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doit dès lors consister à refouler cette languette au fond de la fleur, en la redressant; il devient ensuite facile d’abaisser le pollen sur le stigmate.

Un ouvrier exercé opère très rapidement. Il tient dans sa main droite une petite baguette mince et rigide, telle qu'un éclat de bambou ou un fragment de nervure de palnier. De la main gauche, il saisit légèrement la fleur entre le pouce et le médius, en levant l'index. Après avoir déchiré le labelle qui enveloppe le gynostème, il glisse sa baguette sous la languette stigmatique, qu'il repousse; et c’est

maintenant que, en appuyant sur l’anthère avec l'index

qu'il tenait levé, il lui est aisé d’incliner cette anthère sur le stigmate, auquel viennent s’accoler les amas polliniques.

La floraison a lieu au Mexique de mars à mai, à la Réunion de juillet à novembre, sur la côte orientale de Madagascar à peu près vers la même époque.

Les fleurs s'ouvrent, en général, pendant la nuit; il faut les féconder le matin. Il est bien reconnu que l’aprèsmidi est beaucoup moins favorable.

Le nombre de fleurs qu'on féconde, sur chaque pied, dépend de la vigueur de ce pied. On conserve, suivant les cas, de 2 à 8 épis, sur chacun desquels on féconde de 6 à 10 fleurs, choisies parmi les plus belles. Plus tard, on supprime, parmi les fleurs qui ont « noué », celles qui semblent se mal former; et on ne laisse finalement que 4 à 6 gousses par. épi, ou même moins si l’on veut obtenir un produit tout à fait supérieur.

Si la fécondation a réussi — et on évalue ordinairement cette réussite à 45 à 50 p. 100 — l'ovaire grossit peu à peu en s'allongeant, surmonté du reste flétri de la fleur; il tombe, au contraire, si la fécondation n'a pas eu lieu. Au bout d’un mois, la gousse à à peu près atteint ses dimen-

sions définitives; mais ce n'est encore que 7 ou 8 mois.

plus tard qu'elle est müre. On la cueille avant qu'elle ne s'ouvre, quand l'extrémité commence à jaunir. La

récolte s'échelonne naturellement, comme la floraison, sur plusieurs mois. Au Mexique, dans les distriets que nous avons déjà cités, et où la floraison dure de mars à mai, la cueillette est faite de janvier à mars. À Madagascar, dans l'Est, elle a lieu de mai à septembre; et 1l est à peu près de même à la Réunion.

Fig. 8. — Coupe longitudinale schématique du gynostème de vanillier avant et après la fécondation. À, base du capuchon; l, rostellum.

A Madagascar, dit M. Prudhomme, les planteurs comptent sur une production de 250 grammes de gousses vertes par plant, c'est-à-dire sur une moyenne de 10 fruits par liane: ce qui porte à 1 250 kilos de gousses fraiches

le rendement d’un hectare comprenant 5 000 vanilliers.

Dans une vanillerie qui a commencé à rapporter à 5 ans, la production se maintient, en général, jusqu'à 6 ans, mais diminue rapidement ensuite. Aussi considère-t-on, d'ordinaire, la plantation comme épuisée à la fin de la septième année; et on la renouvelle sur un autre terrain.

Préparation de la vanille. — Les gousses fraiches, lorsqu'elles viennent d'être cueillies, ne sont pas aromatiques; et ce n'est qu'au cours des préparations qu'elles subissent ultérieurement qu’elles acquièrent leur arome caractéristique, dû à la formation de vanilline et de quelques principes accessoires, La présence de ces derniers principes, qui constituent, en quelque sorte, le bouquet, contribue à donner à la gousse de vanille une finesse de | parfum qui assurera toujours sa supériorité sur la vanilline | artificielle. |

L'abondance du givre, c'est-à-dire des cristaux de vanilline, à la surface de la gousse n’est pas un critérium absolu de la valeur de cette gousse, parce qu'il faut encore tenir « compte, d'autre part, de la quantité de pipéronal, substance : à odeur d'héliotrope, qu'il y a dans le fruit. Quoique « beaucoup moins givrées, par exemple, que les sortes de Ia Réunion, les bonnes vanilles du Mexique leur sont supé-« rieures parce qu'elles ne contiennent pas ou ne contiennent « qu'excessivement peu de ce pipéronal, qui est, aù contraire, en assez forte proportion dans les vanilles de Tahiti, moins cotées, à leur tour, que celles de la Réunion. |

