FAMILLE DES ÈR ACHÉLYTHES
Les Evæsthetes. ( Evæsthetus. Grav. )
Dont les antennes sont pareillement insérées (levant les veux, mais guère plus longues que la tête et presque entièrement monili formes ; le corps est peu aiongé , avec la tête aussi large que le corselet (1).
Les Stenes (. Stenus. Latr. )
Où les antennes, insérées près du bord interne des yeux, sont terminées par une massue de troià articles. Ils ont i’ex> trémité des mandibules fourchue et de gros yeux.
Le S. à deux points • ( S taphy linus ‘i-gutlatus , Lin.), Fanz., Faun. insect. Germ., X1 , 18 , long de deux lignes , tout noir, avec un point roussâtre sur chaque étui (2).
La troisième section , celle des Denticrxjres. ( Deniicrurd)\ diffère de la précédente par les palpes maxillaires , qui sont beaucoup plus courts que la tête, et toujours de quatre articles distincts j Ses jambes antérieures au moins sont dentées au épineuses au côté extérieur. Les tarses qui, dans la plupart, se replient sur les jambes, ont Se dernier article aussi long ou plus long que les précédents pris ensemble; le premier ou les deux premiers sont ordinairement si petits ou si cachés , que leur nombre total ne paraît être que de deux ou de trois.
Le devant de la tête,, et quelquefois même le corselet, est armé de cornes dans plusieurs mâles. Les antennes sont insérées devant les yeux.
Les uns, dont les palpes se terminent en manière d’alène, dont les antennes sont en majeure partie grenues et vont en grossissant, n’offrent distinctement que trois articles aux tarses (3).
!(i) Evæsthetus scaher , Grav. ; Gérai. Faun. insect. Europ. , VU , i3 ; Gyllenh. , Insect., suec. I, pars. Il, pag. 461 i M. Blondel fils , de Versailles, en a jdecouvert une nouvelle espèce dans les environs de cette ville.
(2) Ajoutez Staphy linus juno , Payk. — Pœderus proboscideus , Gliv. ,
. col. III , 44? b 5 — Staphy linus clavicornis , Panz., Faun. insect. Germ. XXVII , 2. Voyez Gravenhorst, Coleopt. microp.'; Latr., Gener. crust. et insect. , gènre S ienits , et GylL , ihid. , p. 4^3.
(3) Si Ton en excepte les Tacliiries , Les tarses anterieurs ne sont plus j notablement dilatés.
Les Oxyteles. (Oxytelus. Grav.) (i).
Les autres ont les palpes filiformes et quatre articles au moins, bien apparents, aux tarses.
Les Osorius. ( Osorius. Leach. Dej. )
Ont le corps cylindrique, toutes les jambes élargies et dentées; la tête aussi longue que large, le corselet presque en forme de cœur rétréci et tronqué postérieurement, et les antennes, en majeure partie , grenues, grossissant insensiblement vers le bout, plus courtes que la tête et le corselet; les mandibules beaucoup plus courtes que la tête, très croisées, terminées en une pointe simple, et le menton grand et en forme de bouclier.
On n?en connaît qu’un petit nombre d’espèces, qu’on n’a pas encore décrites , et qui habitent la Guiane française et le Brésil.
Les Zirophores. (Zyroprorus. Daim. — Leptochire. Germ.
— Irenœus. Leach. Oxytelus. Oliv. — Piestus. Grav. )
Dont le corps est déprimé; dont les jambes antérieures, plus larges que les autres, sont seules dentées extérieurement; qui ont la tête transverse, le corselet carré, les antennes de la même grosseur partout , aussi longues au moins que la tête et le corselet, composées d’articles pour la plupart ovalaires, ou cylindriques et arrondis aux deux bouts, et les mandibules aussi longues que la tête, et dentées à leur extrémité (2).
( 1) Voyez l'article Oxytf.le de lEncycIop. méthod. ; la Monographie précitée de M. Gravenhorst, et Gyllenhall, Insect. Suée., I, pars, n f pag. 444.
(2) Voyez Dalman, Anal, entom. , pag. 28; son Z. Fronticornis , iv, fig. 1 , paraît être Y Oxytelus bicornis d’Olivier { Encyclop. méthod. ). Celui qu’il nomme penicillatus , ibid. , fîg. 2 , paraît avoir de grands rapports avec le Piestus sulcatus de M. Gravenhorst. Le Leptochirus scoriaceus de M. Germar (Insect. Spec. nov. , 1 , 1) est une espèce ‘très distincte des précédentes.
F A MI IjLE DES BR A G ME L Y TRES .
Les Prognathes. (Prognatha. Latr. , Blond. — ■ Siagona .
Kiiby. )
Qui ne diffèrent guère des zirophores que par leurs antennes filiformes, composées d'articles alongés (i).
Les Coprophiles. (Coprophilits. Latr. — Omalium. Grav., Oliv., Gy H. )
Oiï le corps est encore aplati , mais dont toutes les jambes sont dentées ou épineuses extérieurement; dont les antennes, beaucoup plus longues que la tête, sont grenues grossissent insensiblement vers le bout; et dont les mandibules arquées extérieurement, presque en croissant, ne sont point sensiblement dentées, et se prolongent peu à leur extrémité (2).
La quatrième section, celle des Aplatis ( Depressa )y nous offre, ainsi que la précédente, une tête dégagée, un labre entier, des palpes maxillaires courts et à quatre articles distincts; mais les jambes sont simples ou sans dents ni épines au côté extérieur , et les tarses ont manifestement cinq articles.
Ici les palpes sont filiformes.
Les Omalies. (Omalium. Grav.)
Dont le corselet est de la largeur des élytres, plus large que la tête, presque en carré transversal ( avec les angles ou du moins les antérieurs arrondis ), et souvent rebordé latéralement, et dont les antennes vont en grossissant vers leur extrémité (3).
Les Lesteves. ( Lesteva. Latr. — Anthophagus. Grav. )
Qui ont le corselet en forme de cœur, rétréci et tronqué postérieurement, presque isométrique , de la largeur de la
(1) Siagonum cjitadricorne , Kirb. et Spence, Introd. entom. , I, 1, 5 ; Blondel, Annal, des sc. natur. , avril 1817 , XVII , 14-17»
(2) Omalium rugosum , Gravenborst , et d’autres espèces à élytres courtes.
(3) Voyez Gravenhorst , l'article Omalie de l’EncycIop. me'thod», et Gyllenbal , ihid. , pag. î 98,
tête, plus e'troit que les élytres et les antennes généralement filiformes et à articles alongés (i).
Là, les palpes se terminent en alêne.
Les Micropeples. ( Micbopeplus. Latr. )
Distingués par leurs antennes finissant en une massue solide et se logeant clans des fossettes du corselet (2).
Les Proteines. ( Proteinus. Latr. )
Où les antennes grenues, un peu perfoliées et plus grosses vers le bout, mais sous forme de massue et toujours à découvert, sont insérées devant les yeux 5 où le corselet est court, et dont les élytres recouvrent la majeure partie de l’abdomen (3).
Les Aleochares. (Aleochara. Grav. )
Où îes antennes sont insérées entre les yeux ou près de leur bord inférieur , et à nu , à leur naissance , avec les trois premiers articles sensiblement plus longs que les suivants, ceux-ci perfoliés , et le dernier aiongé et conique. Le corselet est presque ovale, ou en carré arrondi aux angles (4).
La cinquième section, les Microcéphales (Microcepliala) , ont la tête enfoncée postérieurement jusque près des yeux,
(1) Voyez Latr., Gener. crust. et insect. , I, p. 296, 297; Gravenhorst et Gyllenhall , genre Anihophagus.
