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CAFÉIER DE LIBÉRIA F

sions que le caféier d'Arabie, doit être plus espacé. À Libéria, les intervalles seraient de 5 ou 6 mètres. Au Tonkin, M. Gardies plante alternativement à 2 mètres de distance des caféiers de Libéria et des aréquiers: les caféiers sont donc espacés de 4 mètres. Par suite aussi de la taille qu'atteint l'arbre, l'écimage est utile: on étète à 2 mètres environ, et on supprime dans la suite tous les gourmands que cet écimage a fait apparaître.

Dans les contrées chaudes et humides où elle se plait, l'espèce a souvent pendant presque toute l'année des fleurs et des fruits; la récolte peut donc se prolonger très longtemps. À Libéria, on cueillerait surtout en saison sèche, de décembre à février, mais on récolterait aussi en saison des pluies, de mai à octobre.

Il est bien connu que ce sont surtout les ravages causés par l’ÆJemileia dans les plantations de caféier d'Arabie qui ont fait en diverses contrées adopter le Coffea liberica ; et à Java, en particulier, où ce Coffea fut introduit vers 1890, sa culture pendant une quinzaine d'années donna des résultats satisfaisants, puisque les récoltes étaient abondantes et que le café «de Java » était de plus en plus du café de Libéria, qui se vendait à peu près au même prix que le café d'Arabie de qualité moyenne (Malang bon ordinaire). Mais depuis environ 1906 l'Xemileia s'est accoutumé au caféier de Libéria et y a même acquis une vigueur telle qu'il y cause peut-être plus de dégâts encore que sur le caféier d'Arabie. L'espèce perd donc peu à peu, en certaines contrées du moins, l'avantage qu’elle présentait sur le Coffea arabica, et c'est ce qui contribue déjà à faire l'intérêt du Cojfea robusta dont nous allons parler plus loin. Un hybride entre l'arabica et le liberica, connu à Java sous le nom d'hybride de Kalimas, offre bien une certaine résistance et donne un café de valeur moyenne ; mais il est très inconstant par semis, et sa multiplication par greffage (par placage ou en fente) est assez difficile. On continue néanmoins à le

cultiver dans la colonie hollandaise, concurremment avec le Cofjea robusta.

Coffea stenophylla Don.

Ce caféier, dit du Rio-Nunez, est un petit arbre de 4 à G mètres de hauteur, à fruits globuleux. Il croit à l'état sauvage au Sierra-Leone et en Guinée Française, jusqu à une assez haute altitude. M. Chevalier, qui, en Guinée Française, J'a vu spontané dans les galeries forestières, entre 400 et 700 mètres, à 100 à 300 kilomètres de la côte, en des localités où la chute d’eau est de 1",50 à 3 mètres par an, admet que c'est une espèce recommandable pour les régions montagneuses que l’on peut irriguer. Dans le Kissi, M. Rossignol l’a introduit avec succès vers 500 mètres d'altitude : il tombe là de 2 à 3 mètres d’eau par an et il y a des pluies pendant presque toute l'année, quoique les mois les plus pluvieux soient d'avril à novembre; la température journalière moyenne est comprise entre 250 el 26°. L'espèce, en cetterégion, arrive à maturité en décembre et janvier, alors que le Coffea liberica, qui y a été aussi introduit, donne sa récolte de janvier à mai et le Coffea arabica de septembre à novembre.

Le café du Rio-Nunez a un arome assez fin, mais avec, dit-on, un petit goût de vieux qui peut plaire à certaines personnes, mais aussi déplaire à d'autres.

A Java, les essais ne semblent pas avoir été très encourageants, au point de vue de la culture comme au point de vue de la production.

Coffea canephora Pierre.

L'espèce Coffea canephora correspond à tout un groupe de variétés qu'il n’est pas toujours facile de distinguer

entre elles. L'une des plus intéressantes serait le Coffea canephora var. kouilouensis, qui est le caféier du Kouilou. Les fruits de ces Coffea canephora sont petits ; ils

LE Mi

ont de 5 à 8 millimètres de longueur sur 4 à 7 millimètres

Fig. 25. — Caféier du Congo, à Madagascar. Pied de quatre ans.

de largeur. Les graines sont donc également petites, mais elles sont d’un arome agréable.

