AVANT-PROPOS XXI
domaine des études religieuses, ce sera par l'alliance rare des mérites les plus sérieux du chercheur intègre et des qualités particulières à l'écrivain de race. C'est un côté de cette éminente personnalité, que le moment est venu de mettre en pleine lumière. Reclus appartient, en effet, à la lignée de ces savants qui, peu suspects de tendresse pour la formule équivoque de « l'art pour l'art », sentent que la justesse de l'expression constitue un des éléments de la vérité historique ou philosophique. L'étude consacrée à Doudan m'avait révélé l'homme maître de sa langue, conscient des ressources, pour ainsi dire indéfinies, qu'elle renferme et sachant en tirer des effets aussi inattendus que variés. La lecture des Primitifs (i) me confirma dans mon jugement ; l'examen des leçons sur ï Histoire des Religions acheva, s'il était nécessaire, la démonstration.
Du volume mis aujourd'hui à la disposition du public, j'extrais deux citations caractéristiques, qui me dispenseront d'une plus longue analyse. Elles sont empruntées, l'une et l'autre, à la leçon traitant des Visions aériennes. C'est d'abord la chasse menée par le « Grand Veneur ».
En l'an de grâce 3i4, au Concile d'Ancyre, un des premiers qu'ait tenus l'Eglise chrétienne, le canon dit Episcopi mentionne déjà les chasses auxquelles président Diane et Hérodiade :
— Séduites par des illusions et des fantômes diaboliques, des femmes criminelles qui se sont replacées sous le joug de Satan, affirment qu'elles font de nocturnes chevauchées avec