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insuffisantes et souvent ambiguës, attendu qu’elles ne reposaient point sur une division ternaire , que j’ai nettement annoncée dans la première édition de cet ouvrage , comme un caractère propre aux insectes hexapodes. M. Kirby ayant déjà employé la dénomination de métathorax , pour distinguer V arrière -thorax (i) , celles de prothorax et de meso thorax , la division ternaire une fois établie, se présentaient naturellement à la pensée, et c’est le célèbre professeur Nitzscb, qui en a le premier fait usage. Quelques naturalistes ont depuis nommé
(i) Ce segment ne doit pas être restreint, dans l'es hyménoptères, à cette division supérieure , très courte et transverse du thorax , sur les ! côtés de laquelle sont insérées les secondes ailes. Il est encore formé de cette portion thoracique qui s’étend en arrière jusqu’à l’origine de l’abdomen, et c’est ce que prouve évidemment la position des deux derniers stigmates du tronc , puisqu’ils sont placés sur les côtés de cette extrémité , derrière les ailes, et au-dessus des deux dernières pattes. Je pense même que cette observation doit s’appliquer à tous les insectes ailés. Leur métathorax sera divisé, du moins supérieurement, en deux parties ou demi-segments , l’une portant , dans les tétraptères , les secondes ailes et sans stigmates , et l’autre en étant pourvue ; celle-ci tantôt paraît dépendre de l’abdomen, comme dans presque tous les insectes, à l’exception des hyménoptères à abdomen pédicule', les rhipiptères et les diptères; tantôt elle est incorporée avec le tronc ou le thorax, etleferme postérieurement, comme dans ces derniers insectes : c’est pour cela que j’ai nommé cetté seconde division du métathorax segment médiaire. Ainsi , tous les seg- ; ments du thorax auront chacun une paire de stigmates , mais dont ceux du mésothorax peu sensibles , ou oblitérés, dans les hyménoptères et les diptères ; et dont les deux postérieurs ou métathoraciques sont situés sur le segment qui vient immédiatement après celui qui porte les secondes ailes. Dans les orthoptères , les hyménoptères, les lépidoptères* et les diptères , les deux antérieurs ou prothoraciques sont placés entre le prolhorax et le mésothorax. L’abdomen sera composé de neuf seg- ï ments complets, dont les trois derniers composant les organes de la génération.
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collier, collare , le prothorax ou le segment antérieur, celui qui porte les deux premiers pieds. Voulant conserver la dénomination de corselet, mais en restreindre l’application dans de justes limites, nous nous en servirons dans tous les cas où ce segment surpasse de beaucoup les autres en grandeur, et où ceux-ci sont réunis avec l’abdomen et semblent en faire partie intégrante ; c’est ce qui est propre aux coléoptères , aux orthoptères et à plusieurs hémiptères. Lorsque le prothorax étant court, formera avec les suivants une masse commune et à découvert, le tronc, composé destrois segments réunis, conservera la dénomination de thorax. Nous continuerons encore d’appeler poitrine la surface inférieure du ; tronc, en la divisant suivant les segments, entrois j aires , l’avant-poitrine , la médi-poitrine et l’arrièrepoitrine. La ligne médiane sera aussi le sternum , que nous partagerons encore en trois : l’avant-steroum, le médi -sternum et l’arrière sternum.
