TOME l
pieds (1). Le second, sur lecjuel est placé l’écusson, se rétrécit en devant, et forme un court pédicule qui s’emboîte dans la cavité intérieure du premier, et lui sert de pivot dans ses mouvements.
Les élytres et les ailes prennent naissance sur les bords latéraux et supérieurs de l’arrière-tronc. Les élytres sont crustacées , et , dans le repos, s’appliquent l’une contre l’autre, par une ligne droite , le long* de leur bord interne , ou à la suture , et toujours dans une position horizon taie. Presque toujours elles cachent les ailes, qui sont larges et pliées transversalement. Plusieurs espèces sont aptères, mais les élytres existent toujours. L’abdomen est sessile ou uni au tronc par sa plus grande largeur. Il est composé, à l’extérieur, de six à sept anneaux, membraneux en dessus, ou d’une consistance moins solide qu’en dessous. Le nombre des articles des tarses varie depuis trois (2) jusqu’à cinq.
Les coléoptères subissent une métamorphose complète. La larve ressemble à un ver, ayant une tête écailleuse , une bouche analogue , par le nombre et les fonctions de ses parties , à celle de l’insecte parfait , et ordinairement six pieds. Quelques espèces, en petit nombre, en sont dépourvues, ou n’ont que de simples mamelons.
(1) Le me'sothorax est toujours court et e'troit, et le me'ta thorax , souvent spacieux, est sillonne' longitudinalement dans son milieu.
(2) A en juger par analogie , les coléoptères dits monomères ont probablement trois articles aux tarses , mais dont les deux premiers e'chappent à la vue ; cette section et celle des dimères ont e'te' supprime'es.
La nymphe est inactive, et ne prend pas de nourriture. L’habitation, la manière de vivre et les autres habitudes de ces insectes , soit dans leur premier âge, soit dans le dernier , varient beaucoup.
Je divise cet ordre en quatre sections, d’après le nombre des articles des tarses.
La première comprend les Pentamères , ou ceux dont tous les tarses ont cinq articles, et se compose de six familles, dont les deux premières distinguées des autres par l’existence d’un appareil excrémentiel double (i).
La première famille des Coléoptères Pentamères ,
Les CARNASSIERS Cuv. (CARN1VORA. — Adéphages .
Clairv. ) (2).
A deux palpes à chaque mâchoire , ou six en tout. Les antennes sont presque toujours en forme de fil ou desoie, et simples.
j Les mâchoires se terminent par une pièce écail- I leuse , en griffe, ou crochue, et le côté intérieur est I garni de cils ou de petites épines. La languette est ! enchâssée dans une échancrure du menton. Les deux pieds antérieurs sont insérés sur les côtés d’un ster-
j (1) D’après M- Dufour, les boucliers ou Silpha , genre de la quatrième famille , en offrent aussi un , mais unique , ou sur un seul côte'.
(2) Cette famille, l’une des plus considérables des cole'optères , déjà illustrée, quant à la méthode, par les travaux de MM. Weber, Clairville et Bonelli, sortira enfin du calios, sous le rapport des espèces , si M. le comte Dejean continue le Specïes des coléoptères de sa collection, dont il a publié deux volumes, ouvrage remarquable par F exactitude des descriptions.
mira comprimé et portés sur une grande rotule ; les deux postérieurs ont un fort trochanter à leur naissance; leur premier article est grand, paraît se confondre avec F arrière-poitrine , et a la forme dm n triangle curviligne , avec le côté extérieur axcavé.
Ces insectes font la chasse aux autres, et les dévorent. Plusieurs n’ont point d’ailes sous leurs élytres. Les tarses antérieurs de la plupart des mâles sont dilatés ou élargis.
Les larves sont aussi très carnassières. Elles ont , en général, le corps cylindrique, alongé, et composé de douze anneaux ; la tête , qui n’est pas comprise dans ce nombre , est grande , écailleuse , armée de deux fortes mandibules recourbées à leur pointe , et offre deux antennes courtes et coniques , deux mâchoires divisées en deux branches, dont l’une est formée par un palpe , une languette portant deux palpes plus courts que les précédents, et six petits yeux lisses de chaque côté. Le premier anneau est recouvert d’une plaque écailleuse ; les autres sont mous ou peu fermes! Les trois premiers portent chacun une paire de pieds , dont l’extrémité se courbe en avant.
