‹ Les crustacés, les arachnides et les insectesChapitre 62 sur 85 · FAMILLE DES CH1L0GN ATHES. 55 I · texte numérisé non relu

FAMILLE DES CH1L0GN ATHES. 55 I

de poches pneumatiques , disposées en chapelet , tout le long du corps, et d’où partent des branches trachéennes qui vont se répandre sur les autres organes. Suivant une observation de M. Straus, les poches ou trachées vésiculeuses ne sont point liées les unes aux autres, ainsique de coutume, par une trachée principale.

Aux environs de Pise, où M. Savi a recueilli les observations précitées ,, les amours de Fïule commun commencent vers la fin de décembre et finissent vers la mi-mai. Les organes copulateurs du mâle sont placés dans cette espèce sous le sixième segment , mais ils ne se montrent sous cette forme que lorsque l’individu est parvenu environ au tiers de sa taille ordinaire ; jusqu’alors cette place est occupée par une paire de pattes , la quinzième , et qui existe toujours dans les femelles; ici, l’orifice des parties sexuelles est placé entre le premier et deuxième segment. Des gloméris et des ïules femelles m’ont jj offert par derrière la naissance de la seconde paire de pattes, deux petits mamelons convexes qui paraissent caractériser ce sexe ; celui des mâles con- || siste aussi en deuxmamelons, mais terminés chacun par un crochet écailleux et contourné. Dansl’accouplement, ces insectes redressent et appliquent Lune contre l’autre, face à face, les extrémités antérieures ! de leurs corps, et s’entrelacent inférieurement. Le corps des individus venant de naître est en forme ■de rein, parfaitement uni et sans appendices. Dix-

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huit iours après, il subissent une première mue ,, et ils prennent seulement alors la forme des adultes ; mais ils n’ont encore que vingt-deux segments , et le nombre total de leurs pattes est de vingt-six paires. M. Savi paraît contredire l’assertion de De Géer ^ qui dit n’en avoir compté que trois paires et que huit anneaux dans les jeunes individus ; mais est-il bien certain que la mue dont parle M. Savi soit réellement la première , et ne doit-on pas , au contraire, présumer que ces jeunes individus ne passent pas subitement d’un état où ils n’offrent aucun appendice locomotile, à celui où ils en montrent jusqu’à vingt-six paires, ou qu’en un mot d’autres changements de peau, mais qui ont pu échapper à M. Savi, ont eu lieu et ont développé successivement ce nombre de pattes? Les observations du Réaumur suédois ne confirment-elles pas ces transitions graduelles? Quoi qu’il en soit , selon M. Savi , les dix-huit premières paires de pattes servent seules à la locomotion ; à la seconde mue, l’animal en offre trente-six paires et à la troisième quarante-trois; le* corps alors se compose de trente segments. Enfin, dans l’état adulte, le mâle en a trente-neuf et la femelle soixante-quatre ; deux ans après, ils muent encore, et c’est alors seulement qu’apparaissent les organes de la génération. Depuis îa naissance, qui a lieu en mars, jusqu’en novembre, époque où M. Savi a cessé ses observations , ces changements de peau se renou-

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vellenl à peu près de mois en mois. On découvre dans la dépouille jusqu’à la membrane qui tapisse intérieurement le canal alimentaire et les trachées. Les organes de la bouche sont les seules parties que M. Savi n’a pu retrouver (1).

Ces insectes se nourrissent de substances soit végétales , soit animales, mais mortes et décomposées, et pondent dans la terre un grand nombre d’œufs.

Us ne forment dans Linnæus , qu’un genre.

Les Iules. (Iulus. L. )

Que nous divisons comme il suit :

Les uns ont le corps crustacé, sans appendices au bout , et les antennes renflées vers leur sommet.

Les Gloméris. ( Glomeris. Latr. )

Semblables à des cloportes , ovales, et se roulant en boule.

