CHAPITRE VIII
Les principaux caféiers actuellement considérés comme les plus intéressants pour la culture sont: |
Le Coffea arabica, ou caféier d'Arabie, originaire d'Abyssinie, et qui est le caféier par excellence, le plus anciennement connu et le plus largement cultivé;
Le Coffea liberica, ou caféier de Libéria, depuis longtemps cultivé à Libéria, mais probablement originaire de l’'Angola ;
Le Coffea stenophylla, ou caféier du Rio-Nunezs, indigène à Sierra-Leone et en Guinée Francaise;
Le Coffea canephora Pierre et ses variétés, originaire du Congo;
Le Cojfea robusta Lind., également du Congo;
Le Coffea congensis Froeh. et ses variétés, encore du Congo ;
En utilisant quelques-uns des caractères donnés par M. de Wildeman dans sa classification générale du genre Co/ffea, nous pouvons distinguer ainsi tous ces caféiers :
COROLLE A #4 OÙ 5 DIVISIONS Tube corollaire de 8 à # mm. de longueur. Coffea congensis. Tube corollaire de 6 à 9 mm. de longueur :
a. Feuille de 17 à 22 cm. sur 12 à 13. Coffea arabica. b. Feuille de 22 centimètres au moinssur 17. Coffea canephora.
CoROLLE A 6 ou 8 DIVISIONS Feuille de # à 13 cm. sur 0,0m,5 à 3cm,3:
7 à 9 paires de nervures latérales. Coffea stenophylla. Feuille de 16 à 35 cm. sur 6 à 15 em. ;
8 à 12 paires de nervures latérales. Coffea liberica.
On remarquera que nous ne citons pas dans ce tableau le Coffea robusta. La raison en est que cette espèce, SIgnalée en 1900 par la maison Linden, de Bruxelles, est encore assez mal connue botaniquement ; et il est d'autant plus nécessaire d’être très réservé sur les caractères qui doivent lui être attribués que, d'après M. de Wildeman, elle a été
gare
Cliché Fauchère. | Fig. 18. — Une plantation de caféiers dans la vallée de Mananjary, > à Madagascar (Plantation Vernet).
plusieurs fois confondue dans les cultures avec le Coffea Laurentii Wild. Cette confusion explique en même temps qu'il n’y ait pas toujours accord sur la valeur exacte du produit. Le Coffea robusta, comme le Coffea Laurentii, pourrait bien n'être d’ailleurs qu'une race à très grandes feuilles (parfois 40 centimètres sur 20) du Coffea canephora, qui lui-même, au surplus, tout comme le Coffea congensis, ade nombreuses affinités avec le Coffea arabica. Coffea arabica, Coffea canephora, Coffea congensis et Coffea robusta ne seraient done alors que des formes modi-
fiées et fixées d’un même type primitif. Plus nettement distincts sont le Coffea liberica et le Coffea stenophylla.
Coffea arabica Lin.
Le caféier d'Arabie, lorsqu'il n’est pas taillé, ne dépasse guère 6 à 8 mètres de hauteur, et a le plus souvent de 3 à 5 mètres. Le fruit, vulgairement appelé cerise, est une drupe ovoide, généralement rouge, plus rarement jaune (var. amarella, ou Botocatu du Brésil), ou blanche (var. leucocarpa, de Sierra-Leone). Sous la pulpe plus ou moins épaisse sont deux noyaux plans-conwexes et papyracés, ou parches, dans chacun desquels est une graine de même forme, avec un sillon longitudinal sur la face plane. Les noyaux extraits de la pulpe sont ce qu’on appelle le café en parche. La graine, à l'intérieur du noyau, se compose d'un mince tégument propre (tégument séminal) et de l’amande, celle-ci comprenant elle-même l'embryon et l'albumen. C’est l’amande, qui, débarrassée du tégument séminal, est le café préparé, livré au commerce et consommé après torréfaction.
Variétés. — Le caféier typique d'Arabie correspondrait au Moka d’Abyssinie et d'Arabie; mais de nombreuses variétés en sont dérivées, dont quelques-unes sontdevenues de première importance au point de vue cultural.