Ces caféiers sont en général très productifs.

Le caféier du Kouïlou offre, en outre, l'avantage de pousser assez vite, et il donne dès Ia troisième année une récolte assez forte. La préparation de son grain est facile. Ce grain a malheureusement un goût de vert; et sa finesse n’est

pas très grande. D'autre part, on n’est pas sûr que l'arbre vive très longtemps; puis il est assez délicat au point de vue du terrain et ne pousse bien que dans des sols très fertiles ;enfin 1l résiste mal à l’Æemileia. |

Au Congo Belge, on admet que, tandis que les Coffea Dewevrei et Arnoldiana sont à préférer pour les contrées où la saison sèche ne dépasse pas une durée de deux mois, le caféier du Kouilou peut être cultivé là où la sécheresse se prolonge davantage. Dans les terres plus humides, qui ne conviennent plus pour ces diverses espèces, c'est le Coffea congensis var. Chaloti qui résisterait le mieux.

A Java, c'est aux intervalles de 2,30 qu'on aurait obtenu les meilleurs résultats avec le kouilouensis. Dans la colonie hollandaise, la variété sert parfois de porte-greffe au Maragogipe.

Coffea congensis Pierre.

Cette espèce (fig.25) correspond encore à plusieurs variétés, dont la plus connue actuellement est le Coffea congensis var. Chaloti. Gette variété est à corolle pentamère; ses fruits ont 11 à 13 millimètres de longueur sur 7 à 10 millimètres de largeur; les graines ont 7 millimètres à peu près sur 60,5, Les feuilles sont grandes, d'un vert clair, à limbe elliptique et gaufré. Le caféier a jusqu'alors été très résistant à l'Æemileia.

Ses graines constituent le café connu dans le commerce sous les noms de Cagengo et d'Enconge; malgré un goût un peu particulier, qualifié parfois « goût de marais », elles ont été cotées comme correspondant au moins à des Æio ou des Santos de bonne qualité courante. Le goût spécial s'affaiblirait d'ailleurs par le vieillissement.

Les cerises sont à peau fine et à pulpe molle et peu abondante ; la préparation de la sorte est, par conséquent, facile.

À Madagascar, on a reconnu qu'un ombrage léger était utile à ce caféier et on a recommandé l’£riodendron

anfractuosum. Un pied adulte rapporterait 4 kilogramme de graines par an.

Coffea robusta Lind.

En dépit de quelques appréciations assez peu favorables, dues peut-être, ainsi que nous l'avons déjà expliqué, à ce qu'il y a eu confusion entre ce caféier et d’autres, tels que le Coffea Laurentii, il semble bien actuellement que le Coffea robusta soit, au point de vue cultural, une espèce d'avenir. Ce nouveau caféier prend, en tout cas, une importance de plus en plus grande à Java et à Sumatra, et on s'en préoccupe également dans la péninsule malaise et à Ceylan. On l'a introduit aussi à Madagascar, au Tonkin, etc. :

C'estun arbre (fig. 26) vigoureux et de croissance rapide ; à Java, ilcommence à fleurir au bout d'un an, donne quelques fruits vers la fin de la seconde année et fournit dans la troisième une récolte sérieuse, qui augmente de la quatrième à la sixième, pour rester dès lors à peu près constante. Des pieds plantés à 3M,30 d'intervalle ont donné : quelques fruits dans la deuxième année; 620 grammes de graines la troisième ; 1 240 grammes la quatrième ; 1 860 la cinquième ; et 2480 grammes les années suivantes. Dans d'autres plantations, où il y à 900 caféiers par hectare, la production à l'hectare à été, la sixième année, de 2150 kilos, soit 2x8°,390 grammes par pied, c'est-à-dire un rendement bien supérieur même à celui du caféier de Libéria. On a calculé encore, dans la colonie hollandaise, que, tandis qu'il faut 10 piculs de fruits de Coffea liberica pour obtenir 4 picul de café marchand, et 5 à 6 piculs de fruits de Coffea arabica, il ne faut que 4 piculs de fruits de Coffea robusta, car la pulpe de ces fruits est très mince. Il paraît, d'ailleurs, que les dépulpeurs ordinaires des cafés d'Arabie se prêtent mal à la manipulation des graines de la nou-

velle espèce, et l'on s'est préoccupé de construire des appareils spéciaux.

