TOME i
L'Amérique septentrionale en fournit plusieurs espèces, dont une surtout {grandis , Fab.-) surpasse toutes les autres en grandeur. Ce genre paraît, jusqu’ici, restreint aux contrées septentrionales de ce continent et de l’Europe (i).
Les Nécrqdes» (Necrodes. Wilk. — Silpha. Lin., Fab.) Ont des antennes manifestement plus longues que la tête, terminées en une niassue aîongée, de cinq articles; le second est plus grand que Je troisième. Le corps est ovaîeoblong, avec le corselet presque orbiculaire, plus large dans son milieu, les jambes étroites, alongées, peu élargies au bout, et terminées par deux éperons de grandeur ordinaire , et les étuis tronqués obliquement.
On trouve des espèces de ce sous-genre en Europe, dans les contrées équatoriales du nouveau monde , aux Indes orientales et à la Nouvelle-Hollande (a). .
Tantôt le corps est ovalaire ou ovoïde, avec la tête peu ou point étranglée postérieurement, plus étroite que le corselet; le corselet soit presque demi circulaire et tronqué en devant, soit trapézoïde et plus large en arrière; les élvtres arrondies ou simplement éclian crées a leur extrémité postérieure. Les pieds postérieurs ne diffèrent point ou peu sexuellement.
Les mâchoires sont armées intérieurement d’une dent ou crochet écailleux.
Les Boucliers proprement dits. (Silpha. Lin. , Fab.
— Peltis . Geoff. )
Dont le corps est presque en forme de bouclier, déprimé ou peu élevé, avec le corselet demi circulaire, tronqué ou très obtus en devant, les élytres fortement rebordées et creusées en goutière extérieurement, les palpes filiformes, et dont le dernier article est presque cylindrique et terminé en pointe dans plusieurs. La plupart vivent dans les charognes
(1) Voyez, pour les autres espèces, Fabricius, Olivier, et Schoeuh. , I,n,p. 117.
(2) Silpha littorales , Lab. ; Oliv. , co!., II,ii, i9 8, a, b,c; — S. surinamensis , Fab.; OÜV. , ibid. , II, 11 ; —• S. lachrymosa , Scbreib. , Lin. Trans. , VI , xx , 5 ; — S. indica , Fab. , etc.
FAMILLE DES CLÀVICOBNES
et diminuent ainsi la quantité des miasmes qu’elles répandent. Quelques autres grimpent sur les plantes, et notamment les tiges de blé, oix sont de petits hélix, pour en manger l’animal. D’autres se tiennent sur des arbres élevés et dévorent les chenilles. Les larves sont pareillement agiles, vivent de la même manière , et souvent rassemblées en grande quantité. Elles ont beaucoup de ressemblance avec l’insecte parfait. Leur corps est aplati , composé de douze segments dont les angles postérieurs sont aigus, avec l’extrémité postérieure plus étroite et terminé par deux appendices coniques.
Dans la plupart des espèces , les deux tarses antérieurs des mâles sont seuls plus dilatés que les autres. Les antennes grossissent insensiblement ou se terminent brusquement en une massue de quatre articles au plus; les second et troisième articles sont peu différents; le dernier des maxillaires est de la longueur au plus du précédent, et souvent un peu plus court et un peu plus menu.
Les espèces où l’extrémité des antennes est distinctement perfoliéeoucomposéed’articles,qui, à l’exception du dernier, sont transversaux et plus larges que longs, où cette massue est brusque, et dont lesélytres spntéchancréesà leur extrémité , dans les mâles au moins, forment le genre Thanàtophile ( thanatophilus ) de M. Leach (1).
Celles où les élytres sont entières , mais qui ont d’ailleurs des antennes semblables, composent celui qu’il nomme Oiceptome ( Oiceptoma ).
