XVIII AVANT-PROPOS
prétendent qu'elles ne sont pas justiciables de la raison. Si cette prétention était fondée, il n'y aurait qu'à les ignorer complètement, à ne pas s'en occuper. Mors les Religions de protester : Il nous faut être étudiées ; si nous avons des mystères, c'est pour mieux piquer votre curiosité. Vous avez champ libre. — Quelle modestie il nous faut pour aborder cette étude ! Nous sommes de simples individus prétendant juger de croyances collectives. Quelle difficulté à ne pas avoir de parti-pris ! Au moins aurons-nous l'intention d'être impartiaux. Le meilleur garant de notre impartialité sera notre méthode, celle de l'Evolution. Savoir que toutecroyance est condamnée à périr, rend indulgent. La science fait la paix dans les intelligences. La critique religieuse date de y Encyclopédie. A Torigine, elle fut mesquine. Les éléments d'appréciation faisaient défaut. Mais, à partir de la traduction du Zend-Avesta, la critique entra dans des voies nouvelles. On fonda la science des Religions comparées. Mais les Religions savantes ne nous suffisent pas. Nous les complétons par l'étude des Croyances populaires qui constituent, selon nous, la Religion universelle, celle de tous les peuples dans tous les temps et tous les lieux. Nous n'expliquons pas les superstitions par la religion, mais nous expliquons les religions par la superstition.
J'aurais ici bonne envie d'appliquer aux définitions préliminaires d'Elie Reclus sa théorie, — de laquelle il a été question plus haut, — de la transmission, en quelque sorte automatique et réflexe, des vérités nouvellement reconnues en science, et la comparaison qu'il en proposait avec l'élément nerveux primaire, le neurone, selon le rôle que les plus récents travaux lui assignent. « Il se savait, m'avait écrit son fils, un neurone humain et pensait que tout travail