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CARDAMOMES. Al
aromatique et un peu poivrée qu'ils sont également employés comme condiments. |
On distingue dans le commerce le curcuma rond et le curcuma long, qui ne sont, en réalité, que deux états différents de développement d’un même rhizome. La souche du Curcuma longa en végétation est, en effet, une masse tubéreuse souterraine, plus ou moins globuleuse ou un peu ovoide, qui porte inférieurement des gaines foliaires, et, plus haut, des feuilles complètes, d'où émerge la hampe qui se termine par un épi floral. Mais des aisselles des gaines partent des rameaux cylindriques et épais qui s’enfoncent obliquement dans le sol. Ce sont les extrémités de ces rameaux qui, plus tard, en se redressant eten se tubérisant, constitueront autant de souches denouveaux pieds. Le curcuma rond est la souche principale débarrassée des gaines et des feuilles ; le curcuma long correspond aux rhizomes latéraux cylindriques, récoltés avant qu'ils aient commencé à se redresser à l'extrémité.
Le eurcuma se plaît en terres profondes, un peu humides mais non inondées. Lorsque le sol a été labouré, on creuse des trous comme pour le gingembre et on plante de même.
Après la récolte, les rhizomes sont jetésdans l’eau bouillante, comme pour la préparation du gingembre noir; on les fait ensuite sécher pendant plusieurs jours au soleil.
Ellettaria Cardamomum Maton.
Les cardamomes du commerce sont les graines de diverses espèces des deux genres Æ£lettaria et Amomum.
Ces deux genres, dans la famille des Zingibéracées, appartiennent à la même tribu des Zingibérées, mais les Elettaria différent, entre autres caractères,des Amomum en ce que leurs inflorescences sont des épis lâclies à peu de fleurs, au lieu d’être des épis denses, et aussi en ce que
leurs graines ne sont jamais pourvues de l’arille que présentent assez souvent les graines des Amomum.
Il est deux espèces d'Ælettaria, l'Elettaria Cardamomum et l'Elettaria major. C'est la première qui, originaire du Malabar, donne la meilleure sorte de cardamomes :on la cultive dans l'Inde et à Ceylan. L'Zlettaria major, indigène à Ceylan, donne dans l'ile anglaise le cardamome indigène, qui est récolté à l’état sauvage et est beaucoup moins apprécié.
Le fruit de cet £lettaria major (fig. 3) est allongé et
Fig. 2. — Fruits d'Elettaria Cardamomum.
(Cardamomes du Malabar).
étroit, plus ou moins strié longitudinalement à la surface, et de couleur gris cendré ; les indigènes vont le cueillir dans la jungle et on l’expédie sans lui faire subir aucune préparation. |
Iln'enest par de même pour le fruit de l’Zlettaria Cardamomum (fig. 2).
Au Malabar, cet Zlettaria Cardamomum croît à l’état sauvage, dans les districts montagneux, à 500 ou 600 mètres d'altitude ; la température moyenne est là de 22.
L'espèce, comme en général tous ces cardamomes, Zlettaria où Amomum, aime les endroits humides, tels que les bords des cours d’eau, où elle pousse à l'ombre des arbres. Sa culture consiste, du reste, la plupart du temps, dans un simple entretien des peuplements naturels. Vers février, les indigènes partent par bandes à la recherche
Tin re dns ae à
CARDAMOMES. 13
des plants sauvages. Lorsqu'ils ont trouvé un endroit où ces pieds sont assez nombreux, ils éclaircissent le terrain en abattant les plus petits arbres ; puis, l’année suivante, ils débarrassent le sol des mauvaises herbes, et pendant deux années encore ils ne prennent d'autre soin que d’élaguer les arbres conservés, pour permettre la pénétration de l’air et de la lumière. Ce n’est donc qu'au bout de ces quatre ans qu'ils font leur première récolte ; et les touffes sont exploitées pendant 8 ou 10 ans.
Dans les régions où il ne peut y avoir de ces jardins naturels de cardamomes parce que la plante n’y est pas spontanée, on propage par rhizomes ou par graines.