Ces larves diffèrent selon les genres. Celles des cicindèles et de l’ariste bucéphale ont le dessus de la tête très enfoncé dans son milieu , en forme de corbeille , tandis que sa partie inférieure est bombée. Elles ont, de chaque côté, deux petits yeux lisses beaucoup plus gros, et semblables à ceux des ly-
famille des carnassiers. 55/
coses ou clés araignées-loups, La plaque supérieure du premier segment est grande ; et eu bouclier demi-circulaire. Le huitième au 0 eau a sur le dos deux mamelons à crochets; le dernier n’a point d’appendices remarquables.
Dans les autres larves de cette famille qui nous sont connues , à l’exception de celle des oiùophrons, la tête est moins forte et plus égaie. Les yeux lisses sont très petits et semblables. La pièce écailleuse du premier anneau est carrée , et ne déborde point le corps. Le huitième n’a point de mamelons ,, et: le dernier est terminé par deux appendices coniques, outre un tube membraneux formé par le prolongement de la partie du corps ouest F anus» Ces appendices sont cornés et dentés dans les larves des calosomes et des carabes. Ils sont charnus, ar iiculés et plus longs dans celles des harpales et des | iicines. Le corps des avant-dernières est un peu plus ! court, avec la tète un peu plus grosse. La forme des mandibules des unes et des autres se rapproche de celle qu’elles ont dans l’insecte parfait. La larve de l’omophron bordé, d’après les observations de M. Des uiarest, a une forme conique, une tête grande, avec deux très fortes mandibules, et n’offre que J Jeux yeux; l’extrémité postérieure du corps, qui se rétrécit peu à peu/se termine par un appendice Je quatre articles. Je n’en ai compté que, deux à ceux des» larves des Iicines et des harpales,.
Celte famille a toujours un premier estomac:
court et charnu ; un second alongé, comme velu à l’extérieur à cause des nombreux petits vaisseaux dont il est garni, un intestin court et grêle. Les vaisseaux hépatiques, au nombre de quatre, s’insèrent près du pylore.
Il y en a de terrestres et d’aquatiques.
Les terrestres ont des pieds uniquement propres à la course, et dont les quatre postérieurs sont insérés à égales distances, les mandibules entièrement découvertes, la pièce terminant les mâchoires, droite inférieurement, et seulement courbée à son extrémité, et, le plus souvent, le corps oblong, avec les yeux saillants. Toutes leurs trachées sont tubulaires ou élastiques. Leur intestin se termine par un cloaque élargi, muni de deux petits sacs qui séparent une humeur âcre (i).
(i) M. Léon Dufour a présenté, dans les Annales des sciences naturelles (VIII , p. 36) , le résumé suivant des caractères anatomiques des insectes de cette division :
« Les Carabiques sont chasseurs et carnassiers. La longueur de leur tube digestif ne surpasse pas plus de deux fois celle de leur corps. L’œsophage est court; il est suivi d’un yn &o£ musculo-membraneux bien développé, très dilatable; puis vient un gésier ovale ou arrondi , à parois celluleuses et élastiques, armé intérieurement de pièces cornées mobiles , propres à la trituration, et muni d’une valvule à ses deux orifices. Le ventricule chylifique , qui lui succède , est d’une texture molle èt expansible, constamment hérissé de papilles plus ou moins prononcées, et rétréci en arrière. U intestin grêle est assez court. Le coecwn a la forme du jabot. Le rectum est court dans les deux sexes. Les vaisseaux hépatiques ne sont qu’au nombre de deux, en arc diversement reployé, et s’implantent, par quati e insertions isolées, autour de la terminaison du ventricule chylilique. Les testicules sont formés chacun parles circonvolutions agglomérées d’un seul vaisseau spermatique , tantôt presqu’à nu . tantôt revêtues d’une couche adipeuse , d’une sorte de tunique vaginale .
FAMILLE DES CÀ IlN ASSIERA.