Leur corps, convexe en dessus et concave en dessous, a, le long de chacun de ses côtés inférieurs^, une rangée de petites écailles, analogues aux divisions latérales des trilobites. Il n’est composé , la tête non comprise, que de douze segments ou tablettes, dont le premier, plus étroit, forme une sorte de collier en demi-cercle transversal , et dont le suivant et le dernier les plus grands de tous; celui-ci est I voûté et arrondi au bout. Le nombre des pattes est de trentequatre dans les femelles, et de trente-deux dans les mâles, ses organes sexuels remplaçant la paire qui manque. Ces ani-

(i) Voyez le Bulletin général et universel de M. le baron de Férussac, décembre 1823. Les observations de M. Savi , dont ce journal offre un extrait , sont consignées dans le mémoire suivant : Osservazioni per ser vire alla sloria di una speeie di julus communissima , Bologna , 1817. Le même savant en a publié un autre , en 1819, suri e Juins fœtidissimus.

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maux sont terrestres et vivent sous les pierres dans les terrains montueux (i").

Les Iules propres. (ïultjs. Lin.)

Qui ont le corps cylindrique et fort long, se roulant en spirale, et sans saillie en forme d’arête ou de bord tranchant sur les côtés des anneaux.

Les plus grandes espèces vivent à terre, particulièrement dans les lieux sablonneux, les bois, et répandent une odeur désagréable. Les plus petites se nourrissent de fruits, de racines ou de feuilles de plantes potagères. On en trouve quelques autres sous les écorces d’arbres , dans la mousse, etc.

Ulule très- grand (7. maximus, Lin.)Marcg., Bras., p. 255. Propre à l’Amérique méridionale, a jusqu’à sept pouces de long.

Ulule des sables ( I. sabulosus , Lin. ) Schæff. , Elem., entom, lxxiii. — J. fasciatus , De G., Insect., Vil, xxxvi , i g, io ; Leacli. , Zooî. , misccll . , cxxxm ; long d’environ seize lignes, d’un brun noirâtre, avec deux lignes roussâtres le long du dos; cinquante- quatre segments, dont l’avant-dernier terminé par une pointe forte, velue et cornée au bout. — En Europe.

Ulule terrestre (/. terrestris. Lin. ) Geoff. , Insect. ,11, xxn,

5; d’un quart plus petit , cendré bleuâtre , entrecoupé de jaunâtre clair ; quarante - deux à quarante - sept segments.

— Avec le précédent (2).

Les Polydemes. (Polydesmus; Lat.),

Semblables aux ïules par la/ forme linéaire de leur corps et l’habitude de se rouler en spirale, maïs dont les segments

(1) Iulus ovalis, Lin. ; Gronov., Zooph., pl. xvn, 4 ■> à 5 — Qnisciis zonalus , Pariz. , Faun. , Insect; gérai. , IX , xxm ; Glomeris marginata , Leach , Zool. miscell. , cxxxii; — Oaiscus pustulatus , Fab. ; Panz., ibid. , xxn.

(2) Voyez les deux Meïnoires précités de M. Savi, et le Zoolog. miscel ; de M. Leach, lom. III, à l’égard de ces deux espèces et de quelques autres d’Angleterre. Ajoutez Iulus indus, Lin.; De G, >VIï, xliii , 7 p Séb. , Mus. II , xxiv ,4 ,5; — Séb. , Mus. I, lxxxi, 5 ; — Schræt., Abbandl. , I , 11157.

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-sont comprimés sur les côtés inférieurs, avec une saillie en forme de rebord ou d’arête au-dessus.

On les trouve sur les pierres, et le plus souvent dans les lieux humides (i).

Les espèces qui ont des yeux apparents forment le genre Craspedosome de M. Leach pi).

Les autres ont le corps membraneux., très mou, et terminé par des pinceaux de petites écailles. Leurs antennes sont de la même grosseur. Tels sont

Les* Pollyxènes. ( Pollyxenus. Latr. )

Qui ne comprennent encore qu’une seule espèce, rangée avecles Scolopendres (Se. lagitra. L. )par Linnæus, Geoffroy et Fabricius.

C’estl eluleàqueue en pinceau de DeGeer, ïnsect. , Vil, xxxvi, 1 , 2, 3; Zool. miscell. , cxxxv, B. Cet insecte est très petit, oblong, avec des aigrettes de petites écailles sur les côtés, et un pinceau blanc à l’extrémité postérieure du. corps. Il a douze paires de pieds, placées sur autant de demi-anneaux.