La première méthode est celle généralement adoptée. On choisit comme champ un terram argileux suffisamment humide, bien ombragé et abrité du vent. Pour se procurer les rhizomes de plant, on creuse, dans une plantation antérieure, une tranchée, à environ 30 centimètres de chaque touffe, et avec la main on gratte doucement la terre jusqu’à ce quela partie souterraine de la souche apparaïsse ; on détache alors avec soin de jeunes fragments de rhizomes pourvus de bourgeons. Ces fragments sont mis dans des trous de 30 à 35 centimètres de profondeur, distants de 60 à 70 centimètres. Chaque trou est rempli de bon terreau, et on n’enterre le rhizome qu'à quelques centimètres audessous du sol. On fume avec du fumier de ferme.
A Ceylan, où il y a actuellement, dans les vallées des environs de Kandy, entre 500 et 1000 mètres, 4000 hectares environ consacrés à cette culture, on obtient une première petite récolte au bout de 3 ans, une meilleure à 4 ans, et la pleine-production à 5 ans; maisla plante rapporte encore, au moins, jusqu à 10 ou 12 ans. La floraison a lieu surtout de janvier à mai; on récolte d'août à avril, les mois de septembre à décembre étant ceux où les fruits sont le plus abondants.
On cueiïlle avec des ciseaux, en veillant à ne pas toucher
aux fleurs voisines ou aux fruits non encore mürs. Ces capsules de l'Z{eftaria Cardamomum sont bien différentes de celles de l'Zlettaria major : elles sont jaune paille, seulement un peu plus longues que larges, vaguement trigones et à sommet arrondi. Avant de les empaqueter pour les expédier on les blanchit.
Ce blanchiment, dans l'Inde, est aujourd’hui une opération assez compliquée. On ne se contente plus, comme jadis, de plonger les fruits pendant une minute dans l’eau bouillante, avant de. les exposer au soleil sur des claies. Déjà un premier perfectionnement consista à effectuer une sorte d'amidonnage, car, après avoir fait sécher les capsules, on les brassait en les frottant dans de l’eau où avait été délayée une pâte formée d’amidon de riz, d'amidon de blé, de savon et de pelit-lait; puis on les séchait de nouveau. La méthode actuelle
Fig. 3. — Fruits d'Ælettaria Serait la suivante, qui serait plutôt w
major. (Cardamome sau- un blanchiment par savonnage. vage de Ceylan). Onprépare,toutd’abord, d’unepart de l’eau de savon, et d'autre part
un mélange de 900 grammes de fruits DHIsSrES de Sapindus trifoliatus etde100grammes de gousses, également réduites en poudre, d'Acacia concinna ; et ce dernier mélange est délayé dans 22 litresd'eauenviron. Les femmeschargées dutravailversent dans un grand vase 81,80 d’eau ordinaire et 31, 30 d'eau de Sapindus et d Acacia : et elles trempent dans le vase ainsi rempli un panier qui contient 5 kilos de cardamomes. Les fruits sont brassés avec les mains et vigoureusement agités pendant une minute, puis laissés un moment
Fr cet mr de Min.” nil ds Ca.
CARDAMOMES. 15
en repos, etde nouveau brassés; et ainsi de suite à plusieurs reprises, Jusqu'à ce que le liquide se couvre d'une écume épaisse. Le premier lavage est alors terminé. On laisse . égoutter, puis on retrempe le panier dans une seconde cuve, où le liquide est un mélange de 71,70 d’eau, 11,10 d'eau de Sapindus et Acacia, et1 litre d'eau desavon. Il yanouveau brassage dans les mêmes conditions que précédemment. Après ce second lavage, les capsules sont égouttées et étalées sur des nattes. On ne cherche toutefois pas à ce qu’elles. se dessèchent immédiatement, car pendant 24 heures on les entasse sur une épaisseur telle qu’il se produit une légère fermentation. On admet que le but ainsi poursuivi est de faire gonfler les cardamomes et d’assouplir leur enveloppe, ce qui évite que cette enveloppe ne se déchire ensuite au cours de la dessiccation. Celle-ci est maintenant obtenue au soleil, en cinq ou six heures. Après qu'on a nettoyé les cardamomes et qu'on les a débarrassés de leurs pédicelles, ils sont prêts pour l'exportation, puisqu'on expédie les capsules mêmes. Ce sont bien, en effet, les graines intérieures qui constituent véritablement l'épice, mais, en les laissant dans leur enveloppe, on empêche qu'elles ne soient ultérieurement falsifiées, par mélange avec d'autres graines de qualité inférieure.