; Les téguments des segments thoraciques, ainsi que ceux des segments abdominaux , sont généralement divisés en deux anneaux ou demi-anneaux, t
l’un dorsal ou supérieur, l’autre inférieur , et réunis latéralement au moyen d une membrane molle et j flexible , qui n’est, au surplus, qu’une portion des mêmes téguments , mais moins solide dans beau- | coup d’insectes, notamment les coléoptères. L’on j voit à la jonction de ces anneaux un petit espace plus ferme, ou delà consistance de ceux-ci, et
DÈS INSECTES
portant chacun on stigmate, de sortë que les côtés de l’abdomen présentent une série longitudinale de petites pièces, ou que chaque segment est comme partagé en quatre. D’autres pièces , pareillement cornées, occupent les côtés inférieurs du mésothorax et du métathorax , et immédiatement audessous de l’origine des élytres et des ailes ^ qui sont appuyées elles -mêmes sur une autre pièce disposée longitudinalement. Les relations de ces parties, la grandeur et la forme du premier article des hanches , la manière dont elles s’articulent avec le demi-anneau dont elles dépendent , l’étendue et la direction de ce demi-anneau variant , le thorax considéré sous ce point de vue, présente une combinaison de caractères , qui est très avantageuse pour la méthode. Quelques naturalistes , notamment Knoch , en avaient déjà fait usage , mais sans aucun principe fixe, et avec des dénominations arbitraires. Il aurait fallu ; au préalable , étudier soigneusement la composition du thorax, et la suivre comparativement dans tous les ordres de la classe des insectes. Feu Lâchât, d’après mon invitation , avait commencé un tel travail. Son ami , M. Victor Audouin, a poursuivi ces recherches , et a présenté à l’Académie des sciences, un Mémoire sur ce sujet, qui a obtenu ses suffrages. Mais il ne nous est encore connu que par l’esquisse générale qu’en a donnée M. le baron Cuvier , dans son Rapport (i) ,
(1) L1 exposé des parties du thorax et une nomenclature fixe crée'e pour
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et par l'extrait qu’en a présenté l’auteur à l'article insectes , du Dictionnaire classique d’histoire naturelle. Pour adopter cette nomenclature, et en faire une application générale, nous attendrons que son travail et les figures qui doivent l’accompagner aient vu le jour; dans la pratique, d’ailleurs, les dénominations déjà introduites peuvent suffire. Un antre travail se rattachant au même
elles , ditM. le baron Cuvier dans son Rapport, devaient naturellement se placer en tête de l’ouvrage. Le tronc de l’insecte se laisse toujours diviser en trois anneaux, dont chacun porte une paire de pattes, et que | M. Audouin nomme, d’après leur position , le prothorax , le mésothorax j et le métaihorax. Outre ces pattes , le mésothorax porte la première J paire d'ailes, et le métaihorax la seconde. Chacun de ces trois segments j est composé de quatre parties : une inférieure , deux latérales (formant à I elles trois la poitrine) , et une supérieure, qui forme le dos; l’inférieure prend le nom de sternum ,• la partie latérale ou le flanc se divise en trois j pièces principales , une qui tient au sternum et se nomme épisternum , J l’autre, placée en arrière de celle-ci, et à laquelle la hanche s’articule, ! est nommée épinière . On nomme trochantin , par opposition à trochan- I ter, une petite pièce mobile, jusqu’ici inconnue, qui sert à l’union de 1 l’épimère et delà hanche. La troisième pièce du flanc , qui, dans le I mésothorax et le métaihorax, est placée en avant de Fépislernum et sous j Rade, est appelée hfpopthère. Quelquefois il y a encore autour du stig- 1 male une petite pièce cornée qui se nomme péritrème. La partie supérieure !; de chaque segment, que l’auteur nomme tergum , se divise en quatre ; pièces nommées , d’après leur position dans chaque anneau , prœscutum , j scutum , postsculellum. La première est souvent, et la quatrième presque toujours, cachée dans l’intérieur. Les naturalistes n’ont guère distingue qne le scutellum du mésothorax , qui est souvent remarquable par sa J grandeur et sa configuration , mais on retrouve son analogue dans les trois j segments. Ainsi, le tronc des insectes peut se subdiviser en trente-trois pièces principales , et, si l’on compte les hypoptères , le nombre de ces j pièces peut aller à quarante-trois, plus ou moins visibles à l’intérieur.
Une partie de ces pièces donne, en outre , au dedans, diverses productions ! qui méritent aussi des noms, à cause de leur importance et de leurs usages ; | ainsi, de la partie postérieure du sternum de chaque segment , s’élève en dedans une apophyse verticale, quelquefois figurée en Y , et que M. An | ' 2 0*
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sujet, et que la justice ainsi que l’amitié nous commandent de signaler aux naturalistes , est celui de M. Chabrier, ancien officier supérieur d’artillerie, sur le vol des insectes. Il fait partie des Mémoires du Muséum d’histoire naturelle, mais se vend aussi séparément. Les figures sont exécutées sur une très grande échelle > ainsi que celles d’un Mémoire de Jurine père, sur les ailes des hyménoptères, ouvrage d’une admirable patience, de même que le précédent.
