‹ Les croyances populairesChapitre 10 sur 35 · AVANT-PROPOS XIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XIII

les milieux, à des vues qui n'apparaissent souvent à l'homme instruit que comme des fantaisies de Tesprit, des rêves de l'imagination, ou d'artificielles combinaisons de la faculté raisonnante.

Elie Reclus excelle dans ces dramatisations, qui éclairent du jour le plus vif la raison d'être profonde de rites ou de conceptions, trop volontiers ridiculisés et rabaissés au rang d'absurdités intolérables ou de misérables survivances. Et il est curieux de voir à combien de reprises le tact du perspicace observateur, du vigoureux analyste, remet dans leur véritable lumière tant de pratiques ou de traditions encore chères aux citadins comme aux paysans de l'Europe occidentale.

Il était donc impossible de mutiler de sang-froid l'œuvre remarquable de l'homme, qui s'est montré en ces matières à la fois savant parfaitement documenté et consciencieux, sociologue aux vues larges et hardies, psychologue avisé et maître écrivain. Et si, chez moi, l'homme d'étude n'avait pas protesté énergiquement contre le« procédé des coupes sombres », le lettré, qui sait quelle force de pénétration la langue sûrement maniée confère à l'idée, n'eût pas consenti à sacrifier des études aussi achevées.

Avant d'entreprendre la série de ses travaux sur V Histoire des Religions, on a vu qu'Elie Reclus avait fait porter ses recherches sur « le Pain », base de l'alimentation humaine, dont la poursuite aurait été le principe des religions comme le fondement de la vie civilisée. La masse des documents, légendes, pratiques populaires recueillis sur ce point a fourni la matière d'un manuscrit assez étendu, que je

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