‹ Les croyances populairesChapitre 21 sur 35 · XXIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXIV AVANT-PROPOS

feint l'imbécile, le deviendra, si on lui en laisse le temps.

— C'est Colombine en basquine rose, trottinant ses jambes fines et alertes : c'est la vicieuse et charmante Colombine.

Et ce sournois d'Arlequin arrive par derrière. Il glisse, furète de-ci de-là, lugubre et bouffon ; son œil éclaire le masque de velours. Paf ! Arlequin frappe Pantalon. Paf I Arlequin frappe Pierrot. Paf I Arlequin frappe la pauvre Colombine. Paf ! paf ! Arlequin frappe tout le monde ; Arlequin n'en manque pas un, n'en manquera pas une ; tous, trétous y passeront.

On s'est suffisamment rendu compte du procédé de mise en œuvre de la matière, recueillie par Elie Reclus au cours de longues années en puisant dans les trésors du passé comme dans ceux des littératures étrangères et dans le fond si riche des traditions populaires.

Qu'est-ce donc que Reclus s'est proposé de faire et quel est le caractère exact de l'œuvre dont nous présentons aujourd'hui au public le premier volume ?

Ce n'est point une Histoire générale des Religions, ce n'est point une Histoire des religions primitives ou de type primaire ; c'est un tableau des Croyances populaires, distribué, non point suivant le point de vue géographico-historique adopté par les Manuels, mais d'après les cadres de la psychologie la plus simple, la plus accessible à tous, selon un principe de classement qui laisse apparaître — je dirais mieux : qui fait apparaître — et dégage les groupes naturels, sans infliger aux faits rapportés aucune déformation, mais en faisant comprendre leur évolution, c'est-à-

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