Ils se divisent en deux tribus.
La première, celle des Cicindélètes ( Cicinde letœ , Lat. ), comprend le genre
Des Cicindèles. ( Cicindela . L. )
Qui a , au bout des mâchoires , un onglet qui s’articule , par sa base , avec elles .
Leur tête est forte, avec de gros yeux, des maudL bules très avancées et très dentées, et la languette fort courte, cachée derrière le menton. Leurs palpes labiaux sont composés distinctement de quatre articles; ils sont
I généralement velus, ainsi que les maxillaires. La plupart des espèces sont exotiques.
Les unes ont une dent au milieu de l’échancrure du ni en ton ; les palpes labiaux écartés à leur naissance, avec le piernier article presque cylindrique, sans prolongement angulaire à son extrémité; et les palpes maxillaires extérieurs manifestement avancés au-delà du labre.
Ici les tarses sont semblables et à articles cylindriques dans les deux sexes ; L’abdomen est large , presque en forme de ! cœur, et entièrement embrassé par des élytres soudées, et | dont le bord extérieur forme une carène.
Les canaux déférents sont souvent repliés en épididyme. Les vésicules \ séminales , au nombre de deux seulement, sont filiformes. Le conduit ! ejaculateur est court , la verge grêle et alongée , V armure coputalricè I plus ou moins compliquée. Les ovaires n’ont que sept à douze gaines lf ovigères à chacun, multiloculaires, réunies en un faisceau conoïde. L’oré ducte est court. La glande sébacée , composée d’un vaisseau sécréteur , tantôt filiforme, tantôt renflé à son extrémité, et d’un réservoir. La vulve S s’acecompagne de deux crochets rétractiles. Les œufs sont ovales-oblongs,
|| L’existence d’un appareil de sécrétion excrëmenlitielle est un des traits anatomiques les plus saillants de tous les Carabiques. Il consiste en une -s |j ou plusieurs grappes d’ utrieules sécrétoires dont la forme varie selon les genres , en un long canal efférent , en une vessie ou réservoir contractile , en un conduit excréteur dont le mode d’excrétion varie, et en un liquide J excrété qui a des qualités ammoniacales. L 'organe respiratoire a des stig mates ou boutons bivalves , et des trachées toutes tubulaires, ^e System < nerveux ne diffère pas de celui de Coléoptères en général ».
Les Manticores. (Manticora. Fab.)
Les deux seules espèces (i) connues habitent exclusivement la Cafrerie • ce sont les plus grandes du genre. L’une d’elles (Manticorapallida, Fab.) est rapportée, avec doute, par M. Williams Mac-Leay, à un nouveau genre, qu’il nomme Platychile ( Platychile •) , et qui ne nous paraît guère différer des manticores qu’en ce que les élytres ne sont point soudées (2).
Là les trois premiers articles des deux tarses antérieurs sont sensiblement plus dilatés ou plus larges dans les mâles que dans les femelles.
Tantôt le corps est simplement ovale ou oblong, avec le corselet presque carré, sub-isométrique, ou plus large que long, et point globuleux, ni en forme de nœud. Le troisième article des tarses antérieurs des mâles ne s’avance point intérieurement, et le suivant est inséré à son extrémité.
Parmi celles-ci, les espèces dont les palpes labiaux sont sensiblement plus longs que les maxillaires externes , avec le pénultième article plus long que le dernier, forment deux sous-genres.
Les Mégacéphales. ( Megacephala. Lat. )
Qui ont le labre très court, transversal, et le premier article des palpes labiaux beaucoup plus long que le suivant, et saillant au-delà du menton (3).
Les Oxy cheiles. (Oxycheila. Dej . )
Dont le labre est en forme de triangle alongé , et dont le premier article des palpes labiaux n’est pas beaucoup plus
(1) Manticora maxïllosa , Fab. 5 Oliv. , col. III, 37, 1, 2 5 Hist. nat. des coléopt. d’Eur. ,1,1,15— Manticora pallida , Fab.
(2) Annulosa javanica , I , pag. g.
