‹ Les croyances populairesChapitre 17 sur 35 · XX AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XX AVANT-PROPOS

théologique n'a fait que voiler et fausser le fait religieux initial, trèe simple, très intelligible, en vertu duquel on a érigé un objet animé ou inanimé à la dignité de vertu ou puissance divine. Nous demandons, en conséquence, qu'on veuille bien tenir pour non démontrée la thèse très répandue, qui fait voir la religion s'élevant d'une sorte de localisation matérielle des forces divines à de larges vues d'ensemble. L'homme dit civilisé croit, en somme, ce que croyait son ancêtre de l'époque quaternaire, et il ne croit pas autre chose (i).

Revenons-en — ou restons-en — à celte définition d'Elie Reclus, que nous avons mise en épigraphe à ce volume : « Les Croyances populaires constituent la Religion universelle, celle de tous les peuples dans tous les temps et tous les lieux. » C'est l'équivalent de notre conclusion personnelle : « Le fait religieux primitif, essentiel, demeure constant et semblable à lui-même malgré les variations apparentes de la théorie. » Je n'y veux ajouter qu'une belle et pacifique déclaration d'Ernest Renan : « L'histoire de l'humanité est pour moi un vaste ensemble, où tout est essentiellement inégal et divers, mais où tout est du môme ordre, sort des mêmes causes, obéit aux mêmes lois. — Ces lois, disait Renan, je les recherche sans autre intention que de découvrir l'exacte nuance de ce qui est. »

Si Elle Reclus est un savant probe et pénétrant, destiné à laisser une empreinte durable dans le

I. L'iiisloire des Religions et P Anthropologie , leçon d'ouverture d'un «ours libre professé à l'Ecole d'Anthropologie.

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