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jtoiiils, nous nous bornerons, puisque l'espace nous manque, à n'ajouter que quelques mots, avanid'enlrer dans les derniers événements de cette guerre et d'en clore l'histoire à Montana.
On vient dire à Bernard que la place a capitulé : il se trouve donc à la discrétion de l'ennemi. En ce moment, il se souvint peut-être de saint Louis, roi de France, devenu le prisonnier de la canaille traîtresse, selon l'expression de Joinville, son historien, et frappé par la peste sur le sol de Tunis. Bernard, dans sa captivité, apparut, assurément bien plus grand que lui-même; lentement usé par la souffrance, et plus grand aussi que dans ses heures de bonheur. Seul, éloigné de tous les êtres aimés de son cœur, tombé aux mains des nouveaux barbares, il s'abandonna tranquillement à son Dieu et à son Ange gardien. Ni en ce moment, ni depuis, jusqu'à son dernier soupir, il ne profera un seul mot qui ne fut d'accord avec la résignation la plus parfaite; il ne se plaignit même pas de la dureté avec laquelle Garibaldi lui défendit d'écrire de suite à sa mère : défense brutale, qui fut, un peu plus tard, trompée par la bienveillance d'un garibaldien français, le trop bien connu Virgile Estival. Au reste, le blessé ne fut point outragé et on le traita môme avec une sorte de courtoisie relative ; on alla jusqu'à lui donner, sans qu'il l'eût demandé, une chambre à part, afin de le soustraire aux lugubres horreurs de l'hôpital, rempli de malades impies et furieux, et desservi par des hospitalières dont la seule vue suffisait pour augmenter sa tristesse.
Le 4 novembre mit fin à la captivité, et Quatre-
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barbes eut riiiefTablo joie de voir au nombre des libérateurs cinq de ses cousins : un de Cliambourg, trois du Reau, et un Quairebarbes, lequel, blessé sur le cliamp de bataille, avait crié à ses camarades :
— Ne faites pas attention à moi, et marchez en avant! Vive Pie IX!
Ce Quatrebarbes était l'ami d'enfance de Bernard, ce cher Ivon, confident des joies de sa piété et dont nous avons déjà parlé. Quelle fie fut pas l'allégresse de Bernard, à la vue de tous ces jeunes hommes, dans les veines desquels coulait le sang de sa famille, sang dédié à la grande cause pour laquelle il en avait tant versé ! Tous ces parents s'entretinrent de la victoire de la sainte Eglise et de Pie IX, seule et suprême aspiration des sept années de service de Bernard : certes, dans ces moments -là, Bernard no ressentit pas les douleurs de ses plaies. Il rentra à Rome par le Tibre, sur un navire à vapeur envoyé par le ministre des armes, afin que les blessés fussent transportés plus facilement et avec moins de secousses. Le marquis, son père, était déjà arrivé à Rome, en toute hâte; le blessé se trouva donc alors au milieu de presque toute sa famille, mais plus encore lorsque survint sa tante, la comtesse d'Héliand, en compagnie de sa fille, bonne Sœur de Saint- Vincent-de-Paul, et d'Hermiaie, la propre sœur de Bernard. 11 ne manquait plus que sa mère, tendre et cher objet, nous dirons presque, de son culte; une double et douloureuse infirmité la retenait loin de son cher enfant.
Le lendemain de son arrivée, notre jeune héros voyait entrer dans sa chambre, à l'iraproviste.