‹ Les croyances populairesChapitre 16 sur 35 · AVANT-PROPOS XIX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XIX

fait par lui, toute vérité élucidée dans le silence du cabinet, entrait en peu d'années dans la conscience générale. » Or, il m'était arrivé, quelques années après Elle Reclus et dans l'ignorance absolue de l'enseignement qu'il donnait à Bruxelles, de donner pour conclusion à mes études de religion générale l'équivalent des formules rapportées ci-dessus. Moi aussi, moi à mon tour, j'avais retrouvé — et proposé qu'on se décidât à constater — dans les croyances et pratiques des cultes populaires « la Religion universelle de tous les temps et de tous les lieux ». Cette rencontre avec l'éminent sociologue et psychologue a constitué à mes yeux la plus précieuse confirmation de la justesse des vues, que j'étais arrivé à dégager d'études poursuivies pendant de longues années. J'écrivais, en effet, ceci en 1908 :

L'élude de la Religion dans les sociétés anciennes nous fait-elle reconnaître un développement logique interne, par lequel elle s'élèverait d'un premier état encore grossier à une conception unitaire, capable de donner satisfaction aux réclamations de l'intelligence ? A cette question, qui peut se ramener à des termes plus précis encore, tels que : La Religion est-elle susceptible de progrès ? L'histoire atteste-t-elle un progrès de cette espèce ? — nous avouerons franchement que nous inclinons, de plus en plus, à répondre négativement. En d'autre termes, entre le type de religion dit animiste, fétichiste ou naturiste, le type dit polythéiste et le type monothéiste, nous ne saisissons pas de différence appréciable. Le fait reUgieux primitif, essentiel, demeure constant et semblable à lui-même malgré les variations apparentes de la théorie (c'est-à-dire de Ja doctrine mise sur pied parles théologiens). L'explication

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