Au Brésil, où les principaux États caféiers sont ceux de Sao-Paulo, de Minas-Geraes, de Rio-de-Janeiro et d’Espiritu Santo, on cultive : le Creoulo qui provient des premiers plants introduits dans cette partie de l'Amérique du Sud, et qui est la variété la plus commune dans les plantations ; le Bourbon ; le Java; le Botucatu, trouvé en 1871 à Botucatu, dans l'État de Sao-Paulo;et le Maragogipe, à grandes feuilles et à gros fruits, d'un fort rendement, bon
pour les terres hautes, et qui fut découvert par José Fernandez dans l'État de Bahia.
A la Réunion, on distingue le Bourbon pointu, ou café Leroy, à graine allongée, pointue à une extrémité, et le Bourbon rond, ou café du pays, à graine ovoide, arrondie aux extrémités.
Climat et Sol. — Le Coffea arabica est une plante de la zone tropicale qui cependant ne recherche pas les plus hautes températures de végétation. Au Brésil, les principaux États caféiers précédemment citéssont compris à peu près entre 15° et 23° Lat. S., et ce n’est pas aux plus basses altitudes que sont les meilleurs cafezals. Dans l'État de Sao-Paulo, ces cafezals sont surtout situés entre 500 et 800 mètres. Plus au Sud, dans le même hémisphère, il y a des plantations de caféiers dans le Nord-Est de la Nouvelle-Galles du Sud, vers 29° Lat. S. Dans l'hémisphère Nord, le caféier, en Arabie, dans l'Yémen et dans le Hedjaz, est cultivé sur les flancs des collines, et non en plaine. Lorsqu'on se rapproche de la zone équatoriale, l'altitude naturellement s’élève encore. À Ceylan, les plantations que l’Hemileia vastatrix a fait abandonner étaient entre 1000 et 1700 mètres. À Java, bien qu'il y ait des plantations depuis la côte, les plus prospères sont entre 700 et 1300 mètres, et il en est jusqu'à 1700 mètres. Au Costa- Rica, les cafetales sont principalement dans la partie centrale, entre 800 et 1400 mètres.
Au Tonkin, dans la région de Hagiang, qui est à peu près, de ce côté, la limite Nord de la culture de l'espèce, M. Gardies nous dit que dans les vallées où sont ses plantations, entre 100 et 300 mètres, la température descend rarement au-dessous de 6 et ne s'élève guère au-dessus de 2360: et l'arbre végète vigoureusement. Le climat convenableserait, en définitive, celui dont la température, oscillant à peu près entre ces extrèmes, et mieux encore entre 100 et
30°, correspondrait àune moyenne annuelle de 200 à 230, À la grande rigueur d’ailleurs, le caféier peut supporter de loin en loin quelques gelées ; c’est le cas dansla Nouvelle- Galles du Sud, où nous avons ditque cependant on le cullive encore. Ilest vraique la productivité peuts'enressentir.
En même temps que de la températuré, il faut tenir compte de l'humidité. Au Brésil, dans la zone caféière du Sud, il y a une saison sèche relative d'avril à août, et une saison pluvieuse de septembre à mars; et c’est bien là ce qui convient au caféier : une saison pluvieuse et une Saison sèche, mais celle-ci entrecoupée de quelques pluies. Si la saison sèche l’est trop, il faut y remédier par l'irrigation. Quant à la hauteur annuelle des pluies, il est impossible de la préciser, car tout dépend, d'autre part, de la perméabilité du terrain. M. Hull dit que, dans le Coorg, dans l'Inde, où le caféier prospère, il tombe jusqu'à 3,75 d'eau; mais le caféier réussit aussi au Brésil dans des localités où il n'en tombe que 1,50 à 1m,80, et même moins. Dans la région de Campinas, dans l'État de Sao- Paulo, à 660 mètres d'altitude, où les températures extrêmes sont 36°,7 et 0°,2, mais celle-ci très rare, la moyenne annuelle des pluies en quinze années à été de 1m,44.
Le caféier étant à racine pivotante, la couche de terre végétale doit être profonde; et, comme il ne faut pas que l'eau stagne, le sous-sol doit être perméable. Les meilleurs terrains sont ceux qui sont argilo-sableux, avec une certaine proportion d'humus; les terrains très calcaires ne conviennent pas. Très favorables en général sont les terrains primitifs ou éruptifs. Au Brésil, la meilleure terre est la {erra roxa, d'un rouge foncé, très potassique et ferrugineuse, et résultant de la décomposition d’une diorite riche en feldspath et en amphibole.