(3) Cicindela megalocephala , Fab. ; Oliv. , II , 33 , 1 1, 12 ; C, caro~ lina , Oliv. , ibid. , xi , 225 — Magacephala euphratica , Hist. natur. des cole'opt. d’Eur. , I, 1, 2. Voyez , pour les autres espèces , le Species general des cole'opt. de M. le comte Dejean, tom. I, pag. 6 et suiv.
FAMILLE DES CARNASSIERS.' 56 t
long que le suivant, et ne dépasse point l’échancrure du menton (i).
Dans les espèces suivantes , les palpes labiaux sont tout au plus de la longueur des maxillaires externes, avec le dernier article plus long que le précédent. Elles composent aussi deux sous-genres.
Les Euprosopes. (Euprosopus. Lat., Dej.)
Où le troisième article des palpes labiaux est plus épais que le dernier, et dont les trois premiers articles des tarses antérieurs des mâles sont peu alongés, aplatis , carénés en dessous, et également ciliés des deux côtés. Les yeux sont très gros, ces insectes se tiennent sur les arbres (2).
Les Cicindèees propres. ( Cicindela. Lat.
Ne s’éloignant guère des euprosopes qu’en ce que le troisième article des palpes labiaux nJest pas notablement plus épais que le suivant} et par leurs tarses antérieurs, dont les trois premiers articles sont, dans les mâles, fort alongés, plus fortement ciliés au côté interne qu’à l’opposé, et sans carène en dessous.
Leur corps est ordinairement d’un vert plus ou moins foncé, mélangé de couleurs métalliques et brillantes, avec des taches blanches sur les étuis. Elles fréquentent les lieux secs, exposés au soleil, courent très vite, s’envolent dès qu’on les approche , et prennent terre à peu de distance. Si on continue de les inquiéter, elles ont recours aux mêmes moyens.
Les larves de deux espèces indigènes , les seules qu’on ait observées , se creusent dans Ja terré un trou cylindrique assez profond, en employant leurs mandibules et leurs pieds. Pour le déblayer, elles chargent le dessus de leur tête des molécules de terre qu’elles ont détachées, se retournent ,
(1) Cicindela trisiis , Fab. ; Oliv. , Coléopt., II, 33 , m, 35; Oxycheîla trislis , Dej. , Species génér. des coléopt. , I, pag. 165 — Cicindela hipustulata , Latr.} Voyag. de MM. Humb. et Bonpl. ; Obsery. d’anat. et de zool. , no i3, xvi, 1, 2.
(2) Cicindela [\~notata , Hist. natur. des coléopt. d’Eur. , I, 1 ,65 Euprosopus 4 -notalus , Dej. , Spec. gêner, des coléopt. , I, pag. i5i.
grimpent peu à peu, se reposent par intervalles, en se cramponnant aux parois intérieures de leur habitation, à Laide des deux mamelons de leur dos, et arrivées à l’orifice du trou , rejettent leur fardeau. Dans le moment qu’elles sont en embuscade, la plaque de leur tête ferme exactement et au niveau du sol l’entrée de leur\ cellule. Elles saisissent leur proie avec leurs mandibules , s’élancent même sur elle et la précipitent au fond du trou, en inclinant brusquement et par un mouvement de bascule, leur tête. Elles y descendent aussi très promptement , au moindre danger. Si elles se trouvent trop à l’étroit ou que la nature du terrain ne leur soit point favorable , elles se font un nouveau domicile. Leur voracité s’étend jusqu’aux autres larves de leur propre espèce qui se sont établies dans les mêmes lieux. Elles bouchent l'ouverture de leur demeure, lorsqu’elles doivent changer de peau ou se métamorphoser en nymphe. Une partie de ces observations m’a été commun iquée par feu M. Miger , qui a étudié avec beaucoup de soin un grand nombre de larves de coléoptères, et en a découvert plusieurs qui avaient échappé aux recherches des naturalistes.
La C. champêtre ( C. campestris , Lin. ) , Panz. , Faun. y insect., Germ., LXXXV , m. Longue d’environ six lignes , d’un vert-pré en dessus, avec le labre blanc, faiblement unidenté au milieu. Cinq points blancs sur chaque élytre.
Très commune en Europe, au printemps.