douin nomme entoihorax. Elle fournit des attaches aux muscles , et protège le cordon médullaire; son analogue se montre dans la tête , et quelquefois dans les premiers anneaux de l’abdomen. D’autres proéminences intérieures résultent du prolongement des pièces externes voisines soudées ensemble. M. A udouin les nomme apodèmes. Les unes donnent attacheaux muscles , d’autres aux ailes ; enfin , il y a encore de petites pièces mobiles , soit à l’intérieur entre les muscles, soit à la base des ailes , que l’auteur nomme épidèmes. Nous avons dit que l’on retrouve toujours les pièces principales ou leurs vestiges ; mais il s’en faut bien qu’elles se laissent toujours séparer. Plusieurs d’entre elles sont même toujours unies dans certains genres ou dans certains ordres, et ne se distinguent que par dés traces de sutures. » M. Àudouin a depuis changé , dans son article Insectes du Dictionnaire classique des sciences naturelles, la dénomination d’hypoptères en celle de paraptère. Celle d’enlhorax changera aussi dans quelques circonstances, et s’appellera entocéphale (relativement à la tête ), et entogastre ( par rapport à l’abdomen ). Il remarque que la tête des insectes est composée de plusieurs segments. Nous avons aussi observé que le bec de la cigale, représentant la lèvre inférieure, ne tient pas à la tête, mais à la membrane qui l’unit avec le thorax. Aussi les deux cordons médullaires forment-ils „ sous la bouche., deux ganglions contigus. D’après ces motifs , considérons-nous le premier segment du corps des scolopendres, celui qui porte les deux crochets, comme une division de la tête analogue. Il paraît que Knoch avait distingué les épimères sous les dénominations de scapuloe et de parapleurce ; l’arrière-poitrine, par celle d’ acetabulum , tandis que la m edi-poitrine est le peristœthium. Le premier article des quatre hanches postérieures forme, dans la plupart des coléoptères, une lame transverse, s’emboîtant dans les flancs, et c’est , à ce qu’il me semble , la pièce qu’il nomme mcerium .
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Les insectes ayant toutes sortes cle séjours, ont aussi toutes sortes d’organes du mouvement , des ailes et des pieds , lesquels servent , dans plusieurs, de nageoires.
Les ailes sont des pièces membraneuses, sèches, élastiques, ordinairement transparentes et attachées sur les côtés du dos du thorax : les premières, lorsqu’il j en a quatre ou qu’elles sont uniques, sur ceux de son second segment, et les secondes sur ceux du suivant ou du métathorax. Elles sont com posées de deux membranes appliquées l’une sur ; l’autre et parcourues en divers sens par des ner- |j vures plus ou moins nombreuses, qui sont autant | de tubes trachéens , et formant tantôt un réseau , tantôt de simples veines. Un célèbre naturaliste , Jurine père, a tiré, pour la méthode,, un parti avantageux de la disposition et du croisement de ces nervures (1). Les demoiselles, les abeilles, les guêpes,
I les papillons, etc., ont quatre ailes; maiscelles des papillon s sont couvertes de petites écailles , qui , airpre- I miercoup d’œil, ressembientà de la poussière , etleui donnent les couleurs dont elles sont ornées. On les en ! lève aisément avec le doigt , et la portion de l’aile qui les aperdues est transparente. On voit au microscope ,
) que ces écailles, de figures très variées, y sont implan lées, par le moyen d’un pédicule , et disposées, graduellementetpar séries, ainsi que des tuilessur un toit.
(0 V oyiez les généralités des hyménoptères.
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DES INSECTES
Au devant des ailes supérieures de ces insectes, sont deux espèces d’épaulettes (ptéry godes) , qui se prolongent en arrière, le long d’une partie du dos , sur lequel elles s’appliquent. Dans certains insectes, les ailes restent droites, ou se replient sur elles-mêmes. Dans d’autres , elles sont doublées ou plissées longitudinalement en éventail. Tantôt elles sont horizontales, tantôt elles sont inclinées ou en toit ; dans plusieurs, elles se croisent sur le dos, ailleurs elles sont écartées (i). Les insectes à deux ailes , de l’ordre des diptères, ont au-dessous d’elles deux petits filets mobiles, terminés en massue , et qui, selon l’opinion la plus commune (2), semblent remplacer les deux ailes qui manquent. Onies nomme balanciers . D’autres insectes à deux ailes , et des plus extraordinaires , ont aussi deux balanciers, mais situés à l’extrémité antérieure du thorax, et que nous nommerons, pour les distinguer des autres , des prébalanciers . Audessus des balanciers est un petite écaille membraneuse, formée de deux pièces réunies par l’un des bords , et semblables à deux battants de coquille
(1) L’insecte est supposé en repos. La rapidité des vibrations de ces organes nous paraît etre Tune des principales causes du bourdonnement de divers animaux de cette classe. Les explications que Ton en a données ne sont pas encore satisfaisantes.
