‹ Les crustacésChapitre 14 sur 24 · OU IL EST TRAITE DE L'AMOUR PATERNEL · texte numérisé non relu

OU IL EST TRAITE DE L'AMOUR PATERNEL

n pense généralement que les jeunes gens, surtout les jeunes filles, ne savent pas se conduire, n'ont pas la moindre idée de leurs véritables intérêts. Ils ressemblent aux coursiers fougueux qui exigent sans cesse la U main experte d'un sage conducteur ; sa vigilance est-elle un instant en défaut, aussitôt ils se dérobent , sortent de l'ornière et courent au précipice. D'ailleurs, les parents ne sont-ils pas toujours admirablement placés pour connaître ce qui convient à leurs enfants ? n'ont-ils pas une vieille expérience, destinée à mo-

dérer les passions violentes d'un âge qui ne calcule jamais et ne voit que le moment présent?

M. Joachim- Honoré Tourteau était pleinement convaincu de la supériorité de son jugement sur celui de sa fille. Il souriait de pitié , lorsqu'elle s'enthousiasmait pour une œuvre d'art, qui, selon lui, n'avait rien de solide, ni de réel. Avec elle , il n'employait pas les grands mots , les phrases à effet, les exhortations solennelles; son caractère ne l'y portait guère ; il sentait qu'il manquerait son but en affirmant trop positivement sa volonté. 11 possédait au suprême degré le talent d'éluder les difficultés ; une plaisanterie , un eh ! eh ! hien placés suffisaient parfois à donner un autre tour aux pensées de Cécile , et l'obstacle disparaissait comme par enchantement.

Cependant cet excellent père n'avait pas encore réussi à rendre Cécile folle de M. Sébastien Giraud, à la détacher entièrement de Frédéric. Dieu sait le mal qu'il s'était donné en vue d'un si beau résultat. Il exaltait la fortune des Giraud, la distinction de Sébastien , les appas de Clarisse , et lançait quelques phrases acerbes contre les jeunes gens, dont la légèreté , eh! eh! vole de Heur en fleur, à la recherche d'un attachement malsain.

D'où provenait son engouement pour M. Giraud? En vérité , il eût été fort embarrassé de répondre à cette question. Il ne s'en rendait pas compte , et les raisons qu'il se donnait à lui-même ne le satisfaisaient pas entièrement.

Que de complaisance , que d'obséquiosité afin de capter les bonnes grâces de Sébastien ! Il ne perdait aucune occasion de lui être agréable , l'approuvait en tout , riait de ses bons mots, écoutait attentivement ses histoires, le flattait, le cajolait, l'attirait chez lui par tous les moyens pos-

sibles. Sébastien se laissait faire , acceplait les invitations et ne dépassait jamais la mesure avec Cécile. Il aimait mieux paraître froid que trop empressé ; cette tactique lui valait des redoublements d'égards, et Cécile ne lui en savait pas trop mauvais gré.

Une fois délivré de Nicolas , Sébastien eut ses coudées franches et résolut de marcher de l'avant. Il prit l'avis de son conseiller ordinaire, la belle Clarisse.

— Clarisse, le moment est venu d'attaquer Tourteau.

— N'est-ce pas trop hâté?

— Le père s'attend chaque jour à m'accorder sa fille. Il me l'offrirait, s'il osait.

— Le père Tourteau, sans doute. Mais Cécile?

— Cécile, elle est indifférente.

— As-tu constaté quelques progrès depuis le souper ?

— Si peu que rien. Elle ne me déteste pas, voilà tout.

— Elle pense à l'autre.

— Ma foi, tant pis pour elle! Ne t'en inquiète pas; son père saura bien la réduire.

— Peut-être. Quanta moi, si je n'aimais pas quelqu'un, ni père, ni mère, ni frère, ni sœur, ni aucune considération ne me forcerait à l'épouser. J'ai ma tête.

