‹ Les crochets du pere Martin drame en trois actesChapitre 64 sur 74 · MARTIN, GENEVIÈVE · texte numérisé non relu

MARTIN, GENEVIÈVE

MARTIN

AhI ah! te voilà, la mère la soupe? Tu arrives joliment; j’ai fait une rude matinée, va ! ce soir, nous mettrons au moinscent sous dans la tirelire.

GENEVIÈVE

Si tu crois me faire plaisir!... tu t’éreintes, tu te perds la santé, et ça me saigne le cœur de voir ça.

MARTIN

Bah 1 quand j’étais rentier, j’engraissais, je tournais à la vieille bète... Voyons, faudra-t-il gronder la cuisinière, aujourd’hui?

GENEVIÈVE

Goûte-moi ce potage-1à, mon homme !

MARTIN, flairant la soupe et allant s’asseoir sur ses crochets, dont il fait

un banc.

Hum!., qué fumet!... un vrai potage de cordon bleui Le sous-préfet n’en a pas de meilleur! (ii se met à manger.)

GENEVIÈVE

Sans compter une chopine de bon vin que j’ai prise pour toi.

MARTIN

Du vin! du vin aussi! C’est trop, Geneviève, tu me gâtes! tu me gâtes 1

GENEVIÈVE, se plaçant près de lui.

Dame! faut bien te soutenir un peu... quand je songe à tout le mal que tu te donnes. Si tu m’avais écoutée, avec le peu qui nous restait, nous aurions mangé du pain, tranquilles dans un coin.

MARTIN

Et puis, dans quelques années, nous aurions été mourir à

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