Culture. — Le caféier doit être abrité contre les vents ; on évitera donc toujours d'établir une caféerie dans les
endroits exposés à ces vents, surtout lorsqu'ils soufflent dans une direction constante.
Une question, d'autre part, toujours discutée, c'est celle de savoir s'il faut, ou non, ombrager les caféiers. Au Brésil, on n'ombrage généralement pas, non plus qu'en certaines parties de la Jamaïque. À Java, l'ombrage est, au contraire, considéré comme absolument indispensable : et au Tonkin les colons qui avaient tout d’abord établr leurs plantations sans abris en ont planté ensuite. Dans toutes les discussions qui se sont élevées à plusieurs reprises à ce sujet, le tort a toujours été de vouloir d'après des cas particuliers établir des règles générales, et d'oublier qu'à des climats différents conviennent des méthodes différentes. L’ombrage peut être utile dans une région et, au contraire, nuisible dans une autre. On comprend qu'il puisse être contre-indiqué dans les contrées où les pluies sont abondantes et fréquentes et où 1l y a, en outre, de forts brouillards, tandis qu'il sera nécessaire si le soleil est très vif et le climat relativement sec. Dans ce dernier cas, du reste, il y a encore lieu de voir s'il faut assurer l’ombrage de tête ou s’il suffit, comme diverses expériences semblent l'avoir démontré pour certaines localités, d’abriter le sol, en le recouvrant avec du paillis, ou de la sciure de bois, ou des feuilles. On a proposé encore, pour le maintenir frais, de le bien pulvériser au commencement de la saison sèche, ou de cultiver des Légumineuses, qui, en même temps, enrichiront le champ. La pulvérisation de la terre a sur les couvertures l'avantage de ne pas être une cause d'incendie. Nous ne pouvons que rappeler ici toutes les opinions émises et toutes les méthodes proposées ; nous répétons que, pour chaque localité, ce ne peut être que l’expérimentation directe qui indiquera s'’ilfaut ombrager, quelle dose d'ombre ilfaut donner, et s’il faut la donner au sol ou à l'arbre même. Il faudra voir aussi si l’éclairement un peu vif, en augmentant la
production, ne diminue pas trop, par contre, la durée de vie du caféier, et quel est l'inconvénient ou l'avantage qui en définitive en résulte. La question est très complexe.
Les arbres d'ombrage souvent employés sont les érythrines ; à Java cependant des parasites qui se sont attaqués à ces dadaps y font renoncer, et l'espèce aujourd'hui préférée est le Zamtoro, ou Leucaena glauca. À Hagiang, M. Gardies ombrage avec le Melia Asedarach. La distance à conserver entre ces arbres dépend de l'espèce employée etde l'ombre qu’elle donne. On les espace souvent de 10 à 15 mètres, soit en les disposant en lignes, soit en les mettant cà et là à la place d’un caféier. Ce travail est fait avant la transplantation.
On sème, en effet, rarement les caféiers directement, mais plus souvent en pots ou en pépinières. Parfois aussi on plante des sauvageons, provenant de germinations spontanées dans les plantations ou en forêt; mais la méthode n'est pas à recommander, car ces jeunes pieds sont d’âges différents et mal connus, puis bien souvent, en les arrachant, on à endommagé les racines.
Les graines pour semis doivent provenir de cerises bien mûres, prises sur des arbres vigoureux et fraichement dépulpées ; on peut semer aussi les cerises elles-mêmes. Les planches, composées de terre fertile et bien fumée, doivent être abritées et arrosées. On sème à 10 centimètres environ de distance.
La transplantation a lieu au commencement de la saison des pluies (de novembre à février au Brésil) ; les plants doivent alors avoir de sept mois à un an, et ils commencent à se ramifier. En supprimant peu à peu la toiture, on les a habitués au soleil. On choisit, pour le moment de la transplantation, un temps couvert.
Les trous dans lesquels on va déposer les plants doivent avoir au moins 40 à 50 centimètres de profondeur et autant de largeur ; on les remplit avec de la terre mélangée de
fumier, en laissant au centre le petit poquet où sera placé le jeune caféier.