La C. hybride ( C. hybrida , Lin. ) , Panz., ibid., iv , qui a sur chaque élytre deux taches en croissant et une bande blanche; une de ces taches située à la base extérieure et l’autre au bout; suture cuivreuse. — Dans les sablonnicres, ' ne se mêlant point avec la précédente (i).
Une autre espèce de notre pays, la Cicindèle germanique ( Cicindela germanica , Lin. ), et quelques autres, ont une forme plus étroite et plus alongée, et semblent for
(i) Aj. Cicindela sylualica , Lin'.; Clairv. , Enlom. helv. , II, xxiv, A. — C. sinuata , Fab. ; Clairv. , ibid. , B , b ; — C. germanica , Lin . ; Panz, Faun. insect. Germ. , VI, v. V oyez aussi, pour ces espèces et les autres d’Europe, l’Hist. natur. clés coléopt. d’Eur. par MM. Latreille et le comte Dejean, iasc. I, pag. 37 et suiv ; et tant pour les mêmes que pour un grand nombre d’exotiques , le Species gêner, de ce dernier savant
mer une coupe particulière. Elle ne s'envoie paà , ainsi que les précédentes , dès qu’on veut la saisir , mais s’échappe, en courant très vite. M. Gotth. Fischer, dans son Entomog. de la Russie, en a placé une espèce du Brésil dans le sous-genre thérate ( T. marginatus ).
loutes ces especes ont des ailes ; mais on en connaît d’aptères, dont l’abdomen est d’ailleurs plus étroit et ovalaire, et dans lesquelles la dent de l’échancrure du "menton est très petite, à peine sensible. Telle est celle que nous avons représentée dans notre Hist. natur. des coléopt. d’Europe (1, i, 5.), sous le nom de Coarctata. M. le comte Dejean (Spec. gén. des Col., II, p. 434) a formé avec elles un nouveau genre, celui de Dromica.
Tantôt le corps est long et étroit, avec le corselet aîongé, en forme de nœud , rétréci en devant. Le troisième article des deux tarses antérieurs des mâles est en forme de palette et avancé intérieurement; le suivant est inséré extérieurement près de sa base.
Les Cténostomes. (Ctenostoma. Klüg. — Caris , Fisch.)
Ce sous -genre paraît être jusqu’ici particulier aux contrées intra-tropicales de l’Amérique méridionale. La tête est grosse, avec les antennes presque aussi longues que le corps et presque sétacées ; les palpes extérieurs très saillants et terminés par un article plus gros , en forme de poire alongée; le pénultième article des maxillaires externes plus court que le suivant ; les deux premiers des labiaux fort courts , et le lobe terminal des mâchoires sans onglet sensible au bout. L’abdomen est ovalaire, étranglé à sa base et pédicuîé. Les pattes sont longues et déliées.
Les cténostomes se rapprochent, sous le rapport de la grandeur des palpes, des mégacéphaîes et à d’autres égards des tricondylés et des thérates (i).
f (t) Voyez P Entomologiœ brasilianœ spécimen de M. Klug ; le Species général des coléopt. d’Eur. de M. le comte Dejean, tom. i, pag. 1 5-2 et suiv. , et le Suppl, du tom. H;THist. natur. des coléopt. d’Eur., Fasc. J, pag. 35 ; FEntomograplne de la Russie , de M. Gotthelf Fischer, to m. I ; Gener. insect , pag. 98.
Les autres n’ont point de dent au milieu de l’échancrure du menton. Les palpes labiaux sont contigus à leur naissance, avec leur premier article obconique ou en forme de pyramide renversée , et dilaté ou prolongé intérieurement , à son extrémité, en manière d’angle ou de dent • les maxillai res extérieures ne dépassent guère lelabre.Ces espèces ont été j réparties dans trois sous-genres.
Les Therates. (Therates. Latr. — Eurychile , Bonelli.)
Semblables , pour la forme générale, aux cicindèles propres, mais qui s’en distinguent, ainsi que de tous les sous- ■ genres analogues, par leurs palpes maxillaires internes très petits, et d’une forme aciculaire. Les tarses sont semblables dans les deux sexes, avec le pénultième article en forme de cœur, sans échancrure, et simplement creusé en-dessus pour Linsertion du dernier.