On évalue parfois à 350 kilos le rendement d'un hectare de cardamomes plantés aux distances que nous avons indiquées.
Amomum.
Divers Amomum donnent également, nous l'avons dit, des graines aromatiques analogues aux précédentes : et tous les cardamomes de notre Indochine, en particulier, proviennent de cet autre genre. Malheureusement les espèces productrices sont encore très mal connues.
Au Cambodge, qui est la principale région d'exportation,
on distingue les « cardamomes du commerce » et les «cardamomes sauvages ». Les premiers, qui constituent la meilleure sorte, sont vendus à l'état de graines; et ces
Fig. 4. — Epi fructifère d'Amomum Kravanh. (Cardamome cultivé du Cambodge).
Il serait possible que ce fut lAmomum thyrsiferum Gagn. M. Eberhardt a signalé aussi dans le cerele de Cao= Bang une autre espèce qui serait à fruits lisses. |
Leseul Amomum, en tout cas, pour lequel il peut être, à l'heure actuelle, question de culture est, au Cambodge, l'Amomum Kravanh, dont il aurait été fait depuis plu-
graines ont été extraites de:
fruits plus ou moins ovoïdes « et à surface jaune lisse. IL N semble bien que l'origine botanique en soit l'Amomum Kravanhk Pierre (fig. 4), quiest le kra-vanh des Cambodgiens. Les « cardamomes sauvages »
sont aussi vendus à l’état de graines sorties des fruits, mais ceux-ci sont des” capsules à surface brunâtre’ et épineuse (fig. 5). Peutêtre proviennent-ils, entre autres espèces, de l’Amomum xanthioides Wall. «
D'autre part, tous les.
« cardamomes du Tonkin »
que nous avons vus, el dont les fruits nous ont été envoyés à diverses reprises de Ilagiang, sont aussi à M capsules échinées, mais plus petites que celles de l'Amomum xanthioides."
| CARDAMOMES. 17
sieurs années quelques véritables plantations. Mais encore est-ce le plus souvent une « culture » analogue à celle que M nous avons signalée au Malabar pour l'£lettaria Cardah Mmomum, et qui consiste plutôt à surveiller et entretenir h les pieds sauvages. Dans-les montagnes de Kravanh, dans
| Fig. 5. — Cardamome sauvage du Cambodge (probablement l’'Amomum xanthioides Wall).
| la résidence de Pursat, et, plus au Sud, dans celle de LKompong-Speu, les Pols, qui sont les principaux indigènes } se livrant à ce commerce, se rendent dans les clairières ou | poussent les cardamomes, à l’époque oùles poussesflorales commencent à apparaître, c'est-à-dire en février et mars. Ils nettoient un peu le terrain et remplacent les plants bqui meurent. Les fleurs s'épanouissent en avril et les fruits sont cueillis en juillet, avant complète maturité.
Dès que récoltés, ils sont desséchés sur des claies en bambou placées à 1 mètre du sol, au-dessus d’un petit feu. Lorsqu'ils sont chauds, on les recouvre avec de la terre détrempée, et on les laisse ainsi pendant 5 heures. Après ce temps, la claie est enlevée du feu, et les capsules, LES de la terre, sont ouvertes, puisque nous avons vu qu'ici les graines seules sont conservées et vendues. Dans. les plantations régulières, on estime actuellement qu'un pied doit donner annuellement, au bout de 3 ou 4 ans, 10 épis pesant au total, secs 150 grammes.
Les « cardamomes sauvages » du Cambodge, ou kra-ko, seraient plus tardifs que les kra-vankh ; ils ne fleurissent qu'en mai et ne peuvent être récoltés qu'en septembre. Ils ne subissent même pas, au reste, la préparation rudimen= taire que nous venons de déerire pour la sorte commerciale, car ils sont simplement exposés au soleil.
Au Népaul et dans le nord du Bengale, les cardamomess sont fournis par l'Amomum subulatum Roxb.