Le B. thoracique ( S. thoracica , Lin. , Fab. ; Oliv. , col. II, 11, 1, 3, a, .b. ), dont le corps est noir, avec le corselet rouge , soyjeux , et trois lignes élevées, flexueuses, dont l’extérieure plus courte, formant une carène et se terminant près d’un tubercule transversal, sur chaque élytre. Dans le mâle, l’extrémité postérieure de ces élytres finit
en pointe à la suture. Cette espèce habite plus particuliè-
Une autre espèce, propre aussi aux forêts, mais qui
(1) Silpha sinuala , Fab. ; Oliv,, ihid. , II, 12; — S.dispar, Ilig., Gyllenb , etc.
rement les bois.
se tient communément sur les jeunes chênes, pour y vivre de chenilles, est le B, h quatre points ( S . quadripunctata , Lin., Fab.; Oliv. , ibid. , 1 , 7 , a , b. ). Son corps est noir, avec le limbe du corselet et les ély très jaunâtres. Elles ont chacune deux points noirs, l’un à la base et l’autre au milieu (1).
Les boucliers dont les antennes sont pareillement perfoliées à leur extrémité, mais dont la massue est formée graduellement, conservent seuls, dans la méthode du même naturaliste, la dénomination générique de Silpha. Ces espèces se tiennent habituellement dans les champs , sur les bords des chemins , etc.
Le B. lisse ( S . lœvigata , Fab.; Oliv., ibid., ï, i,a, b), qui est d’un noir luisant, très pointillé, avec le corselet beaucoup plus étroit en devant , et les élytres sans lignes élevées.
Le IL obscur (S. obscura, Lin., Fab.; Oliv., ibid., 0, 18 ), d’un noir obscur, avec le corselet tronqué en devant , les élytres plus profondément ponctuées, et trois lignes élevées, mais peu saillantes, courtes, et dont l’in terme» diairqplus longue, sur chaque éiytre.
Le B. réticulé {S. reticulatçt, Lin.; Panz., Faun. insect. Germ. , Y , 9 ), d’un noir opaque , avec le corselet tronqué en devant, trois lignes élevées sur chaque éiytre, dont l’extérieure plus forte, formant une carène , terminée par un tubercule, et des rides transverses dans les inter^ valles (2).
Dans quelques-uns, les antennes ne sont point nettement perfoliées à leur extrémité, les derniers articles étant presque globuleux. Ce sont Les Phosphuges j- Phosphuga) du même (3).
Une espèce de bouclier d’Allemagne, et qui pourrait former un sous-genre propre (Necrophilus , Latr.), s’éloigne des précédentes par plusieurs caractères. Les quatre
(1) Ajoutez A. rugosa, Fab.; Oliv. , II, ibid., 17 ; — S. laponica , Fab,
(2) Ajoutez S. opaca, Fab. ; Herbst. , col., LI , 16; — S. tristis, Illig., etc.
(3) 1 S. atrata , Fab, ; ejusd. , Pedemonlana , ^ar. ; Oliv. , ibid. , I, 6*
FAM.LLLE DES CLAVICORNES. 5o 1
tarses antérieurs sont semblables et dilatés à leur base , les deux premiers articles étant sensiblement plus larges , du moins dans les mâles, que les deux suivants. Le troisième article des antennes est plus long que le précédent, et les cinq derniers forment brusquement une massue perfoliée. Le dernier des maxillaires est aussi long que les deux précédents réunis. Cette espèce est la Silpha subîerranea d’Iliger et de divers autres entomologistes.
Les Agyrtes. ( Agyrtes. Frœh. — Mycelophagu's, Fab.)
Ont le corps assez épais, convexe ou arqué en dessus, point en forme de bouclier, avec le corselet presque carré, un peu plus large que long et un peu plus étroit en devant, la marge extérieure des élytres inclinée et sans canal , le dernier article des palpes maxillaires plus gros et ovoïde (i).
