LE PREMIER ORDRE DES INSECTES
Les MYRIAPODES. (Myriapoda. — Mitosata . Fab.)
Nommés vulgairement mille-pieds y sont les seuls animaux de cette classe qui aient plus de six pieds dans leur état parfait , et dont F abdomen ne soit pas distinct du tronc. Leur corps, dépourvu d’ailes, est composé d’une suite ordinairement considérable d’anneaux, le plus souvent égaux, et portant généralement chacun, à l’exception des premiers, deux paires de pieds, le plus souvent terminés par un seul crochet, soit que ces anneaux soient indivis, soit qu’ils soient partagés en deux demi - segments y ayant chacun une paire de ces organes, et dont l’un seulement offre deux stigmates (i).
Les myriapodes ressemblent, pour la plupart, à de petits serpents ou à des néréides, ayant des pieds très rapprochés les uns des autres , dans toute la longueur du corps. La forme de ces organes s’étend même jusqu’aux parties de la bouche. Les mandibules sont biarticulées et immédiatement suivies d’une pièce en forme de lèvre , quadrihde ,
(i) Les anneaux du corps des insectes ont généralement deux stigmates. Si l’on considère sous ce point de vue les anneaux du corps des scolopendres, notamment des grandes espèces, celles qui ont vingt-une paires de pattes , l’on verra qu’ils sont alternativement pourvus ou privés de deux stigmates , et qu’ainsi , comparativement à ces derniers animaux, ce ne sont réellement que des demi' anneaux. Dès lors chaque segment complet a deux paires de pattes , mais dont une surnuméraire , puisque , dans les autres insectes, les anneaux munis de pattes n’en ont que deux.
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à divisions articulées ou semblables à de petits pieds, et qui par sa situation correspond à la languette des crustacés ; viennent ensuite deux paires de petits pieds, dont les seconds en forme de grands crochets dans plusieurs, paraissent remplacer les quatre mâchoires de ces derniers^ ou bien les deux ainsi que la lèvre inférieure des insectes : ce sont des | sortes de pieds buccaux. Les antennes , au nombre j! de deux, sont courtes, un peu plus grosses vers le bout ou presque filiformes, de sept articles dans les uns, d’un grand nombre dans les autres et sé | tacées. Leurs jeux sont ordinairement formés d’une réunion d’jeux lisses , et si dans les autres , ils offrent une cornée à facettes, ces lentilles sont néanmoins proportionnellement plus grandes, plus rondes et plus distinctes que celles des yeux des insectes. Les stigmates sont souvent très petits, et leur quantité , à raison de celle des anneaux, est ordinairement 1 plus considérable que dans ces derniers , où elle n’est au plus que de dix-huit ou vingt. Le nombre de ces anneaux et celui des pieds augmente avec l’âge , j caractère qui distingue encore les myriapodes des || insectes, ceux-ci naissant toujours avec le nombre de j segments qui leur est propre, et toutes leurs pattes à j crochets, ou proprement dites, se développai! ta la j lois, soit à la même époque , soit lorsqu’ils passent à l’état de nymphe. M. Savi, fils, professeur de minéra j logie à Pise, qui a fait u ne étude particulière des iules;
: a. observé qu’ils sont privés , à la sortie de l’œuf, de
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ces organes : ces animaux éprou vent donc une véritable métamorphose. Dans les uns, les organes sexuels masculins sont toujours placés immédiatement après la septième paire de pattes, sur le sixième ou septième segment du corps , et ceux de la femelle près de l’origine des seconds pieds ; dans les autres, ces deux sortes d’organes sont situées comme d’ordinaire , à l’extrémité postérieure du corps . La position des parties masculines des premiers^ comparée avec celle qu’elles ont dans les crustacés et les arachnides , semblerait indiquer la séparation du tronc et de l’abdomen ; à l’égard des autres myriapodes , où les organes sexuels sont postérieurs , l’on remarque qu’il s’opère dans une portion analogue du corps de certaines espèces ( scolopendra morsitans un inversion dans Tordre successif des stigmates , ce qui paraîtrait annoncer la même distinction.
Les myriapodes vivent et croissent plus longtemps que les autres insectes, et suivant M. Savi, il faut au moins deux ans à quelques-uns ( les ïules), pour que les organes génitaux deviennent apparents.
De cet ensemble de faits , l’on peut conclure que ces animaux se rapprochent d’une part des crustacés et des arachnides , et de l’autre des insectes ; mais sous la considération de la présence, de la forme et de la direction des trachées , ils appartiennent à la classe des derniers.
Nous les partagerons en deux familles, parfaite-
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ment distinctes , tant à raison de leur organisation , que de leurs habitudes , et composant dans Linnæus, deux coupes génériques.
La première famille des Myriapodes, celle
Des CHILOGNATHES ( Chilogkatha. Latr. ) , ou le genre des IULES (. laïus ) de Linnæus ,
À le corps généralement crustacé et souvent cylindrique ; les antennes , un peu plus grosses vers le bout ou presque d’égale grosseur, et composées de sept articles ; deux mandibules épaisses , sans palpes, très distinctement divisées en deux portions par une articulation médiane , avec des dents imbriquées et implantées dans une concavité | de son extrémité supérieure ; une espèce de lèvre ( languette ) (i) , située immédiatement au-dessous d’elles, les recouvrant, crustacée, plane, divisée à sa surface extérieure par des sutures longitudinales et des échancrures, en quatre aires principales, tuberculées au bord supérieur^ et dont les deux intermédiaires plus étroites et plus courtes , situées à l’extrémité supérieure d’une autre aire, leur servant de base commune; les pieds très courts et toujours terminés par un seul crochet ; quatre pieds situés immédiatement au-dessous de la pièce précédente ,
! de la forme des suivants, mais plus rapprochés à
(1) Lcvre inferieure composée des deux paires de mâchoires des crus-
i lacés , selon M. Sayiftny.
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leur base, avec l’article radical proportionnellement plus long ; et la plupart des autres, attachés pardon* ble paire, à un seul anneau. Les organes génitaux masculins sont situés immédiatement après la septième paire de pieds , et ceux de l’autre sexe derrière les seconds. Les stigmates sont placés alternativement, en dehors de l’origine de chaque paire de pieds, et très petits.
Les chilognathes marchent très lentement ou se glissent , pour ainsi dire , sur le plan de position, et se roulent en spirale ou en boule. Le premier segment du corps, et dans quelques-uns le suivant , est plus grand, et présente la forme d’un corselet ou d’un petit bouclier. Ce n’est guère qu’au quatrième dans les uns, qu’au cinquième ou au sixième dans les autres, que la duplicature des paires de pieds commence; les deux ou quatre premiers pieds sont même entièrement libres jusqu’à leur naissance, ou ils n’adhèrent à leurs segments respectifs, que par une ligne médiane ou sternale. Les deux ou trois derniers anneaux sont apodes. On voit de chaque côté du corps une série de pores , qu’on avait pris pour des stigmates , mais qui; d’après M. Savi, sont simplement destinés à la sortie d’une liqueur acide et d’une odeur désagréable , qui paraît servir à la défense de ces animaux; les ouvertures propres à la respiration , et dont on lui doit la découverte , sont placées sur la pièce sternale de chaque segment , et commtiniqnent intérieurement avec une double série