FAMILLE DES CL AVICOU J\ ES
grandeur. Les palpes sont presque filiformes ou légèrement Iplus gros à leur extrémité, et terminés par un article ovalaire ou ovoïde.
Sous le rapport des habitudes et à raison des dentelures de leurs jambes et de quelques autres caractères, ces insectes semblent se rapprocher des lamellicornes coprophages. Mais, par d’autres considérations, fondées sur l’anatomie, iis viennent naturellement près des boucliersous/^Aa^ telle est aussi l’opinion de M. Dufour (Annal, des Scienc. nat., octob. 1824)* Le canal digestif de l’espèce qu’il a disséquée ( sinuatus) a quatre à cinq fois la longueur du corps. L’œsophage est très court ; le renflement oblong venant immédiatement après, offre à travers ses parois quelques traits brunâtres , qui sembleraient annoncer l’existence de pièces intérieures propres à la trituration , et s’il en était ainsi , ce renflement mériterait le nom de gésier; le ventricule chylifique est fort long, replié sur lui-même, et hérissé de papilles pointues et très saillantes. Les vaisseaux hépatiques ont six insertions distinctes autour du ventricule chylifîque ( Ibid, juillet, 1825 ). Leur nombre, selon Ramdohr, ne serait que de trois , et chacun d’eux aurait ainsi deux insertions : mais une telle disposition de ces vaisseaux est douteuse.
Ces animaux se nourrissent de matières cadavéreuses ou stercoraires, de substances végétales corrompues, comme le fumier, les vieux champignons , etc. ; quelques autres font leur séjour sous les écorces des arbres. Leur démarche est
4q2 insectes coléoptères.
lente ; ils sont d’un noir très brillant , ou de couleur bronzée. Celles de leurs arves qu’on a observées ( merdarius , cadaverinus ) se nourrissent des mêmes substances que l’insecte parfait. Leur corps est presque de forme linéaire , déprimé , presque glabre , mou et d’un blanc jaunâtre, à l’exception de la tête et du premier segment , dont le derme est écailleux et brun ou rougeâtre ; il est pourvu de six pattes courtes, et se termine postérieurement par deux appendices articulés , et un prolongement anal et tubulaire ; la plaque écailleuse du premier segment est cannelée longitudinalement.
Cette tribu comprendra exclusivement, ainsique nous l’avons dit plus haut , le genre
Des Escaubots. (Hister. Lin.)
M. le baron Paykull s’était borné à en détacher quelques espèces à forme très aplatie, et dont il compose celui d’hoiolepte ; mais le docteur Leach (Zool. miscell., III, p. 76. ) en a établi quatre autres.
Les uns ont les jambes, ou les antérieures au moins , triangulaires, dentées extérieurement , les antennes toujours découvertes et libres, le corps généralement carré, peu ou point renflé.
On peut les diviser en deux sous-genres. Dans le premier,, celui
D’Hololepte ( Hololepta. Payk. ),
Le corps est très aplati , le présternum ne s’avance point sur la bouche, et les quatre jambes postérieures n’ont qu’un seul rang d’épines; le lobe terminal des mâchoires est pro- ' longé; le menton est profondément écliancré, et les palpes, proportionnellement plus avancés, sont formés d’articles presque cylindriques.
Ils se tiennent sous les écorces des arbres. L’animal figuré
FAMILLE DES CLÀ VICORNES.
par M. Paykull comme la larve d'une espèce de ce sousgenre est celle d’une espèce de syrphe ou de mouche (i).
Les autres histéroïdes, dont le présternum s’avance sur la bouche, dont les mâchoires se terminent par un lobe court, avec les palpes peu avancés et composés d’articles qui , à l’exception du dernier , sont plutôt en cône renversé que cylindriques, et dont le menton , enfin , est légèrement échancré, rentreront dans le sous-genre.
D’Esgarbot proprement dit. ( Mister. )
Quelques espèces dont les quatre jambes postérieures n’ont , ainsi que les hololeptes, qu’une seule rangée de petites épines, et vivent aussi sous les écorces d’arbres, composent les genres Platysome ( Platysoma ) 7 etDEisdrophile ( Dendrophilus ) , de M. Leach. Le premier (2) ne diffère du second (3) qu’en ce que le corps est aplati en dessus , et que le corselet est plus court , et rétréci en devant. Une espèce de la même division, Yescarbot à trompe ( H . proboscideus , Payk., Monog., VIII, 4); a une forme particulière. Son corps est long et étroit, avec le corselet plus d’une demi-fois plus long que large.
Les autres escarbots ont deux rangées d’épines aux quatre jambes postérieures. Ce sont les seuls que M. Leach laisse dans le genre hister.