(2) Voyez Latr., Gener. crust. et insect. , IV, p. 377 ; Omcdium porcaîum , Gyll . , Insect. Suec. , ï, pars II, pag. 21 1; Micropeplus porcatus , Charp. boræ entom., VIII, 95 — Gyll., ibid. , O. staphylinoides , pag. 21 3.
(3) Voyez Latr. , ibid. , I, pag. 298 , et les Omcdium ovatum et macropterum de Gravenborst.
(4) Staphylinus canaliculatus , Fab. ; Panz. , ibid. , XXVII , i3; — Staphylinus impressus , Oliv., Col. , ibid. , v, 4i; — A. Boleti, Lin ; Oliv. , Col. , ibid. ,111 ,25; — S. collaris , ejusd. , ibid. , ù, i3 ; — S. miûutus , ejusd. , ibid. , vi , 53 ; — -S. socialis , ejusd. , ibid. , m , 25 , et généralement les trois premières familles du genre Aleochara de Gravenborst, Col. mic., tom. II. Voyez aussi Gyîlenball , Insect. Suec, I, pars II, pag. 377. Mais on observera que ni cet auteur , ni M. Gravenborst , n’ont point assigné aux Ale'ocbares et aux Lomécbuses de caractères clairs, et rigoureux; ces deux sous-genres réclament un nouveau travail.
FAMILLE DES BR A Cil E L Y T RES. 44 1
dans le corselet; elle n’est point séparée par un cou , ni par un étranglement visible ; le corselet a la forme d’un trapèze , et s’élargit de devant en arrière.
Ils ont le corps moins alongé que les précédents, et se rapprochant davantage de la forme elliptique; la tête beaucoup plus étroite, rétrécie et avancée en devant; les mandibules de grandeur moyenne, sans dentelures, et arquées # simplement à la pointe. Les éiytres, dans plusieurs, recouvrent un peu plus de la moitié de la longueur du dessus de l’abdomen. Les uns vivent dans les champignons, sur les fleurs , et les autres dans les fientes. Fabricius en a réuni plusieurs espèces avec les oxypores.
Les Lomechuses. ( Lqmechusa , Aleochara. Grav. )
Qui n’ont point d’épines aux jambes, et dont les antennes, depuis le quatrième article, forment une massue perfoliée I ou en fuseau alongé, et dont les palpes sont terminés en j alêne; les antennes sont souvent plus courtes que la tête et j le corselet (i).
Les Tachines. ( Tachinus. Grav. )
Qui ont les jambes épineuses ; dont les antennes sont j composée^ d’articles en cône renversé ou en poire, et i grossissant insensiblement , et dont les palpes sont fili- | formes (2).
(1) Les unes ont le corselet uni et non relevé sur ses bords ; telles sont
latus , Lin. ; Oliv. , Col. , III , q2 , v, l\ !\)\fumata, nana de Gravenîiorst, ou ses familles' 111-vi (Col. micropt, , tom. 2). Les autres ont les bords du corselet relevés et forment son genre Lomechusa • L. paradoxal Staphylinus emarginatus , Oliv. , ibid. , n , 12 ; - — L. dentata , Grav. ; Staphylinus strumosus , Payk, , Y.
(2) Oxyporus suhterraneus , Fab. ; — O . bi-pustulatus , ejusd., Panz., Faun. insect. Germ, , XVI, 21;— -O. marginellus , Panz., ibid. , IX, i3; Staphylinus fuscipes , ibid. , XXYII ,12; — Oxyporus suluralis , ibid. , •XVIII, 20 ; — -O. pygmœus , ibid., 27 ; — O. lunulalus , ibid. XXII, 19; i5 ; — 1 Staphylinus atricapillus , F.; - — Oxyponts rnerdarius , Panz. , ibid. , XXYI , 18 ; — Staphylinus str/a tus, Oliv. , ibid. ; v, 47 j ■ — A- lunatus , Lin. Voyez aussi, tant pour ce sous-genre que pour le suivant , la seconde partie du premier volume des Insectes de Suède de M . .Gyllen™
Les Tachypores. ( Tachyporus. Grav. )
Semblables aux tachines par les jambes et les antennes, mais ayant des palpes terminés en manière d’alène (i).
Le genre Callicerus de M. Gravénhorst m’est inconnu. Celui de Stenosthettjs de M. Megerle, indiqué dans le Catalogue de la collection des Coléopt. de M. le comte Dejean, offre tous les caractères d’un véritable psélaphe, et doit être supprimé; telle est aussi maintenant l’opinion de ce dernier naturaliste.
La troisième (2) famille des Coléoptères Pentamères ,
Les SERRICQRNES (Serricornes),
Ne nous offrent, ainsique la famille précédente et les suivantes du même ordre, que quatre palpes. Leurs
hall. On y trouve d’ excellentes remarques sur les diffeTences sexuelles de plusieurs espèces, et dont l’application pourrait être très utile.
Les Tachines qui, telles que V Atricapillus , ont le corselet presque aussi long que large , le museau avancé, les quatre tarses postérieurs sensiblement plus longs que leurs jambes respectives, paraissent devoir former une coupe particulière.
(1) Oxyporus rujtpes , Fab. ; Panz. , ibid., XXVII, 205 — O. marginatus , F.; Panz, ibid. , 1.7; — O. chrysomelinus , F.; Panz.. ibid. , IX, i4; — O. ahalis , F.; Panz., ibid. , XXII, 16; — O. abdotninalis , F.
(2) Les Boucliers ou Silpha sont les seuls coléoptères pentamères qui présentent, ainsi que les précédents, un appareil excrémentiel, encore n’est-il point binaire, comme dans ceux-ci , et le conduit extérieur se dégorge directement dans le rectum , comme l’urèthre des oiseaux. Il paraîtrait donc, d’après ccs rapports, que les Boucliers devraient venir , ainsi que d’autres Clavicornes, immédiatement après les Brachélytres. D’autres considérations m’avaient conduit au même rapprochement. [Vpyez la Préface de mon ouvrage intitulé. Considérations générales sur l’ordre naturel des crustacés, etc.). Suivant M. Léon Dufour, qui m’a fourni ces observations anatomiques , les conduits hépatiques des Bupreslides et des Entendes, ou de mes Sternoxes, ressemblent, par leur nombre, leur longueur et leur mode d’insertion , à ceux des Çarabiques. Les Lampyres et les Mélyrides n'ont aussi que deux vaisseaux hépatiques,- mais il y en
FAMILLE DES SERRICORNES.
élytres reeonvent l’abdomen , ce qui les distingue avec quelques autres caractères des brachélytres , dont nous venons de faire l’exposition. Les antennes, à quelques exceptions près, sont de la même grosseur partout , ou plus menues à leur extrémité, dentées , soit en scie, soit en peigne , ou formant même l’éventail , et plus développées sous ce rapport dans les mâles. Le pénultième article des tarses est souvent bilobé ou bifide. Ces caractères se présentent très rarement dans la famille suivante , celle des clavicornes , et à laquelle on arrive par des transitions si nuancées , qu’il est très difficile d’assigner rigoureusement ses limites.
Les uns, dont le corps est toujours de consistance ferme et solide , le plus souvent ovale ou elliptique , avec les pieds en partie contractiles , ont la tête engagée verticalement jusqu’aux yeux dans le corselet; et le présternum, ou la portion médiane de cette dernière partie du corps, aiongé, dilaté, ou avancé en devant jusques sous la bouche, distingué ordinairement de chaque coté, par une rainure ou s’appliquent les antennes (toujours courtes), et prolongé postérieurement en une pointe , reçue dans un enfoncement de l’extrémité antérieure du mésosternum. Ces pieds antérieurs sont éloignés
' a quatre dans les Télépïiores, les Lycus elles Ptiniores. Les Maîacliies „
| lesDriles et les Vrillettes, sont, de tous les insectes de la famille des Serricornes dont il a étudié Porganisation , ceux où le tube alimentaire est le plus long.
de l’extrémité antérieure du corselet. Ces serricornes formeront une première section , celle des Sternoxes (Slernoxi ).