Ces insectes sont exclusivement propres aux îles les plus orientales de l’Asie, comme Java, celles de la Sonde, et celles qui sont au nord de la Nouvelle-Hollande (i).
Dans les deux sous-genres suivants , et tous propres aux Indes orientales ou aux lies plus reculées vers l’est , le corps est étroit et alongé, avec le corselet presque cylindrique ou en forme de nœud. Le troisième ou le quatrième article des tarses est prolongé intérieurement en manière de lobe.
Les Colliures. (Colliuris. Latr. — Collyris , Fab. )
Ils sont ailés. Les antennes sont plus grosses vers le bout.
Le dernier article des palpes labiaux est presque en forme de hache, et le précédent souvent courbe. Le corselet est presque cylindrique, rétréci et étranglé en devant , avec le bord antérieur évasé. L’abdomen , qui est aussi presque cylijidri que, s’élargit et s’agrandit postérieurement. Les tarses sont semblables dans les deux sexes, avec le pénultième article prolongé obliquement, au côté interne, aussi grand que le
(i) Eoyez Latr. et Dej.*, Hist. natur. des coléopt. d’Eur , fasc î pag. 63^ le Spee. ge'nér. des eole'opt. de'M. le comte Dejean, tom. T . pag. 57 , et le Supplém. du torm lT, et surtout le Mémoire de M. BonelU sur ce genre.
precedent , et celui-ci en forme de triangle renversé, avec, les angles aigus (i).
Les Tricondyles. (Trscondyla. Lat.)
Ici les ailes manquent, les antennes sont filiformes, et IV vant-dernier article des palpes labiaux est le plus long et le plus épais de tous. Le corselet est en forme de nœud , subovoïde, étranglé, tronqué et rebordé aux deux bouts. L’ab domen est ovalaire, oblong, rétréci vers sa base , et un peu gibbeux postérieurement. Les trois premiers articles des tarses antérieures sont dilatés dans les mâles; le troisième est prolongé obliquement, au côté interne, en manière de lobe ; le suivant est presque semblable, mais beaucoup plus petit et moins prolongé (9>).
La seconde tribu , celle des Carabiques ( Cara iici9 Lat.), comprend le genre
Carabe. ( Car abus. L. )
Qui a les mâchoires terminées simplement en pointe ou en crochet, sans articulation à son extrémité.
Leur tête est ordinairement plus étroite que le corselet, ou tout au plus de sa largeur; leurs mandibules, à l’exception de celles d’un petit nombre, n’ont point, ou que très peu de dentelures ; la languette est ordinairement saillante, et les palpes labiaux n’ofïrent que trois articles libres (3). Beaucoup sont privés d’ailes et n’ont que des élytres. Ils répandent souvent une odeur fétide , et lancent par l’anus une liqueur âcre et caus-
il (i) Voyez les mêmes ouvrages que ci-dessus. L’espèce que j’ai décrite et figurée sous le nom de longicollis est distincte de celle que Fabricius ! désigneainsi; c’est le Colîiuris epïarginata de M. Dejean, Spec. gêner., 1,
! Pag. i65,
(2) Item .
1 (3) Dans les Cicindèles, l’article radical est dégagé, et c’est pour cela
que les palpes ont quatre articles; mais ici il est entièrement adhérentiel ne forme qu’un support , dont on ne tient pas compte.
tique. Geoffroy a présumé que les anciens les avaient désignés sous le nom de Buprestes , insectes qu’ils regardaient comme un poison très dangereux, particulièrement pour les bœqfs (i).
Les carabes se cachent dans la terre , sous les pierres, les écorces des arbres, et sont, pour la plupart, très agiles. Leurs larves ont les mêmes habitudes. Cette tribu est très nombreuse, et d’une étude difficile.
Nous composerons une première division générale avec ceux dont les palpes extérieurs ne sont point terminés en manière d’alène; leur dernier article n’est point réuni avec le précédent pour former un corps soit ovalaire et très pointu au bout, soit conoïde, avec une pointe grêle et aciculaire au bout.