(2) Appendices, selon moi, des trachées du premier segment abdornh nal et correspondants à cet espace, percé d’un petit trou, adjacent au côté antérieur d’une ouverture, avec un diaphragme membraneux et intérieur, que l’on voit, de chaque côté, au même segment, dans plusieurs criquets ou acrydiums . ( V^oyez mon Mémoire sur les appendices articulés des insectes, dans le Recueil des Mémoires du Muséum d’hist. natur.)
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bivalve ; c’est Y aileron ou le cueilleron . Quelques coléoptères aquatiques en offrent aussi au-dessous de leürs élytres, et insérés à leur base.
Beaucoup d’insectes, tels que les hannetons, les cantharides, etc. ^ ont, au lieu des deux ailes supérieures ou antérieures, deux espèces d’écailles plus ou moins épaisses et plus ou moins solides, opaques, qui s’ouvrent et se ferment, et sous lesquelles les ailes se replient transversalement dans le repos. Ces espèces d’étuis ont reçu le nom d 'élytres (i). Les insectes qui en sont munis sont appelés coléoptères , ou insectes à étuis. Ces pièces ne leur manquent jamais; mais il n’en est pas toujours ainsi des ailes. Dans d’autres insectes, l’extrémité de ces écailles est tout-à-fait membraneuse , comme les ailes ; on les nomme des demi-étuis ou héméljtres .
L’écusson est une pièce ordinairement triangulaire, située sur le dos du mésothorax, entre les attaches des élytres ou des ailes. Elle est quelquefois très grande, et recouvre alors la plus grande partie du dessus de l’abdomen. Divers hyménoptères offrent en arrière d’elle, sur le mêlai borax , un petit espace qu’on nomme arrière-écusson ou faux-écus son.
Les pieds sont composés d’une hanche de deux articles, d’une cuisse, d’une jambe d’un seul arti-
(i) V oyez, pour leur composition chymique , un Mémoire précité de M. Odier , inséré dans le recueil des Mémoires de la Société d’histoire natur, de Paris, et l’article Insectes dudit Dict. classique d’hist. nât.
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cle, et d’un doigt, qu’on nomme habituellement tarse , et qui est divisé en plusieurs phalanges. Le nombre de ses articulations varie de trois à cinq^ ce qui dépend beaucoup des changements qu’éprouvent, dans leurs proportions, la première et l’avant- dernièrè. Quoique leur supputation puisse quelquefois embarrasser, et que cette série numérique ne soit pas toujours en rapport avec l’ordre naturel, elle fournit néanmoins un bon caractère pour la distinction des genres : la dernière articulation est ordinairement terminée par deux crochets. La forme des tarses est sujette à quelques modifications, suivant les habitudes des insectes. Ceux des espèces aquatiques sont ordinairement aplatis, très ciliés et en forme de rames (1).
L’abdomen , qui forme la troisième et dernière partie du corps , se confond avec le corselet dans les myriapodes ; mais il en est distinct dans tous les autres insectes, ou ceux qui n’ont que six pieds. Il renferme les viscères, les organes sexuels, et présente neuf à dix segments, mais dont quelques-uns sont souvent cachés ou très rapetissés. Les parties de la génération sont situées à son extrémité postérieure, et sortent par l’anus. Les ïules et les libellules font seuls exception. Les derniers anneaux de l’abdomen
(i) M. Kirby, dans sa Monographie des abeilles d’Angleterre, désigne les deux tarses antérieurs sous le nom de main. Le premier article est la paumé {palma ). Conjointement avec M. Spence , il a publié des élémens d’entomologie , très détaillés et des plus complets.
