‹ Les croisés de Saint PierreChapitre 15 sur 32 · BERNARD DE QUATR RIÎA RH E S · texte numérisé non relu

BERNARD DE QUATR RIÎA RH E S

Pie IX, dont lo vii-age rajonnaii dune cl )uceur souveraine, et qui s'avançait avec la bonté familière d'un père, qui s'approche du lit où son fils gît accablé par la souffrance. Bernard resta comme en extase devant celte auguste présence, écoutant ou, pour mieux dire, buvant les douces paroles qui enivraient ses esprits consolés, et, en ce moment, son cœur se réjouit de tout ce qu'il avait souffert pour le Vicaire de Jésus-Christ. Le Saint-Père ne se contenta pas de parler et de répandre dans l'âme de son croisé les plus délicieux encouragements ; il voulut voir sa blessure, sur laquelle il posa doucement la main, y traçant le signe de la croix, et disant :

— Mon ami, que Dieu te bénisse, comme je te bénis !

Le pauvre blessé avait grand besoin d'être ainsi secouru : l'heure la plus cruelle du sacrifice approchait.

— .Je souffre beaucoup, disait-il; mais je m'en réjouis, car il me semble qu'en souffrant, je sers encore le Saint-Père et la sainte Eglise. Les médecins me disent que peut-être je perdrai l'index de ma main droite, n'importe, pourvu qu'il me reste ce qu'il me faut pour manier mes canons et me faire tuer pour la défense de Rome.... Je n'en demande pas davantage.

La première partie de cette noble demande ne fut pas écoutée au ciel ; la deuxième fut exaucée, mais d'une façon inespérée. Les médecins con. .damnaient à l'amputation le bras blessé. Bernard eût donné sa vie avec joie sur le champ de bataille,

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