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SI) LES PLANTES SACCHARIFÈRES

donia jaune et la Bambou rose sont bonnes pour les terres élevées non irriguées. La Caledonia jaune, en particulier, est excellente pour les districts secs; elle est très estimée, et il est très regrettable que sa dureté rende le travail d'écrasement assez difficile. La Bambou jaune lui est inférieure, ainsi qu'à la Bambou rose; c'est surtout comme repousses qu'elle a donné de bons résultats.

À la Réunion, les trois variétés les plus employées sont la Louzier, la Guinghan et la Port-Mackay ; la culture de la Pig Tanna, introduite de Maurice depuis 1893, prend aussi aujourd'hui de l'extension. D'après M. Bouffet, la composition centésimale des trois premières variétés est la suivante :

Louzier, Guinghan. Port-Mackay.

LEE RE PER RS NE CR 71,87 68,24 69,75 SACCRATOSG NT 16,28 18,94 17,74 Glucose hr TA ie 0,04 0,05 0,02 SES rer Ted DEN 0,08 0,09 0,06 Matières organiques, 0,62 0,78 0,67 LHSNEUX 2 er Le ET 11,90 11,76

Climat et Sol. — Nous avons déjà vu que la canne à sucre n’exige pas un climat absolument tropical, puisqu'on. la cultive encore dans l’extrême-sud de l'Espagne. Ce qu'elle ne supporte pas, quelle que soit la variété, c’est un trop grand abaissement de température. La végétation durant au moins un an, toute culture est impossible dans tout pays où il y a une saison hivernale un peu nette; déjà en Égypte, en certaines années, la teneur en sucré est sensiblement abaïissée par les froids de décembre ou de janvier.

Comme humidité, on admet souvent, lorsqu'on tient à donner desnombres précis —ce qui est un tort car les conditions. de végétation sont complexes —qu'il faut environ annuellement de 1M,40 à 1,80 d’eau, les pluies qui représententcette quantité devant être répartiessurle plus grand

nombre possible de jours. En réalité, s’il est exact que la canne a besoin d’eau pendant toute l’année et que donc. sans irrigation, elle ne peut réussir dans les régions où les pluies sont faibles ou dans celles où il y a une longue saison sèche, il est bien difficile pourtant de dire exactement quelle est, au-dessus d’un certain minimum, la hauteur des pluies qui est nécessaire lorsque la plante n'est pas irriguée, ainsi que celle qu’elle supporte sans dommage, car cela dépend, en somme, de la plus ou moins grande perméabilité du sol.

Aux Hawaï — où de nombreuses expériences ont si clairement démontré les gros avantages del'irrigation rationnelle — on n'irrigue pas dans la propriété de Kaeleku, oùla hauteur annuelle des pluies est de 4m,750, mais on irrigue dans la grande propriété d'Ewa (ile d'Oahu), où cette hauteur n’est guère que de 0,500, et sur celle de Puunène, où elle est de 0M,695.

Dans l'ile d’Oahu, d’après M. de Villèle, on calcule qu'il faut 93 454 hectolitres d’eau par jour pour arroser 100 hectares. Pendant les deux premières semaines on arrose tous les trois ou quatre jours, et ensuite tous les huit jours. Toutefois on a reconnu aussi que la meilleure hauteur d’eau à fournir chaque fois à la Lahaïna était de 0,075, tandis que pour la Bambou rose c'est 0,050. Toutesles variétés n'ont donc pas le même besoin d'eau, de même qu'elles n’ont pas le même besoin d'engrais : et il y a lieu, pour chaque variété qu’on irrigue, d'établir tout d'abord ses exigences. Lorsque la maturité commence, on nirrigue plus que tous les quinze jours.

Au pointde vue du terrain, les diverses variétés sont aussi plus ou moins exigeantes ; à toutes cependant il faut un sol riche.

Ce sol, dit M. Boname, doit varier un peu avec le climat, «Avec les pluies abondantes, le sol devra être léger et perméable ; si elles sont rares, une terre trop légère sé dessé-

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chera rapidement et la végétation y sera rabougrie ; la canne n'y périra point, mais, au lieu de donner des tige! volumineuses, riches en jus, elle produira de petites tige! sèches, dures et ligneuses.. Avec un climat relativemen sec, une terre forte donnera de bons produits si les pluie: y sont réparties uniformément. Avec des pluies de 5 à 6 mètres, une terre sablonneuse, s’égouttant facilement pourra donner d'abondantes récoltes, avec une consomma. tion d'engrais évidemment supérieure... Toutes choses égales d’ailleurs, un terrain léger sans excès, argilo-cal: caire, donnera des cannes d’une plus grande richesse sac; charine qu'une terre plus argileuse, pourvue de détritus végétaux, mais le rendement cultural sera généralement moins abondant ».