Des clavicornes qui nous paraissent se rappro cher par plusieurs caractères et par leurs habitudes des agyrtes, mais dont les mandibules sont fendues ou bidentées à leur extrémité, composeront une quatrième tribu, celle des Scaphidites ( Scaphi dites ). Leurs tarses ont cinq articles très distincts et entiers. Leur corps est ovalaire, rétréci aux deux bouts, arqué ou convexe en dessus, épais au milieu , avec la tête basse , reçue postérieurement dans un corselet trapézoïde, point ou faiblement rebordé, plus large postérieurement. Les antennes sont généralement aussi longues au moins que la tête et le corselet, et terminées en une massue alongée , de cinq articles. Le dernier article des
(i) Agy rtes castaneus , Gyllenh. , Insect. Suec., I , m , p. 682; My~ eetophagus caslaneus, Fab. ; M. spinipes , Panz, , Faun. insect. Germ „ XXIY, 20 Je soupçonne que VA. subniger de M, Dejean n’est que la femelle.
5o2 insectes coléoptères.
palpes est conique. Les pieds sont alongés et grêles. Si Ton en excepte quelques espèces (les cholèves), les tarses sont presque identiques dans les deux sexes. Cette tribu composera le genre
De SCAPHIDIE. ( ScAPHIDIÜM.)
Les Scaphîdies propres. (Scàphidium. 0!iv.,Fab. — Silpha.
Lin. )
Les cinq derniers articles de leurs antennes sont presque globuleux et composent la massue. Les palpes maxillaires sont peu saillants et se terminent graduellement en pointe le pénultième article n’étant guère pl us épais que le dernier, à leur jonction. Le corps auneformenaviculaire, avec le corselet un peu rebordé et les étuis tronqués. Ils vivent dans les champignons On n’en connaît qu’un petit nombre d’espèces, dont l’une de Cayenne, et les autres du nord de l’Europe (i).
Les Cholèves. (Choleva. Latr., Spence. — Catops. Fab. — Pellis. Geoff. ) • > .
Ont la massue de leurs antennes composée d’articles, pour la plupart, presque én forme de toupie, et plus ou moins perfoliée ; les palpes maxillaires très saillants et terminés brusquement en manière d’alène ; le corps ovoïde, avec le corselet plan , sans rebords. Les quatre premiers articles des tarses antérieurs et le premier des intermédiaires sont dilatés dans les mâles de quelques espèces ( Catops blapoides , Germ. ).
Dans les Cholèves proprement dits , les antennes sont de la longueur environ de la tête et du corselet ; leur huitième article ou le second de la massue , est sensiblement plus court que le précédent et le suivant , et même quelquefois peu distinct; le dernier est serni-ovoïde et pointu (2). Dans es Myloeques. ( Myloechus. Latr. , Oîiv. — Catops. Payk.
(1) Oîiv. , col. 11, '20.
(2) Latr., Gener. crust. et insect. , II, pag. 26. Voyez ia Monographie de ce genre publiée par M. Spence , dans les Transactions de la Société' linnéenne de Londres, Paykulï et GylIenbaU.
FÀMILLE DES CL AVICORNES. 5ü3
CJylî. ) les antennes sont plus courtes , le huitième article est plus grand que le précédent et presque égal au suivant, le dernier est arrondi et obtus au sommet (i).
La cinquième tribu, celle des Nitidulaires ( Nitidulariœ ) , se rapproche de celle des silphales, par le corps en forme de bouclier et rebordé ; mais les mandibules sont bifides ou éch ancrées à leur extrémité ; leurs tarses semblent n’être composés que de quatre articles x le premier et le suivant, dans les uns, ne se montrant qu’en dessous et n’j formant qu’une petite saillie, le pénultième dans les autres étant très petit et sous la forme d’un nœud, renfermé entre les lobes du précédent. La massue des antennes est toujours perfoliée, de trois ou deux articles , et ordinairerement courte ou peu alongée.
Les palpes sont courts , filiformes ou un peu plus gros à leur extrémité. Les élytres .sont courtes ou tronquées dans plusieurs. Les pieds sont peu alongés, avec les jambes souvent élargies à leur extrémité , et les tarses garnis de poils ou de pelotes. L’habitation de ces insectes varie selon les espèces; on en trouve sur les fleurs ^ dans les champignons , les viandes corrompues et sous les écorces d’arbres. Ils forment le genre
Des Nitîdules. (Nitidula.)