Les espacements varient suivant la vigueur qu'auront les arbres, dans les conditions de climat et de sol où ils pousseront. Au Brésil, ils sont de 3",50 dans l'État de Rio. À Java, c'est 2 à 3 mètres, à Madagascar, M. Rigaud, dans le Centre, recommande 2 mètres. Au Tonkin, M. Gardies a adopté 2",50.
La plantation une fois établie, les soins d'entretien sont le sarclage, le binage, la taille et la fumure.
La taille est une opération plus ou moins nécessaire et plus ou moins importante suivant la région. Lorsque la végétation de l'arbre est modérée, soit à cause de la sécheresse, soit, au contraire, par suite d’une trop grande humidité ou d’une température trop élevée, il n'y a guère qu à élaguer les branches mortes ou improductives. C'est lorsque la végétation devient plus vigoureuse que la véritable taille est indispensable, pour que l'arbre soit moins touffu et ne s’épuise pas trop rapidement etinutilement. On supprime alors, outre les gourmands qui poussent verticalement, un certain nombre de branches secondaires, ou même quelques branches primaires, aux points où ces branches sont trop touffues et surtout entourent trop étroitement la tige principale. On pince aussi les branches qu tendent à prendre trop de développement.
Indépendamment de cette taille proprement dite, une autre opération parfois pratiquée, notamment aux Antilles. et aussi, croyons-nous, au Tonkin, est l'écimage, qui consiste à couper l'extrémité de la tige principale. On évite ainsi que l'arbre ne s'élève trop, et on facilite la cueillette. Cet écimage est renouvelé tous les ans sur toutes les branches qui tendent à s'élever verticalement. A la Guadeloupe, on écime à 1,25; et c’est ce qu’on appelle les caféiers arrétés, par opposition aux caféiers gaulettes, qui n'ont pas subi l’écimage. Au Tonkin, l’écimage est
pratiqué la quatrième année ; et il l'était d'abord à 12, 50, mais cette hauteur a été reconnue trop faible et portée ensuite à 42,70 et 1m,80.
On pratique ordinairement la taille et l’'écimage après la récolte.
Enfin, en tous pays, il est un écimage différent ; c’est celui qu'on opère sur des arbres âgés et en voie d'épuisement, pour les rajeunir. On coupe ces arbres à 20 ou 25 centimètres au-dessus du sol : on conserve ensuite 2 ou 3 des rejets qui apparaissent et qu'on écime à leur tour, pour en provoquer la ramification.
Sur la famure du caféier M. Dafert a jadis publié pour le Brésil d'intéressants renseignements ; et depuis lors des essais analogues ont été faits en beaucoup d’autres pays caféiers. Au Guatémala, dans un sol pourvu d’un bon fond d'humus et d'azote, M. Helmrich recommande l’'épandage d'un mélange d'engrais minéraux dosant 26 p. 100 d’acide phosphorique, 24 de potasse et 5 d'azote. Mais cette fumure exclusivement minérale ne suffit pas, et M. Helmrich conseille l'emploi parallèle de fumier de vache, à raison de 15 à 20 kilos par arbre. On peut utiliser aussi les pulpes fraiches. Au Brésil, M. Dafert préconise un mélange de superphosphate (11 à 20 p. 100 environ), de chlorure de potassium (35 p. 100) et de nitrate de soude ou de sulfate d'ammoniaque (50 p. 100). On mettra, par an et par arbre, 290 grammes de cemélange jusqu'à quatre ans, 800 grammes jusqu'à huit ans, 500 grammes jusqu'à vingt ans, puis, dans la suite, 200 grammes. Le nitrate de soude est employé jusqu'à huit ans; on le remplace ensuite par le sulfate d’ammoniaque. Pour les arbres de plus de vingt ans, on force la dose de chlorure et on diminue celle de sulfate. On ajoutera de la chaux si le sol en est pauvre. Au Tonkin, dans la caféerie de Yen-Lay, la fumurede plantation, d'après M. Touchais, comprend 1 kilo de chaux, renouvelé ensuite tous les 3 ans, 20 kilos de fumier, renouvelés par arbre
tous les 4 ans, et 400 kilos de scories par hectare, soit. 40 grammes par pied. En outre les jeunes plants d'un an de transplantation recoivent 75 grammes de sulfate de potasse, 60 grammes de sulfate d’ammoniaque et de nitrate de soude par parties égales, et 50 grammes de phosphate, doses qui sont augmentéesles années suivantes. Ces engrais sont appliquées en septembre et octobre. Nous reproduisons. toutes ces formules sous les mêmes réserves que celles. que nous avons faites pour la canne.