De ces données on peut rapprocher celles de M. Basset « Il convient, autant que possible, d'éviter les sols exclust vement calcaires ou sablonneux, dans lesquels l’un des élé ments, argile, calcaire ou silice, domine trop aux dépen: des autres. Les sols argilo-sablonneux, avec une faible proportion de calcaire, sont bons pour toutes les plantes saccharines ; les terrains argilo-calcaires viennent ensuite puis les terres sablo-calcaires. Si l’on a le choix du sol laterre franche, riche en humus, est la meilleure de toutes.

Aux Hawaï, des sols à grand rendement et d'autres rendement moyen contiennent respectivement :

Sols Sols à à grand rendement. rendement moyen.

RATIO, Dre 1,29 p. 100 0,26 p. 100 Acide phosphorique. 0,19 — 0,49 — Chaux 20 ST BUT 0,74 — 0,53 — Potasse. mins ... 0,15 — 0,42 — CRIOER ASS RER ER 0,12 — 0,02 —

A ces sols, d'après des analyses faites aux Hawaï & citées par M. Colson, des variétés comme la Bambou ro enlèvent annuellement, pour 4000 kilos de canne : 0 k. 8à

l'acide phosphorique ; 7k.137de potasse ;,2 k.175 de chaux ; > k.551 d'azote.

Azote, acide phosphorique et potasse sont donc les élénents qu'il faut sans cesse restituer au champ ; et les erres pauvres en calcaire ont aussi besoin de chaux,

Engrais. — Pour la culture de la canne comme pour oute autre culture il ne peut être donné de formule géné-

ale de fertilisation, puisque cette formule doit varier sui-

ant leterrain, suivant les conditions climatiques, et aussi juivant la canne. Toute fumure rationnelle sera donc basée ur une analyse préalable des terres qu'on veut mettre in culture ; et ce n’est qu'à titre de première indication, t simplement pour fournir un point de départ ou un point le comparaison, que nous indiquons les engrais employés it les résultats obtenus en quelques pays sucriers.

Aux Hawaï, dans le district de Kumakua, où les terres ont pauvres en potasse (0,264) et en chaux (0,187), on imploie comme engrais, d’après M. Colson, ceux qui ont | peu près, comme composition, 8 p. 100 d'azote, à l'état le sulfate d’ammoniaque, 8 p. 100 d'acide phosphorique boluble et assimilable, et 8 à 15 p. 100 de potasse prolenant du sulfate de potasse. Dans certaines plantaions, le rendement en sucre, qui était antérieurement, par ectare, de 2 300 à 4600 kilos, est ainsi devenu de 9 200 41 500 kilos.

| Dans l’île de Maui, dans une terre où il y a, comme éléhents utilisables, par hectare, 6 461 kilos de chaux, 1 638 ilos de potasse et 31 kilos d'acide phosphorique, on réand 8 p. 100 d'acide phosphorique soluble et assimilable, p.100 de potasse du sulfate de potasse et 8 p. 100 d’azote btenu avec un tiers de nitrate, un tiers de sulfate d’amnoniaque etun tiers de matière organique, | A la Réunion, malgré la diversité de composition des sols, | n’emploie guère que deux formules, connues sous les

Jumezze. — Cultures coloniales. III. — 2

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noms, l’une de « formule d’Aimé Girard » ou encore « du Crédit Foncier », et l’autre d’ «engrais saccharifère » ou « de Jules Gérard ». D'après la formule d’Aimé Girard on répand, par hectare, 430 kilos de nitrate de soude, 500 kilos de superphosphate de chaux, à 16 p. 100 de soluble et 40 kilos de chlorure de potassium. Pour les cannes vierges, il est bon que le sol recoive, en plus de ces 970 kilos, 30 000 kilos de fumier de ferme et aussi 1000 kilos de chaux. La chaux, en effet, plutôt rare dans les terres de la Réunion, est un élément important, nécessaire tout particulièrement, comme l’a bien démontré notamment aux Hawaï M. Eckart, pour la bonne utilisation des sels potassiques. Et déjà à propos du riz nous avons cité des observations faites au Tonkin par M. Bui Quang Chieu, qui a bien remaïqué aussi cette influence favorable de la chaux sur la puissance d'action des engrais.

