‹ LES CRITIQUES LETTERAIRESChapitre 179 sur 243 · Dans cette troisième partie · texte numérisé non relu

Dans cette troisième partie

boitaient l'une l'autre dans la première partie. Gil Blas désormais n'est plus seul en scène. Le tableau s'est comme peuplé à mesure qu'il s'agrandissait. Toutes les conditions,

— depuis le cuisinier d'un grand seigneur négligent jusqu'au ministre d'Élat qui soutient l'édifice de la monarchie, — au lieu de défiler tour à tour sous les yeux du lecteur, lui-eont proposées ici toutes à la fois en spectacle et en divertissement. Les figures qui venaient, dans les premières parties, l'une après l'autre, au premier plan, et là — oomme devant le trou du souftleur un comédien qui s'écouterait lui-même

— nous racontaient leur histoire avec l'esprit de Lesage, Tcculées maintenant au second ou au troisième, s'arrangent <iinsi selon les lois d'une perspective plus savante, par une conformité de plus avec la vie. Et c'est bien toujours le monde vu d'une antichambre, mais d'une antichambre de ,plain-pied, qui commanderait toute une longue enfilade d'appartements dont chacun, rempli d'une foule plus diverse et plus bigarrée, conduirait lui-même à un plus vaste et un plus magnifique.

{Études critiques sur l'histoire de la littérature française,

3® série, Lesage *.)

l'oeuvre littéraire du XVIII® SIÈCLE

Il n'est plus guère possible aujourd'hui de le contester : abaissement des caractères, appauvrissement de la pensée, dépérissement du style, tout cela vient du xvni» siècle : et non pas du xviu® siècle finissant, du xviii® siècle de Marmontel ou de La Harpe-, de Thomas^ et de Saint-Lambert S mais du xviii^ siècle dans sa gloire, étudié dans ses plus illustres représentants. Nul siècle n'a été plus complètement dénué de poésie : dans Voltaire lui-même, combien trouvera-t-on de vers qui partent du cœur, combien d'émotions vraiment vécues?

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