Dans quelques-uns, ia massue des antennes n’est que de
(i) Latr. , ibid. , p. 3o , VIII , n ; Oliv. , Encyclop. metbod. , article Mylœque,
5o4 I INSECTES COLÉOPTÈRES.-
deux articles ; et le devant de la tête s'avance en manière de chaperon demi circulaire , aplati , recouvrant les mandibules et les autres parties de la bouche.
Les pOLOBiQUES. ( Colobicus. Latr. )
Dans ce sous-gençe et le suivant, les tarses, à partir du point où ils sont mobiles, semblent n'avoir que quatre articles, dont les trois premiers, beaucoup plus courts que le dernier, entiers et simplement garnis en dessous de poils plus ou moins abondants ; ainsique dans plusieurs clairons d’Olivier , le premier proprement dit ne se montre qu’en dessous, et y fait une petite saillie 5 il est aussi garni de poils. Les palpes des colobiques et ceux du sous-genre suivant se terminent par un article un peu plus gros que le précédent (1).
Dans les autres nitidulaires, la massue des antennes est de trois articles , et la tête ne s'avance point au-dessus de la bouche.
Tantôt le premier article des tarses, ainsi que dans les colobiques, estfort court, les trois suivants sont alongés, entiers, égaux et simplement velus en dessous y les palpes sont plus gros à leur extrémité.
Les Thymales. ( Thymalus. Latr. — Peltis. Fab. —
1 Silpha. Lin. )
Dans les espèces dont le corps est presque hémisphérique ( limbatus ), la massue des antennes est proportionnellement plus courte, le troisième article et les suivants sont plus menus que le second- les éperons des jambes sont extrêmement petits (2).
Tantôt les trois premiers articles des tarses, du moins ceux des mâles, sont courts , larges, échancrés ou bilobés; le quatrième est très petit , peu ou point apparent '7 les palpes maxillaires, au moins, sont filiformes.
Ici les jambes, ou du moins les antérieures, sont élargies à leur extrémité, en forme de triangle renversé 7 le premier.
(1) Latr. , Gener. crust. et insect, II , p. 9 , et I , xvi , 1.
(2) Voyez Fabricius, Gyllenhall et Schœnîierr.
FAMILLE DES CLA'VICORNES. 5o5
article des antennes est ordinairement plus grand que le second; les élytres sont généralement tronqués ou très obtus au bout.
Dans les deux sous-genres suivants, le troisième article des antennes est sensiblement plus long que le suivant; la massue est formée brusquement, presque orbiculaire ou presque ovalaire.
Les Ips. (îps. Fab.— Nitidula. Oliv., Latr. — Silpha. Lin.)
Dont le corps est toujours ovale-oblong, déprimé, avec l’extrémité postérieure de l’abdomen découverte; dont l’une de leurs mandibules (la gauche) est comme tronquée et tridentée à son extrémité, et l’autre élargie et largement échancrée ou concave au même bout; et où le lobe terminal des mâchoires est alongé (1),
Les Nitidules propres. ( Nitidula. Fab. — Nitidula.
Strongylus. Herbst. — Silpha. Lin. )
Où les deux mandibules se rétrécissent vers le bout et se terminent en pointe échancrée ou bifide.
Les unes sont aplaties, oblongues ou ovoïdes; les autres sont orbiculaires et bombées, ou proportionnellement plus convexes que les précédentes. Aussi quelques auteurs en ont-ils placé certaines espèces dans des genres d’une forme analogue, mais très différents, tels que ceux des sphéridies et des Tritomes.
On trouve en grande abondance sur les fleurs , la N. bronzée ( N. . œnœa , Fab., ejusd. , N. viridescens , rufipes , Yar.; Oliv., col. Iï, 1 1, 12 ; III, 20, a, b ; V, 33, a, b ). Elle est petite, ovoïde-oblongue , d’un vert bronzé brillant, très ponctuée, avec les antennes noirâtres, terminées par une grande massue obtuse; le corselet transversal, légèrement échancré en devant , rebordé latéralement, et les pieds tantôt d’un brun noirâtre, tantôt fauves (2). Maintenant , le second et le troisième article des antennes
(1) Quelques espèces de Fabricius paraissent devoir être rapporte'es à Son genre Engis.