D'après d’intéressantes recherches de M. H. Lecomte, « les transformations chimiques qui s'accomplissent dans les « gousses pendant la préparation du produit commercial M sont essentiellement des fermentations diastasiques, plus « ou moins analogues, par conséquent, à celles qui s’effec- M tuent pendant la préparation des thés noirs. La substance « fermentescible du fruit mür serait probablement de la $ coniférine, glucoside qu'une diastase hydratante dédouble M en divers corps, parmi lesquels de l'alcool coniférilique: et une oxydase transforme cet alcool coniférilique en« vanilline. Notons que diverses observations plus récentes semblent bien confirmer cette théorie qu'émettait M. Lecomte en 1901. M. Pougnet, par exemple, a constaté que les radiations ultra-violettes développent surtout

l'arome chez les gousses vertes lorsqu'on à fait absorber, au préalable, à ces gousses, par le pédoncule, des sels de manganèse; et l’on sait que les sels de manganèse agissent à la facon des oxydases. M. Heckel à également provoqué l'apparition de la vanilline dans des fruits qui commenaient à jaunir en les soumettant aux anesthésiques ; or M. Guignard avait antérieurement bien démontré que l'effet de ces anesthésiques est de déterminer le dédoublement des glucosides sous l'action d'enzymes.

La formation de la vanilline étant la conséquence de processus diastasiques, on s'explique dès lors, comine pour le thé, certains détails de préparation. Ainsi, nous allons voir qu'on trempe tout d’abord les gousses pendant un court moment dans l’eau bouillante ; évidemment le résultat de cette immersion doit être de détruire la chlorophylle, et il: est reconnu que la destruction de la substance verte a pour effet d'assurer une action plus efficace des ferments solubles. D'autre part, ces ferments présentent leur maximum d'activité vers 40° à 45° : on favorise done leur action en exposant les gousses au soleil et en les enveloppant ensuite dans des couvertures en laine chaudes, ou encore en les mettant au four à une chaleur moyenne de 48°. Enfin, en desséchant ensuite, on évite que des fermentations ultérieures nui-

sibles ne se produisent.

Les procédés qui permettent d'obtenir tous ces résultats

sont divers. 6

Procédé de l'exposition au soleil. — Au Mexique, les gousses qui viennent d'être récoltées sont plongées pendant une demi-minute dans de l’eau presque bouillante. Après cet ébouillantage, onles place sur des nattes, pour les laisser égoutter, et on les expose au soleil sur des eouvertures en laine.

Chaque soir, on les enveloppe dans ces couvertures, qu'on place à leur tour dans des caisses hermétiquement closes, qui sont restées pendant tout le jour au soleil. Les

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gousses ainsi enfermées ressuent, c'est-à-dire évaporent de l’eau, qui se dépose en gouttelettes à leur surface. C’est au cours de ce ressuage que les enzymes viennent au contact des substances à dédoubler et à oxyder et que s'opère donc la fermentation. Au fur et à mesure que les gousses noircissent, on les enlève, en même temps qu'on met de côté celles qui s'altèrent. Ces manipulations durent pendant une semaine ou plus; en tout cas, une gousse est suffisamment préparée lorsque son enveloppe a pris une teinte brun foncé et qu'elle-même est molle et souple entre les doigts. On procède alors à la dessiccation proprement dite, en placant les fruits à l'ombre, dans des séchoirs spéciaux, qui sont des salles bien aérées, garnies de tablettes à claire-voie. C'est sur ces tablettes que les vanilles sont disposées ; elles y restent pendant 5 à 6 semaines. Pendant tout ce temps, une surveillance de tous les instants est nécessaire; on enlève au fur et à mesure les gousses qui ont atteint le degré de siccité voulu. On reconnait, comme l’a bien indiqué Delteil, qu'elles sont arrivées à ce point quand, les prenant entre le pouce et l'index de la main gauche par un bout, et promenant ensuite le pouce et l'index de la main droite sur toute la surface, on ne sent de rugosité;en aucun point. Les gousses sont,'à ce moment, noires, souples etridées ; elles s'aplatissent mieux qu'antérieurement et offrent au doigt une sensation moindre de fraicheur. On les enfermealors dans des caisses en fer-blanc, pour éviter une plus grande dessiecation qui leur serait préjudiciable ; et elles restent ainsi jusqu’à la mise en paquet: De temps en temps toutefois on ouvre la caisse pour enlever les fruits qui moisissent. |

Procédé de préparation au four. — Au Mexique encore, lorsqu'on juge que le brunissement de la vanille ne sera pas suffisamment obtenu par la simple exposition au soleil, les gousses, réunies en paquets et enroulées dans des couvertures en laine, sont placées dans des fours ana-