Aux Hawaï, c'est au moment où a lieu le défoncement du sol qu'on pratique le chaulage par épandage, et il n'y a pas de doute, selon M. de Villèle, qu'il vaut mieux procéder ainsi que de déposer la chaux dans chaque fosse, comme on le fait parfois. L'incorporation de la base au sol est ainsi plus régulière et plus uniforme. |

Au sujet de l'engrais Aimé Girard, il est bon de remarquer que, d’après des expériences citées par M. Dolabaratz, il y a avantage à en augmenter la quantité par hectare. En employant 1 200 kilos au lieu de 970 sur des champs de premières et de secondes repousses, en localités sèches et en localités humides, on a notablement, dans les deux cas, mais surtout en localités sèches, augmenté les récoltes.

En Égypte, dans les sols du Champ d’Essais d’At Cheik Fadl, qui contiennent 0,88 à 1,33 de potasse, 5,31 à 5,84 de chaux, 0,23 à 0,38 d'acide phosphorique, 0,044 d'azote, 2,79 à 3,14 de magnésie, 0,89 à 0,95 de soude, M. Tiemäann à obtenu de bons résultats avec un engrais qui était composé, pour un hectare, de 182 kilos de salpètre,

142 kilos de sulfate de potasse et 729 kilos de phosphates Thomas. Pour des cannes de première année, la récolte a été de;

66 320 kilos avec cet engrais complet ;

62 400 kilos avec le salpètre seul ;

63 100 kilos avec le salpètre et les phosphates ;

59 530 kilos avec Le sulfate et les phosphates :

54 940 avec les phosphates seuls ;

53 260 avec le sulfate seul ;

60 000 kilos avec le salpètre et le sulfate de potasse ; :

48 760 kilos sans engrais.

Avec l’engrais complet la canne contenait 14,2 p. 100 de sucre, au lieu de 13,2 sans engrais ; et la teneur de jus était de 16,85, au lieu de 15,98.

Aux Hawaï, l'azote est fourni à l’état organique ou minéral, et on emploie les débris de cannes, les écumes de défécation, le guano, le sang desséché, le nitrate de soude et le sulfate d'ammoniaque. Dans les districts où les pluies sont abondantes, on préfère les matières organiques et le sulfate d'ammoniaque ; dans les districts secs ou ceux à terres profondes on utilise plutôt le nitrate. Dans les districts intermédiaires on mélange ce nitrate avec des coraux pulvérisés. En terres irriguées, on met parties égales de matières organiques, de sulfate d'ammoniaque et de nitrate de soude.

Une bonne pratique est celle qui consiste à enfouir entre les lignes de cannes les pailles sèches de la récolte précédente. M. Boname, à Maurice, a constaté les rendements suivants, pour des premières repousses :

74 200 kilos en enfouissant ces pailles ;

66 170 kilos en les laissant dans le champ sans les enfouir ; 57 250 kilos en les enlevant.

Le rendement est donc nettement diminué par l'enlèvement de ces pailles.

La potasse est généralement donnée à l'état de sulfate, qui fournit 50 à 52 p. 100 de cette potasse. En terres

arrosées suriout, le chlorure de potassium offre l’inconvénient que le chlorure de chaux produit est entrainé par les eaux, et on épuise ainsi la terre en chaux. D'après les essais de M. Harrison en Guyane Anglaise, le sulfate de potasse hâte la maturation de la canne.

L'acide phosphorique, qui est de si grande importance, est le plus souvent donné sous forme de superphosphates; les superphosphates d'os offrent aux yeux de quelques agronomes l'avantage d'apporter, en outre, un peu d'azote, pendant que d’autres estiment que le faible avantage n'est pas compensé par la cherté relative de ces phosphates.

On n'oubliera pas que tous les débris d'usine, tels que les écumes, les mélasses, les cendres de la bagasse qui a été employée comme combustible, viennent heureusement compléter les engrais précédents. D’après M. Prinsen Geerligs, la bagasse contient 4 p. 100 de cendres, qui renferment 1,82 à 2,4 d'acide phosphorique et 1,5 à 2,5 p. 100 de potasse.

Assolement etengrais verts.— l'assolement est peu pratiqué aux Hawaï, où les récoltes de cannes se succèdent sans interruption. Chaque plantation donne deux coupes et dure pendant quatre ans. Après la deuxième coupe, on brüle les pailles sur place, on arrache les souches, et on prépare le terrain pour une nouvelle plantation. Lorsque, par hasard, on alterne, la Légumineuse qu'on cultive pour l’enfouir en vert est soit le pois Hascate (Mucuna atropurpurea), soit le Zupin blanc.