(2) Voyez Fab. , Oliv. > GryUenb. , Schœnh. , etc.
5o6 INSECTES COLÉOPTÈRES.
sont presque de la même grandeur , et la massue est alongée,
en forme de cône renversé ou de poire. »
Les Cerques. (Gercus. Latr. — Catheret.es. Herbst., llig.
— Dermestes. Lin. , Fab. — Sphœridium. Fab. ; Gyllen.
— Nitidula. Oliv.)
Le corps est déprimé, avec les élytres tronqués. Les deux premiers articles des antennes sont beaucoup plus grands dans les mâles de quelques espèces que dans leurs femelles, et peut-être ce sous-genre ne devrait-il comprendre que ces espèces; les autres seraient reportées dans le précédent (i).
Là y les jambes sont longues, étroites, presque linéaires; les élytres recouvrent l'abdomen et ne sont point tronquées.
Le corps est ovale, avec le corselet trapézoïde; la massue des antenne^ est oblongue, les deux premiers articles sont presque égaux et le troisième n’est guère plus long que le suivant.
Les Bytures. (Byturus. Lat., Schœnb. — Dermestes. Geoff., Fab. , Oliv. — Ips. Oliv.) (a).
Une sixième tribu , celle des Engidites ( Engi dites), analogue aux dernières, quant à l’échancrure de l’extrémité des mandibules, s’en distingue en ce qu’elles ne débordent point ou de très peu , et simplement sur les côtés, le labre. Le corps est ovalaire , ou elliptique , avec l’extrémité antérieure de la tête un peu avancée en pointe obtuse ou tronquée. Les tarses ont cinq (3) articles distincts, entiers, et tout au plus un peu velus en dessous; le pénultième est simplement un peu plus court que le
(1) Voyez Gyllenli., ïnsect. Suec. , i, p. 245.
(2) Voyez Schoenh. , Synon. irisect. , I , n , p. 95.
(3) Suivant des auteurs, quelques Cryptophages , ou du moins leurs
mâles, sont hete'romères. *
FAMILLE DES , CLA VICORNES . 5oj
précédent. Les antennes se terminent en une massue perfoliée, de trois articles; les élytres recouvrent entièrement Fabdomen ; les palpes sont un peu plus gros à leur extrémité. Quelques espèces, très petites, vivent dans l’intérieur des maisons, et on les trouve souvent derrière les vitres des croisées.
Ces clavicornes seront réunis en un seul genre, celui
De Dance. (Dacne.)
Les Dacwes propres. ( Dacne. Lat. — ■ Engis , Fab. , Dej.
— Erotylus. Oliv. )
Leurs antennes se terminent brusquement en une massue assez grande, orbiculaire ou ovoïde, comprimée, composée d’articles serrés, et dont celui du milieu au moins beaucoup plus large que long; le troisième article est plus long que le précédent et le suivant.
Le milieu du bord postérieur du corselet est dilaté en arrière ou lobé, et l’extrémité supérieure du menton est avancée, terminée en pointe tronquée ou bidentée (i).
Les Cryptophages. (Cryptophagus. Herbst., Scliœnh. — Der- 7?2(?5?e5.Lin.,Fab. — Ips. Oliv., Lat. — Antherophagus. Knoch.)
Dont les antennes monilïformes , avec le second article aussi grand ou plus grand que le précédent , se terminent en une massue moins brusque, plus étroite que dans les dacnés, et espacée (2).
(1) Voyez Fabricius, Syst. eleut.
(2) Voyez Schœnb. , Synon. insect. , I, 11 , pag. 96.
Les antennes des Antherophagus sont proportionnellement plus grosses, compose'es d’articles plus transversaux , et terminées presque graduellement en massue; à partir du second jusqu’au huitième , ils sont presque e'gaux. Le Cryptophagus silaceus de M. Gyllenhall a de chaque côté du dessous de la tête, une saillie en forme de dent ou de corne. Les Triphylles de MM. Mégerle et Dejean ne diffèrent des Cryptophages que par le nombre des articles des tarses.