Aframomum.
Les À framomum, quidiffèrent notamment des Amomum en ce que leurs fruits ne sont plus des capsules trivalves, mais de grosses baies pulpeuses, fournissent ce qu'on peub appeler les cardamomes d'Afrique. |
L'Aframomum Melequeta K. Séhum. donne les grainesh | de Paradis, ou la maniguette ou meleguette, surtout CONn= nues en Angleterre. La plante, dit M. Chevalier, parait, spontanée en certaines parties de la forèt de la Côte | d'Ivoire et du Libéria; et elle est cultivée en grand dans” la partie côtière de la Guinée Française, au Kissi, au Sierra Leone, dans presque toute là Côte-d Ivoire, au Bas-Daho= % mey, etc. à
Bien inférieures et moins aromatiques sont les graines de l'Aframomum Daniellii K. Sch. (Amomum Danielli
Hook. f.), du Cameroun et du Gabon, et celles de l'A /framomum Hanburyi K. Sch. (Amomum Clusii Sm.) du Cameroun.
De médiocre qualité sont également les graines de l’Aframomum angustifolium K. Sch., qui est le Zongoza ou le | lingoza de Madagascar, et qu'on retrouve aux Seychelles, à Maurice et en Afrique orientale. À Madagascar, cet A/framomum angustifolium est particulièrement abondant | dans les forêts de la région du Sambirano ; au-dessous de Ia | Sofia, dans le Boina et dans l’Ambongo, il est beaucoup plus rare et il ne fructifie guère.
Vanilla planifolia Andr.
| Legenre Vanilla, de la famille des Orchidées, est représenté par un grand nombre d'espèces, les unes à feuilles et les autres sans feuilles, originaires des régions les plus | diverses de la zone tropicale de l'Ancien et du Nouveau | Monde. Mais la plupart de ces vanilliers sont à gousses sans arome, et il n’est, en définitive, qu'une seule espèce largement cultivée, le Vanilla planifolia. Le seul autre vanillier qu'il y ait lieu encore de citer est le Vanilla | Pompona Schiede, qui donne un produit inférieur, le vanillon, ou grosse vanille, ou vanille-banane.
Le Vanilla planifolia est originaire des terres chaudes du Centre-Amérique (Mexique, Honduras, Guatémala et Costa-Rica). Grimpant et à feuilles charnues, avec ses racines aériennes etses grandes fleurs verdâtres, disposées en épis axillaires, c’est une plante bien connue. Des six pièces du périanthe, l’une, le Zabelle, a la forme d'un cornet à bord légèrement trilobé, qui enveloppele gynostème, Le’est-à-dire l’ensemble de l'ovaire et de l’unique étamine, soudés en une colonne, vers le sommet de laquelle se séparent l’anthère et le stigmate. Le stigmate est transversal et à deux lèvres, dont la supérieure, ou rostellum, plus
longue, constitue la languette dont nous parlerons à propos de la fécondation. L’anthère, placée au-dessus du stigmate, et recouverte par un replide l'extrémité recourbée | du gynostème, qui forme capuchon, contient dans ses deux. loges des pollinies granuleuses. Les fruits, qui, après la série de préparations que nous décrirons plus loin, de" viennent les gousses de vanille du commerce, sont des“ capsules charnues allongées, de 12 à 22 centimètres den longueur sur 7 à 10 millimètres d'épaisseur, vaguement. trigones. | Végétation et Culture. — Le vanillier aimeles climaii} chauds et humides. Au Mexique, où ilest sauvage en beau. coup de districts, on le trouve dans les forêts ombragéess, le long des coteaux et des vallées, à une distance toujours assez grande (25 à 30 kilomètres) de la côte. L'altitude 1e dépasse guère 300 à 400 mètres. En somme, le climat pro=n pice à l'espèce est un peu celui qui convient au CACAO Vers quoique avec un degré d'exigence plutôt moindre, puis=, que le vanillier peut encore être cultivé en quelques région$ telles que le nord-est de Nossi-Bé, à Madagascar, où le“ cacaoÿer ne réussit pas (1).
