LAURENT, MARTIN
MARTIN, à la grille. Sans être pauvrement vêtu, il porte des habits dont la couleur et la forme remontent h vingt ans an moins.
Monsieur Armand Marlin?..
LAURENT, le faisant entrer.
C’est ici... Entrez... entrez, mon brave homme. M. Armand vient de sortir dans l’instant, mais si vous voulez l’attendre...
MARTIN
Ah I c’est contrariant qu’il soit .sorti, la, juste au moment... Je viens de Paris... de sa chambre, rue des Mathurins-Saint- Jacques... on m’a dit qu’il était à la campagne, à Auteuilj j’ai vite pris l’adresse, june voiture, et me voilà.
LAURENT
Monsieur ne tardera jieut-être pas à rentrer. Il est allé accompagner un ami jusqu’à restaiio?i.
MARTIN
Oui? Eh bien, mon garçon, tu vas prendre tes jambes à ton cou et courir après lui.
LAURENT
Courir?...
MARTIN
Tu lui diras qu’il y a ici quelqu’un... une personne... même deux personnes... (Laurent regarde autour de lui.) qu’if aura bien do plaisir à voir... et qu’il se dépêche de revenir.;. (Eonitiant dans ta bourse.) Tiens, voilà dix sous pour ta peine...
LAURENT, avec mépris.
Dix sous!... (il les met dans sa poche.)
MARTIN
Je vais faire descendre la petite... Une jeunesse qui est restée
dans le fiacre. (Il disparaît de scène un instant.)
LAURENT, à part.
Dix SOUS ! en voilà un drôle de bonhomme avec ses dix sous !.. Plus souvent que je vais me mettre en nage pour trouver Monsieur I...
MARTIN, rentrant avec Amélie.
Viens, Mélie... viens, ma fille...
LAURENT, i part.
Qu’est-ce que c’est que tout ce monde-là?
MARTIN, à Laurent.
Eh bien!.. pas encore parti? Allons donc, allons donc! mon garçon...
LAURENT, en sortant.
On y va, mon Dieu ! (Hausiant les épaules.) Dix sous, ah !