— Toutes les femmes ne sont pas aussi décidées que toi. Te le dirai-je, Clarisse, cette résistance me plaît. Une femme qui vous tombe du ciel dans le bec , comme une caille rôtie, n'est pas du tout mon fait.

— Sébastien, Sébastien, ces femmes on peut les épouser; puis il y a le revers de la médaille.

— Je comprends ; après tout ce n'est pas un mariage d'inclination que je veux conclure ; une simple affaire d'argent, de position.

— Je l'entends bien ainsi. Mais Cécile?

— On la vaincra.

— Je l'espère. Son opposition ne sera pas plus vive aujourd'hui que dans un mois. Va donc, Sébastien, et que l'amour te protège !

— L'amour? est-ce que je suis amoureux? Non pas l'amour, Clarisse, mais Pluton, le dieu des richesses...

M. Tourteau, bourgeois aux mœurs régulières, ne confiait pas son menton aux soins d'un barbier ; aucun angle n'existant sur sa figure, l'opération était facile; le rasoir y glissait que c'était miracle. Sans redouter les regards des voisins, M. Tourteau avait accroché un miroir à l'espagnolette de la fenêtre et se faisait tranquillement le poil, lorsque M. Giraud, en habit de cérémonie, parut à l'extrémité de la rue. Aussitôt, il jeta promptement rasoir et pinceau, enfila sa redingotte et appela sa femme.

— Adélaïde, Adélaïde?...

— Veux-tu de l'eau chaude ?

— Non, M. Giraud!

— M. Giraud?

— Tout en noir, avec une cravate blanche. Il vient pour ...Adélaide, qu'on l'introduise au salon! As-tu le temps d'ôler les housses ?

— Mon Dieu, quelle mouche te pique? Tu sais bien qu'on n'enlève les housses que dans les grandes occasions.

— Ceci n'est pas une grande occasion ! Maintenant il est trop tard ; Adélaïde, es-tu habillée ?

— J'ai ma robe du matin.

— Va vite mettre celle de pou-de-soie, que je t'ai achetée. Tu nous rejoindras au salon. Cécile?

— Elle est dans sa chambre, à dessiner.

— Bon, nous aurons peut-être besoin d'elle.

M. Tourteau oublia qu'il n'était qu'à moitié rasé; l'allégresse qu'il éprouvait ne lui permit pas de s'en apercevoir. Il accueillit M. Giraud d'un air mystérieux, mais avec beaucoup d'affabilité.

— Eh, eh! la santé est bonne, monsieur Sébastien.

— On ne peut meilleure, monsieur Tourteau, et la vôtre ?

— Ça se maintient. Mlle Clarisse?

— Vous prie d'agréer ses compliments.

— La chaleur n'est pas forte, aujourd'hui, monsieur Giraud.

— Non.

— Le thermomètre marque cinq, c'est un temps froid. Nous pourrions avoir de la neige ce soir. Mes cors me prédisent une bourrasque.

— Monsieur Tourteau ?

— Mon cher ami ?

— Je viens faire auprès de vous une démarche solennelle, qui aura lieu de vous surprendre extrêmement.

— Monsieur Giraud?

— Je n'ai pu demeurer insensible aux charmes de Mlle Cécile et je vous supplie de m'accorder sa main.

— Monsieur Giraud, votre requête m'honore et m'afflige tout à la fois. Un homme de votre caractère, de votre position ne peut s'attendre à un refus.

— Monsieur Tourteau !

— Mais, me séparer de ma fille chérie, de celle qui est ma joie, la consolation de ma vieillesse. Ah !

— Je respecte une douleur si légitime.

— Monsieur Giraud, dit M. Tourteau avec effusion, si vous saviez comme elle est affectueuse, quel cœur d'or!

Mon ami, et il prit les mains de M. Giraud, quel trésor vous allez posséder !

Un flocon de savon , qui était resté suspendu à l'oreille de M. Tourteau, tomba sur leurs mains entrelacées.

— Ménagez, cher ami, ménagez la sensibilité de mon excellente épouse, quand elle apprendra cet événement douloureux. Elle aime tant Cécile.