A la Réunion, sur les plantations soignées, l’assolement est, au contraire, de règle; et, d’après M. Colson, 1l varie de six à dix ans suivant la qualité des terres, les conditions météorologiques et Les cultures secondaires adjointes. Dans les sols de basses altitudes et irrigués, on plantera, par exemple, la canne en juillet et août, on coupera une première fois en octobre de l’année suivante. puis une seconde

fois en décembre de la troisième année, une troisième fois en juillet de la cinquième, et on fera ensuite une culture de Légumineuse. L’assolement est donc de six ans. On l’augmente d’un an ou de deux si on le complète par une récolte de maïs ou de manioc, ou successivement par les deux. Les Légumineuses les plus employées sont le pois Mascate, ou Mucuna utilis,le pois amer,l'antaque. l'ambérique (Phaseolus helvolus Lin.) et l'indigo blanc, ou Tephrosia candida.

A la Louisiane, toute culture de canne est suivie aussi d'une culture d’une de ces Légumineuses ou de cow-pea, puis d’un semis de maïs.

À Cuba,M. Earle recommande le cow-pea,le velvet bean ou Mucuna utilis, le siword bean, ou Canavalia ensiformis. le gandul, où pidgeon pea, qui est le Cajanus indicus, aussi adopté à la Louisiane, mais abandonné à la Réunion.

Plantation.— La canne à sucre est toujours multiphiée par boutures, qui sont des fragments de tige aérienne correspondant à trois à cinq entre-nœuds.

Ces boutures ne doivent jamais être prises vers la base de la tige, qui est bien la partie la plus riche en sucre, mais celle aussi où les bourgeons trop vieux sont affaiblis. Quoi qu'on en ait dit parfois, et quoi qu'on en pense encore en certains pays, il paraît décidément bien certain que les meilleures boutures sont celles qui correspondent aux sommets mêmes des cannes. Ces derniers entre-nœuds sontsensiblement plus pauvres en sucre que ceux situés un peu pius bas, dans la région qu'on peut appeler «le corps dela canne », mais ils sont plus riches en substances minérales et en composés azotés, et leurs bourgeons encore jeunes donnent des pousses vigoureuses et de développement rapide. Les expériences de M. Boname à Maurice et de M. Tiemann en

gypte sont convaincantes à cet égard,

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M. Boname, opérant avec les deux variétés Lousier et Port-Mackay, a planté comparativement des boutures qui provenaient les unes du sommet et les autres du corps de la canne, La première coupe a donné : pour la Lousier, 126 500 kilos avec les boutures de tête et 79 200 kilos avec les boutures de corps; pour la Port-Mackay 142 000 kilos avec les boutures de tête et 100 500 kilos avec les boutures de corps. Et la teneur du jus en sucre a été : pour la Lousier, de 19,60 p. 100 avec les boutures de tête et 18,71 avec celles de corps; pour la Port-Mackay, de 17,85 avec les boutures de tête et 17,64 avec celles de corps. Avec les coupes de premières repousses les résultats comparés ont été dans le même sens. |

En Égypte, M. Tiemann a récolté par hectare :

Avec les boutures de sommités.... 72 900 kilos Avec les boutures de corps........ 65 500 — Avec les boutures de la base...... SOUDE

Les sommités de la tige, telles qu'on les coupe aux Hawaï et à la Réunion, semblent donc bien les meilleures boutures. M. de Villèle recommande de ne pas enlever les gaines foliaires qui recouvrent, en les protégeant, les yeux de ces boutures; ilrecommande aussi de mettre les fragments en terre le plus tôt possible, car des boutures de quinze jours, d'après ses essais, lèvent plus lentement que des boutures fraiches,

Ces boüutures sont généralement plantées directement dans le champ; à Java cependant on les met aussi parfois en pépinières, ou dederans, et on les divise ensuite en autant de tronçons qu'elles ont donné de pousses, puis ce sont ces pousses qu on repique dans le champ. C’est sur des boutures ainsi placées en pépinières et sur les pousses qui en provenatent que M. Wakker a pour la première fois consfaté le donkellansiekte, qui consiste dans la pourriture de la base des tiges et est dù à une Agaricinée, le Marasmius

sacchart.

Le terrain où est faite la plantation de cannes doit être profondément remué. Aux Hawaï on laboure une première fois ; et la profondeur de ce labour, dans les terres travaillées avec les charrues à vapeur, est de 50 à 60 centimètres.

Fig. 3. — Charrue Ransomes, à trois disques.