- tion proprementdite qui

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oh | VANILLE. 35

logues à ceux des boulangers. Ces fours ont été chauftés au bois, mais, avant d'y introduire la vanille, on a laissé

Ja température s’abäisser à 48° C. environ. Il faut, en

moyenne, dans ces conditions, de 16 à 22 heures pour que la coloration voulue soit obtenue ; déjà toutefois, au bout de 43 à 14 heures, il est prudent d'examiner les paquets pour voir si quelques gousses ne sont pas déjà à point. En ce cas ces gousses sont retirées du four, mais on les laisse pendant 24 heures enveloppées dans des couvertures en laine; après quoi on les met, suivant le Lemps, au soleil ou à ombre. La dessicca-

Garniture en caoutchoue

suit le passage au four a lieu comme dans la

DAP A ALONnAr expo Fig. 9. — Caisse pour la dessiceation de

sition au soleil. la vanille par le chlorure de calcium. Procédé auchlorurèé La porte, ouverte, est complètement de calcium. — Les rabattue.

deux méthodes précédentes ne sont pas spéciales an Mexique ; on les retrouve, avec quelques variantes, et surtout le procédé par exposition au soleil, dans les autres pays producteurs, pär exemple à Tahiti, à Madagascar, à la Réunion, etc, Dans la dernière de ces iles, on a toutefois, il y a quelques années, préconisé une tout autre méthode, qui est dite par le chlorure de calcium.

Aussitôt après la cueillette, les gousses sont mises dans des boîtes en fer-blanc. Ces boites ont ordinairement

22 centimètres de largeur et de hauteur, sur 35 centimètres de longueur ; elles sont doublées de laine intérieurement et munies d’un couvercle. Lorsqu'elles sont pleines, on les place dans des baquets, dans lesquels on verse de l’eau bouillante jusqu’à la hauteur descouvercles des boîtes, en ayant soin que l'eau ne pénètre pas à l'intérieur de cellesci. Pour prévenir un refroidissement trop rapide de l'eau, on recouvre chaque baquet d’une loile et on laisse ainsi pendant toute la nuit. C'est l'opération qui correspond à l'ébouillantage. Le lendemain matin, les gousses sont retirées et mises à l'air; puis on les place pendant 2 ou 3 Jours dans des couvertures en laine, qu'on expose pendant la journée au soleil. On se sert, pour cetteopération, de petites caisses en bois peu élevées, au fond desquelles les gousses sont rangées en une seule couche, qui est recouverte d'un drap de laine. Ces caisses, au soleil, reposent sur des tréteaux, qui les préservent de l'humidité du sol. |

Lorsque, après cette phase de ressuage, les vanilles ont pris la coloration brune ordinaire, on dessèche ; et c’est cette dessiccation qui va être effectuée par le chlorure de calcium dans des caisses en fer galvanisé (fig. 9), pourvues chacune d'une porte à charnières qui se ferme sur une bordure de caoutchouc. Chaque caisse à 11 tiroirs ou plateaux; le sixième tiroir et le fond portent les récipients qui contiennent le chlorure de calcium (18 kilos); les autres plateaux portent la vanille. Les plateaux sont des claies faites de rotins fendus, qui reposent sur des tasseaux rivés dans les parois latérales de la caisse. Les récipients de chlorure de calcium sont à double fond; ce qui permet l'écoulement du chlorure dissous: ,

La caisse, une fois remplie, est hermétiquement fermée. Tous les 2 ou 3 jours on l’ouvre pour surveiller et trier les gousses, et au besoin renouveler le sel. Les fruits altérés sont remis au soleil, puis dans une caisse spéciale.

En 25 ou 30 jours, le degré de dessiccation voulu est ordinairement atteint. Les vanilles sorties sont placées pendant plusieurs jours dans un: endroit ouvert et bien ventilé; et c'est enfin après cette dernière précaution qu'on les apporte dans les caisses en fer-blanc, où elles resteront Jusqu'au moment où elles seront classées et empaquetées.

