‹ Les cultures colonialesChapitre 25 sur 64 · SERRE · texte numérisé non relu

SERRE

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CGanavalia ensiformis DC.

Le pois-sabre, ou haricot-sabre, serait, comme peutêtre le Psophocarpus tetragonolobus, originaire de l'Inde où il est appelé en tamoul canavali. Pois-sabre est M surtout le terme employé à la Réunion, et haricot-sabre celui usité aux Antilles, où c’est aussi le pois Makendal. |

En Indo-Chine, c’est le dau rua des Annamites , au 4 Japon, c’est le nata mame ; à Costa-Rica, c'est le frijol 1 de playa. L

Les gousses vertes, cueillies au quart de leur dévelop-« pemeat — et elles ont déjà alors 15 à 20 centimètres dem longueur, c’est-à-dire presque leur longueur définitive, et pèsent de 15 à 30 grammes — sont excellentes ; on À consomme aussi les graines écossées lorsqu'elles sont bien formées sans être entisrement mûres. Elles contien-« nent alors, d'après M. Bonâme : eau, 79,90 p. 100 M matières non azotées, 9,47; matières azotées, 8,38 4 matières sucrées, 1,38 ; matières grasses, 0.61 ; cellulose,M 3,73 :; substances minéraies, 0,93 Lorsqu'elles sont. mûres, elles renferment : cau, 13 p. 100 ; matières non | azotées, 47,94 ; matières azctées, 25,62 ; matières gras- 1 ses, 2,32 ; cellulose, 7,90 ; substances minérales, 3,22

La composition des gousses jeunes, au moment où on. les consomme, est : eau, 87,80 ; matières non azotées, 7.86 : matières azotées, 1,81 ; matières grasses, 0,20 ;. cellulose, 1,77 ; substances minérales, 0,54. Or, d'autre part, d'après les analyses de M. Balland, les haricots verts sont composés de : eau, 90 à 94 p. 100 ; matières. non azotées, 3 à 4,2 ; matières azotées, 1,7 à 2 ; matières grasses, 0,15 à 0,30 ; cellulose, 0,40 à 0,90 ; substances minérales. 0,70 à 0,90. à

On à dit parfois que les graines de pois-sabre étaient dangereuses ; il y a eu sans doute dans ces cas unew confusion avec celles de Canavalia obtusifolia, qui sont;u en effet, probablement toxiques. ' A Maurice, on ne

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je BGUMES

connaît sat aucun cas d’ empoisonnement par le vrai pois-Sabre, dans lequel d’ailleurs, M. Bonâme n’a trouvé aucune trace d'acide cyanhydrique.

La plante, qui n'est pas grimpante, atteint environ 60 centimètres de hauteur : ses tiges, couvertes de larges feuilles, ne sont que faiblement ramifiées.

On peut la cultiver en interlignes, dans les champs de cannes par exemple. A Maurice, où on la sème de décembre à janvier, elle est en fleurs trois mois après, et les gousses se forment rapidement La production est considérable ; M. de Sornay dit que. en plantant dans les entrelignes de cannes, à raison de 1 ligne sur 2, on peut obtenir au moins 2000 livres de gousses vertes à l’arpent, soit donc environ ? tonnes 1/2 par hectare.

Au Japon, on fait macérer les toutes jeunes cosses pendant quelques jours dans de la saumure additionnée de son de riz, Bouillies dans le sucre, les graines, qui, par leurs dimensions et leur couleur blanche ou rose, se prêtent tout particulièrement à ce mode de préparation, sont consommées comme bonbons.

Voandzeia subterranea Thouars is

Le voandzou (voanjobory à Madagascar ; pistache malgache à Maurice) est considéré comme originaire de l'Afrique tropicale, bien quil n'y ait pas été rencontré à l'état sauvage. En tout cas, la plante est actuellement cultivée par presque toutes les peuplades de cette zone chaude de l'Afrique, surtout dans les pays de savanes.

Les fruits, comme ceux de l’arachide, mûrissent en

$ terre ; mais à aucun égard. par ailleurs, les deux Légu- … à

mineuses-Papilionacées ne peuvent être confondues. à -L'’arachide est une Hédysarée et a des feuilles à quatre . folioles sans stipelles, tandis que lc voandzou, qui est à une Phaséolée très voisine des Vigna, a des feuiiles à. 4 | trois folioles avec Se les gousses de. voandzou +

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s'allonge pour enterrer le fruit, alors que chez le voandzou l'allongement porte sur le pédoncule floral.

‘sont p:us aUTteS que les de l'aractide subsphériques et sans étranglement, et contiennent très rarement deux » graines ; enfin dans l’arachide, c’est le gynophore qui 4

M. Ammann a remarqué que les diverses variétés de |

Voandzeia subterranea peuvent être distribuées en deux grandes catégories : dans l’une, les fruits contiennent |

80 p. 100, et dans l’autre 66 p. 100 de graines. Graines et. gousses sont de couleur variable : les gousses sont.

jaunes, jaune brun, brunes, brun noir ; les graines sont Ÿ

jaunes, rouge pâle, brunes, noires ou veinées de noir, ou encore tachetées de rouge ou de noir.