D’autres , ayant aussi la tête engagée postérieurement dans le corselet, ou du moins recouverte par lui à sa hase', mais dont le présternum n’est point dilaté et avancé antérieurement en manière de mentonnière , ni ordinairement (i) terminé postérieurement en une pointe reçue dans une cavité du mésosternum ; dont le corps est le plus souvent, en tout ou en partie , He consistance molle ou flexible, composeront une seconde section, celle des Malacodermes ( Malacodermi ).
Une troisième et dernière, celle des Lime-bois ,
( Xjlotrogi ) , comprendra des serricornes dont le présternum n’est point pareillement prolongé à son extrémité postérieure , mais dont la tête est entièrement à découvert et séparée du corselet, par un étranglement ou espèce de cou.
Nous diviserons les Sternoxes en deux tribus.
La première , celle des Buprestides (Bupreslides) , a la saillie postérieure du présternum aplatie et. point terminée en une pointe comprimée latéralement, et simplement reçue dans une dépression ou
(i) Les Cébrions font exception et se rapprochent , à cet egard, des Taupins ; mais l’extrémité inférieure du préstemqm ne s’avance point sur le dessous de la tête. Les mandibules sont avancées, arquées et simples;, lesjpalpes sont filiformes; les pieds ne sont point contractiles, et les deux antérieurs sont peu éloignés, à leur naissance , de l’extrémité antérieure du corselet, et très rapprochés.
FAMILLE DES SERRICORNES.
dans une échancrure du mésosternum. Les mandibules se terminent souvent en une pointe entière ou sans échancrure ni fissure. Les angles postérieurs du corselet ne sont point ou très peu prolongés. Le dernier article des palpes est le plus souvent presque cylindrique, guère plus gros que les précédents, et globuleux ou ovoïde dans les autres. La plupart de ceux des tarses Sont communément larges ou dilatés , et garnis en dessous de pelottes. Ces insectes ne sautent point, caractère qui les distinguent éminemment de ceux de la tribu suivante (i) ; ils composent le genre
Bubreste ( Buprestis) de Linnæus.
La dénomination générique de Richard donnée par Geoffroy à ces coléoptères, nous annonce la beauté de leur parure. Plusieurs espèces indigènes et beaucoup d’exotiques,- d’ailleurs remarquables par la grandeur de leur taille, ont l’éclat de For poli sur un fond d’émeraude ; dans d’autres, l’azur brille sur For-, où sont réunies plusieurs autres couleurs métalliques. Leur corps, en général, est ovale, un peu plus large et obtus, ou tronqué , en devant, et rétréci en arrière depuis la base de Fabdomen , qui occupe la plug grande partie de sa longueur. Les yeux sont ovales t le corselet est court et large. L’écusson est petit ou nul. L’extrémité des élytres est plus ou moins dentée dans un grand nombre. Les pieds sont courts.
(i) Les insectes de cette tribu diffèrent encore de tous les autres dé cette famille par leurs trachées vésiculaires, tandis qu’elles sont tubulaires dans les autres serriçornes. Voyez les Observations anatomiques de M. Léon Dufour.
Ils marchent lentement, mais leur vol est très agile, lorsque le temps est chaud et sec. Si on veut les saisir, ils se laissent tomber à terre. Les femelles ont à l’extrémité postérieure de l’abdomen, une partie coriace ou écornée, en forme de lame conique, composée de trois pièces (les derniers anneaux), et qui est probablement une tarière avec laquelle elles déposent leurs œufs dans le bois sec, où vivent leurs larves. On rencontre plusieurs des petites espèces sur les fleurs et les feuilles; mais les autres se tiennent pour la plupart dans les forêts, leschantiers : ils éclosent quelquefois dans les maisons , y étant transportés en état de larve ou de nymphe, avec le bois.
Tantôt les antennes sont tout au plus en scie. Les articles intermédiaires des tarses sont en forme de cœur renversé et le pénultième au moins est bifide. Les palpes sont filiformes ou légèrement plus épais au bout. Les mâchoires sont bi~ lobées.
Les Richards propres. ( Buprestis, Lin.)
Dont les antennes sont de la même grosseur partout, et en scie, depuis le troisième ou quatrième article.
Les uns n’ont point d’écusson.
Le R. à faisceaux {B. fasciculata. Lin.), Oïiv., Col. 1 1, 3?., iv, 38, long d’environ un pouce, ovoïde, convexe, très ponctué et ridé , d’un vert doré ou cuivreux, quelquefois obscur, avec de petites touffes de poils jaunâtres ou rougeâtres; étuis entiers. — Au cap de Bonne-Espérance, et quelquefois en si grande abondance sur le même arbuste, qu’ü semble tout char^f de fleurs.
Le R. sternicorne (B. sternicornis , Lin.), Qliv., Col. ibid.} vi , 5 a, a , un peu plus grand, même forme, d’un vert un peu doré, très brillant; de gros points enfoncés, dont le fond 1 est garni d’écailies blanchâtres, sur les étuis : trois dents k leur extrémité; sternum postérieur avancé en forme de corne. — - Indes orientales.
Le R. chrysis(B . chrysis , Fab.), Oliv., ibid., II, 8, vi, 5a , b, diffère du précédent par les étuis d’un brun marron et sans taches blanchâtres.
FAMILLE DES SERRICOKHES. 44/
Le R. bande-dorée ( B . vittata F.), Oliv., ibid ., 111 , 17, long de près d’un pouce et demi , plus étroit et plus alongé que les précédents, déprimé, d’un vert bleuâtre; quatre, lignes élevées et une bande dorée et cuivreuse sur chaque étui , dont le bout a deux dents. — Des Indes orientales.
Le R. ocellé ( B. ocellata F. ), Oliv., ibid., I, 3, presque semblable , pour la taille et la forme , a sur chaque étui une grande tache jaune et phosphorique , située entre deux autres de couleur d’or ; le bout de chaque étui est terminé par trois dents.
Les autres ont un* écusson.
Le R. géant {B. gigas Lin.), Oliv., ibid., I, i , long de deux pouces; corselet cuivreux , mêlé de vert brillant, avec deux grandes taches lisses, couleur d’acier bruni ; étuis terminés par deux pointes, cuivreuses dans leur milieu , d’un vert bronzé sur leurs bords, avec des points enfoncés, des lignes élevées et* des rides. — De Cayenne.
Nous citerons parmi les espèces de notre pays,
Le R. à fossettes ( B. affinis. F. ), B. chrysostigma , Oliv. , ibid., VI, 54, bronzé en dessus, cuivreux et brillant en dessous, dont les élytres, dentelées en scie à leur pointe, ont trois lignes longitudinales élevées, et deux impressions dorées sur chacune.
Le R. vert ( B . viridis. Lin.), Oliv., ibid. XI, 127 , long d’environ deux lignes et demie, à forme linéaire, d’un vert bronzé, avec les étuis entiers et pointillés. — Sur les arbres.