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forment , dans plusieurs femelles , un oviducte (oviscapte , Marcel de Serres) rétractile ou toujours saillant, plus ou moins compliqué, et leur servant de tarière. Il est remplacé par un aiguillon dans les femelles de beaucoup d’hyménoptères. Des crochets ou des pinces accompagnent presque toujours l’organe fécondateur du mâle (1). Les deux sexes ne se réunissent ordinairement qu’une seule fois, et cet accouplement suffit même, dans quelques genres, pour la fécondation de plusieurs générations successives. Le mâle se place sur le dos de sa femelle , et leur jonction dure quelque temps. Celle-ci ne tarde pas à faire sa ponte (2) , et dépose ses œufs de la manière la plus favorable à leur conservation, de sorte que les petits venant à éclore , trouvent à leur portée les aliments convenables. Souvent même elle les approvisionne. Ces soins maternels excitent fréquem-
(1) Les organes gëne'rateurs mâles se composent d’un appareil préparateur de la semence et de pièces propres à la copulation. L’appareil pre'parateur est formé de testicules , de canaux déférents et de vésicules séminales. L’organe* copulateur nous présente le pénis et une armure constituée par des pièces environnantes, de diverses formes, faisant l’office de pinces , et avec lesquelles ces individus saisissent l’extrémité postérieure du corps de la femelle. L’organe générateur de ces derniers indi-
t vidus a pour éléments l’ovaire, le réceptacle ou calice, formé par sa base, et l’oviducte. (Consultez, pour plus amples détails, les Mémoires de S M. Dufour, faisant partie des Annales des sciences naturelles, et une Disj sertation latine de M. Hegetsclrvveiler, Zurich, 1820.)
(2) M. Audouin suppose qu’à l’égard d’un grand nombre d’insectes , les œufs sont fécondés, à leur passage, dans une poche située près de l’anus ; mais cette opinion a besoin d’être confirmée par des expériences 5
| et l’un dès naturalistes , qui a le plus étudié l’anatomie de ces animaux , ! M. Léon Dufour , ne la partage point
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ment notre surprise , et nous dévoilent plus particulièrement l’instinct des insectes. Dans des sociétés très nombreuses de plusieurs de ces animaux , tels que les fourmis, les termès, les guêpes, les abeilles, etc., les individus composant la majeure partie de la po* pulation, et qui , par leurs travaux et leur vigilance, maintiennent ces sociétés , ont été considérés comme des individus neutres ou sans sexe. On les a aussi désignés sous les noms à' ouvriers et de mulets . Il est reconnu aujourd’hui que ce sont des femelles dont les organes sexuels ou les ovaires n’ont pas reçu parfaite élaboration , et qui peuvent devenir fécondes, si une amélioration dans leur nourriture déve- j loppe^ à une certaine époque de leur jeune âge, ces mêmes organes. * s
Les œufs éclosent quelquefois dans le ventre de la mère; elle est alors vivipare . Le nombre des générations annuelles d’une espèce dépend de la durée de chacune d’elles. Le plus souvent il n’y en a qu’une ou deux par année. Une espèce , toutes choses égales, est d’autant plus commune, que les générations se succèdent avec plus de rapidité, et que la femelle est plus féconde.
U u papillon femelle , après s’être accouplé, pond des œufs, desquels il naît, non pas des papillons y mais des animaux à corps très alongé , partagé en anneaux, à tête pourvue de mâchoires et de plusieurs petits yeux, ayant des pieds très courts , dont six écailleux et pointus, placés en avant, et d’au-
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très en nombre variable , membraneux , attachés aux derniers anneaux. Ces animaux, connus sous le nom de chenilles y vivent un certain temps dans cet état, et changent plusieurs Fois de peau. Enfin il arrive une époque où , de cette peau de chenille , sort un être tout différent, de forme oblongue, sans membres distincts , et qui cesse bientôt de se mouvoir , pour rester long-temps avec l’apparence de mort et de dessèchement, sous le nom de chrj solide . En y regardant de très près , on voit en relief', sur la surface extérieure de cette chrysalide, des linéaments qui représentent toutes les parties du papillon, mais dans des proportions différentes de celles que ces parties auront un jour. Après un temps plus ou moins long, la peau de la chrysalide se fend , et le papillon en sort humide , mou , avec des ailes flasques et courtes ; mais en peu d’instants il se dessèche , ses ailes croissent , se raffermissent, et il est en état de voler. Il a six longs pieds, des antennes, une trompe en spirale, des yeux composés; en un mot, il ne ressemble en rien à la chenille dont il est sorti , car on a vérifié que les changements d’état ne sont autre chose que des développements successifs des parties contenues les unes dans les autres.
Voilà ce qu’on appelle les métamorphoses des insectes. Leur premier état se nomme larve j le second, nymphe j le dernier, état parfait . Ce n’est que dans celui-ci qu’ils sont en état de produire.