Ces carabes peuvent se subdiviser en ceux dont les deux jambes antérieures ont au côté interne une forte échancrure séparant les deux épines, qui, d’ordinaire, sont placées > l’une près de l’autre , à l’extrémité de ce côté; et en ceux où les jambes n’ontpoint d’échancrure, ou ne présentent qu’un canal oblique, linéaire, n’avançant point sur le côté antérieur de ces jambes.
Nous partagerons cette subdivision en plusieurs sections.
i°LesETUis-TRONQUÉs (Truncatipennes) , ainsi nommés à raison de leurs ély très presque toujours tronquéesà leur extrémité postérieure. La tête et le corselet sont plus étroits que l’abdomen. Lalanguette est le plus souvent ovale ou carrée; et rarement accompagnée , sur les côtés , de divisions ( paraglosses ) saillantes.
Les unes ont les crochets des tarses simples ou sans dentelures, disposées en manière de peigne.
Nous commencerons par ceux dont la tête n’est point rétrécie brusquement à son extrémité postérieure, et ne tient point au corselet par une sorte de cou formé brusquement, ou par une espèce de rotule. Le corselet est toujours en forme de cœur tronqué. Les palpes extérieurs ne sont jamais terminés par un article beaucoup plus gros et en forme de ba-
(2) Voyez le genre Méloë.
die. Les deux tarses antérieurs des mâles ne sont point ou que très peu dilatés ; le pénultième article de ces tarses et des autres, n’est jamais profondément bilobé.
Les trois sous-genres suivants ont un caractère négatif commun , celui d’être privés d’ailes.
Les ànthie£. (Anthia. Web., Fab.)
Ont une languette cornée, ovale, et s’avançant entre les palpes, jusque près de leur extrémité.
, Le labre est souvent grand et denté ou anguleux.
Leurs palpes extérieurs sont filiformes , avec le dernier article presque cylindrique ou en cône renversé et alongé. L’échancrure du menton n’offre point de dent. L’abdomen est ovalaire, le plus souvent convexe et les élytres sont presque entières ou peu tronquées.
Ces insectes, ainsi que ceux du sous-genre suivant, ont le corps noir , tacheté de blanc, couleur formée par un duvet , et habitent les déserts ou des lieux semblables de l’Afrique (i) et de quelques parties de l’Asie. Les anthies, d’après une observation de feu Leschenault de Latour, jettent, par l’anus , lorsqu’on les inquiète, une liqueur caustique. Les ! espèces sont généralement grandes, et dans les mâles de quelques-unes, le thorax se dilate plus1 ou moins en arrière ! et se termine par deux lobes (a).
! Les Graphipteres. ( Graphipterus. Lat. — Anthia , Fab. )
Qu’on avait confondu avec les précédents, mais qui en j diffèrent par leur languette entièrement membraneuse , à l’exception du milieu ; par leurs antennes comprimées et dont le troisième article est beaucoup plus long que les autres. Leur abdomen est d’ailleurs toujours aplati, orbicu- —
(1) Quoiqu’on ait trouvé dans la partie méridionale de l’Espagne et de l’Italie plusieurs insectes du nord de l’Afrique , on n’y a pas encore découvert une seule espèce d’anthie ni de graphiptère.
(2) Voyez le second fascicule de l’Histoire naturelle des coléoptères d’Europe; le premier volume du Species de M. le comte Dejean; l’excellent ouvrage de M. Scliœnherr sur la Synonymie des insectes , et la partie
! œnologique du Voyage de M. Cailliaud , où j'ai décrit et figuré les in- 1 sectes recueillis par lui en Afrique.
iaire, et Tune des deux épines terminant les jambes postée
rieures est beaucoup plus grande que l’autre, et en forme de
lame.
Les espèces de ce sous-genre sont exclusivement propres à l’Afrique, et plus petites que les pre'ce'dents (i).
Les Aptines ( Àptinus. Bon. B rachinus, Web., Fab.)