5o8 INSECTES COLÉOPTÈRES.
Nous passerons maintenant à quelques tribus où le présternum est souvent dilaté antérieurement en manière de mentonnière, et qui diffèrent des précédentes par leurs pieds en tout ou en partie contractiles ; les tarses peuvent être libres , mais les jambesau moins se replient contre leurs cuisses. Les mandibules sont courtes, généralement épaisses et dentées. Le corps est ovoïde > épais , garni d’écailles ou de poils caduques, qui le colorent diversement. Les antennes sont ordinairement plus courtes que la tête et le corselet , et droites. La tête est enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux. Le corselet est peu ou point rebordé , trapézoïde , plus large postérieurement ; le milieu de son bord postérieur est souvent un peu prolongé ou lobé.’ Les larves sont velues, et se nourrissent pour la plupart, de dépouilles ou de cadavres d’animaux. Plusieurs d’entre elles sont très nuisibles aux collections en-, tomologiques.
Ceux donc, dont les pieds ne sont pas complètement contractiles, les tarses restant toujours libres, avec les jambes étroites et alongées , forment notre septième tribu , les Dermestins ( Dermestini ) , et le genre
Des Dermestes. ( Dermestes. )
Les Aspidiphores. ( Aspidiphorus. Ziegl. , Dej.)
Sont les seuls de cette tribu dont les antennes n’offrent que dix articles distincts ; et dont les palpes très courts et
FAMILLE DES CL AVICORNES. 5og
renflés inférieurement vont ensuite en pointe. Le corps est orbi cul aire (i).
Parmi ceux dont les antennes ont onze articles distincts, et dont les palpes sont filiformes ou vont en grossissant, nous séparerons d’abord ceux dont les antennes ne sont point reçues dans des fossettes spéciales du dessous du corseîet. Le présternum avance rarement (2) sur la bouche.
Bans les uns, les antennes sont terminées brusquement en une massue perfoliée, grande, formée- par les trois derniers articles.
Les Dermestes propres., ( Dermestes. Lin., Geoff., Fab. )
Où les antennes sont semblables ou peu différentes dans les deux sexes* la longueur du dernier article ne surpasse jamais notablement celle des précédents.
Quelques espèces font de grands ravages dans les pelleteries, les cabinets d’histoire naturelle; aussi de Géer les désigne-t-il sous le nom de disséqueurs . Le Dermeste du lard , en effet, coupe et réduit en pièces les insectes des collections oii il pénètre. Les autres dévorent les cadavres.
Le Dermeste du lard ( D . lardarius , Lin. ; Qliv. , col. H, 9, 1, 1 ) est noir, avec la base des étuis cendrée et ponctuée de noir. Sa larve estalongée, diminuant insensiblement de grosseur de devant en arrière, d’un brun marron en dessus, blanche en dessous, garnie de longs poils , avec deux espèces de cornes écailleuses, sur le dernier anneau. Elle jette des excréments en forme de longs filets (3)*
Les Mégatomes. ( Megatoma. Herbst, Lin. , Geoff., Fab. )
Ne diffèrent des dermestes que par la massue de leurs antennes, qui est beaucoup plus alongée dans les mâles que dans les femelles; le dernier article est en forme de triangle alougé ou lancéolé.
(1) ISitidula orhiculala , GyUenh.
(2) Le Dermestes undatus ( Megatome ) de Fabricius et les Lirnnichus font seuls exception.
(%) Ajoutez D. vulpinus , mûri nus , affinis , laniarius , lesselalns , trifasciatus de Gyllenhall (Tnsect. Suec., I , p. il\S et suiv.).
Le M. des pelleteries ( Dermestes pellio , Lin. ; Oliv. , ibid.j II; ii ) n’a que deux lignes et demie de long. Son corps est noir, avec trois points blancs sur le corselet, et un sur chaque étui ; ils sont formés par un duvet. La larve est fort alongée , d’un brun roussâtre, luisante, garnie de poils roux et dont ceux de l’extrémité postérieure forment une queue. Elle marche en glissant, et comme par secousses, ce que fait aussi i’insecte parfait, ainsi que les dermestes (i).