Mme Tourteau entra , raide et guindée dans sa robe de pou-de-soie. Son mari lui adressa la parole d'un ton compatissant.

— Chère Adélaïde, M. Giraud m'a demandé Cécile et je l'ai agréé.

— Oh!

— Voyons, calme-toi. (M. Tourteau la soutint et la fit asseoir sur un fauteuil.) Adélaïde , que ton adhésion corrobore la mienne !

— Monsieur Giraud, dit la bonne dame, sans être trop impressionnée , j'accepte de bon cœur ce que mon époux a décidé. Mais quelle perte pour moi! Cécile, monsieur, a été mon bras droit ; je me fiais à elle plus qu'à moi-même. Elle m'aidait en tout ; que deviendrai-je, quand elle m'aura quittée !

— Madame, ne croyez pas que je veuille emmener Cécile au loin. Non, nous habiterons auprès de vous, auprès de ce cher Tourteau, à portée de vos sages directions, de votre bénigne influence.

— Monsieur Giraud... Pardonnez-moi. Cette enfant qui m'était si attachée... Tenez. Les bonbons de l'autre jour... c'était elle, je lui ai donné seulement une ou deux explications : elle s'en est tirée.

— Adélaïde, n'entretiens pas ion chagrin, ne succombe pas à ton émotion.

— Honoré, c'est la première fois que ça m' arrive.

— Je conçois, je conçois. Monsieur Giraud, j'approuve sans restriction la noblesse de votre procédé. Loin de vous plier aux maximes relâchées d'un siècle vénal, vous avez en profonde estime la vertu, les grâces, le talent. Vous n'avez pas craint, vous l'homme du monde, vous le nabab...

— Monsieur Tourteau, vous exagérez.

— D'offrir votre alliance à une fille sans fortune.

— Voilà que vous exagérez encore, monsieur Tourteau.

— Après notre mort, Cécile aura quelque chose. Jusquelà...

— Continuez, monsieur Tourteau, je vous écoute avec recueillement.

— Jusque-là, l'immense fortune de son mari subviendra à tous ses besoins. Quel est le chiffre de vos rentes, monsieur Giraud, sans compter la part de Mlle Clarisse?

— Monsieur, répondit M. Giraud, en un jour comme celui-ci devons-nous parler d'intérêts matériels et grossiers?

— Pourquoi pas, monsieur Giraud ?

— Que rien de mercantile ne vienne souiller la solennité de ce moment! Mon cher beau-père.

— Oh!

— Permettez-moi d'embrasser celui qui me fait un si magnifique cadeau.

— Oh! oui!

M. Giraud s'exécuta sur-le-champ, malgré le savon desséché et la barbe de la veille.

— A toi, Adélaïde !

— Mon cher gendre.

Et la même cérémonie recommença.

Lorsque ces formalités préliminaires furent remplies :

— Monsieur Tourteau, il me manque une chose.

— Quoi ! mon gendre.

— Le consentement de Mlle Cécile.

— Eh ! eh ! la belle affaire ! En doutez - vous ?

— Il me serait agréable de l'ouïr de sa bouche.

— Cécile n'a pas d'autre volonté que celle de ses parents. C'est une fille docile, monsieur Giraud. Au reste, il est bien aisé de vous satisfaire. Adélaïde, dis à Cécile de passer au salon.

La pauvre jeune fille, à son entrée, fut accueillie par un silence très significatif. Au bout d'un instant, M. Tourteau le rompit.

— Cécile, M. Giraud nous fait l'honneur inestimable de te demander en mariage. La juste considération dont il est entouré nous a engagés à agréer sa recherche.

Cécile ne répondit rien.

— M. Giraud est la délicatesse même ; il a voulu, je ne dirai pas te consulter, du moins solliciter ton approbation.

— Je l'en remercie, et regrette de ne pouvoir combler ses désirs.

— Pourquoi, petite ?