Récolte et Rendement. — Le caféier fleurit pour la première fois vers 3 ans ; la période de plein rendement commence vers6 ans etatteintson maximum entre 14 et 18 ans. Passé cet âge, le rendement diminue progressivement. Au Brésil, on estime que les arbres sont complètement épuisés entre 30 et 40 ans. Le temps pendant lequelon conserve la plantation après la vingtième année dépend de la plus ow moins granderapidité dansl’affaiblissement de la production.
La floraison coïncide en général avec la fin de la saison sèche. Au Brésil, où cette saison dure d'avril à août, les fleurs apparaissent successivement, et en trois périodes principales, d'août à décembre. Les fruits commencent # être mürs en avril suivant: la récolte coïncide donc avecla nouvelle saison sèche. Il en est à peu près de même à la Guadeloupe, où la saison pluvieuse se termine vers décembre et où on récolte en décembre et janvier. Em Nouvelle-Calédonie, où les trois mois les plus pluvieux sont mars, avril et mai, on récolte de mai à juillet. A Madagascar, dans l’Imerina, où il pleut de novembre # avril, les cerises sont müres de juillet à septembre.
Le rendement est très variable, puisqu'il faut faire entrer en ligne de compte, non seulement l’âge de l'arbre, mais les diverses conditions de milieu qui influent sursa vigueur. Au Brésil, dans l'État de Sao-Paulo, on admet une production moyenne de 800 grammes par pied, tandis que, dans.
JuxeLze. — Cultures coloniales, III. — 4
l'État de Rio, d'après M. Van Delden Laerne, elle ne serait que de 350 grammes. A Java, elle varierait, suivant les locahtés, de 200 à 600 grammes. À Madagascar, dans l'Imerina, d'après M. Rigaud, le maximum serait de 500 grammes. ‘On ne peut que citer ces chiffres, sans chercher à en tirer une moyenne générale. Ils se rapportent d'ailleurs à des arbres de plantations ; le caféier cultivé comme arbre de Jardin peut donner naturellement de plus forts rendements. D'autre part, il ne faut pas oublier que, comme tant d’autres arbres, le caféier ne fructifie pas également tous les ans: il Y à Surtout une bonne année sur deux ou trois.
Les parasites du caféier. — Comme pour la canne, mous ne citerons que quelques-uns de ces parasites.
Parmi les Insectes, l’un des plus redoutables estun borer, quiest le Xylotrechus quadrupes : les larves de ce Coléoptère creusent leurs galeries dans les tiges de haut en bas. M. Gardies nous signale au Tonkin un ver rouge, qui donne plus tard naissance à un papillonet qui, au contraire. ‘chemine dans les branches et le tronc de bas en haut : Au Tonkin et à Java Les caféiers ont encore à souffrir des atta- ‘ques d’un autre borer, qui est de nouveau un Coléoptère, le Ayleborus coffeae : c'estla femelle de ce bostriche (boeboe/: à Java) qui creuse les tiges jusqu'à la moelle pour y déposer ses œufs, La rouille des feuilles est causée par la larve d'un papillon, le Cemiostoma coffeella. Enfin les maladies appelées bugs parles planteurs anglais sont dues généralement à des Coccidées, les Lecanium, qui attaquentles tiges, les bourgeons ou les fleurs, quelquefois même les racines.
La maladie dite vermiculaire est une maladie des racines, dans lesquelles sont des nématodes, et notamment le Weloidogyne exigqua.
Parmi les Champignons, il faut évidemment citer en première ligne le trop connu Hemileia vastatrix, de la famille des Urédinées, encore ignoré heureusement en
Amérique etrare sur la côte occidentale d'Afrique, mais qui a fait abandonner les plantations de Ceylan et qui a causé tant de ravages à Java, à la Réunion, à Madagascar, etc. et, plus récemment, en Nouvelle-Calédonie. Dans l'Inde, au Vénézuela et en Nouvelle-Calédonie, le leaf rot, ou koleroga, qui se manifeste aussi bien sur les fruits et sur les fleurs que sur les feuilles, est dû à un Hyphomycète, le Pellicularia Koleroga. Au Vénézuela, la mancha de hierro serait provoquée par le Stilbum flavidum. En Malaisie, un autre Champignon qui préoccupe les planteurs de caféier comme ceux d’Aevea est le Corticium Javanicum, qui est un des djamer oepas des indigènes et est un Hyménomycète.