Ont le dernier article des palpes extérieurs un peu plus gros, celui des labiaux surtout, et une dent au milieu de l’échancrure du menton. Leur languette ressemble d’ailleurs à celle des graphiptères , mais les divisions latérales ou paraglosses forment une petite saillie pointue. Mais ce qui les distingue plus particulièrement, ainsi que le sous -genre suivant, est que leur abdomen ovale et assez épais, renferme des organes sécrétant une liqueur caustique , sortant avec explosion par l’anus , se vaporisant aussitôt , et d’une odeur pénétrante. Cette liqueur, lorsqu’on tient l’animai entre les doigts, produit sur ]a peau une tache analogue à ! celle qu’y ferait de l’acide nitrique, et même, si l’espèce est assez grande, une brulure, avec douleur. M. Léon Dufour nous a fait connaître (2) les organes qui la sécrètent.^ ^
Ces insectes se trouvent, et souvent rassemblés en société, du moins au printemps, sous les pierres, ils font usage de ce moyen de défense pour épouvanter leurs ennemis, et peuvent réitérer l’explosion un assez grand nombre de fois. Les plus grandes espèces se trouvent entre les tropiques et dans les autres pays chauds, jusqu’aux limites de la zone tempérée.
Nous citerons , i° YAptine tirailleur ( Brachium disp la sor , Duf.j Aptinus balista , Dej., Hist. uatur. des coiéopt. d’Eur., Iî, viii, 1 ). Il est long de cinq à huit lignes, noir, avec le corselet fauve et les élytres sillonnées. Dans la Navarre , diverses contrées de l’Espagne et en Portugal.
(1) Voyez le second fascicule deFHist. nat. des cole'opt. d’Eur. , et le premier volume du Species de M. le comte Dej eau; VAnthia exclamationis de Eabricius est un Grapbiptère figure dans le Dict. d'Iiist. nat. , tom. X , E, 2 , 7 , sous le nom de trilinëe,
(2) Mém. sur le Brachine tirailleur , Ann. du Mus. d’hist. natur , XVII,
70, v, et les Annales des sciences naturelles, VI , p. 820.
2°L ' Aptine des Pyrénées {Aptinus pyrenœusy Dej. , Hist. natur. des coléopt. d’Eur , ÏI , vm , 3. Il est long de trois à quatre lignes , d’un noir foncé , avec les antennes et les palpes fauves, et les pattes d’un jaune roussâtre. Les élytres sont sillonnées. 11 a été découvert dans le département des Pyrénées-Orientales par M. le comte Dejean (i.)
Les Brachines. (Brachinus. Web. Fab.)
Ne diffèrent guère des aptines qu’en ce qu’ils sont pour vus d’ailes, et que l’échancrure du menton n’offre point de dent.
Les uns , et généralement plus grands, et pour la plupart exotiques, ont les élytres très distinctement sillonnées ou à côtes, et de ce nombre est une espèce commune aux Antilles et à Cayenne,
Le Brachine aplati ( Brachinus complanatus , Fab. ; Carabus planas , Oliv., 111, vi, 63). Son corps est long de six à huit lignes, d’un jaune roussâtre, avec les élytres noires, et offrant un point huméral, une bande sinuée, traversant leur milieu, et une tache à leur extrémité, de la couleur du corps; c’est aussi celle de leur bord extérieur. Les angles postérieurs du corselet se prolongent en pointe. Les autres brachines ont les élytres unies ou légèrement j sillonnées.
| On trouve communément aux environs de Paris les espèces suivantes :
j Le Brachine pétard ( Brachinus crépi tans , Fab.; liist uatur. des coléop. d’Eur., ï[,vm, 6; Panz., Faun., insect gémi. , XX , 5 ). Sa longueur moyenne est de quatre h , gnes. Il est fauve, avec les élytres tantôt d’un bleu foncé,
! tantôt d un vert bleuâtre, faiblement sillonnées, et les antennes fauves; mais ayant le troisième et le quatrième article noirâtres. La poitrine, à l’exception de son milieu, J et l’abdomen , sont de cette couleur. On avait confondu I avec cette espece celle que M. Duftschmid a nommée ex- | plodens (W\st. natur. des coléop. d’Eur., II, vm, 7), et qui
(0 y °rez le second fascicule de l’Hist. natur. des coléopt. d’Eur. , et je premier volume du Species de M. le comte Dejean.