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CHAPITRE VIS x LES FRUITS

La culture fruitière prendra vraisemblablement dans. ' nos colonies, et dans un avenir prochain, une impor- : fance croissante, si, comme il est à prévoir, en raison des progrès récents de l’industrie frigorifique, certains.

fruits tropicaux dont la consommation est restée jus-… qu'alors limitée aux pays de production peuvent devenir bientôt un article d'exportation. 4

En tous cas, nous décrirons ici, outre les fruits qui donnent lieu déja à un commerce extérieur, ceux qui. sont d’un emploi alimentaire courant entre les tropiques | | ou dans la partie chaude de la zone tempérée.

Phoenix dactylifera Lin. “à

Quelle que soit son origine, qui reste douteuse, le dattier est, depuis les époques les plus reculées, l’arbre” des oasis dans la zone saharienne de l'Afrique du Nord; il passe de là en Arabie et en Perse. Au delà du 35° degré, sur le littoral méditerranéen, le palmier crott. encore, mais fructifie mal ; les nombreux dattiers cul-" tivés à Bordighera ne le sont que pour leurs feuilles, : qui, maintenues à l’abri de la lumière par la réunion en faisceau du bouquet terminal, constituent les palmes des cérémonies religieuses.

A la Réunion, le dattier est naturalisé dans la Partie. sous le Vent : dans le sud-ouest de l'île, dans les localités humides, les fruits ne mûrissent pas. A'ux Antilles Fran- . çaises, la maturité n’est obtenue également que dans. | certaines régions +: el

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Dans le sud des Etats-Unis, en Californie, en Arizona … et au Texas, des essais d'acclimatation sont poursuivis depuis quelques années, et, d’après divers rapports, donneraient des résultats encourageants.

Il faut au dattier (fig 17) une forte somme de chaleur, répartie sur plusieurs mois ; dans les oasis du Sahara

Fig/17. — Dattiers à Sidi-Okba (A loérie).

qui donnent les meilleurs fruits, la moyenne maxima est de 40° Les deux autres conditions sont une grande … sécheresse atmesphérique et, par contre, une bonne humidité du sol. Sans arrosements copieux, assurés dans “ Ja région saharienne par les oueds, le seguias et les - puits, la culture est impossible ; et si, d'autre part, en Tunisie (où le grand centre de production est le Djerid) & cette culture ne réussit qu’à demi à Gafsa, dans l'Arad, à Djerba, aux Kerkennah, c'est, en partie, dit-on, parce

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que, dans ces contrées, les pluies sont relativement

trop abondantes.

On peut, d'après leur consistance, classer les dattes en dattes molles, dattes semi-molles et dattes sèches. Les meilleures pour l’exportation sont les degla en

nour (ou deglet nour), qui sont molles, transparentes et L

très sucrées. Les rhars sont encore des dattes molles, mais moins fines, recherchées sur place pour la consommation ordinaire : elles sont entassées dans des outres et, par le tassement, forment un pain homogène. Les dattes sèches, qui sont la vraie base de l'alimentation des Sahariens, sont traitées comme des grains ; elles se conservent très longtemps, ainsi que la farine qu'on en obtient.

Parmi les sortes qui sont mangées fraîches, les indigènes, en Tunisie, distinguent les bacer, qui Sont consommées avant maturité complète, et les r'tob, dont on attend au contraire l'entière maturité. | |

La multiplication du dattier peut être effectuée par graines, qui donnent les deguel des Arabes; mais c’esi un procédé peu employé parce que la première fructification est tardive (10 ans environ) ‘et aussi surtout en raison de l'incertitude où l'on est de la qualité de l'individu que l’on obtiendra.

Plus souvent on repique les rejets, ou ‘djebars, que les.

dattiers émettent à la base de leur tronc. Les gros rejets

sont préférés aux petits et.offrent de plus grandes

chances de reprise; on ne détache donc guère que ceux qui ont trois ou quatre ans, et qui sont pris naturelle-

ment sur des pieds femelles. Dès qu'ils sont détachés, on les débarrasse de leurs feuilles inférieures et on les plante directement en place, en quinconce, suivant des. lignes régulièrement espacées. Ces lignes peuvent être 4 distantes de 7? à 8 mètres, et les intervalles entre les . pieds de chaque ligne sont alors de même longueur.