di ai état a eur
(1) Nossi-Bé est, à Madagascar, après Antalaha, le lieu de la colonies ? ou l’on prépare la plus grande quantité de vanille. L’ ombrage donné est assez épais; le tuteur est le pignon d'Inde. La culture y est d’ail-. leurs plus soignée par les créoles ou les E suropéens qu'elle ne l'est. à Antalaha par les Chinois et les Indiens. La sécheresse malheureu-? sement compromet parfois la récolte. Sur le versant oriental de l’île, on s’est souvent demandé pourquoi les vanilleries réussissent mieux en certaines localités (Antalaha, Mananara, Andevorante) qu’en d’autres (Maroantsetra, Sainte-Marie, Fénérive et Tamatave), où le sol est sensiblement le même. On ne peut attribuer la différence à une plus ou moins grande teneur en phosphates, car cette teneur, assez grande à Nossi-Bé, est faible à Antalaha et à Mana-. nara. Vraisemblablement, d'après M. Perrier de la Bâthie, la vraien cause est l'humidité, qui se rapproche plus de l’optimum et est” mieux répartie annuellement dans certaines localités que dans.
d'autres.
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Une condition indispensable est une grande richesse du sol. À Madagascar, dans l’'Ambongo, où le vanillier, en général, ne prospère pas, on obtient cependant, par exception, quelques résultats satisfaisants sur les alluvions irriguées et très humifères.
Enfin, l'espèce étant, à l'état spontané, une plante de
| Fig .6. — Une vanillerie à Libreville (Plantation de Bruchard),
orèt, un certain ombrage est indispensable, d'autant plus que l'humidité de la terre et du sol est ainsi maïntenue. Un ‘id trop ensoleillé pourra donner pendant quelque emps des fruits très parfumés, mais s'épuisera vite. épaisseur d’ombrage qu'il convient de donner dépend aturellement des conditions climatiques du lieu. A Madaascar, dans la région d’Antalaha — qui est un grand centre @ production de la vanille — on cultive le vanillier sous
| À ace : ù À à z mbrage jusqu’à 30 kilomètres de la côte, mais, vers [l'in -
térieur, où les pluies sont plus de. on plante en terrain découvert. |
En tous cas, il est toujours bon de protéger la plantation: contre les.vents, et Surtout les vents secs, par des rideaux d'arbres à feuillage assez épais. Le terrain, tout en étant frais, doit être perméable.
Pour l'installation d'une vanillerie, il faut considérer le cas où l'emplacement dont on dispose est un sol encoré vierge qui était couvert jusqu'alors par la forêt, et celui où ce sol est nu et a déjà été cultivé. :
conserver sont choisis parmi ceux dont l'écorce ne ses détache pas, qui sont suffisamment vigoureux et sans odeur, et dont les feuilles ne sont pas caduques, mais ne sont pas non plus trop grandes ou trop touflues, car il faut toujours dans la plantation de l’air etun ombrage seulement modéré! La distance entre tous ces arbres ne peut naturellement pas être très régulière ; on fait en sorte d'obtenir des intervalle: qui varient de 4 à 8 mètres, suivant la rapidité et la for
de croissance des essences. Si en certains endroits les arbres ont été conservés par groupes, il pourra n'y avoir qu'un mètre de l’un à l’autre dans chaque groupe, mais les groupes seront espacés d'au moins 6 mètres. C'est ainsi, du moins, qu'on procède dans les États de Tabasco et de Vera-Cruz, d'après M. Heinrich Lemcke. Nous verrons plus loin que les distances conservées en d’autres pays entré les arbres tuteurs sont bien moindres. Par la méthode mexicaine on laisse en définitive 500 ou 600 arbres pour 100 varas (83,7) carrés, soit 625 à 750 par hectare.