Les fruits se forment ordinairement dans le sol à une très faible profondeur, et immédiatement autour de la. tige ; i arrachage en est donc facile.

Tandis que l'arachide est surtout une plante oléagi-, |

neuse — que comme telle nous étudierons dans un autre chapitre — principalement utilisée pour l'extraction de .

l'huile et n’entrant qu'accessoirement dans l’alimenta- 1

tion, le voandzou, beaucoup moins riche en subsiancess grasses, est exclusivement un légume.

Il est intéressant de comparer sa composition, lors-.

qu'il a été cueilli avant maturité ou complètement mûr,

avec celle de cette arachide : et M. Bonâme indique :

à Graines vertes Graines mures Arachide …

de voandzou de voandzon — 2 AN CARO ee ÉPARNE 58,50 12,52 6,34 Matières non azotées. 26.41 57,07 11,67 .

Matières azotées...... 7,31 14,68 26.54.

! LÉO OMAN RATES 3,10 6,14 47,90 Gallo nes ernciqe 3,03 5,69 5,00 CRT RC ON LR 1,65 3,947 20

Les graines de voandzou sont surtout bonnes lors:

1 qu'elles sont incomplètement mûres, c’est-à-dire quand . les gousses sont encore tendres et que l'enreoposs n'est |

» pas encore desséchée. Cuites à l'eau. elles ont alors une

saveur qui rappelle un peu celle de la châtaigne. Müûres et sèches, on les fait cuire comme les haricots secs, ou on les pulvérise ; dans ce dernier cas, elles donnent une très belle farine blanche, avec laquelle on peut faire des potages ou des purées.

Le voandzou est semé et récolté aux mêmes époques que l’arachide, dans des terrains qui, comme pour cette arachide, doivent être légers, mais particulièrement riches en potasse {

À Maurice, M. Bonâme recommande la culture entre les lignes de cannes. On sème de deux en deux interlignes, sur deux rangs, dans des poquets qui sont distants en tous sens de 40 à 45 centimètres ; et chaque poquet reçoit trois ou quatre graines, Pour la consommation. on récolte quand les feuilles commencent à se dessécher ; pour l'obtention de semence, on attend que la maturité soit parfaite.

En culture intercalaire telle que nous venons de l'indiquer, le rendement est, d’après M. Bcnâme, de 960 kilos de graines vertes pour un arpent ; ce qui correspond donc à 2400 kilos à l’hectare.

A Maurice on sème en novembre et décembre et on récolte en mai et juin.

Kerstingiella geocarpa Harms.

Le Kerstingiella geocarpa Harms (Voandzeia Poisson Chev.) est bien distinet du Voandzeia subterranea, non seulement parce que la partie qui s’allonge pour enterrer le fruit est le gynophore, et non le pédoncule floral, mais encore par ses folioles moins fermes et plus arrondies, ses fleurs blanc verdâtre, légèrement teintées de

bleu violet clair, son style giabre, ses fruits discoïdes ou no

oblongs falciformes, de 13 à 20 millimètres de longueur

ÉGUMES

‘sur 7 à 10 millimètres de largeur, contenant une ou deux graines de 6 à ? millimètres sur5. | A L'espèce n’est connue qu'à l'état cultivé. C'est le doi, | ou dohi, le nadou et le sui du Haut-Dahomey, le kouarou- « rou et le dougoujoulo du Mossi. On la connaît aussi dans « à je Minianka, dans le cercle de Bougouni, à Segou, et . dans le cercle de Koutiala ; mais elle manqueraït com-M plètement dans tous les pays situés à l’ouest du Moyen « Niger. On la trouverait en Nigérie anglaise.

D'après M. Hébert, une variété à petites graines « blanches du Mossi avait la composition suivante : eau | 10,40 ; amidon 48,90 ; sucres non réducteurs, 0,40 : « matières azotées, 21,40 ; matières grasses, 1,90 ; cellu-. lose, 12,70 ; cendres, 4,30. ; Ces graines sont donc richement amylacées, et leur « teneur en matières azotées égale celle des meilleures « variétés de voandzou. D'une saveur plus agréable que “ ces voandzou, elles rappellent, dit M. Chevalier, les hari- « cots les plus fins. Leur rendement malheureusement est “ faible, et elles sont fréquemment attaquées par les . bruches. | Au Dahomey, l'ensemencement a lieu en terrains sablonneux, vers le milieu de la saison des pluies, en mai et juin, et on récolte quatre ou cinq mois plus tard. La plante se reproduit parfois pendant plusieurs années dans les champs où elle a: été ensemencée une première 1 fois ; en ce cas, elle fleurit dès le mois de mai. pe En raison du faible rendement, dit M. Chevalier, les 4 usages dahoméens interdisent aux femmes de manger les graines de doi ; c’est « une nourriture d’homme », et « les chefs seuls peuvent les consommer. 4

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