‹ LES CRITIQUES LETTERAIRESChapitre 172 sur 243 · DoRiNE, suivante dans la comédie du Tartuffe · texte numérisé non relu

DoRiNE, suivante dans la comédie du Tartuffe

3. Chrysale, dans la comédie des Femmes savantes: Agnès, dans V École des femmes; Henriette, dans les Femmes savantes; enfin Angélique, dans George Dandin,

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de vouloir contrarier en nous Topération de la nature? Ils prélendenl la réparer quand elle s*affaiblit ; nous rendre, avec des remèdes, nos forces qui s*en vont, et, selon l'expression de Lucrèce*, dont Molière est Télève^, cette matière que la nature n'a fait que nous prêter, qu'elle nous redemande pour d'autres usages, les médecins ont la prétenlion de la fixer, pour ainsi dire, de la faire durer et de l'éterniser en nous, llappelez-vous, à ce propos, le mot de Molière à Louis XIV, comme le roi lui demandait ce qu'il faisait de son médecin : <( Sire, nous causons, il m'ordonne des remèdes, je ne les fais point, et je guéris. » C'est l'idée qu'il se fait de la puissance de la nature et de l'impuissance de l'homme à lutter contre la nature qui a rendu Molière sceptique en médecine. Il ne croit pas plus au pouvoir des docteurs qu'à celui des confesseurs, et ses ironies contre les médecins procèdent, comme vous le voyez, du même principe que ses attaques à la religion. Joignez-y la leçon que nous donne le malade imaginaire lui-même, ce malade sans maladie qui fait souffrir autour de lui tous les siens et qui détruit, à force de remèdes, le peu de santé qui lui reste. Oh! le benêt, oh! le malpropre et vilain personnage, à qui la peur de la mort fait perdre jusqu'aux raisons de vivre, qui, parmi les remèdes qu'il fait, oublie de jouir de l'existence, c'est-à-dire de la nature, et qui n'en mourra pas moins, si même il n'en meurt plus tôt.

{Conférence faite au Ihédlre de VOdéon, sur l'École des femmes, le 22 novembre 1888.)

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