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CHAPITRE IV

Canonnières de station. — Leur bat. -— Avisos de !'« et de 2* elasse : Caton, Chaptal, Lucifer, Porhin, Forfait, Prégent, Coëtlogon, Renard^ Bourayne, Bouvet. — Ëclairears d'escadre : Canard, Hirondelle. — Canonnières an* glaises : Avon,Bittemt Coquette, Arab, Daring, — Canonnières amôricaines: NipHc^ Quinnibaug.

Canonnières de station. — Leur but. — Avisos de 1^' et de 2^ classe. — Les navires de croisière proprement dits, dont nous avons essayé^dans les chapitres précédents,d'esquisser Thistonque, ontcomme auxiliaires toute une classe de navires de plus faibles dimensions, avisos, canonnières, etc., désignés actuellement en France sous le titre générique de canonnières de station. Appelées à remplir les missions d'une importance réduite, à visiter, dans les stations navales, les ports et les rades dont la profondeur d'eau interdit l'entrée aux grands croiseurs, les canonnières de station ont un rôle parfaitement défini, nécessaire, exigeant des conditions spéciales très-différentes de celles des navires que nous avons considérés jusqu'à présent. Pendant longtemps on a eu en France deux catégories de petits navires bien distinctes Tune de l'autre : d'une part, les avisos de l'^* et de 2* classe, destinés au service des stations en temps de paix, à celui d'éclaireurs, de porteurs d'ordres, de croiseurs, au besoin, en temps de guerre; d'autre part, les canonnières appelées presque uniquement à un but militaire, à des opérations contre des défenses de terre. II paraissait difficile de laisser subsister une distinction de cet ordre, d'avoir des navires d'un déplacement presque égal, mais réunissant des qualités essentiellement différentes, les uns prenant la vitesse, les qualités nautiques, le& autres la puissance offensive. De ces trois classes de navires, on s* est décidé à n'en plus faire que deux : les croiseurs de S" classe correspondant à nos anciens avisos de l'"" classe, éclaireurs d'escadre et croiseurs dans les mers d'Europe, sur lesquels nous avons donné quelques détails dans le chapitre précédent^ et les canonnières de station appelées à opérer militairement prèsdes côtes ainsi que dans les grands fleuves, et à pouvoir tenir les stations lointaines concurremment avec

quelques navires d*un rang supérieur. C'est à ce dernier titre, comme auxiliaires des croiseurs, que nous considérerons les canonnières de station ; pour elles, la vitesse n'est plus qu'une qualité secondaire : Tarmement, la force en artillerie, le calibre des pièces, plus encore que leur nombre, doivent primer les autres conditions. Il faut d'ailleurs que ces navires ne soient plus uniquement, comme nos anciennes canonnières, de simples porte-canons; ils doivent satisfaire à certaines conditions des avisos de 2* classe qu'ils sont appelés à remplacer, avoir par suite de bonnes qualités nautiques en vue de la navigation à voile. Pour résumer en un mot la modification qui s'est produite dans l'organisation de la flotte, on peut dire que l'on est parvenu à fdre entrer comme auxiliaires dans la composition de la flotte de croisière toute une classe de navires qui jusqu'ici étaient complètement inhabiles à remplir cette mission.

A l'origine de la marine à vapeur, les mêmes navires devaient satisfaire au service d'éclaireurs, de porteurs de dépêches et à celui de navires auxiliaires de station. La différence entre ces types n'était qu*une différence dans le déplacement : dans l'un comme dans l'autre cas, on recherchait le maximum de vitesse; aussi, dans cette revue rapide des types par lesquels a passé la marine française, devronsnous examiner plusieurs fois des navires qui ne se rattachent qu'indirectement aux canonnières de station.

Le Caton et le Chaptal. — Les premiers navires à hélice pouvant être considérés comme de véritables avisos de haute mer furent, en France, le Caton et le Chaptal. Le Caton, construit à Toulon sur les plans de M. Dupuy de Lôme, est un navire en fer de 54™ de longueur et 500 tonneaux de déplacement, portant, à son premier armement, 8 canons-obusiers de 30, mais installé de manière à pouvoir, au besoin, recevoir 12 bouches à feu de ce calibre ; sa vitesse, aux essais, fut de ll'^TO, et son approvisionnement de 240 tonneaux de charbon lui assura une distance franchissable de 2,500 milles environà 10 nœuds. Mais la nature même de la coque de ce navire lui interdisait les grandes navigations et il fut employé, depuis sa mise en service, à des campagnes dans les mers d'Europe, surtout comme éclaireur de l'escadre d'évolutions; construit dans des conditions de légèreté très-grandes et cependant avec une solidité fort suffisante, il n'a cessé, depuis plus de 26 ans, de rendre de très-bons services. Quant au Chaptal, il portait une artillerie moins forte : 2 canons de 30 et 2 obusiers de 22 % ;

son déplacement était un peu supérieur à celui du Caton ; il ne put cependant réaliser une vitesse aussi considérable.