Ce premier travail une fois achevé, et le terrain de la vanillerie étant préparé, on attend, dans ces États mexicains que nous venons de citer, les mois de juin et juillet, qui sont considérés comme l’époquela plus favorable pour la plantation du vanillier. Un trou peu profond est creusé alors au pied de chaque arbre, au Sud ou à l'Ouest, et on y place une bouturede 60 centimètres à 1 mètre de longueur, pourvue au moins de trois bourgeons, et prélevée sur des pieds d’au moins 4 ans. Les 3 ou 4 dernières feuilles de l'extrémité inférieure sont enlevées, et c’est cette partie dénudée, munie de deux bourgeons, qu'on enterre. L’extrémité feuillée qui reste aérienne est appliquée contre le tuteur, et maintenue avec quelques lanières végétales, préférables à la ficelle, qui endommagerait la tige. Pour entretenir une certaine humidité de la terre autour de la bouture, il est bon de butter à une hauteur de 15 centimètres environ, et on recouvre de feuilles décomposées ou de mousse. On sarcle ® fois par an, au printemps et à l'automne, en enlevant l’herbe avec précaution, pour ne pas toucher aux plants. Lorsque les tiges ont une hauteur suffisante, on relie les arbres par des bambous horizontaux et on dirige les rameaux du vanillier sur ces bambous; ceci dans le but de faciliter la fécondation et la cueillette. Enfin, quand les arbres-tuteurs commencent à donner trop d'ombre, on les élague. Comme fumure, on n'emploie jamais ni engrais animal ni engrais minéral; on accumule seulement les feuilles pourries au pied de chaque vanillier. |
Lorsque, au lieu d’être établie sur un emplacement de forêt qu'on débroussaille et dont on enlève un certain nombre de grands arbres, comme nous venonsde le supposer pour le Mexique, la vanillerie est faite en terrain déeouvert, il ya évidemmentun double avantage : en premier lieu, les arbrestuteurs sont plus régulièrement espacés; en second lieu on choisit les essences qu’on juge à tous égardsles plus favorables. Etnousavons déjà dit plus haut les diverses raisons
pour lesquelles tous les arbres ne conviennent pas comme tuteurs pour le vanillier. À Madagascar, Ie support le plus ordinaire est le pignon d'Inde. À la Réunion, on utilise surtoutle filao(Casuarinaequisetifolia),le pignon d'Inde (Jatropha Curcas) et le vacoua où pinpin (Pandanus utilis). Cependant, d'après M. H. Jacob de Cordemoy, on abandonnerait de plus en plus le f'ilao, qui n’est un bon
tuteur que lorsqu'il est jeune ; plus tard, son écorce s’ex- :
folie par larges plaques, qui entrainent et détachent ainsi du support les racines aériennes. Le pignon d'Inde ne présente pas cet inconvénient, et les racines de la liane s'appliquent étroitement contre ses tiges et y restent fixées.
Mais les Jatropha sont de faibles arbustes qui supportent <
mal le poids des vanilliers lorsque ceux-ci arrivent à leur
développement complet; et, en définitive, à l'heure actuelle, «
à la Réunion, le support de choix est le vacoua. Non seulement son écorce est persistante, et les racines du vanil-
lier y adhèrent fortement, mais encore l'arbre, grâce à son «
puissant système de racines adventives, est lui-même soli-
dementfixé au sol, et il résiste admirablement aux vents. Il
a encore cet avantage qu'il ne donne qu'un ombrage léger, et aussi que ses feuilles, en tombant, recouvrent le sol et y entretiennent l'humidité nécessaire. |
I ne faut, d’ailleurs, pas perdre de vue, à propos de ce choix des arbres-tuteurs, que ce qu’on a appelé l’épiphy-
ML te
tisme (c'est-à-dire la vie d’une plante sur une autre plante
qui lui servirait exclusivement de support) est peut-être bien souvent, en réalité, un parasitisme indirect, car il y aurait dans les racines aériennes de l’épiphyte un mycélium (ou blanc) de Champignon qui, en étendant, d'autre part, ses filaments dans l'écorce de la plante-support, y puiserait des éléments nutritifs et les transmettrait ainsi à cet épiphyte. Une association mycorhizienne de ce genre a, en tout cas, été constatée précisément par M. H. Jacob de Cordemoy pour le vanillier; et, dès l'instant donc que, par
|: Pers) VANILLE. | 23
l'intermédiaire d'un Champignon, ce vanillier recoit cer- | tains principes nourriciers de son tuteur, on conçoit que, “en plus des raisons que nous avons déjà énumérées, le | choix de ce tuteur influe sur la végétation.