Fabricius a détaché des richards propres ceux qui ont le corps court , plus large proportionnellement et presque triangulaire ; le front excavé, le corselet transversal et lobé postérieurement , et les tarses fort courts, avec les pelotes larges; les cinq derniers articles des antennes forment seuls des dents de scie; les précédents, à l’exception des deux premiers, sont petits, presque grenus, ou en cône renversé; les deux premiers sont beaucoup plus gros. Ces espèces cornposent le genre Trachys ( trachys). De ce nombre (1) est
(1) Voyez les autres espèces citées par Fabricius, System, eleuî. , II , 218, et, quant aux divisions à établir dans ce genre nombreux , l'ouvrage de M. Schœnherr sur la synonymie des insectes.
Le R. nain (B. minuta Lin. ), Oliv., ibid., lï , i4|, noir er* dessous, d’un brun cuivreux en dessus, avec le milieu du front enfoncé, le corselet sinué à son bord postérieur, et des raies blanchâtres, ondées, formées par des poils et transYerses , sur les étuis. -—Commun sur le coudrier, dont i! ronge les feuilles.
Les àphanistiqtjes. ( Aphanisticus. Latr. )
Ont les antennes terminées en une massue brusque, oblorïgue, comprimée, légèrement en scie, formée parles quatre derniers articles. Le dernier de» palpes est un peu plus gros, presque ovalaire. L’entre -deux des yeux est excavé, ainsi que dans les tracliis. On en connaît deux ou trois espèces, toutes très petites et à forme linéaire (i).
Tantôt les antennes sont très pectinées ( d’un seul côté ) dans les mâles, fortement en scie dans l’autre sexe; les articles des tarses sont presque cylindriques et entiers; les palpes sont terminées par un article beaucoup plus gros que les précédents et presque globuleux. Les mâchoires se terminent par un .seul lobe.
Les Melasis. (Melasis. Oliv.)
Leur corps est cylindrique, et les angles postérieurs du corselet sont prolongés en une dent aiguë, caractères qui, dé même que ceux pris des tarses et des palpes, annoncent que cès insectes font le passage de cette tribu à la suivante (a). . Jbj
La seconde tribu , celle des Elàtérides, ne différé essentiellement de la précédente qu’en ce que le stylet postérieur de Lavant-sternum , terminé en j une pointe comprimée latéralement et souvent un peu arquée et unidentée, s’enfonce à la volonté f
(1) Bupreslis émargïnata , F., Oliv., ibid., x, 11 6; Gérai. Faim, insect. Europ, îïï , 95 — ejusd. , B après iris lineola , ibiJ. , 10.
(2) Melasis bupresloides , Oliv- , II, 36, 1, 1 ; — Melasis elaleroid.es , j Illig. , diffe'rant suivant lui , cle Y dater bupresloides de Linnæus.
FAMILLE DES SERRICORNES. 449
cle l’animal, dans une cavité de la poitrine , située immédiatement au-dessus de la naissance de la seconde paire de pieds, et que ces insectes, placés sur le dos , ont la faculté de sauter ( voyez ciaprès). Ils ont, pour la plupart , des mandibules échancrées ou fendues à leur extrémité , les palpes terminés par un article beaucoup plus grand que les précédents, en forme de triangle ou de bâche, et les articles des tarses entiers. Cette tribu ne comprend que le genre
Taupin (Elater) deLinnæus.
Leur corps est généralement plus étroit et plus alongé que celui des bupreslides, et les angles postérieurs du corselet se prolongent en pointe aiguë , en forme d’épine.
On les a nommés en français scarabées a ressort , et en latin notopeda, elater . Couchés sur le dos, et ne pouvant se relevez", à raison de la brièveté de leurs pieds, ils sautent et s’élèvent perpendiculairement en l’air jusqu’à ce qu’ils retombent dans leur position naturelle ou sur leurs pieds. Pour exécuter ces mouvements , ils les serrent contre le dessous du corps , baissent inférieurement la tête, et le corselet, qui est très mobile de haut en bas, puis, rapprochant cette dernière partie de l’arrière - poitrine, ils poussent avec force la pointe du présternum contre le bord du trou situé en avant du mésosternum, où elle s’enfonce ensuite brusquement et comme par ressort. Le corselet avec* les pointes latérales, la tête, le dessus des élytreS', heurtant avec force contre le plan de position , surtout s’il est ferme et uni, concourent, par leur élasticité, à faire élever le corps en l’air. Les côtés de P avant-sternum sont distingués par une rainure où ces insectes logent , en partie, leurs an- TOME I. 29
45û INSECTES COLÉOPTÈRES.
ternies , qui sont en peigne ou en longues barbes, daus
plusieurs mâles. Les femelles ont à l’anus une espèce de
tarière alongée , avec deux pièces latérales et pointues
au bout , entre lesquelles est l’oyiducte proprement
dit.
Les taupins se tiennent sur les fleurs, les plantes, et même à terre ou sur le gazon ; ils baissent la tête en marchant, et quand on les approche, ils se laissent tomber à terre, en appliquant leurs pieds sous le dessous du corps.
De Géer a décrit la larve d’une espèce de ce genre ( nndulatus ). Elle est longue, presque cylindrique, pourvue de petites antennes , de palpes , de six pieds, a douze anneaux couverts d’une peau écailleuse, dont celui de l’extrémité postérieure forme une plaque rebordée et anguleuse sur les bords avec deux pointes mousses et courbées en dedans; au-dessous est un gros mamelon charnu et rétractile, qui fait l’office de pied. Elle vit dans le terreau de bois pourri ; on en trouve aussi dans la terre. Il paraît même que celle du T . strié de Fabricius ronge les racines du blé , et fait beaucoup de dégât lorsqu’elle se multiplie.
L’estomac des taupins est long, ridé en travers, quelquefois gonflé à la partie postérieure ; leur intestin est médiocre.
On peut rapporter à deux divisions principales les divers sous-genres qu’on a formés dans cette tribu. Ceux dont les antennes peuvent se loger entièrement dans des cavités inférieures du corselet composeront ia première.
Tantôt elles sont reçues , de chaque côté, dans une rainure longitudinale , pratiquée immédiatement au-dessous des bords latéraux du corselet, et toujours filiformes et simplement en scie. Les articles des tarses sont toujours entiers et sans prolongements, en forme de palette, en dessous. Le corselet est convexe ou bombé , du moins sur les côtés, et se dilate vers les angles postérieurs en manière de lobe,
allant en pointe , ou triangulaire. Ces insectes se rapprochent des buprestides.
Les Galba. (Galba. Lat. )
Dont les mandibules se terminent en une pointe simple;
dont les mâchoires n’offrent qu’un seul lobe; dont le dernier article des palpes est globuleux et le corps presque cylindrique (i).
Les Eucnémis. ( Eucnemis. Arh. )
Où les mandibules sont bifides et les mâchoires bilobées ; où le dernier article des palpes est presque en forme de hache et le corps presque elliptique (2).
Tantôt les antennes , quelquefois en massue, se logent, du moins en partie , soit dans les rainures longitudinales des bords latéraux du présternum, soit dans des fossettes situées sous les angles postérieurs du corselet. Les tarses ont souvent des petites palettes, formées par le prolongement des pelottes inférieures, ou le pénultième article est bifide.
'Quelques-uns, à antennes filiformes, ont les articles des tarses entiers et sans palettes en dessous; les deux pattes antérieures se logent, dans la contraction , dans des enfoncements latérômx du dessous du corselet. Tels sont
Les Adéloceres. ( Adelocera. Lat.) (3).
D’autres, à antennes pareillement de la même grosseur partout , ont les articles des tarses entiers , mais avec les pelottes
(1) J’en ai vu trois espèces et toutes du Brésil. L’une a de grands rapports avec le Melasis tuberculata de M. Daîman (Anal, entom.). Les mâchoires se terminent par un lobe très petit et pointu.