Le Lucifer. — Les avisos à roues de 160 qui, pendant longtemps, avaient constitué la force principale de la marine à vapeur pour le servicede porteurs d'ordres, commencèrent,en 1851 , à disparaître peu à peu des rangs de la flotte, et il fallut songer à les remplacer, en donnant d'ailleurs aux nouveaux navires une vitesse supérieure à celle de leurs devanciers. Les avisos de 160, en effet, ne filaient guère que 8 à 9 nœuds; le Lucifer^ la Mégère, TAigrle, construits, en 1851, sur les plans de M. le directeur Sabattier, alots ingénieur, devaient, avec un tirant d'eau très-faible de 3"»29, porter 2 canons de 30 n** 1 et réaliser une vitesse de 10"" 1/2 à 11 nœuds. Mais à peine ces navires étaient-ils en chantier qu'on considéra cette vitesse comme insuffisante, et une dépêche du 1*' octobre 1857 ouvrit un concours pour la création de navires en bois à hélice qui, ayant une grande vitesse et pouvant recevoir quelques pièces de gros calibre, auraient le tirant d'eau des 160 et pourraient satisfaire comme transports aux mêmes nécessités de service. Vitesse pour porter des ordres, armement de gros calibre pour lutter contre des fortifications à terre, possibilité de transporter du matériel et du personnel, c'étaient, sur trois conditions imposées à ces petits navires, deux de plus qu'ils n'en pouvaient réaliser. Aussi les projets dressés en exécution de cette dépêche ne purent-ils être acceptés par le conseil des travaux qui demanda que la question fût soumise à une nouvelle étude, mais émit l'opinion qu'il convenait, avant d'entreprendre la construction de nouveaux avisos, d'attendre les résultats des navires de 200 chevaux du type Lucifer *. La question des avisos fut ajournée jusqu'au moment où fut arrêté le nouveau programme de la flotte de 1854. La commission chargée de déterminer les bases de notre marine comprit parmi les 150 navires à hélice devant constituer la flotte rapide, 30 avisos de 1'® classe et 40 avisos de 2* classe.

Programme de la flotte de 1854. Le Forbin, le Forfait, le Prégent, le Coëtlogon. — Pour réaliser ce programme, des constructions nombreuses s'élevèrent peu à peu sur tous nos chantiers, et les années 1856 et 1857 virent commencer la création des deux

i Dans le programme modifié da conseil des travaux, le tirant d'eau pouvait être porté à 3^70, le déplacement à 925 tonneaux; la machine devait être de 300 chevaux correspondant à environ 13 chevaux par mèlre carré du maitrecouple ; Tapprovisionnement de charbon, de 150 tonneaux.

classes d'avisos qui, jusqu'aux derniers temps, ont constitué la force effective de la France en petits navires de station. Déjà» en 185&, le ministre avait demandé au oonsdl des travaux le programme d'un type d'aviso destiné au service des escadres, en limitant la puissance motrice à 150 chevaux nominaux; c'était là un chiffre bien faible pour que le petit navire projeté fût en mesure de suivre les escadres, au double point de vue de la vitesse et de l'approvisionnement de charbon, n fut reconnu que la force de 150 chevaux n'était pas suffisante, qu'il fallait la porter à 200 pour que la vitesse fût de 11 nœuds environ, le nombre des jours de chauffe de 8, et que l'aviso pût porter une artillerie utile (1 canon de 30 n** 1, ou tout au moins 2 canons de 12). Ce programme n'eut pas de suite; mais quand on eut décidé que la flotte de combat comporterait 30 avisos de l'* classe, un nouveau concours fut ouvert dans tous les ports sur un programme du conseil, un peu modifié, et dressé de manière à se rapprocher autant que possible du type Chaptal amélioré. La vitesse devait être de 12 nœuds, la distance franchissable de 2,300 milles à toute vitesse; l'artillerie était fixée à 2 canons de 36 et 2 obusiers de 22% n* 1 ; le navire appelé à croiser au loin à la voile devait porter des vivres et des rechanges pour 3 mois. Les types adoptés alors sur les plans de MM. de Robert (le Forbin) et Dutard (le Forfait) réalisèrent ce programme dans de bonnes conditions avec des déplacements de 1,200 tonneaux environ. A la même époque, M. Normand, Fhabile constructeur du Havre, proposa de construire des avisos de 1*" classe réalisant des vitesses supérieures à celles qui avaient été demandées par le programme. Il est vrai que ce résultat ne put s'obtenir que par une au^nentation de tirant d'eau et de déplacement (1,260 tx.) et une réduction sur l'artillerie. Le Cassard (devenu Reine-Hortense, puis Kléber) fut construit sur les plans de M. Normand. Quelques années après, le Talisman^ construit sur les mêmes plans un peu modifiés, entra dans les rangs de la flotte; l'un et l'autre y rendirent d'excellents services.