Citons encore à Java la maladie des feuilles déterminée par une Algue, le Cephaleuros Coffeae, alors que sur les caféiers de la Réunion et du Congo ce serait plutôt le Cephaleuros virescens.
Tous ces parasites sont ordinairement combattus par les solutions ou bouillies cupriques ou par des émulsions telles qu'une émulsion de pétrole (66 p. 100) avec une solution de savon (33 p. 100).
On diminue le nombre des papillons par la chasse ou par des pièges lumineux.
Mais, dans tous les cas, la première grande précaution à prendre est d'enlever sur les arbres les parties atteintes, et de les brûler, ainsi que les branches et les feuilles qui sont mortes ou tombées.
Préparation du café. — Lorsqueles cerises de caféier ont été cueillies — et un ouvrier, au Brésil, peut en récolter par jour 400 ou 500 litres, correspondant à 50 à 62 kilos de café préparé — les graines doivent être extraites de ces fruits et desséchées.
Il est deux grandes méthodes de préparation : la «méthode par voie humide », etla « méthode par voie sèche », Dans la
méthode par voie humide, qui est actuellement la plus employée, les cerises sont traitées fraiches dès qu'elles viennent d'être récoltées. Dans la méthode par voie sèche, on les laisse se dessécher, et c’est lorsqu'elles sont bien sèches que, par concassage, on en retire les graines.
La MÉTHODE PAR VOIE HUMIDE comprend comme opérations successives: le dépulpage, la fermentation, le lavage, l’égouttage, la dessiccation, la décortication,et le polissage.
Fig. 14. — Dépulpeur à cylindre, avec tamis rotaüf (Gordon).
Le dépulpage consiste à désagréger la pulpe et à en dégager ainsi les noyaux, c'est-à-dire le café en parche. Il est deux sortes de dépulpeurs : le dépulpeur à eylindre et le dépulpeur à disque.
Dans le dépulpeur à cylindre (fig. 14) la surface râpante est une plaque de cuivre poinconnée, qui recouvre la surface d’un cylindre horizontal tournant autour de son axe. Les cerises, tombant d'une trémie, passent entre ce cylindre râpeur et deux barres horizontales légèrement espacées. L'intervalle entre le cylindre et la barre supérieure est tel que les cerises ne peuvent passer sans que la pulpe en soit déchiquetée par les pointes des poinçon-
nages, ce déchiquetage étant encore facilité par le passage d’un courant d'eau. Entre le même cylindre et la barre inférieure, l'intervalle est moindre que l'épaisseur d'un noyau de café. Cet intervalle ne laisse donc passer que
== — SN mer LM TT
Fig. 15. — Dépulpeur à trois disques (Gordon)
les débris de pulpe, et c'est entre les deux barreaux que sortent, d'autre part, les noyaux. Ceux-ci peuvent être reçus sur un tamis plat ou cylindrique dont les mailles ne laissent traverser que ceux qui sont complètement dépulpés : ‘les autres sont ramenés, par un ouvrier ou par un élévateur, au cylindre dépulpeur.
. Dans le dépulpeur à disque, la surface travaillante n'est plus la surface d’un cylindre, mais l’une des deux faces
d'un, disque. Un dépulpeur porte un ou plusieurs de ces disques (fig. 15).
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Fig. 16: — Laveur vertical Gordon.
Mais, si parfait qu'ait été le dépulpage, des débris restent toujours adhérents à la parche; et il faut s’en débarrasser, car la parche ne pourra être ensuite facilement brisée que si elle est bien propre et bien sèche. Un simple lavage ne suffirait pas, d'autre part, à vaincre l'adhérence des débris,
et 1l est nécessaire qu'ils soient décomposés. C’est le but de la fermentation, dont le rôle est ainsi simplement mécanique.
Cette fermentation est opérée dans des euves ou dans des citernes cimentées, où on entasse les noyaux pendant deux ou trois jours.
Pour les laver, on peut maintenant les plonger dans de