(2) M. le comte de Mannherheim a publié une très belle Monographie de ce sous-genre, dont on a donné un extrait, et reproduit les planches dans le troisième volume des Annales des sciences naturelles. J’y ai ajouté quelques observations sur la trop grande étendue que ce savant a donné à ce sous-g ?nre. L’espèce qu’il nomme Capucinus est , selon moi, la seule qui doive y rester , et telle fut d’abord l’opinion de celui qui l’établit.
(3) Elater ovalis , Germ. 5 — Elaier fuscus , Fab. , et quelques autres des Indes orientales, rapportés par M. de Labillardière.
inférieures prolongées et avancées en manière de petites palettes ou de lobes. Leur tête est découverte. Ce sont
Les Lissomes (Lissomus. Daim.-— Lissodes. Lat. — Drapete s. Meg. Dej.) (i).
D’autres à antennes pareillement filiformes , mais dont le second et troisième article plus grands que les suivants et aplatis, se logeant seuls dans les rainures sternales; les tarses sout semblables à ceux des lissomes; la tête est cachée en dessous et comme recouverte par un corselet demi circulaire, où elle est enfoncée. Tels sont
Les Chelonâires. ( Chelonabïum. Fab. )
Les antennes, dans le repos, s’étendent parallèlement îè long de la poitrine; le premier et le quatrième article sout les plus petits de tous ; les sept suivants sont de la même grandeur, et, à l’exception du dernier qui est ovoïde, presque en forme de cône renversé et égaux. Le corps est ovoïde, avec les jambes antérieures plus larges que les autres. Toutes les espèces connues sont de l’Amérique méridionale (a)*
Le dernier sous-genre de cette première division , celui
De Thrqsque. (ThroSctjs. Lat. — Trixagus. Kugel. , Gylleniî. — Elater. Lin. )
Se distingue de tous ceux de cette tribu par ses antennes terminées en une massue de trois articles, et logée dans une cavité latérale et inférieure du corselet. Le pénultième article des tarses est bifide. La pointe des mandibules est entière (3).
(1) Daim., Epliem. enloni. , 1824. Son Lissomus punctulatus a de grands rapporîs avec le Drapetes castaneus de M. le comt Dejean, et V Elater lœvigaius de Fabricius.
L'Europe possède une espèce de ce sous-genre, V Elater equeslris de celui-ci, iiguré par Panzer, Faun. insect. Germ., XXXI, 21.
(2) Fab. , Syst. eleut. , I, 10 x; Lat., Gener. crust insect., I, vnx; 7 et II, 44, 5 Daim. , Epliem. entom. , 1824, pag. 29.
(3) Elater dermestoides , Lin. 5 E. clavicornis , Oliv. , col II, 3i, VIII, 85, a, b. 5 Dermestes adstrictor, Fab.; Panz. , Faun. insect. Germ., LXXV , i5. Sa larve vit dans le bois du chêne.
FAMILLE DES SEltRICORNES.
Notre seco'nde division de cette tribu comprendra tous les élatérides dont Jes antennes sont toujours à découvert ou extérieures.
Nous en détacherons d’abord ceux dont le dernier article des palpes , des maxillaires surtout, est beaucoup plus grand que les précédents, presque en forme de hache.
Un seul sous-genre, celui
De Cerophyte. (Cerophytum. Lat.)
S’éloigne des suivants par ses tarses, dont les quatre premiers articles courts, en forme de triangle, et dont le pénultième article est bifide.
Les antennes des mâles sont branchues au côté interne, la base du troisième article et des suivants se prolongeant en un rameau élargi et arrondi au bout^ celles de la femelle sont en scie (1).
Dans tous les autres sous-genres, les articles des tarses sont presque cylindriques et entiers.
Tantôt la tête s’enfonce, jusqu’aux yeux dans le corselet. L’extrémité antérieure du présternum s’avance sur le dessous de la tête et son bord est arqué.
Quelques-uns ont le labre et les mandibules cachés par l’extrémité antérieure du présternum , le chaperon ou épistome étant élargi et s’appliquant sur cette partie. Tels sont :
Les Cryptqstomes. f Cryptostoma. Dej. — Elater. Fab. )
Qui ont l’angle interne du sommet du troisième article des antennes et des sept suivants se prolongeant en manière de dent ^ les second et quatrième articles plus courts , le dernier long et étroit, et un rameau droit et linéaire au côté interne du troisième, près de son origine.
Les mandibules sont unidentées sous la pointe. Les mâchoires ne présentent qu’un seul lobe ) elles sont , ainsi que
(t) Latr. , Gen. crust. et insect. , IV, 375. Le Melasis sphondyloides de Germar, Faun. insect. Europ, XI, 5, a une grande affinité avec la femelle de l’espèce servant de type. Le Melasis picea de Palisot de Beauvois , Insect. d’Afr. et d’Amér. , VII , 1 , a aussi de Fanaiogie avec les Cérophytes.
454 INSECTES COLÉOPTÈ UES.
la languette , petites et membraneuses. Les palpes sont très
courts. Les tarses sont petits , menus et presque sétacés.
La seule espèce connue ( Elater denticorjiis , Fab.) se trouve à Cayenne , d’où elle a été envoyée au Muséum d’histoire naturelle par M. Banon.
Les Nemàtodes. (Nematodes. Lat.)
Où les antennes ont le premier article alongé , les cinq suivants en cône renversé, égaux , à l’exception du premier d’entre eux ou du second , qui est un peu plus court, et les cinq derniers plus épais, presque perfoliés, et celui du sommet ovoïde.
Le corps est presque linéaire (i).
Le labre et les mandibules sont maintenant découverts.
Ici , les antennes des mâles sont terminées en éventail. Ce sont
Les Hemirhîpes. ( Hemirhipus. Lat.)
Les espèces sont toutes exotiques (‘2).
Là, ces organes, dans le même* sexe, sont pectines, dans leur longueur.
Les Cteniceres. (Ctenicera. Lat.) (3).
Dans le sous-genre suivant, ou
Les Taupins proprement dits (Elater),
Les antennes des mâles sont simplement en scie (4).
Le T . cucujo ( E . noctiiucus , Lin.), Oliv., col., II, 3i, 11 , 1 4 ? a /long d’un peu plus d’un pouce, d’un brun obscur, avec un duvet cendré; une tache jaune, ronde, convexe, luisante, de chaque 'cô Lé du corselet, près de ses
(ï) Eunemisfdum , Manner.
(2) Elater flabellicornis , Fab. 5 ejusd. , E. Jascicularis , etc.
(3) Ses Elater pectinicornis , cupreus , hœmalodes ,* — T . doublecroix , Cuv. Eegm anim,, IY, xiv, 3.
(4) L’extrémité anterieure de la tête est tantôt de niveau avec le labre ou sur le même plan horizontal , tantôt plus élevée et termine'e brusquement; mais ces différences, souvent inappréciables, ne peuvent servir à établir des coupes génériques, et le genre que j’avais nommé Ludie sollicite un nouvel examen.
FAMILLE DES SERRICORNES. 455
angles postérieurs; des lignes de petits points enfoncés sur les étuis. — De l'Amérique méridionale.
Ses taches répandent pendant la nuit une lumière très forte, et qui permet de lire récriture la plus fine, surtout si on réunit plusieurs de ces insectes dans le même vase. C’est à cette lueur que des femmes font leurs ouvrages; elles le placent aussi, comme ornement, dans leurs coiffures, f our leurs promenades du sojr. Les Indiens les attachent à leur chaussure , afin de s’éclairer dans leurs voyages nocturnes. Brown prétend que toutes les parties intérieures de l’insecte sont lumineuses , et qu'il peut suspendre à volonté sa propriété phosphorique (i). Nos colons l’appellent Mouche lumineuse , et les Sauvages Cucuyos , Coyouyou ; de là le nom espagnol Cucujo. Un individu de cette espèce, transporté à Paris, dans du bois, en état de larve ou de nymphe , s’y est métamorphosé, et a excité, par la lumière qu’il jetait, la surprise de plusieurs habitants du faubourg Saint-Antoine, témoins de ce phénomène , inconnu pour eux.
