‹ LES CRITIQUES LETTERAIRESChapitre 91 sur 243 · vol. in-12; Calmann-Lév y éditeur, Paris · texte numérisé non relu

vol. in-12; Calmann-Lév y éditeur, Paris

GEOFFROY (Julien-Louis)

Né en 1743, à Rennes, Geoffroy commença ses études dans sa ville natale, chez les jésuites, et les acheva au collège Louis-le- Grand. Après avoir été maître de quartier au collège Moutaigu, il débuta dans la littérature par une tragédie, la Mort de Caton, qui ne fut pas représentée. Professeur de rhétorique au collège de Navarre, puis au collège Mazarin, il se fit connaître, à partir de 1776, par des articles de critique dans V Année littéraire, où il succéda à Fréron qui venait de mourir. 11 collabora de 1781 à 1788 au Joitrnal de Monsieur et à VAmi du Roi, feuilles royalistes ; devenu suspect, il se cacha dans un hameau, où il exerça la fonction de maître d^école. En 1800, il fut chargé de la critique dramatique dans le Journal des Débats, alors Journal de l'Empire; enfin il publia en 1808 un Commentaire sur le théâtre de Racine,

Ses articles de critique dramatique ont été réunis en six volumes in-8o, sous le titre de Cours de littérature dramatique (1819- 1820).

L'âpreté de sa critique lui fit de nombreux ennemis, qui l'accablèrent d'épigrammes. Une entre autres lui assignait pour demeure la rue Geoffroy-l'Asnier.

Il répondit par le quatrain suivant :

Oui, je suis un ànier sans doute, Et je le prouve à coups de fouet Que j'applique à chaque baudet Que je rencontre sur ma route.

«Il manquait essentiellement de distinction, a dit Sainte-Beuve, mais il ne manquait ni d*esprit ni d'un certain sel. 11 a volontiers le style gros, l'expression grasse, mais en général juste et saine. »

Les extraits que nous empruntons au Commentaire sur Racine sont exempts de la violence que la polémique inspirait parfois au journaliste.

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