Quant aux avisos de 2* classe, pour lesquels on avait pris le Corse conmie point de départ, on jugea indispensable de donner au navire projeté des qualités plus sérieuses que celles du navire auquel il était appelé à succéder. La vitesse du Corse ne dépassait pas 10 nœuds, mais la machine de 120 chevaux nominaux ne développait exactement que sa force nominale. On se décida à mettre à bord un appareil de 1 50 chevaux nominaux pouvant développer 220 à 230 chevaux ef*

fectifs ; rapprovisionnement de charbon qui était sur Tancien navire de 5 à 6 jours à toute vitesse fut considéré comme très-suffisant pour des avisos appelés uniquement à remplir quelques missions de courte durée et n'ayant nullement dans leur rôle les longues croisiè* res. Le conseil des travaux avait recommandé pour un certain nombre de ces navires, qui ne se seraient pas éloignés des côtes, le mode de construction en fer, ce qui aurait permis d'alléger la coque et de réaliser par suite une plus grande vitesse; les conditions du service militaire auquel on comptait employer ces navires dans certaines circonstances empêchèrent de mettre cette idée à exécution. Ces avisos qui, dans les premières prévisions, devaient porter & canons-d)usiers de 12, reçurent comme armement 2 canons de 30, artillerie d'un calibre un peu fort pour des coques dont le déplacement total n'atteignait pas 700 tonneaux. On construisit d'abord, en 1856, quelques avisos de ce type, sur les plans de MM. Vésignié (le d'Entrecasteaux) et Carlet (le Prégent) ; un peu plus tard, on jugea que la vitesse et l'approvisionnement de charbon n'étaient pas suffisants, et^ grâce à une augmentation de 50 à 60 tonneaux, le d'Estaing^ sur les plans de M. Dutard, et le Coêtlogon^ sur ceux de M. Vésignié, parvinrent à atteindre des vitesses de 10 à 11 nœuds avec la possibilité de parcourir, à 10 nœuds de vitesse, une distance de 1,600 milles.

Eclaireurs d'escadre. Cassard^ Hirondelle.— Nous ne citerons que pour mémoire les navires qui, de 1857 à 1867, entrèrent successivement dans notre flotte parmi les avisos de 1'** et de 2® classe; le tableau 6, qui indique le développement successif de la marine de croisière, fait connaître les principaux types avec leur déplacement, leur artillerie, leur force de machine et la distance qu'ils peuvent parcourir. Nous noterons seulement la construction, en 1863-1866, d'une corvette-aviso destinée au service de porteur de dépêches et d'éclaireur d'escadre, le Cassard (devenu depuis Jérôme-Napoléon, puis Desaix) qui, construit au Havre sur les plans de M. Normand, et affecté au service de yacht, réalisa aux essais une vitesse de U°26 : ce n'est plus là un navire de croisière proprement dit, c'est un éclaireur dans lequel on a cherché à assurer le maximum de vitesse en sacrifiant nécessairement une partie des qualités militaires. Pour ne pas revenir d'ailleurs sur cette question des navires à grande vitesse, pour lesquels M. Normand a toujours obtenu de si grands succès, nous citerons, en 1867, un projet de cet ingénieur, d'aviso à roues devant filer

