‹ LES CRITIQUES LETTERAIRESChapitre 46 sur 243 · La Sorbonne · texte numérisé non relu

La Sorbonne

4. 1 vol. in-12, Paris, librairie académique Didier; Perrin et C*.

NISARD (Napoléon^^Désiré)

De brillants débuts dans le journalisme attirèrent d'abord Tattention du public sur le talent de M. Nisard. Il fut ensuite appelé aux chaires les plus hautes de l'enseignement. Nisard a élevé à la gloire de notre langue française classique un véritable monuments en écrivant son Histoire de la littérature française, de laquelle ressort une admiration un peu exclusive pour un certain idéal de Tesprit français, dont le xviio siècle lui semble la plus haute expression. Ses Éludes sur les poètes latins de la décadence procèdent en réalité de la même doctrine littéraire. — Les appréciations de M. Nisard, exclusivement morales et littéraires, conçues dans une forme dogmatique, sont généralement absolues dans leur principe comme dans leurs applications. Il a défini lui-même sa critique dans le passage qui suit : « Elle s'est fait un idéal de l'esprit humain dans les livres ; elle s'en est fait un du génie particulier de la France, un autre de sa langue ; elle met chaque auteur et chaque livre en regard de ce triple idéal. Elle note ce qui s'en rapproche : voilà le bon; ce qui s'en éloigne : voilà le mauvais. »

Sainte-Beuve a dit, en parlant de Nisard, que son Histoire de la littérature française « devient, par nécessité, un procès continuel. Le critique-historien ne s'abandonne jamais au courant de chaque nature d'écrivain qu'il rencontre ; il la ramène d'autorité à lui, à son modèle ; il force plus d'un fleuve qui s'égarait à rentrer dans ce canal artiQciel dont il a creusé le lit à l'avance : il y a des branches rebelles ; elles sont sacrifiées. L'esprit français, à l'état d'archétype comme dans Platon , est censé présider en personne à cette histoire : selon qu'il se reconnaît plus ou moins dans tel ou tel écrivain qui passe, il l'approuve ou le condamne, il l'élève ou le rabaisse... Cette histoire sera donc à la fois, chjRmin faisant, un enseignement continuel, une exhortation au bien et au mieux, une correction et un châtiment du mal. » {Causeries du lundi, t. XV.)

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