Tous les insectes ne passent point par ces trois
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états. Ceux qui n’ont point d’ailes sortent de l’œuf avec la forme qu’ils doivent toujours garder (l) : on les appelle insectes sans métamorphose . Parmi ceux qui ont des ailes, un grand nombre ne subit d’autre changement que de les recevoir : on les nomme insectes à demi-métamorphose . Leur larve ressemble à l’insecte parfait , à l’exception seulement des ailes, qui lui manquent tout-à-fait. La njmphe ne diffère de la larve que par des moignons ou rudiments d’ailes, qui se développent à sa dernière mue pour mettre l’insecte dans son état parfait. Telles sont les punaises , les sauterelles , etc. Enfin , le reste des insectes pourvus d’ailes, nommés à métamorphose complète , est d’abord une larve de la forme d’une chenille ou d’un ver, devient ensuite une njmphe immobile , mais présentant toutes les parties de l’insecte parfait, contractées et comme emmaillottées.
Ces parties sont libres , quoique très rapprochées et appliquées contre le corps, dans les nymphes des coléoptères , des nevroptères , des hyménoptères, etc. ; mais elles ne le sont pas dans celles des lépidoptères, de beaucoup d’insectes à deux ailes. Une peau élastique ou d’une consistance assez ferme se moule sur le corps et ses parties extérieures , ou lui forme une sorte d’étui.
Celle des nymphes ou chrysalides des lépidop-
(ï) La Puce , les femelles des Mulilles , les Fourmis ouvrières , et quelques autres insectes , mais en petit nombre , excepte's,
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tères, ne consistant qu’en une simple pellicule, appliquée sur les organes extérieurs, suivant tous leurs contours, et formant, pour chacun d’eux, autant de moules spéciaux , comme l’enveloppe d’une momie , permet de les reconnaître et de les distinguer (1) ; mais celle des mouches, des syrphes, formée de la peau desséchée de la larve, n’a que l’apparence d’une coque en forme d’œuf. C’est une espèce de capsule ou d’étui , où l’animal est renfermé (2).
Beaucoup de larves, avant de passer à l’état de nymphe, se préparent, avec de la soie qu’elles tirent de leur intérieur , et au moyen des filières de leur lèvre, ou avec d’autres matériaux qu’elles réunissent^ une coque où elles se renferment. L’insecte parfait sort de la nymphe par une fente ou une scission qui se fait sur le dos du corselet. Dans les nymphes des mouches , une de ses extrémités se dé- ! tache , en forme de calotte, pour le passage de l’in- | secte.
Les larves et les nymphes des insectes à demimétamorphose ne diffèrent de ces mêmes insectes en état parfait, qu’à raison des ailes. Les autres organes extérieurs sont identiques. Mais dans la métamorphose complète, la forme du corps des larves n’a point de rapport constant avec celle qu’auront ces insectes dans leur dernier état. 11 est ordi-
i; (1) Pupa obtecia , Lin.
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nairement plus alongé ; la tête est souvent très différente , tant par sa consistance que par sa figure , n’a que des rudiments d’antennes ou en manque absolument, et n’offre jamais d’yeux composés.
Les organes de la manducation sont encore très disparates, ainsi qu’on peut le voir en comparant la bouche d’une chenille avec celle d’un papillon, la bouche de la larve d’une mouche avec celle de l’insecte entièrement développé.
Plusieurs de ces larves m’ont point de pieds ; d’autres , telles que les chenilles , en ont beaucoup , mais qui, à l’exception des six premiers, sont tous membraneux et n’ont point d’ongles au bout. Quel# ques insectes , tels que les éphémères, nous présen- 1 tent, dans leur métamorphose , une exception singulière. Parvenus à l’état parfait , ils se dépouillent i encore une fois de leurs ailes.
Les insectes qui composent nos trois premiers ordres conservent toute leur vie la forme qu’ils ont ! en naissant. Les myriapodes, néanmoins, nous montrent une ébauche de métamorphose. Ils n’ont d’a* bord /que six pieds, ou en sont même, suivant M. Savi, tout- à- fait privés; les autres, ainsi que les segments dont ils dépendent , se développent avec l’âge.
Il est bien peu de substances végétales qui soient à l’abri de la voracité des insectes; et comme celles qui sont nécessaires ou utiles à nos besoins ne sont pas plus épargnées que les autres, iis nous causent
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de grands dommages , surtout dans les aimées favorables à leur multiplication. Leur destruction dépend beaucoup de la connaissance de leurs habitudes et de notre vigilance. Il en est d’omnivores, et tels sont les termes, les fourmis, etc., dont les ravages ne sont que trop connus. Plusieurs de ceux qui sont carnassiers, et les especes qui se nourrissent de matières soit cadavéreuses, soit excrémentielles, sont un bienfait de Fauteur de la nature , et compensent un peu les pertes et les incommodités que les autres nous font éprouver. Quelques-uns sont employés dans la médecine, dans les arts et dans l’économie domestique.
