etats-Généraux » et à sa mort, Guyot Ste-Hélène pourra dire qu'elle fut un bonheur, car nommé député aux Etats- Généraux, « il y serait allé, malheureusement pour lui.» « Ce Guyot Sainte-Hélène, avocat à Nevers, dont le talent de pamphlétaire était remarquable, s'était posé comme l'adversaire acharné du duc de Nivernais ; de tout ce qui touchait à l'administration ducale et de l'évêque de Séguiran. C'est dans ses écrits qu'il faut rechercher le véritable esprit du petit bourgeois aigri dans le cercle étroit de cette régie dont les gardes, les ofi&ciers et les hommes de loi couvraient la province • le souf&e est démocratique et s'adresse avant tout aux intérêts directs et matériels. De réformes touchant à ia politique générale du pays, il n'en est pas question encore. »

(Extrait de Paul Meunier. La Nièvre pendant la Convention, !«■■ vol., p. X-XIIl).

, Voici un document inédit sur Mgr de Séguiran, dernier évêque de Nevers :

« C'était un homme grand et de figure imposante. A son entrée à Nevers, c'était la coutume que tous les corps fussent à sa rencontre et qu'on lui offrît un bouquet à l'abbaye Saint-Martin. On fut mécontent de la manière dont il reçut ce bouquet.

<< Un jour de Fête-Dieu, il revint tard de son château d'Urzy, et ne trouvant rien de prêt de ses ornements pontificaux, il en demanda la cause à son chanoine, qui lui répondit que, n'ayant pas dit les deuxièmes vêpres, il ne pouvait faire la procession d'après la coutume du diocèse. L'évêque insista pour faire la procession et se fâcha fort ; mais n'importe, l'opposition fut telle que, de colère, il repartit sur-le-champ pour Urzy. >>

Le 4^ évêque était Monseigneur de Suffren, dont il sera parlé plus loin.

LETTRE d'un Plaideur du Nivernois

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