Il se tient dans les fentes des murs et sous les vieilles écorces.

La seconde famille de Myriapodes ,

Les CHILOPODES (Chilopoda. Lat. ) , ou le genre des Scolopendres (Scolopendra) de Linnæus, etc.

! Ont les antennes plus grêles vers leur extrémité, de

quatorze articles et au-delà; une bouche composée ! de deux mandibules, munies d’un petit appendice en forme de palpe , offrant dans leur milieu l’apparence d’une soudure , et terminées en manière

J (1) Les Iules complanatus (Zool. miscel., cxxxv. À) dep ressers, stigma , jl trideritatus de Fabricius; Ses Scolopendres ? dorsales , cljpeata.

(2) Les espèces, inconnues avant M. Leach, paraissent propres à la || Grande-Bretagne. Voyez la planche cxxxiv de son Zoological miscellany, tom. IIL

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de cuilleron dentelé sur ses bords; d’une lèvre (i) quadrifide , dont les deux divisions latérales plus grandes, annelées transversalement, semblables aux pattes membraneuses des chenilles ; de deux palpes ou petits pieds réunis à leur base, onguiculés au bout; et d’une seconde lèvre (2) Formée par une seconde paire cte pieds dilatés et joints à leur naissance, -et terminés par un Fort crochet, mobile et percé sous son extrémité d’un trou, pour la sortie d’une liqueur vénéneuse.

Le corps est déprimé et membraneux. Chacun de ses anneaux est recouvert d’une plaque coriace ou cartilagineuse , et ne porte y le plus souvent, qu’une paire de pieds (5) ; la dernière est ordinai-

(1) Pièce analogue à la lèvre inferieure des Cbilognates, représentant, selon moi, la langue des crustacés , mais pouvant aussi faire l'office de mâchoires ; c’est ce que M. Savigny nomme première lèvre auxiliaire.

(2) Seconde lèvre auxiliaire du même. Elle n’est point annexée avec la tête , mais avec l’extrémité antérieure du premier demi-segment. Les deux pieds a crochets forment , par la réunion et la dilatation de leur premier article, une plaque en forme de menton et de lèvre. Le même demi-segment porte les deux premiers pieds ordinaires. Dans les Scolopendres propres de M. Leach , les deux premiers stigmates sont situés sur le troisième demi-segment, abstraction faite du premier; le second et le suivant composeront le premier anneau complet , et alors les deux premiers stigmates se trouveront placés , comme dans les autres insectes , sur un espace correspondant au prothorax. Cette seconde lèvre auxiliaire pourra ainsi représenter la lèvre inférieure des insectes hexapodes broyeurs. Mais ici le pharynx est situé en avant de celte lèvre, au lieu que, dans les myriapodes , il est placé au-devant de la première lèvre auxiliaire. C’est d’après ces rapports et plusieurs autres, fournis parles entomostracés et les arachnides , que je considère les pieds des insectes hexapodes comme les analogues des six pieds-mâchoires des crustacés décapodes.

(3) Ils ne sont, dans ce cas , que des demi-anneaux. Voyez les généralités de l’ordre.

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ment rejetée en arrière, et s’alonge en forme de queue. Les organes de la respiration sont composés en totalité ou en partie de trachées tubulaires.

Ces animaux courent très vite, sont carnassiers, fuient la lumière, et se cachent sous les pierres, les vieilles poutres, les écorces des arbres, dans la terre , le fumier, etc. Les habitants des pays chauds les redoutent beaucoup, les espèces qu’on y trouve étant fort grandes, et leur venin pouvant être plus actif. La scolopendre mordante est désignée aux Antilles par l’épithète de malfaisante . On en connaît qui ont une propriété phosphorique.

Les organes sexuels sont intérieurs et situés à l’extrémité postérieur du corps, comme dans la plupart des insectes suivants. Les stigmates sont plus sensibles que dans la famille précédente , et latéraux ou dorsaux.

Cette famille , qui, dans la méthode de M. Leach, forme son ordre des Syngnathes , peut, d’après ces

I derniers caractères , la nature des organes respiratoires et les pieds , se diviser ainsi :

Les unes n’ont que quinze paires de pattes (ij, et leur corps vu en dessus présente moins de segments qu’en dessous.