Le T. bronze ( E.. œncus , Lin. ), Oiiv., Col., ibid ., viii, 83, long de six lignes, d’un vert bronzé, luisant, avec les étuis striés et les pattes fauves. — En Allemagne et au nord de l’Europe.
Le T. germanique ( E . germanus , Lin. ) 01i\p, ibid,, 11, i*2, très commun aux environs de Paris, ne diffère du précédent que par la couleur des pieds, qui sont noirs.
Le Taupin porte-croix ( E . cruciatus , Oliv. , ibid. , IV, 4o), jolie espèce d’Europe, ayant le port du T. bronzé, mais plus petite, noire, avec deux bandes rouges et longitudinales sur le corselet, près des bords latéraux; les ëlytres sont d’un rouge jaunâtre, et ont près des angles antérieurs de leur base une ligne noire, et deux bandes de cette couleur formant une croix à la suture. Elle est rare aux environs de Paris.
LejP. marron ( E . castaneus. Lin.)z01iv. ibid., 111,25; v, 5i ,
( i ) M. de la Cordaii e , qui a observe cet insecte vivant , m’a dit que le principal réservoir de la matière phosphorisque était situé inférieurement à la jonction de l’abdomen avec le thorax.
noir '7 corselet couvert d’un duvet roussâtre;-élytres jaunâtres , avec l’extrémité noire ) antennes du mâle en peigne.
— D’Europe.
Le T. corselet fauve ( E. ruficollis, Lin. ), Oliv., Ibid., VI, “ 6 i, a, b, long de trois lignes, d’un noir luisant, avec la moitiépostérieure du corselet rouge. — Du nord de l’Europe.
Le T . ferrugineux [E .jerru gin eus. Lin.), Oliv., ibid.y 111, 35 , long de dix Ijgnes , noir avec le corselet , à l’exception de son bord postérieur , et les étuis d’un rouge de sang foncé. Sur le saule. C’est la plus grande espèce d’Europe (i).
Tantôt la tête est dégagée postérieurement ou ne s’enfonce pas jusqu’aux yeux, qui sont saillants et globuleux. Les antennes sont insérées sous les bords d’une saillie frontale, déprimée et arquée en devant. Le corps est long et étroit, ou presque linéaire. Tels sont
Les Campyles. ( Campylits. Fischer. — Exophthalmus .
Latr. — Hammionus . Miihfeld. ) (2).
Des élatérides à palpes filiformes, à antennes pectinées , depuis le quatrième article, composeront un dernier sousgenre, celui
De Phyllocère. ( Phyllocertjs. ) (3).
(1) E oyez,*pour les autres espèces , Oliv. , ibid. ; Panz. , Faun. insecL Germ. , et son Ind. entom. ; ainsi qu’Herbst. , Col. , et M. Palisot de Beauvois, Insect. d’Afr. et d’Amér. Le genre Dimà de M. Ziégler, et dont F espèce nommée elateroides a e'te' figurée par M. Charpentier, dans son ouvrage intitulé Horœ entomolog. , VI , 8 , ne m’a offert aucun caractère qui le distingue nettement du précédent.
(2) V oyez Fischer, Entomog. de la Russie, tom. II, pag. i53. Ce sousgenre comprend F Elater linearis de Linhæus , dont son Mesomelas n’est qu’une variété- VE. borealis de Gyllenhall , et son E. cinctus.
(3) M. le comte Dejean n’ayant recueilli qu’un seul individu, je n'ai pu le sacrifier, pour en étudier en détail les caractères. Deux insectes de Java m’ont offert un port semblable. Ici seulement (et probablement des femelles) les antennes sont simplement en scie. Les “mandibules m’ont paru se terminer en une pointe entière ou sans dent. Le dernier article des palpes est un peu plus grand, presque oblonique. Supposé que les mandibules des phyllocères soient semblables , ces espèces exotiques seront congénères.
FAMILLE DES SERRICORNES. 45/
Notre seconde section , celle des Malacodermes, sera partagée en cinq tribus.
La première , les Cébriotsites ( Cébrionites ) , ainsi nommée du genre Cébrion d’Olivier, auquel se rattachent les autres, a les mandibules terminées en une pointe simple ou entière , les palpes de la même grosseur ou plus grêles à leur extrémité, le corps arrondi et bombé dans les uns , ovale ou oblong, mais arqué en dessus, et incliné par devant , dans les autres. Il est le plus souvent mou et flexible , avec le corselet transversal , plus large à sa base, et dont les angles latéraux sont aigus ou même prolongés, dans plusieurs, en forme d’épine. Les antennes sont ordinairement plus longues que la tête et le corselet. Les pieds ne sont point contractiles.
Leurs habitudes sont inconnues. Beaucoup se tiennent sur les plantes y dans les lieux aquatiques. Ces insectes peuvent être réunis un seul genre, celui
De Cébrion. (Cebrio. Oliv., Fab. )
Les uns, établissant une connexion de cette tribu avec la précédente, dont la consistance est même aussi solide que celle des sternoxes , dont les pieds ne sont jamais propres à sauter, et dont le corps est généralement ovale oblong, avec les antennes soit flabellées ou pectinées, soit en scie, dans les mâles, les palpes filiformes ou un peu plus gros à leur extrémité, les angles postérieurs du corselet prolongés eu pointe aiguë, nous offrent des mandibules s’avançant au-delà du labre, étroites et très arquées, ou en forme de crochets. Le labre est ordinairement très court , échancré ou bilobé.
Là, ainsi que dans les élatérides , le presternum se termine postérieurement en une pointe, reçue dans un enfoncement du mesosternum. %
Les antennes, longues dans les mâles de quelques espèces , sont composées de onze articles , pectinées ou en scie. Le dernier article des palpes est presque cylindrique oji en cône renversé.
Les Physodactyles. ( Physodactylus. Fisch. )
Où les trois articles intermédiaires des tarses présentent en dessous une pelotte membraneuse Qsole ou semelle) , orbiculaire; dont les cuisses postérieures sont renflées, et dont les antennes, du moins dans F un des sexes, sont fort courtes, en scie et insensiblement amincies vers le bout.
Ce sous-genre a été établi par le célèbre auteur de Lentomographie de la Russie, sur un insecte de l’Amérique septentrionale ( P. Henningii , lettre sur le pbysodactyle , Moscou, 1824, Annales des scienc. nat. , décem. 1824, XXV1Ï, B. ).
Les Cébrions propres. ( CEBRio.Oliv.Fab. ),
Dont tous les articles des tarses sont entiers et sans pelottes , et où les cuisses postérieures ne sont guère plus grosses que les autres.
Les espèces propres à l’Europe paraissent en quantité après les pluies d’orage. La femelle (1) de l’espèce la plus connue ( gigas , Fab.; C. Ion gic omis , Oliv., col. Il, 3o bis. 1 , 1, a, b, c; Taupin, ï,.i, a, b, c. ), diffère singulièrement du mâle; ses antennes ne sont guère plus longues que la tête; leur premier article est beaucoup plus long que les
(1) Cebrio brevicornis , Oliv. , col. îï , 3o bis , I , 2 , a, b, c; Tembrio dnbius, Rossi, Faun. etrusc. , ï, 1, 2. Cette femelle m’avait paru , à raison de ses antennes, devoir former un nouveau genre , que j’avais nomme' Hammonie. On trouve au cap de Bonne-Espérance une espèce dont les articles des antennes jettent chacun, à la base de leur côté interne, un rameau long et linéaire, et dont les palpes se terminent par un article ovoïde, et non en forme de cône renversé, comme dans lesautres espèces. Celle-ci pourrait en être séparée.