| Suivant l'espèce employée, et ont sa rapidité et sa puissance de végétation, les intervalles entre les arbres supports et d'ombrage sont plus ou moins grands. Le
plus souvent cependant, les distances adoptées, plus faibles, nous le répétons, que celles indiquées au Mexique, sont 2 mètres ou 1",50 en tous sens, ou 2 mètres entre les lignes et 1°,50 sur la ligne, rarement moins. Un rideau d'arbres abritera en outre toute la plantation contre les | vents.
| C’est un ou deux ans après la plantation des supports, | ou parfois trois, selon encore la nature et la vigueur des | arbres employés, que, au début de la saison pluvieuse, on | apporte les boutures de vanillier, choisies sur des pieds | vigoureux. Ces boutures peuvent être plus longues que | nous ne l'avons dit pour le Mexique: elles peuvent avoir 12,50 à 2 mètres. Plus elles sont longues, plus on met “de nœuds en terre en les couchant: mais on laissera toujours en ce cas deux nœuds au moins au-dessus du sol. I] Semble, au reste, qu'il y ait plutôt des inconvénients à “prendre des boutures d'une trop grande longueur.
|: On multiplie parfois également le vanillier par marcot- Mage; et ce procédé est, en particulier, utile pour rempla- MCer ins une vanillerie les pieds manquants. On choisit Mlors sur un vanillier voisin un rameau vigoureux, qu'on Lrabat vers le sol et qu'on enterre lègèrement sur 15 ou 120 centimètres de longueur, en relevant son extrémité | Supérieure contre le support choisi.
| » La culture est faite en espalier ou sur tuteurs isolés.
Dans le premier cas, les arbres sont réunis par des tra- Verses horizontales, à 1,50 environ au-dessus du sol;
et on y ramène les rameaux élevés, qu'on détache avec Jumezce. — Cultures coloniales. IV.
précaution. Dans le second cas, ces rameaux sont encore rabattus, mais sur le tuteur lui-même. Ainsi, à la Réunion, dit M. H. Jacob de Cordemoy, on laisse d'abord le vamillier se développer librement depuis la fin de l’hivernage (février-mars) jusqu'au mois de juillet; et les extrémités des branches atteignent alors le sommet des Pandanus. Mais, un peu avant la floraison (juillet ou août), on les détache des supports et on les enroule autour de la base des troncs, au-dessus du faisceau des grosses racines adventives du Pandanus. Ce faisceau forme un rebord qui permet de faire tenir les rameaux enroulés sans le secours d'aucun lien. Cette plantation en pieds isolés a sun la plantation en espalier, l'avantage qu'on peut suivre cha= que liane séparément, et, en taillant ou pinçant, ou non, régler sa production suivant sa vigueur. Puis, dans Î plantation en espalier, il faut assez souvent remplacer les traverses; ce qui devient coûteux. 1 Les principaux soins d'entretien consistent, en plus de la taille ou des pincements, à arroser ou irriguer si besoin: en est, à rapporter de la terre sur les racines, et à sacs et à ameublir le sol chaque fois qu'il est nécessaire. Engrais. — Dans la plupart des vanilleries, on se con-" tente, comme fumure, de répandre du terreau ou d’aceumuler aux pieds des lianes les feuilles plus ou moins décomposées tombées sur le sol. On admet, du reste souvent, que les fumiers animaux ou même les engrais” minéraux sont plutôt nuisibles. Il y aurait vraiment lieu. de s'assurer jusqu'à quel point cette idée courante est exacte. Pour les engrais minéraux, tout au moins, il est bien vraisemblable que les planteurs qui se refusent à les employer obéissent à un vieux préjugé. Il importe rait d'entreprendre des essais, pour lesquels on trouverait, une première base dans une étude faite en 1897 par Grandeau, qui analysait alors à la fois les diverses par: ties de vanilliers de la Réunion et les sols des vanilleriess