Dans les autres , tels que
Les Limnichus (Limnichus. Ziég. , Dej. ),
Les antennes grossissent insensiblement, et se terminent par un article plus grand et ovoïde; elles sont grenues et se logent sous les angles antérieurs du corselet. Les mâchoires se terminent par deux lobes, dont l’extérieur étroit, en forme de palpe. Les palpes labiaux sont très petits, et le derni-er article des maxillaires est plus grand que les précédents, et ovoïde (2).
Dans tous les sous-genres suivants, les antennes, ou du moins leur massue, se logent dans des cavités particulières et latérales du dessous du corselet. Le présternum est toujours dilaté ou avancé en devant, en manière de mentonnière.
Ici la massue des antennes est perfoliée et non solide.
Les Attagenes. ( Attagenus. Lat. — Megaloma. Ejusd.
— Dermestes. Fab. )
Où la massue des antennes est fort grande, presque en scie, et composée seulement de trois articles, dont le premier et le dernier , dans les mâles surtout, plus grands.
Le corps est ovoïde , court , peu convexe. Le dernier article des palpes maxillaires est plus grand et ovoïde (3).
(1) Ajoutez le Dermestes megatoma de Fab. , dont son Macellarius paraît être la femelle ; le D. emarginatus de Gyllenhall ; le D. undatus de Fab. Le pre'sternum, dans cette dernière espèce, s’avance sur ïa bouche.
(2) Byrrhus sericeus , Duft. ; B. pygmœus , Sturm.
(3) Dermestes serra, Fab. ; Attagenus serra, Lat., Hist. nat. des crust.
FAMILLE DES CLAVICORNES.
5ll
Les Trogodermes. (Trogoderma. Lati\,Dej. — Anthrenus. Fab. )
Où la massue des antennes est de quatre articles au moins. Le corps est ovoïde , obîong, et les palpes' sont filiformes (i).
La massue des antennes est maintenant solide ou formée d’articles très serrés. Le corps est ovoïde, court, tout couvert de petites écailles caduques. Le corselet est lobé postérieurement.
Les Ânthrènes. (Anthrenus. Geoff. , Fab. — Byrrhus. Lin. ) Dont les antennes, terminées en une massue en forme de cône renversé , se logent dans des cavités courtes , pratiquées sous les angles antérieurs du corselet.
Ces coléoptères sont très petits, vivent sur les fleurs en état parfait , et rongent, sous la forme de larves, les matières animales sèches et particulièrement les insectes des collections. Ces larves sont ovales et garnies de poils, dont plusieurs sont dentelés; ils y forment des aigrettes, et les derniers se prolongent en arrière, sous l’apparence d’une queue. Leur dernière dépouille sert de coque à la nymphe.
L ’A. à bandes ( Byrrlms verbasci , Lin. ; Oliv., coi. Il , 10, i, 2), gris en dessus, d’un jaune roussâtre en dessous, avec les angles postérieurs du corselet, deux bandes transverses sur les étuis et une tache près de leur extrémité gris (2).
Les Globicornes. ( G lobi cornis. Latr. )
Où les antennes terminées en une massue globuleuse, se logent dans, .des fossettes prolongées jusque près des angles postérieurs du corselet (3).
et des insect. , IX, p. a44; ejusd. , Megatoma serra , Gener» crus et insect. , I, vin, 105 Anthrenus viennensis , Herbst. , Col. VII, cxv , 10, k.
(1) Anthrenus elongatus , Fab. 5 A. rufîcornis , Latr., Gen. crost. et insect., II , p. 5»9 ; — A. versicolor, Creutz. , Ent. vers. , 1 , 11 , 21, a Dermestes subfasciatus , Gy 11. , Insect’. Suec. , I, pag. i55.
(2) Koyez Oliv. , ibid. , et Fabricius, Syst. eleut. , I , p. 106.
