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Il y a une autre sorte de critique * qui ne se pique point d'être un genre, et qui en refuserait Téloge. L'art de lire le» bons livres serait son vrai nom. Elle parle plus volontiers de ses plaisirs que de ses dégoûts; elle tient plus à nous faire aimer les beautés des livres qu'à nous rendre trop délicats sur les défauts des écrivains. S'il n'avait pas suffi, pour l'inventer, de la justesse d'esprit et de la candeur d'àme dans un homme de bien, je dirais de l'écrivain qui s'y est fait de nos jours une aimable célébrité, qu'il en a pris le modèle à Fénelon et à Rollin.
La critique est la faculté générale et dominante duxix® siècle. Elle a attiré à elle et gardé pour elle des talents qui avaient donné des gages éclatants à la poésie, au théâtre et au roman. Elle est l'âme de tous les ouvrages, elle est mêlée à tous les genres.
Appliquée à l'histoire des beaux-arts et au jugement des chefs-d'œuvre de la peinture^, elle a, dans des pages d'une justesse et d'une finesse exquises, tracé l'histoire des grandes écoles et appelé sur l'œuvre du plus doux et du plus expressif de nos peintres, Eustache Lesueur^, un retour de célébrité auquel est associé désormais son historien.
Nous avons, vers le milieu de ce demi-siècle, admiré comme auditeurs, et nous admirons aujourd'hui comme lecteurs, une brillante application de la critique'* à l'histoire de la philosophie. C'étaient de belles fêtes pour l'esprit que ces leçons, où l'exposition la plus lucide mettait sous nos yeux les quatre systèmes élémentaires nés des premières réflexions de l'homme sur lui-même, sensualisme, idéalisme, scepticisme, mysticisme; où la dialectique la plus pénétrante démêlait le vrai d'avec le faux dans chaque système, et combattait
1. Celle de M. Sii-vkstrede Sacy, rédacteur au Journal des Di'bats, reçu à TAcadémie française en 1854, auteur de deux volumes intitulés Variétés littéraires, morales et philosophiques (Didier, édit.). formes par quelques-uns de ses articles, écrits dans une langue pleine de pureté et d'atticisme.