— Notre connaissance est encore trop récente pour que j'aie apprécié M. Giraud selon ses mérites.

— Trop récente, poulette. Dans vingt ans, tu ne parleras plus ainsi, eh ! eh !

— M. Giraud voudra bien attendre quelques jours avant de recevoir ma réponse définitive.

— Du tout, du tout.

— Mademoiselle a raison , je n'ai pas la prétention de

m'imposer à elle, et je viendrai, aussitôt qu'elle me rappellera, apprendre ma destinée.

— Diable ! que de longueurs ! Cécile, donne vite ta main à M. Giraud.

— Papa?

— Eh bien, papa?

— Plus tard; si cela m'est possible.

— Je n'ai garde d'insister; monsieur Tourteau, madame et mademoiselle, veuillez accepter l'assurance de ma plus entière gratitude.

— Monsieur Giraud , ne vous en allez pas encore. La petite fait des façons ; c'est l'usage, eh ! eh !

— Monsieur Tourteau, l'affection que je porte à Mlle votre fille m'empêche de la violenter en rien.

— Monsieur Giraud, vous êtes trop bon. Eh! e\\\ vous ne serez jamais qu'un mari en peinture, si vous ne montrez pas de la fermeté.

Cette conversation avait lieu sur l'escalier, tandis que M. Tourteau reconduisait son futur gendre. Il remonta sur le champ vers les deux dames.

— Cécile, ta conduite est drôle, pour ne rien ajouter de plus.

— En quoi, papa?

— Tu refuses M. Giraud, homme superbe et bien posé.

— Je refuse, non; j'ai ajourné.

— Ajourné, ajourné. Situ veux l'épouser, autant le dire à présent que plus tard.

— J'attends de le connaître mieux.

— Avec ça que tu y parviendras. Ta maman ne me connaît pas encore, après vingt ans de mariage, eh ! eh ! Cécile, je ne suis pas un de ces pères durs et barbares, qui

oppriment leurs enfants et les sacrifient à leurs caprices. Tu agiras comme tu l'entendras.

— Merci, papa.

— Il se peut que M. Giraud ne te convienne pas.

— Pourtant, tout h l'heure, vous m'avez fait son éloge.

— Je parlais à mon point de vue. Les jeunes filles ont d'autres yeux que les nôtres. Si j'étais femme, il me semble que je n'aurais pas aimé M. Giraud.

— Pourquoi?

— lia quelque chose de trop correct , de trop comme il faut.

— Papa, vous vous moquez de moi.

— Non, non, Cécile. Les femmes s'attachent plus volontiers aux hommes dont la vie a été agitée.

— Papa !

— Même un peu scandaleuse, eh! eh!

— Ne le croyez pas.

— Qui ont eu des maîtresses, et je le comprends. Que diable ! on ne veut pas d'un mari tout neuf, eh ! eh !

— M. Giraud...

— N'a pas assez d'expérience. Il n'a pas, eh! eh ! filé le parfait amour auprès des artistes, des cantatrices.

— Y pensez-vous, papa?

— Donc, il ne sait pas aimer. Combien de temps veuxtu lui tenir le bec dans l'eau? A perpétuité?

— Oh! non.

— Jusqu'à l'an prochain? eh! eh!

— Je ne demande que huit jours.

— Le pauvre homme ! Huit jours d'inquiétude mortelle !

— Trouvez - vous que ce soit trop ?

— Non, non, fillette, tu es bien la maîtresse. A huitaine; je préviendrai M. Giraud.

— Vous êtes un délicieux petit papa, dit Cécile en l'embrassant sur les deux joues.