FAMILLE DES SERRICORNES. 4%
autres j Je quatrième et les suivants composent, réunis , une petite massue oblongue et presque perfoliée. Les ailes avortent en partie. Les pieds sont plus courts, mais proportionnellement plus robustes que ceux des mâles. La larve vit probablement en terre. Le C. hicolor de Fabricius (i) et quelques autres espèces d’Amérique dont le corps est alongq? moins arqué en dessus ou presque droit, avec les antennes plus courtes, ont paru au docteur Leach , devoir composer une nouvelle coupe générique (2)'.
Ici le présternum ne s.e prolonge point notablement en pointe, et le mésosternum n’offre point antérieurement de cavité.
Tantôt tous les articles des tarses sont entiers et sans palette membraneuse et avancée en dessous.
Les Anelastes. (Anelastes. Kirby.) • .
Dont les antennes sont écartées à leur naissance, courtes , presque grenues, avec le dernier article (3) presque en croissant* et dont le même des palpes est presque en forme de cône renversé. M. Kirby n’en mentionne qu’une seule espèce (A. Drurii , Lion. Trans., XII, xxi , 2).
Les Callirhlpis. (Callirhipis. Latr. )
Dont les antennes sont très rapprochées à leur naissance, insérées sur une éminence, et à partir du troisième article, forment dans les mâles un grand éventail. Le dernier des palpes est ovoïde. Le même des tarses est presque aussi long que les autres pris ensemble , et présente entre ses crochets un petit appendice ^linéaire et soyeux.
(1) Palis, de Beauv. , ïnsect. d’Afr. et d’Am. , 1 , 1 , 2 , a , b.
(2) Les Cebrions fuscus et ruficollis de Fabricius ont la forme de l'espèce qu’il nomme Gigas. M. Lefèvre a rapporte' la seconde de Sicile. Le Cebrio femoratus de M. Germar n’appartient point au genre Anelastes de M. Kirby, ainsi que je l’avais d’abord soupçonne.
(3) Le troisième est plus Iqng que le pre'ce'dent et le suivant, tandis que, dans les Ce'brions, cet article et le second sont plus eourts que le quatrième et suivants. Ges organes, de même que ceux des Elatérides , semblent avoir douze articles , le onzième e'tant brusquement aminci vers le bout , et terminé en une pointe, ayant l’apparence d’un petit article conique ou triangulaire
46o INSECTES COLÉOPTÈRES.
L’espèce servant de type ( C . Dejeanii ) , se trouve à Java et a été envoyée au Muséum d’Histoire naturelle par M. Diard et feu M. Duvaucel. Les antennes n’ont que onze articles, et diffèrent par là de celtes des rbipicères , qui ont bien la même figure, mais dont les articles sont beaucoup plus nombreux, dans les individus du même sexe, ou les mâles.
Tantôt les tarses ont en dessous des palettes membraneuses, ou leur pénultième article est profondément bilobé.
Dans les deux sous-genres suivants, les quatre premiers articles des tarses offrent chacun, en dessous, deux lobes membraneux et avancés ; le dernier est long et terminé, entre. les crochets, par un petit appendice soyeux. Les antennes des uns sont composées déplus de onze articles, et disposés en éventail ; celles des autres n’en ont que onze, en dent de scie, et dont les quatre derniers plus gros, formant une massue.
Les Sandalus. (Sandalus. Knoch.)
Les antennes, du moins celles des femelles , sont simplement un peu pîuslqngues que la tête, composées de onze articles , dont le troisième et suivants , le dernier excepté , en forme de dents de scie, et dont les quatre- derniers , un peu plus dilatés, composent une massue; le terminal est presque ovoïde, arrondi ou très obtus au bout (i).
Les RhipicÈres. ( Rhipicera. Lat. Kirb. — Ptyocerus.
Hoffman s. — Polytomus. Daim. )
Les antennes forment dans les deux sexes un éventail , et sont composées d’un grand nombre d’articles ( 20 -4o ), mais en moindre quantité dans les femelles.
Ce sous-genre se compose de cinq à six espèces , dont deux de la Nouvelle - Hollande et les autres d’Amérique (2).
(1) Sandalus pelrophya , Knog , N. Beyt. , I, p. i3i, V, 5 5 — S. niger , ejusd. , ibid.
(2) Rhipicera marginata , Latr. , Cuv. , Kegn. anim., III, p. ‘io5 ;
FAMILLE DES SERRICORNES.
Les trois premiers articles des tarses des deux sous-genres suivants sont en forme de cœur renversé, sans prolongements membraneux en dessous -, le quatrième est profondément bilobé; le dernier, peu alongé, ne présente point, entre ses crochets, d’appendice saillant et soyeux. Les antennes sont filiformes , simples ou tout au plus pectinées, et n’ont jamais au-delà de onze articles.
Les Ptilodactyles. ( Ptilodactyla. ilig. — Pyro cliroa , De G. )
Se distinguent par leurs antennes demi pectinées ou en scie dans les mâles.
Ce sous-genre se compose d’espèces propres à l’Amérique (i).
Les Dascillés. (Dascillus. Lat. — Atopa. Fab. )
N’en diffèrent que par leurs antennes simples dans les deux sexes (2).
Les autres cébrionites ont des mandibules petites, peu ou point saillantes au-delà du labre, le corps généralement mou, presque hémisphérique ou ovoïde, et les palpes terminées en pointe. Les antennes sont simples ou faiblement dentées. Dans plusieurs, les pattes postérieures servent à sauter.
Ces insectes habitent les plantes des lieux aquatiques.
Ceux-ci ont le pénultième article des tarses bilobé. Le second et le troisième des antennes sont plus courts que le suivant.
Kirb., Lin. trans. , XII, xxi, 3 mas. ; Polytomus marginatus , Daim. , Anal, entom. , p. 22; — ejusd. , P . femoratus , ibid. , 215 — ejusd. , P. fnystacinus , p. 22; Tîispa mystacina , Fab.; Drur. ins. , III, vin, 7. J’ai vu, dans la Collection de M. le comte Dejean, une autre espèce , toute fauve, recueillie dans l’Amer, sept, par M. Leconte.
(1) Ptylodactyla elalerina, Ilig. ; Pyrochroa nitida, DeG., Insect., V, xin, 6-17.
(2) Atopa cervina , Fab. ; ejusd. , A. cinerea , var. ; Ptinus testaceo ~ villosus , De G. , IV, ix , 8 ; Cistela cervina , Oliv. , col. III , 54 , 1, 2, a .
Les Elodes. (Elodes. Lat. — Cyphon. Fab. , Dej.)
Où les cuisses postérieures diffèrent peu en grosseur des
précédentes (i).
Les Scyrtes. (Scyrtes. Lat. — Cyphon. Fab.)
Dont les pattes postérieures ont les cuisses très grosses, et les jambes terminées par deux forts éperons, dont l’un très long, ce qui donne à ces insectes la faculté de sauter.
Les palpes labiaux sont fourchus. Le premier article des tarses postérieurs est aussi long que les autres pris ensemble (2). *
Ceux-là ont tous les articles des tarses entiers.
Les Nyctees. (Nycteus. Lat. — Hamaxohium. Zîegl.
