ACTE ni, SCÈNE II
LAURENT
Ah ! bon... un soutados !
EÉLICIEN.
Je les préfère !.. Cet animal a la fureur de m’offrir sans cesse les choses les plus chères.
LAURENT
C’est que Monsieur avait l’habitude autrefois...
FÉLICIEN
Ah ouiche ! les habitudes... il a fallu en rabattre!... Autrefois je ne regardais pas au prix... à la dépense... Aujourd'hui c’est différent... je calcule!..
LAURENT, à part, en iortant.
Quelle dégringolade !
FÉLICIEN, prenant le journal. .
Voyons le journal maritime. Je ne le regarde jamais sans que le cœur me batte. Arrivages : la Dorade, les Trots-Amis.,. ce n’est pas mon affaire! .. Hien non plus à l’article des colonies.
(il continue à lire.)
LAURENT , rapportant la chope et les cigares.
La chope et le soutados demandés... Quelle drôle de balançoire que la vie de ce monde !.. Dire que vous v’ià avec la capote et la casquette d'uniforme... vous que j’ai connu, il y a deux ans^ un lion fini!... Hein! vous souvenez-vous de notre petite maison d'Auteuil? C’est là qu’on la passait douce!... Qu’est-ce qui nous aurait dit que nous nous retrouverions un jour au Havre, vous, sous-chef de train, en attendant mieux ; moi, garçon à rhùtcl Britannique... en attendant que je m'établisse.
FÉLICIEN, posant le journal.
Avec ce que tu nous as volé, farceur.
LAURENT
Avec mes économies. Monsieur... le fruit de mes labeurs et de mes eipéculations... Est-ce que vous ne monterez pas vous reposer. . dans votre petite chambre du cintième?
FÉLICIEN
Me reposer!., j’ai bien autre chose à faire... J’ai d’abord à parler à quelqu’un que j’attends ici.
LAURENT, d'un air malin.
Oui, oui... connu... la filleule au vieux Martin, le commissionnaire d’en face... le père à mon ancien bourgeois... Du reste, une jolie jeunesse.
FÉLICIEN
Je l’aperçois, laisse-nous... et tâche de garder pour toi tes réflexions et tes airs malins !.. ou sinon...
CRIS, dans le catt.
Garçon ! garçon !
LAURENT
Voilà, Monsieur, voilà l (ii «ort.)