16 nœuds à toute vitesse. Ce projet dut être repoussé en lui-même par suite de la faiblesse des échantillons, du manque de stabilité, etc.; mais le principe, en outre, en fut très-vivement discuté et l'on s-'accorda en général pour repousser l'introduction, dans notre flotte, de navires dénués de toute force militaire ; ils pourraient évidemment être employés pour transporter les dépèches avec promptitude et sécurité, agir même puissamment sur le commerce, mais déjà, à cette époque, on prévoyait que les marines de guerre seraient forcément amenées à construire des croiseurs armés d'une manière effective et en môme temps atteignant, dépassant même le chiffre indiqué de 16 nœuds. En présence de ces navires, on considéra comme inutile la création de simples porteurs de dépèches. Ces navires n*ont d'intérêt réel que comme yachts ou bâtiments de plaisance pouvant, an besoin, en temps de guerre, être utilement employés par la marine nationale; c'est ainsi que VHirondelle^ mise à l'eau comme yacht impérial en 1869, fut utilisée avec grand avantage, pendant la guerre de 1870, pour asswer les communications entre la France et l'escadre des mers du Nord, et que le Grill, aviso prussien, construit également dans les chantiers de M. Normand, put, à diverses reprises, rendre de réels services à la flotte allemande en reconnaissant la situation de l'escadre de blocus, sans courir, grâce à sa vitesse considérable, aucun danger sérieux d'être capturé. Evidemment, ce ne sont pas là des navires à reproduire, à construire uniquement dans ce but ; maintenant que les navires coûtent si cher, il faut qu'ils aient tous une efficacité incontestable, mais on peut, on doit employer ceux qui existent; chacun doit trouver sa place au moment du danger, et ces yachts, comme les autres, pourront se rendre utiles soit comme éclaireurs, soit comme porteurs de dépêches. Le Renard. — En 186&, on mit en chantier le Renard, aviso d'im type spécial dû à M. le commandant Béléguic. Navire de formes originales, le Renard devait à l'une des idées qui avaient inspiré son auteur les qualités remarquables dont, à certains points de vue, il fît preuve pendant ses essais. L'avant de ce navire se présentait sous la forme d'un long éperon ; la carène elle-même offrait sur toute sa longueur une rentrée très-accentuée à la hauteur de la flottaison, audessus de laquelle la muraille, se rejetant au dehors, obligeait les lames, on l'espérait du moins, à se déverser sur les côtés. La disposition heureuse de l'éperon permit d'atteindre une grande vitesse, et, ce qui est plus important encore, de conserver cette vitesse dans la max^

— esche contre le vent et la grosse mer; ces avantages étaient, il est vrai, compensés par un défaut inhérent au système, la difficulté des évolutions et, sur le Renardy en particulier, par une faible stabilité, un poids de coque considérable et par suite une réduction dans l'artillerie. Mais les avantages de Téperon très-saillant, avantages qu'une expérience faite sur une plus petite échelle avait déjà permis de constater sur les frégates cuirassées, furent clairement démontrés et le principe de rétrave très-fortement renversée, qui présente d'ailleurs d'autres avantages sur lesquels nous aurons occasion de revenir plus tard, a été admis d'une manière presque générale sur les navires mis en chantier dans ces derniers temps, en France et en Angleterre.

Le Bourayne. — En 1867, on mit en chantier, sur les plans de M. l'ingénieur Pastoureau, un nouveau type d'avisos de l** classe, le Bourayne. A cette époque, l'idée des pièces de gros calibre, de l'artillerie puissante, dominait partout ; on voulut que les avisos eux-mêmes fussent en mesure de lutter contre des fortifications à terre, et l'on modifia dans cet ordre d'idées les avisos de 1'" classe construits précédemment sur les plans de M. Pastoureau. Le Bourayne et ses similaires durent porter un lourd canon de 19% placé à l'avant, sur affût à pivot central ; ce poids énorme de 16 tonneaux alourdit considérablement l'avant de ces navires qui n'ont pas eu et n'auraient probablement jamais eu l'occasion d'employer efficacement cette puissance offensive. On se décida plus tard à transformer l'artillerie de ces avisos et à donner à presque tous uniquement des pièces de 16 % et de

Le Bouvet. — En 1871, il fallut modifier l'organisation de la

flotte ; le conseil des travaux fut appelé à établir les programmes des navires appelés à tenir la place des avisos de 1'* et de 2* classe. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit dans le chapitre précédent au sujet des croiseurs de 3« classe (anciens avisos de 1" classe). Quant aux canonnières de station (anciens avisos de 2"* classe), leur rôle se trouva déterminé à nouveau. Une artillerie plus puissante comme calibre que celle de la 'classe immédiatement supérieure, un tirant d'eau restreint, une vitesse modérée, de bonnes qualités nautiques, tels furent les caractères essentiels de leur programme: c'était en grande partie l'introduction en France des gun-vessels anglais. A la suite du concours ouvert dans tous les ports, les plans de M. l'ingénieur Marchegay furent adoptés pour la construction de la canonnière