— Eucynetus. Schiippel. )
Où le troisième article des antennes est très petit et beaucoup plus court que le second et le suivant, et où les derniers sont presque grenus j et dont les quatre pieds ont les ‘ jambes terminées par deux éperons très distincts, avec les tarses longs, plus grêles vers le bout (3).
Les Eubries. (Eubria. Ziég. , Dej.)
Qui ont les antennes un peu dentées en scie, avec le second article très petit, les deux suivants les plus grands de tous, et le dernier un peu échancré au bout et allant en pointe. Les éperons des jambes sont très petits ou presque nuis. Les tarses sont filiformes (4).
La seconde tribu des malacodermes, celle desLAMp yrides (Lampjrides), se distingue de la précédente, . par le renflement qui termine leurs palpes , ou du moins les maxillaires, à raison de leurs corps, toujours
(1) La première division des Cyphons de Fabricius.
(2) La seconde. Voyez le Catal. de la Coll, de M. le comte Dejean.
(3) Eucineius hœmorrhoïdalis , Germ. , Faun, insect. Europ. , Y , ri. Voyez le Catal. de la collect. des Cole'opt. de M. le comte Dejean , p. 35.
(4) Cyphon palus tris , Germ., ibid. , IV, 3,
FAMILLE DES SERRICORINES . 4^3
mou, droit, déprimé ou peu convexe^ et dont le corselet, tantôt demi circulaire, tantôt presque carré ou en forme de trapèze, s’avance sur la tête, qu’il recouvre entièrement ou en partie. Les mandibules sont généralement petites, terminées en une pointe grêle, arquée, très aiguë et entière au bout dans la plupart. Le pénultième article des tarses est toujours bilobé , et les crochets du dernier ne sont ni dentés , ni appendicés.
Les femelles de quelques-uns sont dépourvues d’ailes , ou n’ont que des élytres très courtes.
Lorsqu’on saisit ces insectes, iis replient leurs antennes et leurs pieds contre le corps,, et ne font aucun mouvement, comme s’ils étoient morts.
| Plusieurs recourbent alors l’abdomen en dessous, j Ils comprennent le genre
Des Lampyres (L amp y aïs. Lin.)
Antennes très rapprochées à leur base, tête soit découverte et prolongée antérieurement ën manière de museau, soit cachée entièrement ou en majeure partie sous Je corselet , avec les yeux grands et globuleux dans les maies , bouche petite , tel est le signalement d’une première divij sion de cette tribu , et que nous partagerons en ceux dont jl aucun des sexes n’est phosphorescent et en ceux où les femelles au moins jouissent de cette propriété. Tous les indi- |i vidus des premiers sont ailés, ont la têle découverte, sou- | vent rétrécie et avancée par devant, ou sous la forme d’un j museau , et le corselet élargi postérieurement, avec les angles j latéraux pointus. Les deux ou trois derniers anneaux de leur abdomen ne présentent point cette teinte d’un jaune pâle ou blanchâtre, qui affecte cette partie du corps dans les lampyres propres et annonce leur phosphorencc. Les
464 IJN SECTES COLÉOPTÈRES,
éiytres vont, dans plusieurs, en s’élargissant, et sont même quelquefois très dilatées et arrondies postérieurement, dans les femelles particulièrement. Elles sont très ponctuées et souvent réticulées.
Les Lycus. (Lycus. Fab. Oliv. — Cantharis. Lin.)
Nous restreindrons ce sous genre aux espèces de Fabricius, dont le museau est aussi long ou plus long que la portion de la tête qui le précède, et dont les antennes sont en scie. Les éiytres sont le plus souvent dilatées, soit latéralement, soit à leur extrémité postérieure, et les deux sexes diffèrent ordinairement beaucoup à cet égard , particulièrement dans quelques espèces propres à l’Afrique (t).
D’autres espèces du même auteur, mais à museau très court, et dont les antennes comprimées, tantôt simples , et tantôt en scie ou pectinées, ont leur troisième article plus long que le précédent , et où les articles intermédiaires des tarses sont en forme de cœur renversé , composeront un autre sous-genre, celui
De Dictyoptère. ( Dictyoptera. Latr.)
L’on trouve dans quelques bois des environs de Paris, sur les fleurs de millefeuille et autres, et quelquefois abondamment, r%7=^v i&- cv‘ • I
Le Lycus sanguin ( Lampyris sanguinea , Lin., Fanz., Faun. insect. Gérai. , XLÏ, 9 ). Il est long d’environ trois lignes , noir, avec les côtés du corselet et les éiytres d’un rouge de sang. Ces éiytres sont soyeuses et faiblement striées. Sa larve vit sous les. écorces du chêne. Elle est linéaire, aplatie, noire , avec le dernier anneau rouge , en forme de plaque, ayant à son extrémité deux espèces de cornes cylindriques, comme annelées ou articulées et arquées en dedans. Elle a six petits pieds.
Uue autre espèce, mais plus petite, toute noire , à l’exception des éiytres qui sont rouges , et du bout des anten-
(r) Les Lycus latissimus , roslralus , proboscideus , etc, , de Fabricius. Voyez , pour d’autres espèces, l’appendix de la troisième partie du premier tome de la Synonymie des insectes de M. Schoenher , où il en dé- • erit et figure plusieurs.
FAMILLE DES SEURICORNES.
nés qui est roussâtre , le Lycus nain ( Lycus minutas , Fab.; Panz. , Faun. insect. Gérai., XL1, 2 ), se trouve aussi en France, mais dans les bois de sapins desmontagnes (i).
Les Omalises. (Omalisus. Geoff. , Oiiv. , Fab. )
N’ont point de museau sensible. Les articles de leurs antennes sont presque cylindriques, un peu amincis à leur base, et le second et le troisième sont beaucoup plus courts que les suivants. Le pénultième des tarses est seul en forme de cœur renversé; les autres sont alongés et cylindriques. Les élytres sont d’une consistance assez solide.
L ’Omalise suturai (O. suturalis , Fab.; Oiiv., col. IL, 24, 1, a) est long d’un peu plus de deux lignes, noir, avecles étuis, leur portion intérieureou lasuture exceptée, d’un rouge de sang. Dans les bois des environs de Paris, et particulièrement dans la forêt de Saint-Germain , sur les chênes , au printemps (2).
I^es autres lampyrides de notre première division se distinguent des précédentes, non-seulement, en ce qu’aucune n’offre de museau, que leur tête, presque entièrement occupée par les yeux dans les mâles, est cachée totalement ou en majeure partie, sous un corselet demi circulaire ou carré, mais encore par un caractère très remarquable, soit commun aux deux sexes, soit propre aux femelles, celui d’être phosphorescent ; et de là les noms de vers luisants , de mouches lumineuses , mouches a feu , donnés à ces insectes.
Le corps de ces insectes est très mou, surtout l’abdomen, qui est comme plissé. La matière lumineuse occupe le dessous des deux ou trois derniers anneaux de cette dernière partie^ qui sont autrement colorés, et ordinairement jaunâtres ou blanchâtres. La lumière qu’ils répandent est plus ou moins vive, d’un blanc verdâtre ou blanchâtre, comme celle des différents phosphores. Il paraît que ces insectes peuvent, à volonté, varier son action ; ce qui a lieu surtout lorsqu’on les saisit ou qu’on les tient dans la main. Ils vivent très longtemps dans le vide et dans différents gaz, excepté dans le gaz acide nitreux , muriatique et sulfureux, dans lequel ils meu-
(1) Les Lycus reticulalus , bicolor , serraticornis, fasciatus, aurora, etc ('j) Voyez l’article Omalise de l’Encyclop. me'lhod.