‹ Les critiques littéraires du dix-neuvième siècleChapitre 84 sur 223 · MOLIÈRE · texte numérisé non relu

MOLIÈRE

Aimer Molière... j'entends l'aimer sincèrement et de tout son cœur, c'est, savez-vous? avoir une gai'antie en soi contre Jbien des défauts, bien des travers et des vices d'esprit. C'est 'ne pas aimer d'abord tout ce qui est incompatible avec Mo- 'lière, tout ce qui lui était contraire en son temps, ce qui lui •eût été insupportable du nôtre.

Aimer Molière, c'est être guéri à jamais, je ne parle pas de la basse et infâme hypocrisie, mais du fanatisme, de l'intolérance et de la dureté en ce genre, de ce qui fait anathématiser et maudire ; c'est apporter un correctif à l'admiration même pour Bossuet et pour tous ceux qui, à son image, triomphent, ne fût-ce qu'en paroles, de leur ennemi mort ou mourant'*; qui usurpent je ne sais quel langage sacré et se

1. C'était le nioiiient ou Cuuneii.le penchait vers son déclin, avec Œdipe (1650), Seriorius (1663), Othon (1665), Agésilas (1666).

ii. « Boileau était un esprit dans le genre de La Bruyère : observateur fin, écrivain énergique et précis, peu propre aux grands mouvements, peu capable de longues inspirations, se plaisant aux détails, peintre qui n'aimait ([ue les petites toiles et qui n'avait pas assez d'haleine pour remplir les grandes. » (Nisakd.)

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