‹ LES CRITIQUES LETTERAIRESChapitre 99 sur 243 · Liarder, regarder ù un liard pour la dépense, être avare · texte numérisé non relu

Liarder, regarder ù un liard pour la dépense, être avare

détourne au profit de sa domination les maximes de sagesse qu'elle croit avoir puisées dans les livres. Armande dédaigne l'amour de Glitandre ; Bélise accepte un présent qui ne lui est pas offert; Philaminte use de son autorité de mère et condamne l'entraînement d'Henriette au nom de ses études. Elle ne veut pas d'un gendre mondain et frivole ; elle souhaite pour sa fille un homme cousu de grec et de latin, dont les doctes entretiens nourrissent dans la famille le goût des hautes spéculations. Le choix d'Henriette et de Ghrysale révolte Philaminte comme une insulte à la science, personnifiée dans Trissotin, et toute sa conduite n'est que la manifestation de sa colère. La composition de ce personnage ne soulève pas les mêmes objections que Bélise ; et en effet le type de Philaminte a souvent passé devant nos yeux. Seulement il déplaît à quelques-uns par son égoïsme ; mais ce reproche n'est pas fondé ; car lorsqu'une mère met la gloire du bel esprit au-dessus de toutes choses, elle doit traiter lestement le bonheur de sa fille.

(Portraits littéraires, t. II, Molière^,)

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