de station, et le Bouv0t fiit mis en chantier à Roehefort, portant comme un présage de gloire le double souvenir du hardi vétéran de la guerre de croisière et de Taviso qui, le dernier, avait eu l'honneur de porter brillamment au feule pavillon national. La vitesse fut fixée à 12 nœuds, Tapprovisionnement de combustible fut calculé pour permettre de franchir S,000 milles à nœuds ; Tartillerie dut être composée d'un canon de 16 % placé au milieu, sur affût à pivot central pouvant tirer sous de très-grands angles sur l'avant et sur Tarrière, et de 2 eanooa de U %, l'un en chasse et l'autre en retraite. Il est possible que Tin* troduction dans l'armement de notre flotte d'une nouvelle pièce légère en acier conduise à modifier cet armement, à reporter les canons de lk% aux sabords, el à ajouter sur la teugue, pour le tir en chasse, le nouveau canon. La voilure est considérable; sa surface dépasse &0 fois celle du mattr6-*couple»

Qanonnièras anglaises. •«- Tels sont les principaux types d'avisos et de canonnières de station qui ont successivement fait partie de la flotte française. En Angleterre, le trait caractéristique do cette classe de navires est une très»puissante artillerie ; la plupart d'entre eux portent quatre pièces disposées de la manière suivante : à l'avant, un canon rayé Armstrong de 30 livres, du calibre de 95 %2, pesant 8U kilogrammes, sur affût à châssis et à double pivot, installé de manière k tirer à peu près en chasse par des sabords latéraux au beaupré ; sur l'arrière du mât de misaine et entre la cheminée et le grand roàt, deux canons, l'un de 64 livres (16%), l'autre de 7 pouces (178%), montés sur affûts à châssis à double pivot, tirant par des sabords laté* raux et pouvant atteindre comme pointage latéral 33"" en chasse ou en retraite ; le sommier de sabord amovible permet de réaliser tout le pointage positif que donne l'affût ; enfin, sur une plate-forme installée à l'arrière et dominant le couronnement de manière à battre tout l'hopi^on, se trouve un second canon Armstrong de 20 livres. On peut certes critiquer cette diversité de calibres qui, sur k pièces, offre trois ca^ libres différents, mais il faut reconnaître que toute cette artillerie est bien battante et qu'elle représente une puissance offensive considéi^ rable : là encore on doit signaler la part toujours si élevée que, de l'autre côté de la Manche, on fait au poids de Tartillerie dans la distribution des poids formant l'exposant de charge.

Avon. Bittern, -^ Cet armement est celui des canonnières qui forment encore aujourd'hui la plus grande partie des stations navales an-^

gliuMft fit quii dftni un Avenir ASiex rapproché d'ailleura, doifent ètr« remplacées par lea nouveaux navirea aatuellement en ehaniier. Ua ea« nonnières ei^iatantea appartiennent h deux types erééa, Tun an 1866| Tautre, en 186S> aur les plana de M. Reed i lea plus aneiennea (type Avon), destinées ^péeialement à servir dana lea mers de Chine, préaentaient, en raiaon de la néoesiité de naviguer dans les rivières, un mattre^eouple trà»tplat, un tràa-faible tirant d'eau ; oonstpuites dana le ayitème composite, elles atteignaient un déplaoament de 680 ton-i neaux ; mues par deux hélices, actionnées chacune par une maehine de 60 chevaux provenant des anciennes canonnières de Grimée, elles ne purent atteindre plus de lO^'dO de vitesse. I^a faiblesse axa* gérée du tirant d'eau (2«<»30) lea empêchait d'être do bons navires de mer, mais elles offraient cependant une sécurité aufOsante pour la navigations inférieures certainement, àea point de vue, h nos avisoa de 2« olassa, elles reprenaient l'avantage sous le rapport de la eom» position de l'artillerie, les pavois à rabattement employés sur presque tous nos petits navires étant d'un emploi peu pratique en cours de

navigation,

l.a nécessité de faire des navires plus marina que les canonnières du type Avon conduisit, en 1868, l'Amirauté k créer le type Bittem ; on conserva toujours la double hélice, lea fonds asaei plats, mais le déplacement fut porté h 770 tonneaux, le tirant d'eau arrière à S'», la machine à 160 chevaux, ce qui permit d'atteindre des vitesses de 11 nœuda environ, aux essaie, sur le mille mesuré; profitant de Taocroissement du déplacement, on porta l'artillerie à S pièces ajoutant h l'armement de VAvon un canon de 20 livres.