— Parce que je fais tout ce que tu veux. Connu, connu ! Cécile ne songeait qu'à Frédéric. Au lieu de considérer

en lui-même le mariage qu'on lui proposait, elle ne s'était jamais demandé ce que valait M. Giraud, et si elle pourrait être heureuse avec lui. Elle ne voyait que Frédéric. A part Frédéric, tous les hommes lui étaient égaux ; elle ne se donnait pas la peine de les juger, parce qu'ils lui étaient aussi indifférents l'un que l'autre. Elle n'avait ajouté aucune foi à l'escapade de Frédéric, et à supposer même que les détails donnés par Max fussent exacts, elle aurait tout pardonné à son âmi d'enfance, pour lequel elle nourrissait une affection profonde, malgré la réserve extrême dont elle s'enveloppait habituellement. ,

Lorsque, retirée dans sa chambre, elle se mit à réfléchir sur les événements de la journée, elle éprouva un sentiment instinctif de tristesse. Pendant ces huit jours de répit qu'on lui avait accordé, Frédéric reviendrait-il à elle ? Douce espérance qu'elle se garda de caresser avec trop d'ardeur. Fallait-il obtempérer au désir de son père, désir qui se révélait clairement malgré ses réticences ? Elle n'avait ni sœur, ni amie sincère. L'intimité qui existait jadis entre Frédéric et Cécile l' autorisait-elle à s'adresser à lui? Cette démarche n'était-elle pas au moins imprudente ? Elle se résolut pourtant à ce dernier parti et lui écrivit en ces termes :

« Monsieur et ancien ami.

» L'intérêt que vous m'avez toujours témoigné m'engage

à demander votre avis sur un acte de la plus haute importance. Aujourd'hui M. Giraud est venu m'offrir sa main, mes parents Font agréé, mais incapable de me décider sur l'heure, j'ai obtenu huit jours de délai, au bout desquels je ferai connaître ma réponse définitive. Conseillezmoi en cette circonstance difficile, votre opinion emportera la mienne et triomphera des scrupules qui m'agitent.

» Agréez, cher et ancien ami, l'expression de toute mon estime. Cécile.

Le lendemain le facteur apporta le billet suivant :

« Mademoiselle,

» Pénétré de la marque de confiance que vous avez bien voulu m'accorder, je me sens très embarrassé de vous répondre. M. Giraud m'est peu connu ; cependant je crois qu'il possède les qualités d'un galant homme, et des droits à une juste considération.

» Votre meilleur conseiller est en vous-même. Votre cœur parle-t-il en faveur de M. Giraud? Acceptez-le sans regret. Est-il indifférent? Alors ne remettez pas au hasard le soin de votre bonheur. Vos parents, dont vous êtes la fille unique, n'oseront forcer votre inclination.

» Agréez, mademoiselle, l'expression de mon respect.

Frédéric.

Cette réponse n'était guère propre à diminuer les perplexités et l'indécision de Cécile. Ecoutez votre cœur. Frédéric ne sait-il donc pas que mon cœur est à lui tout entier? Du reste, pas un mot qui me révèle. ses sentiments à mon égard ; sa lettre est froide et positive comme un exploit d'huissier. Il ne m'a jamais aimée. Non, Max ne le calomniait pas ; il est entiché de sa Vaporini et ne s'occupe plus

de moi. Cela se lit entre les lignes. Pas la moindre jalousie, par conséquent pas d'amour.

Ne remettez pas au hasard le soin de voire bonheur. À qui la faute si je suis obligée d'agir ainsi? Résister obstinément aux volontés paternelles, éconduire M. Giraud, rien de mieux. Puis, lorsque j'aurai offensé mon père, qui me fera sentir chaque jour, par ses mots piquants, la peine que je lui cause, M. Frédéric disparaîtra, en compagnie de sa maîtresse bien-aimée, car il n'oserait l'épouser et braver l'opinion publique.

Non, non, M. Frédéric Ducancre, vous ne vous jouerez pas impunément de mon affection. Vivez joyeux dans l'intimité de votre belle cantatrice ; mais ne regardez pas Cécile comme un pis-aller. Quand vous serez las de vos relations coupables, il n'y aura plus de Cécile pour adoucir vos regrets; qu'elle soit heureuse ou malheureuse, vous ne viendrez certainement pas présenter vos hommages à Mme Giraud.

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