(3) Megatoma rufitarsis , Latr. , Gener. crnst. et insect. , II, p. 35 Dermestes rufitarsis , Panz. , Faun. insect. Germ., xxxv , 6.
La huitième tribu, celle des Byrrhiens (Bir~ rhii diffère de la précédente en ce que les pieds sont parfaitement contractiles, les jambes pouvant se replier sur les cuisses et les tarses sur les jambes ( j ), de sorte que l’animal semble , lorsque ces organes sont contractés et appliqués sur le dessous du corps, être absolument sans pattes et inanimé. Les jambes sont ordinairement larges et comprimées. Le corps est court et bombé.
Cette tribu se compte principalement du genre
Byrrhe (Byrrhus) de Linnæus.
Les Nosodendres. (Nosodendron. Latr. )
Qui s’éloignent des autres bvrrlies par leur menton entièrement découvert, très grand , en forme de bouclier. Leurs antennes se terminent brusquement en une massue courte, perfoliée, de trois articles.
On les trouve dans les plaies des arbres , de l’orme particulièrement (2).
Les Byrrhes propres. (Byrrhus. Lin. — Cistela . Geoff. )
Diffèrent des nosodendres par leur menton de grandeur ordinaire et enclavé , du moins partiellement, par le présternum , dont l’extrémité antérieure est dilatée.
Dans les uns les antennes grossissent insensiblement ou se terminent en une massue alongée , formée de cinq à six articles.
Le B. pilule (B. pilula , Lin. $ Oliv. , col. ïî, i3 , 1 , 1 ) , long de trois à quatre lignes, noir en dessous, d’un bronzé noirâtre ou couleur de suie, et soyeux en dessus ,
(1) Dans les Anthrènes , toutes les jambes se replient sur le côte' postérieur des cuisses; mais dans les autres, les deux antérieures se replient du côté de la tête , et les autres en arrière.
(2j Latr, ibid. , ÏI , p. /j.3 ; Oliv. , Encyclop. méthod., art. Nosodendre.
FAMILLE DES CLAVICOKNES. 5l3
avec de petite taches noires , entrecoupées par d’autres plus claires , disposées en lignes.
M. Waudouer a découvert la larve d’une variété de cette espèce. Elle est étroite, alongée, avec la tête grosse, la plaque du premier segment grande, et les deux derniers plus longs que les autres. Elle se tient sous la mousse.
Une autre espèce ( Striato-punçlatus , Bej. ), ayant des antennes conformées de la même manière, forme, à raison de ses tarses, dont le quatrième article est très petit et caché entre les lobes 'du précédent , une division particulière.
Un autre byrrhe, très petit et hérissé de poils , a des antennes terminées en une massue de trois articles. Bette espèce forme le genre Trinode ( Trinodes ) de MM. Mégerie et Dejean (i).|
D’après cette considération, on pourrait aussi détacher des byrrhes quelques - autres espèces analogues (2), dont la massue antennaire n’est composée que de deux articles, et dont le dernier beaucoup pîus.gros , presque globuleux.
Tous les byrrhes se tiennent généralement à terre, dans les lieux sablonneux (3).
On ne peut signaler les cîavieornes de notre seconde section , quoique très naturelle, que par la réunion de plusieurs caractères; quelques-uns de ces insectes s’éloignent de tous les autres cîavicornes à raison de leurs antennes, de neuf ou six articles ; ce sont ceux qui, à cet égard , semîolent le plusse rapprocher de la famille suivante. Les antennes des autres cîavieornes de la même section
(ï) Anthrenus hirtus , Fab. ; Panz. , Faun. insect. Germ. , XI, 16.
(2) Byrrhus erinaceus , Ziegl. ; — B. setiger , Ilig.
(3) Voyez , pour les autres espèces, Fabricius , Olivier , Sehœnlierr , Gyllenlxall , etc.
Le G. murmidius de M. Leach appartient, suivant lui , à cette tribu. Les antennes n’ont que dix articles , dont le dernier forme une massue ovoïdo-globuleuse. Voyez le 1 3e vol. des Trans. linn. , p. 4T •