Un hersage suit cette premiere facon. Un mois plus tard on laboure une seconde fois, soit encore avec la charrue à vapeur, soit avec la charrue à disques.

Les charrues à disques, telles que la charrue Ransomes

Fig. 4. — Charrue Fowler, pour labours profonds, à la vapeur.

(fig. 3), donnent d'excellents résultats sur les sols un peu secs et durs ; lamaison Ransomes construit aussides «charrues bisocs coloniales » robustes.

Quant au labourage à la vapeur, il est de plus en plus

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courant aux Hawaï, où on emploie les puissantes machines John Fowler, de Leeds (fig. 4 à fig. 7).

On sait qu'il est, en principe, deux méthodes pour la culture à la vapeur : le labour par traction directe, dans lequel la machine se déplace dans le champ en trainant l'instrument qui y estattelé: et le labour avec câbles, dans

Fig. 5. — Labour avec deux machines (Système Fowler) aux Hawaï.

lequel (fig. 5) deux machines sont placées aux deux extrémités du champ et tirent alternativement à elles, au moyen d’un câble, la charrue ou tout autre instrument, qui seul se déplace. L'une des machines peut, d’ailleurs, être à la rigueur remplacée par une ancre avec poulie de renvoi. Le système employé aux Hawaï est celui du labour avec câbles, et avec deux machines.

Les charrues construites par la maison Fowler sont celles représentées fig. 4 pour labours profonds ou encore fig. 6 pour grands défoncements. On peut, du reste, ajouter sur les chassis, en plus des porte-socs, des sous-soleuses, des

coutres tournants, ou des coutres ordinaires et des rasettes. Après ce façonnage préalable, les boutures sont plantées en sillons ou en mortaises. On plante en sillons aux Hawaï

Fig. 6. — Charrue défonceuse Fowler en travail.

et aux Antilles Françaises; on plante en mortaises à la Réunion et à la Barbade.

Aux Hawaï, les sillons sont creusés avec des charrues à double versoir, telles que les billonneuses Fowler (fig. 7)

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mues à la vapeur comme les charrues. Les intervalles sont de 1%, 50. Les boutures sont déposées au fond de tous ces sillons les unes à la suite des autres, et on les recouvre de quelques centimètres de terre. Dans les plantations irriguées on amène l’eau une première fois immédiatement.

Lorsqu'on plante en mortaises, on creuse donc des trous au lieu de sillons. À la Réunion, d'après M. Colson, ces trous ont une profondeur de 33 centimètres, une longueur de 50 à 60 centimètres etune largeur de 12 à 22 centimètres. Ils sont en rangées espacées de 1,65; et, sur chaque rangée, ils sont à des intervalles de 1 mètre, de centre à centre. Au fond de chacun de ces trous on tasse tout d’abord fortement 5 à 7 kilos de fumier, puis on dépose les boutures, qu'on recouvre d'un peu de terre, et on ajoute un peu de paille. On met aussi 200 à 250 grammes de chaux éteinte. Quand le plant a 40 à 50 centimètres de hauteur, on ajoute dans le trou de l’engrais frais, à raison de 161 grammes par fosse; ce qui, à six mille trous par hectare, correspond bien aux 970 kilos indiqués plus haut.

Aux Hawaï, l'engrais est donné en trois fois, et des expériences faites à Maurice ont prouvé que le rendement est, en effet, plus élevé lorsque la fumure est ainsi fragmentée que lorsqu'elle est apportée en une seule fois. Le premier engrais, aux Hawaï, est déposé dans le sillon, autour et au-dessus des boutures ; ce travail est généralement fait à la main, mais peut l'être aussi avec des distributeurs à deux ou trois rangs, comme celui qu'a constuit M. Webster, administrateur de Pepekeo. Les deux autres applications d'engrais ont lieu au premier et au second sarclage. Quant aux repousses, ou les fertilise une première fois après la coupe de la canne et une seconde fois cinq ou six mois plus tard. En terres irriguées, le nitrate est appliqué en dehors de l’engrais composé; on l'amène à l'état de solution, en même temps que l’eau d'irrigation. La quantité employée est de 140 kilos par arpent, d'après

Qe

M. de Villèle (l'arpent mauritien dont il s'agit ici étant un peu supérieur à l’acre, puisque 80 arpents correspondent

à 53 acres)., Lorsque, d'autre part, les mélasses servent à

la fertilisation des champs, on les répand de même dans les canaux d'irrigation, où elles sont diluées.

À Maurice, ces mélasses sont incorporées au sol avant la plantation.

Les principaux soins d'entretien d’un champ de cannes,

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