VE. unicolor (Jff. unicolor, Lin. ; Payk., ibid.y Iï, 7), long de quatre lignes , entièrement noir, luisant* trois dentelures au côté extérieur des deux premières jambes ; deux stries de chaque côté du corselet , et quatre sur la partie extérieure de chaque étui, de leur longueur, et dont la plus voisine du bord interrompue. Très commun.
Le nombre des dentelures des jambes, celui des stries du corselet et des élytres, leur ponctuation , la forme du corps ont fourni à M. Paykull d’excellents caractères, au moyen desquels il a bien signalé les espèces.
Une dernière division de cette tribu comprend des histé-
(1) Hister. monog. , pag. joi et suiv.
(2) Hister picipes , Fab. ; Payk. , ibid. , Ylïl , 5 ; — - //. flavicorms , ejusd. , VIII , G ; — H. oblongus , ejusd. , X, 3.
(3) A. punctalus , ejusd. , VIT , 5.
îoïdes très petits, à corps épais, presque globuleux, dont le présternum peu ou point comprimé latéralement, point avancé sur la bouche, est droit en devant.Dans les uns (Abrée, Abrœus , Leacli . ), il se prolonge jusqu’aux angles antérieurs du corselet, et recouvre entièrement les antennes dans leur contraction ; il est plus étroit dans les autres (Onthophile , Onthophilus , ejusd. ); mais ici la massue des antennes se loge dans une cavité orbiculaire et très distincte, située sous l’angle antérieur du corselet. Les jambes antérieures sont souvent étroites , presque linéaires et sans dents. Le dernier demi-segment supérieur de l’abdomen est courbé inférieurement et paraît le terminer (i).
Les autres cîavicoroes ont les pieds insérés à égale distance les uns des autres. Ceux de ces coléoptères où ces organes ne sont point contractiles , ou dont les tarses, à plus , se replient contre la jambe , qui ont des mandibules le plus souvent saillantes et aplaties, ou peu épaisses, et dont le présternum n’est jamais dilaté antérieurement, composeront cinq autres tribus.
La troisième tribu de la famille , celle des Silphales ( Silphales ) , offre cinq articles très distincts à tous les tarses, et les mandibules terminées en une pointe entière, ou sans échancrure ni fissure (2). Les antennes se terminent en une
(1) Le docteur Leacli rapporte au G. abrœus VH. globosus, Payk. , VITI , 2 ; — VH. minutus , ejusd. , VIII , i • et à son genre Onthophilus , les escarhots suivants : H, striatus , Payk., ibid. , XI, i; H. sulcalus , X , 8 ; WH. hispidus du même, XI, 2 , paraît être conge'nère. Le genre. ceutocerus de M. Germar i'Insect. Spec. nov., I, p. 85, 1 , 2) semble venir naturellement après les Hisléroïdes , d’après la forme des antennes , des pattes, etc.; mais les êlytres recouvrent l’abdomen, et les mandibules ne sont point saillantes. Je n’ai vu aucun individu de ce genre.
(2) Le côté interne cependant offre quelquefois des dentelures, et telles sont celles des Sphe'rites.
FAMILLE DES CLAVICORNES.
massue le plus souvent perfoliée, et de quatre à cinq articles. Les mâchoires ont dans la plupart une dent cornée au côté interne* Les tarses antérieures sont souvent dilatés , du moins dans les mâles. Les élytres du plus grand nombre ont au bord extérieur une gouttière, avec un fort rebord.
Cette tribu se compose du genre
Des Boucliers. (Silpha. Lin. — Peltis. GeofT.)
Ici les antennes se terminent brusquement en une massue courte et solide, formée par les quatre derniers articles -7 le second est plus grand que les suivants. Le corps est presque carré, avec les élytres tronquées, les jambes dentées, les tarses simples, les mandibules bidentées au côté interne, et le dernier article des palpes maxillaires aussi long que les deux précédents réunis. Les mâchoires ont une dent cornée au côté interne. Ces* insectes ressemblent tellement aux escarbols , que Fabricius les a confondus avec eux. Tels sont
Les Spherites. (Sphærites. Dufst. — Sarapus. Fisch. — Hister. Fab. — Nitidula. Gyîl. ) (1)
Là , les antennes se terminent en une massue perfoliée.
Tantôt le corps est obiong , avec la tête étranglée postérieurement, aussi large ou guère plus étroite que le bord antérieur du corselet ; cette partie est en forme de carré arrondi aux angles ; les élytres sont en carré long, brusquement et fortement tronquées à leur extrémité postérieure. Les cuisses postérieures, du moins dans les mâles , sont ordinairement renflées. Le dernier article des palpes maxillaires est un peu plus grêle que le précédent, presque cy iindri-
(^1) Dufst , Faun. aust. , I, p. 206 ; Hister glabralus , Fab.; Sturra. , I , xx ; Sarapus , Fisch. , Mém. delà Soc. des natur. de Moscou.
insectes coléoptères.
que, un peu aminci vers le bout et obtus. Les tarses antérieurs sont dilatés dans les mâles.