Dans le Souf cependant, qui donne des dattes estimées,

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Pour la propagation des bonnes variétés, M. Rivière

recommande de détacher les œilletons situés sur le trone :

et qui sont accompagnés de racines ; on a favorisé au préalable le développement de celles-ci en entourant le tronc avec de la terre ou des matières humides. Les pousses sont plantées directement ou en pépinière.

Les travaux de plantation sont faits au printemps, ef on se préoccupe aussitôt d’irriguer.

La première floraison n’a pas lieu au même âge pour toutes les variétés. Les rhars fleurissent dès 3 ou 4 ans, les degla en nour vers 6 ou ? ans seulement. Les régimes des premières floraisons sont, d'ailleurs, petits, et les fruits très médiocres. La fructification, qui a lieu en

automne, sauf pour quelques variétés plus précoces, ne.

s'établit donc vraiment que vers 8 ou 10 ans pour les rhars et vers 10 à 12 ans pour les degla EN NROUT. NO encore ce n'est que vers 18 à 20 ans que, d'après M. Rivière, la récolte est rémunératrice.

Le dattier étant dioïque, il est utile, pour que la fructification soit abondante, qu'on procède à une fécondation artificielle. Cette opération a lieu au printemps, quand les inflorescences femelles commencent à se - dégager des spathes. Les inflorescences des pieds mâles, ou dokkars, sont cueillies un peu avant leur complet épanouissement, et elles sont mises dans un

endroit sec, où elles peuvent être conservées pendant

quelque temps. On les vend sur les marchés, où les achètent les Arabes qui n’ont pas de dokkars dans leurs plantations.

au milieu des jeunes inflorescences femelles, dont les extrémités sont liées avec des segments de feuilles. On ne délie que lorsque les fruits commencent à se former. -La valeur du pollen est reconnue à sa couleur et à son odeur de miel.

Des fragments de ces inflorescences mâles sont placés

La fructification n'est généralement abondante que tous les trois ans. Pendant les bonnes années, la variété \ degla en nour donne, par pied, cinq ou six régimes, qui . pèsent chacun 4 kilos ; soit, au total, 20 kilos. L'année « suivante, le rendement n'est que de 10 kilos ; et il est M nul la troisième année. Ces nombres sont naturellement ; donnés sous la réserve ordinaire qu'ils dépendent de la variété et des régions. M. Rivière dit que, au Mzab, le | rendement moyen est de 40 à 80 kilos ; et la moyenne de 40 kilos est souvent indiquée. Les variétés supérieu-. 1es, comme la degla en nour, seraient, d’ailleurs, celles 4 oui seraient les moins productives. :

Les régimes pour l’exportation, cueillis avec soin, ne À subissent aucune préparation spéciale. Dans les maga- 1 sins où on les rentre, et où on les trie avant de les expé- 4 dier, on les suspend à des chevilles de bois fixées aux murs ou on les dépose sur des claies faites avec les grosses nervures des feuilles du palmier. D.

Intéressant commercialement par ses fruits, le dattier “ offre, on le sait, sur place de multiples ressources aux Arabes \

Son tronc est, dans les oasis, le seul bois de construction. Les segments de ses toutes jeunes feuilles fournis- « sent, après qu'on les a desséchées à l’ombre, les lanières \ avec lesquelles on tresse les objets les plus divers. Les | filaments, ou lifa, des bases des pétioles servent pour. faire des cordages. Avec les grosses nervures des 1 feuilles on confectionne des palissades et les clayonnages 1 des pêcheries.

Le bourgeon terminal est un chou-palmiste.

Enfin le dattier est aussi un palmier à vin. Pour 1 obtenir ce vin, ou lagmi, les Arabes coupent le bourgeon À terminal, de facon toutefois à respecter le sommet végé-. tatif, qui permettra un accroissement ultérieur ; le” liquide qui sort par la section des jeunes feuilles est

amené, par une gouttière quelconque, dans un récipient. | Ê A

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