Coquette. Arab. Saring. *^ Aeiuellement les navires en chantier destinés à composer la flotte de canonnières, qu'en raison de son service si développé de stations l'Amirauté anglaise est obligée de constituer trèsrpuissante, appartiennent à trois types différents. La Coquette représente le plus petit navire de combat portant au loin le pavillon anglais. Les canonnières de ce type sont destinées uniquement à opérer sur les côtes, à surveiller par exemple la traite des nègres; leur longueur de 38^20, leur tirant d'eau de 2"74 leur donnent l'entrée de presque toutes les petites baies des côtes; leur déplacement , de 410 tonneaux seulement, permet d'en avoir un nombre assez copsidérable pour une dépense relativement faible^ ta maçbine de 60 phe» vaux nominaux actionnant une seule hélice fournit, sur le mille mesuré^

— esune vitesse de 10 nœuds. La mâture à trois mâts, à voiles carrées au m&t de misaine seulement, rend possible les longues traversées à la voile. L'armement se compose de 2 canons Armstrong de 6!^ livres et de 2 de 20 livres. Il est difficile de considérer ces canonnières autrement que comme des chaloupes canonnières (c'est le nom d'ailleurs qu'on leur donne en Angleterre) ; aussi ne les aurions-nous pas comprises dans cette énumération des nouveaux navires de station si elles n'avaient pas été indiquées dernièrement conune telles par M. Barnaby ^

Au-dessus de la Coquette prennent place les canonnières types Ardb et Daring. Les premières ont un déplacement de 600 tonneaux, un tirant d'eau moyen de 3"'25 ; elles sont voilées en trois mâts-barques et portent un canon de 118 livres et 2 de 6k livres. Les secondes atteignent un déplacement de 900 tonneaux avec un tirant d'eau de k""^ environ; l'armement est celui de YArab^ augmenté d*un canon de 118 livres. La vitesse reste à peu près la même dans les trois classes de navires.

Les autres marines européennes ne comptent guère comme canonnières de station que des navires assez anciens comme date, ne répondant plus, par suite, aux exigences de la guerre nouvelle ; toutes les forces productives sont spécialement dirigées vers la construction de navires de combat, cuirassés de tout genre, et, dans les pays où les ressources delà marine sont trop limitées pour aborder la construction des immenses navires qui, seuls, sont considérés généralement aujourd'hui comme formant les escadres de guerre, on cherche à assurer la défense des ports par la construction de gardes-côtes ou de légères cha* loupes-canonnières portant une artillerie de gros calibre.

Canonnières américaines. — Quant à la marine américaine, elle a utilisé, pour le service des stations lointaines, les canonnières qui, en si grand nombre, avaient été construites pour le blocus pendant la guerre de la sécession. Ces navires appartiennent à deux types principaux : Nipsic et Quinnibaug. Les premiers, de 690 tonneaux de dé-

1 En France, le type correspondant à la Coquette, le Crocodile, doit porter 1 canon de 19% et 2 canons de 12% ; la longueur est un peu plus grande, mais le tirant d'eau reste à peu près le même ; le déplacement, un peu augmenté, (460 ix) permettra de réaliser une vitesse supérieure à 10 nœuds et d'embarquer du charbon en quantité suffisante pour assurer une distance franchissable de 2,400 miUes à 7 nœuds.

placement, portaient 1 canon à pivot dexi pouces (279%) à âme lisse, U canons lisses de vm pouces (203%), et enfin 2 canons rayés de 12 livres (78%) *; la vitesse est de 10 nœuds seulement; une voilure considérable permet de naviguer, le plus souvent, sans avoir recours à la machine.

Les canonnières du type Quinnibaug sont de véritables croiseurs d'un déplacement de 1,900 tonneaux, portant 7 canons de gros calibre et construits d'une manière très-légère, ce qui leur a permis, malgré Tinsuffisance de leurs machines, de réaliser d'assez belles vitesses.

Nous avons passé en revue les principaux types de navires de croisière et de station ; il nous reste maintenant à examiner successivement les divers points dont l'ensemble constitue le véritable croiseur de la guerre moderne, les desiderata auxquels il doit répondre et la manière dont, dans les différentes marines, on a essayé d*y satisfaire.

1 Les 4 canons lisses de vm pouces ont été plus récemment remplacés par â canons lisses de ix poaces.

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