Les Scutigeres. ( Scutigera. Lam. — Cermatia. tlig. )

Qui ont le corps recouvert de huit plaques en forme d’écussons, sous chacune desquelles M. Marcel de Serres a observé deux poches pneumatiques ou trachées vésiculaires,

(i) Le docteur Leach compte deux paires de plus, parce qu’il comprend dans ce nombre les palpes et les pieds en forme de crochets de la têter TOME I, 23

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recevant l’air, et communiquant avec des trachées tubulaires latérales et inférieures. Le dessous du corps est divisé en quinze demi-anneaux, portant chacun une paire de pieds terminés par un tarse fort long , grêle et très articulé j les dernières paires sont plus alongées ) les yeux sont grands et à facettes.

Elles ont des antennes grêles et assez longues } les deux palpes saillants et garnis de petites épines. Le corps est plus court que dans les autres genres de la même famille , avec les articles des pieds proportionnellement plus longs.

Les scuti gères , qui, d’après ces caractères , font le passage delafamille précédente à celle-ci, sont fort agiles, et perdent souvent une partie de leurs pieds lorsqu’on les saisit.

L’espèce de notre pays (i) se cache entre les poutres ou les solives des charpentes des maisons.

Les Lîthobies. (Lithobius. Leach. )

Qui ont les stigmates latéraux, le corps divisé, tant en dessus qu’en dessous, en un pareil nombre de segments , portant chacun une paire de pieds, et les plaques supérieures alternativement plus longues et plus courtes, en recouvrement , jusque près de l’extrémité postérieure.

L eLithobie fourchu ( ScoLopendra forficata^ Lin.) Fabr., De G. ; Geoff. , Hist. des insect; , II, xxn, 3 ; Panz., Faun., insect.Germ. L. , xm ; Leach. , Zool., misceil., cxxxvii (2). Les autres ont au moins vingt -une paires de pattes et les segments sont, tant en dessus qu’en dessous, de grandeur égale et en même quantité.

Les Scolopendres propres. (Scolopendra, Lin.)

Celles qui à partir des deux pieds venant immédiatement après les deux crochets formant la lèvre extérieure, n’en of-

(1) La Scolopendre à vingt-huit pattes de Geoffroy, qui paraît différer de la coleoptrata de Panzer, Faun. insect. Germ. , L. , xn , et de celle de.Linnæus; — - lulus araneoides , Pall. ; Spicil. Zool., ÏX, îv, i6j — Scolopendra longicornis , Fab. 5 de Tranquebar. Voyez aussi Leach , Zool. miscel, Cermatia Iwida , cxxxvi , et le 1 4e volume des Transactions îinne'ennes.

(2) L. variegatus , lœvilabrum , Leach, Trans. îinn. Soc., XI. Voyez aussi le troisième volume de son Zoological nrisceîîany.

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frent que vingt-une paires, et dont les. antennes ont dix-sept articles composant les genres Scolopendre et Crytops de M. Leach. Les yeux sont distincts, au nombre de huit, quatre de chaque côté, dans le premier et celui qui comprend les plus grandes espèces; ils sont nuis ou très peu visibles dans le second.

Les départements les plus méridionaux de la France et d’autres contrées du sud de l’Europe nous offrent une espèce ( Scolopendre cingulata , Latr.; Sc. morsitans , Vill. , entom., tom. IV, xi, 17, 18.) presque aussi grande quelquefois que l’espèce ordinaire des Antilles, mais ayant le corps plus aplati (1).

Les crytops ont leurs antennes plus grenues que les scolopendres et les deux pieds postérieurs plus grêles. Le docteur Leach en mentionne deux espèces trouvées dans les environs de Londres (2).

Dans les Scolopendres composant le genre Géophile ( Geophilus) du même, le nombre des pieds est au-dessus de quarante-deux et souvent très considérable. Les antennes n4ont que quatorze articles et leur extrémité est moins amincie; le corps est proportionnellement plus étroit et plus long. Les yeux sont peu distincts. Quelques espèces sont électriques (3).

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