Ils ont aussi beaucoup d’ennemis : les poissons détruisent une grande quantité d’espèces aquaii- I ques; beaucoup d’oiseaux, de chauves-souris, de lézards, etc., nous délivrent d’une partie de celles qui font leur séjour sur terre ou dans les airs. La plupart des insectes essaient de se soustraire, par la fuite ou par le vol, aux dangers qui menacent ' leur existence; mais il en est qui emploient, à cette fin , des ruses particulières ou des armes naturelles.
Parvenus à leur dernière transformation , ou jouissant de toutes leurs facultés , ils se hâtent de j propager leur race, et ce but étant rempli , ils cessent bientôt d’exister. Aussi, dans nos climats, j chacune des trois belles saisons de l’année nous offre-t-elle plusieurs espèces qui lui sont propres. Il paraît cependant que les femelles et les individus
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neutres de celles qui vivent en société , ont une carrière plus longue. Plusieurs individus, nés en automne , se dérobent aux rigueurs de l’hiver, et repa~ raissent au printemps de l’année suivante.
Ainsi que les végétaux , les espèces sont soumises à des circonscriptions géographiques. Celles , par exemple, du Nouveau-Monde, à l’exception d'un petit nombre et toutes boréales , lui sont essentiellement propres; il offre aussi plusieurs genres particuliers. L’ancien continent en possède à son tour qui sont inconnus dans l’autre. Les insectes du midi de l’Europe , de l’Afrique septentrionale et des contrées occidentales et méridionales de l’Asie ont de grands rapports entre eux. Il en est de même de [ ceux des Mol tiques et des îles plus orientales, celles de la mer du Sud comprises. Plusieurs espèces du nord se retrouvent dans les montagnes des pays méridionaux. Celles d’Afrique diffèrent beaucoup de celles des contrées opposées de l’Amérique. Les insectes de l’Asie méridionale , à partir de l’Indus ou du Sind, et en allant à l’est , jusqu’aux confins de la Chine, ont de grands traits de ressemblance. Les régions intertropicales, couvertes de très grandes forêts et très arrosées, sont les plus riches en insectes; et, sous ce rapport, le Brésil et la Guyane sont le plus favorisés.
Toutes les méthodes générales relatives aux insectes se réduisent essentiellement à trois. Swammerdam a pris pour base les métamorphoses ; Lin-
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ïiæus s'est fondé sur la présence et l'absence des ailes , leur nombre , leur consistance , leur superposition, la nature de leur surface, et sur l’existence ou l’absence d’un aiguillon; Fabricius n’a employé que les parties de la bouche. Les crustacés et les arachnides, dans toutes ces distributions, font partie des insectes, et ils en sont, même les derniers dans celle de Linnæus, qu’on a généralement adoptée. Frisson cependant les en avait distraits, et sa classe des crustacés, qu’il place avant celle des insectes, renferme tous ceux de ces animaux qui ont plus de six pieds, c’est-à-dire les crustacés et les arachnides de if. de Lamarck, ou les insectes a.piropodesAe M. Savigny. Quoique cet ordre fût plus naturel que celui de Linnæus, il n’avait pas été suivi, et ce n’est que dans ces derniers temps que des observations anatomiques et l’exactitude rigoureuse des applications qu’on eu a faites, nous ont ramenés à la méthode naturelle (i).
Je partage cette classe en douze ordres, dont les trois premiers, composés d’insectes privés d’ailes, ne changeant point essentiellement de formes et d’habitudes, sujets seulement, soit à de simples mues, soit à une ébauche de métamorphose, qui accroît le nombre des pieds et des anneaux du corps,
j (i) Cuvier, Tabl. élém. de l’Hist. nat. des anim., et Leçons d’anat | compare'e ; Larnark , Système des anim. sans vertèbres ; Latreilie, Précis des caract. gènér. des insectes, et gener. crust. et insectorum. Consultez,
I pour plus de details, Pexcellente introduction à l’Entomologie de MM. Kirby et Spence, déjà citée, p. 3 12.