. ainsi que les débris de filaos et des’ feuilles de l'Hydrocotyle asiatique, fumure souvent employée. Ces analyses démontrerent à Grandeau que la liane a bien de grandes exigences en principes minéraux, et notamment en potasse et en chaux, dont sont précisément pauvres les terres de la Réunion; mais il ne faut pas oublier que la plus grande partie des substances empruntées au sol par la plante n'est pas emportée par la récolte. Si on admet, en effet, que celle-ci est, en moyenne, de 225 kilos de gousses par hectare, et si on rapporte à cette récolte les chiffres fournis par l'analyse des gousses, on constate que l’enlèvement de matières minérales est, en somme, assez faible et bien moindre que celui dû à une récolte de céréales ou de canne à sucre. En fait, 220 à 225 kilos de gousses contiennent environ : 6 kilos de potasse; 4 kilos d'azote: À kilo d'acide phosphorique ; 3 kilos de chaux; 148,600 de | magnésie. Et, dans des terrains comme ceux que Grandeau a analysés (0,154 à 0,188 d'azote; 0,184 à 0,279 d'acide | phosphorique; 0, 017 à O0, 028 de potasse; traces de chaux; | 0,150 à 0,300 de magnésie), l'agronome conseille d’expérimenter un mélange, pour un hectare, de 1000 kilos de scories de déphosphoration, 2000 kilos de sables calcaires, Let 500 kilos de chlorure de potassium, qu'on répandra tous les quatre ans, pendant qu'on mettra annuellement 200 à 250 kilos de nitrate de soude. À On pourrait essayer également, toujours d’aprèS Grandeau, un engrais qui contiendrait pour 100 kilos: 28 à 30 kilos de phosphate d’ammoniaque; 44 à 45 kilos de nitrate de potasse; 15 à 16 kilos de nitrate de soude; 10 à 11 kilos de sulfate d’ammoniaque. Cet engrais concentré peut être employé de deux manières : à l'état solide ou en “dissolution dans l’eau, suivant les conditions climatiques. Dans le premier cas, on répand 500 kilos du mélange par hectare. Dans le second cas, qui semble correspondre au meilleur procédé pour les vanilliers, on dissout 250 gram-
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mes du mélange dans un hectolitre d'eau et on arrose le sol avec cette dissolution, à raison de 20 litres par mètre carré. | .
Nous ajouterons qu'il serait intéressant encore d'essayer N l'influence des engrais manganésés, tels que le carbonate de manganèse. En principe, ces engrais peuvent être utiles, puisqu'ils agiraient à la facon des oxydases et que nous allons voir que la production de la vanilline de la gousse est due en partie à ces oxydases. |
Fécondation et Récolte. — Le vanillier commence à fleurir dans la seconde année, mais c'est rarement avant” 3 ou même 4 ans qu'il est assez vigoureux Deus qu'on le laisse fructifier. Mieux vaut, bien souvent, jusqu'à 2 ans ou 2 ans 1/2, supprimer les fleurs qui apparaissent.
On sait que la conformation de la fleur de vanillier est telle que l'autofécondation n’est pas possible; et la fécondas tion croisée même est difficile, puisque, dans la nature, elles ne se fait que grâce à l'intervention des insectes. Dans le Centre-Amérique, où la plante est indigène, et où, par conséquent, existent les insectes/capables de jouer ce rôles de pollinisateurs, qui seraient des abeilles du genre Me-w lipona, la fécondation est tout au moins assez fréquentes pour que la conservation de l'espèce soit assurée ; même là néanmoins, elle n’a pas lieu assez rébo ni assez. abondamment pour que le planteur se contente des gousses ainsi produites naturellement, et il augmente donc sa récolte en pratiquant la fécondation artificielle. A plus forte raison cette fécondation artificielle devient-elle nécessaire dans les contrées où le vanillier a été introduit; là les insectes pollinisateurs manquant, aucune fleur ne fructifierait. |
La fécondation pratiquée par l'homme doit consister à" amener au contact du stigmate qui surmonte l'ovaire de la fleur le pollen logé dans l’anthère située au-dessus. Ce con:
. tact serait facile s'il n°y avait, interposée entre le stigmates
et l’anthère, la languette que nous avons précédemment
(Phot. Fauchère) ig. 7.— Fé dation du vanillier à dagascar.
Fig. 7.— Fécondation d nillier a Madagascar
signalée et qui est le rostellum du stigmate, dirigé un peu obliquement de haut en bas. Le travail de l'homme
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