Les Ne'crophores. ( Necrophorus. Fab. — Silpha. Lin. — Dermestes. Geoff.)
Les antennes , guère plus longues que la tête, sont terminées brusquement en une massue presque globuleiwe , de quatre articles; le premier est long et le second beaucoup plus court que le suivant. Le corps est presque paralléîipipède, avec le corselet plus large en devant, toutes les jambes fortes , élargies à leur extrémité et terminées par de forts éperons, et les éiytres tronquées à angle droit.
Les mâchoires sont dépourvues d’onglet corné. L’instinct qu’ils ont d’enfouir les cadavres des taupes, des souris, et autres petits quadrupèdes, les a fait nommer enterreurs , porte-morts. Ils!se glissent dessous, creusent la terre, jusqu’à ce que la fosse soit assez profonde pour contenir le corps, et l’v font entrer peu à peu , en le tirant à eux ; ils y déposent leurs œufs , et leurs larves trouvent ainsi leur nourriture. Elles sont longues, d’un blanc grisâtre, avec le dessus de leurs anneaux antérieurs revêtu d’unie petite plaque écailleuse d’un brun fauve, et de petitespointes élevées sur les derniers. Elles sont munies de six pattes et de mandibules assez fortes. Pour passera l’état de nymphes, elles s’en*fon. cent profondément dans la terre , et s’y construisent une loge, qu’elles enduisent d’une substance gluante. Ces insectes, ainsi que beaucoup d’autres qui vivent dans des matières cadavéreuses, ont une forte odeur de musc. Leurs habitudes ont, dans ces derniers temps, fixé l’attention de ceux qui font métier de la destruction des taupes , et l’ouvrage intitulé l’Art du taupier, nous offre à cet égard quelques faits qui avaient échappé à l’observation des naturalistes. 11 faut que ces insectes aient un odorat très fin , puisque peu de temps après qu’une taupe a été tuée , l’on ne tarde pas à voir voler autour des nécrophores, qu’on eût vainement cherché dans ce lieu auparavant.
Le canal digestif des nécrophores et des boucliers est trois fois au moins plus long que le corps. L’œsophage est très court et suivi d’un gésier ellipsoïde, dont la tunique interne
FAMILLE DES CLAVICORWES.
et un peu scarieuse est hérissée, du moins dans plusieurs , espèces , de soies pointues, dirigées en divers sens, mais disposées en huit bandes longitudinales , séparées par des intervalles lisses. Le tube intestinal est fort long , surtout dans les nécrophores et les nécrodes. La surface de l’intestin, dans les derniers, ainsi que dans les boucliers, est toute couverte de points saillants et granuleux. 11 s’ouvre, soit latéralement, soit directement, dans un renflement lisse que l’on peut, selon M. Dufour (Annal, des scienc. nat., octob. 1824 ) comparer à un cæcum. ïl reçoit par côté une bourse pédicellée, ovalaire ou oblongue , faisant partie de l’appareil excrémentiel. Le nombre des vaisseaux biliaires, qui sont grêles, très longs, fort repliés, et ont chacun une insertion propre, autour de l’extrémité du ventricule chylifique ( Dufour, ibid ., juillet 1825 ) , est de quatre. Il paraît, d’après la figure du canal digestif du necropJiorus vespillo, donnée par Ramdohr, quesom gros intestin, au lieu d’être couvert de papilles granuleuses , aurait des rubans musculeux, transversaux , formant des plis annulaires.
Le N. fossoyeur ou point de Hongrie ( Silpha vespillo , Lin. ; Oliv. , col. Il , 10 , 1 , 1 ), est long de sept à neuf lignes , noir, avec les trois derniers articles des antennes rouges, et deux bandes orangées, transverses et dentées sur les étuis et les hanches des deux pieds postérieurs armées d’une forte dent /leurs jambes sont courbes.
Le N. des morts ( N, mortuorum, Fab.; Panz., Faun. insect. germ., XLÏ, 3 ), est plus petit, avec les antennes en tièrement noires. La seconde bande transverse orangée des élytres de l’espèce précédente, ne forme ici ordinairement qu’une grande tache en croissant.
I On la trouve spécialement dans les bois et souvent dans les champignons.
Le N. germanique ( N. . germanicus , Fab. • Oliv. , ibid. , 1, 2, a, b), a souvent plus d’un pouce de longueur. 11 est tout noir , avec le bord extérieur des élytres fauve , et une tache d’un jaune ferrugineux sur le front.
Le N. inhumeur ( humator , Fab.j Oliv., ibid., i, 2, c. ), diffère du précédent par la couleur orangée de la massue des antennes. Il est aussi constamment plus petit.