BERNARD DE QUATREBARBES
— Mon cher Quatrebarbes, la chose est faite; mais je vais vous indiquer un expédient pour vous en tirer. Ecoutez-moi... (Quatrebarbes tendit les oreilles) demandez une audience au Saint- Père, et priez-le de biffer la signature qu'il a apposée hier au bas de votre brevet....
— Mon colonel, interrompit Quatrebarbes, vous vous amusez à mes dépens.
— Un tout petit peu. Parlons sérieusement; contentez-vous d'être nommé lieutenant.
M . de Quatrebarbes ne se souciait pas d'avancement, car il n'avait point, grâces à Dieu, besoin d'émoluments, et que, d'un autre côté, il s'était dit que, comme sous-lieutenant, il aurait eu également le droit de commander une section d'artillerie. Il n'aimait que ses canons. La seule récompense qu'il ambitionnait était de pouvoir pointer ces canons pour la défense du Saint-Père. Sur sa couche de douleur, il suppliait encore son père de ne permettre à personne de demander quoi que ce fût, en sa faveur; il avait l'air d'ignorer complètement tout ce qu'il avait fait d'héroïque et de grand, tant à à Nerola qu'à Monte-Rotondo, et d'oublier son pauvre bras brisé.
On n'a pas besoin de dire si sa compagnie aimait et estimait un officier si chevaleresque, quoique cette compagnie fût presque entièrement composée d'italiens et que cet officier fut un français. Bernard était également favorable à chacun de ses soldats et trèszélé pour leur avancement et tous les autres avantages qu'il pouvait leur procurer; il veillait et pourvoyait à tous leurs besoins avec une affection dc3