La température, pour le Coffea robusta, doit être sensiblement uniforme, avec des pluies fréquentes. On admet à Java que l'arbre ne peut supporter une sécheresse un peu prolongée que s’il est ombragé. Un trop grand abaissement de température nocturne est très défavorable.

Les racines étant très développées, la terre doit être très meuble, perméable, argilo-sablonneuse ; elle doit être aussi riche en humus. j

A l'égard des parasites, la résistance de l'arbre n'est peut-être pas aussi grande qu'on le dit parfois. Il est bien vrai que le Coffea robusta semble très peu souffrir, pour l'instant, des attaques de l'Jemileia, ainsi que du Corticium javanicum, des Lecanium et des nématodes des racines, mais le Xyleborus coffeae ÿ cause plus de dégâts | que sur les caféiers d'Arabie et de Libéria. Il faut donc combattre énergiquement ce borer que nous avons déjà cité précédemment. Dès que sa présence est constatée, on récolte et on brûle toutes les petites branches malades. Parmi les ennemis naturels du bostriche, on a cité, d'autre part, un petit Hyménoptère Chalcidien qui détruit les larves.

A Java, on a commencé à planter le C. robusta avec les Hevea : on conserve alors une distance de 9» 30 entre les caféiers et lés rangs de caoutchoutiers, et 1M,60 entre les caféiers eux-mêmes.

Lorsque le Coffea robusta à environ 2 mètres de hauteur, on l'’écime; on le débarrasse ensuite des gourmands qui apparaissent. On à remarqué que les branches secondaires sont aussi fertiles que les rameaux primaires.

La culture étant récente, on n'est pas encore bien fixé sur la durée des plantations; tout ce qu’on peut dire actuellement, c'est que des arbres d'une dizaine d'années sont encore en pleine vigueur.

La récolte a lieu pendant presque toute l’année, comme pour le caféier de Libéria, mais les fruits — quisont en bou-

Fig. 26. — Coffea robusta dans la plantation Brée à Vatomandry. Pieds de trois ans et demi (décembre 1905 à juillet 1909); quelques-uns ont déjà rapporté plus d'un kilogramme de café. Les feuilles ont une moyenne de 40 centimètres sur 22.

quets denses, — sont plus caducs que ceux de cette autre espèce.

Peu connu encore sur les marchés, le café de C. robusta a été considéré par les experts comme d’arome assez fin

un peu chocolaté, et comme constituant une sorte un peu inférieure au « Malang bon ordinaire », mais d'une torréfaction facile, très régulière, avec faible perte de poids au cours de l'opération. Les courtiers européens l'ont classé provisoirement à côté du « Santos lavé ». Il est d’ailleurs probable que la culture améliorera la qualité comme elle a amélioré celle du café de Libéria ; et les procédés de préparation sont aussi perfectionnables.

BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE

Hüttenbach : The Cultivalion of Liberian Coffee (Selangor Journal, 1897). — E. Raoul : Le Caféier. Paris, 1894. — H. Lecomte:

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industries. Paris, 1909. — Delacroix : Les maladies du caféier (Revue des Cultures coloniales, 1898. — Rigaud : La culture du café à Madagascar, Paris, 1897. — Van Delden Laerne: Rapport sur la culture du café en Amérique, Asie et Afrique. Paris. 1885. — Dabry de Thiersant : Le Caféier de Libéria (Bulletin de la Société d’Acclimatation, 1882). — Nombreux articles dans le Journal d'Agriculture Tropicale, de Paris, et dans l’Agronomie Tropicale de Bruxelles.

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