Classement et Empaquetage. — les gousses de vanille préparées sont classées suivant la qualité et suivant la longueur. On établit tout d'abord ordinairement trois catégories: gousses fendues ; gousses sèches et rou-

sâtres, dont la fermentation a été défectueuse ; et gousses qui, au contraire, sont bien noires, onctueuses et de bonne odeur. Et c’est après ce triage par qualité qu’on procède au mesurage. On se sert, pour cette mensuration, d'une table spéciale dont le bord est gradué ; en avant sont des casiers qui correspondent aux diverses longueurs suivant lesquelles le tri doit être fait. Les dimensions les plus fréquentes varient entre 14 et 21 centimètres; et il y a facilement un écart de 10 francs entre les vanilles de 1Acentimètres et celles de 21. Les gousses de plusde 22 centimètres, et surtout celles qui atteignent 26 ou 27 centi mètres, sont un article exceptionnel, de prix très élevé. Inversement, au-dessous de 14 centimètres, ce sont des vanillons — qu'il ne faut pas confondre avec les vanillons du Vanilla Pompona — de prix inférieur.

Après Le triage, les gousses sont réunies par paquets de 50, dans chacun desquels on place au centre les 8 plus droites et en dessus les 16 plus belles ; ces paquets sont enfermés dans des boites en fer-blanc, garnies de papier, qui en contiennent de 10 à 12 kilos ; et enfin ces boîtes . elles-mêmes sont placées dans des caisses en bois.

Vanilla Pompona. — Le Vanilla Pompona Schiede, que nous avons déjà cité plus haut, a, à l'état spontané, une distribution beaucoup plus vaste que le Vanilla planifolia; car il serait sauvage, non seulement au Mexique et

JumELLE. — Cultures coloniales. LVE ee à

au Nicaragua, mais au Panama, en Colombie, au Venézuela et dans les Guyanes. Ses gousses charnues, vaguement trigones, de 10 à 17 centimètres de longueur sur 18 à 25 millimètres d'épaisseur, constituent, nous l’avons dit, le vrai « vanillon ». Elles sont de dessiccation très difficile et de qualité inférieure ; cependant leur forte teneur en pipéronal, qui diminue leur valeur comme condiment, les fait, par contre, employer en parfumerie. À la Havane, elles serviraient, paraît-il, pour parfumer les boîtes de cigares de luxe.

Piper nigrum L.

Le poivrier, qui serait originaire de l'Inde, et, en parti- | culier, du Malabar, est surtout cultivé en Asie méridionaleh (Malabar, États Fédérés malais, Établissementsdes Détroits,« Cochinchine et Cambodge) et dans l'Insulinde (Java et Bornéo anglais). | |

Dans notre Indochine, les quatre provinces productrices | au Cambodge sont celles de Kampot, de Péam et de Bantay- Méas, dans la résidence de Kampot, et celle de Tréang, dans la résidence de Takeo ; en Cochinchine, les deux“ grands centres sont : la province de Ha-Tien, près du Cambodge, puis, dans l'Ouest, la province de Bien-Hoë. |

Le poivrier est une plante grimpante, comme le vanillier: des nœuds de ses rameaux partent, outre des feuilles alternes, pétiolées, ovales, épaisses et palminerves, des racines aériennes qui se fixent aux arbres-supports. Les inflorescences sont des épis ordinairement simples mais parfois aussi ramifiés, opposés aux feuilles. Les fleurs peuvent être unisexuées par avortement, et il peut donc y avoir des pieds mâles et des pieds femelles. Le fait est surtout fréquent dans les formes sauvages de l'Inde. Les fruits sont des baies presque sphériques, légèrement ; charnues, d’abord vertes, puis rouges. Chacune con-

üent une graine à double albumen, dont l'extérieur

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2e rage ae D

Fig. 10. — Plantation de poivriers sur kapok, à Madagascar.

(périsperme) est le plus abondant et à contenu amylacé. On distingue dans le commerce le poivre noir et le

poivre blanc. Tous deux proviennent du Piper nigrum ; mais le poivre noir est le fruit tout entier, cueilli avant maturité, tandis quele poivre blanc est ce fruit mür débarrassé de la partie externe, et la plus charnue, de son péricarpe. Exactement cette portion de péricarpe éliminée est celle qui est située en dehors de la zone où se trouvent les faisceaux libéro-ligneux du fruit. Le poivre blane est donc la graine recouverte de son tégument propre et de la mince partie du péricarpesubjacente à ces faisceauxlibéro-ligneux.

Dans l'Inde, au Wynad, on cultive, d’après M. Barber, trois principales variétés de Piper nigrum : le Balamcotta, le Aallivali et le Cheriakodi.

Le Balamcotia est à très grandes feuilles (25 centimètres sur 12 en moyenne) ; les épis, d’une longueur ordinaire de 15 centimètres, sont à fleurs assez espacées. C'est une variété vigoureuse, à poivre lourd, et qui offre l'avantage que les fruits mürissent presque tous en même temps ; ce qui facilite la récolte,

Le ÆXallivalli, au contraire, tout en donnant aussi un poivre lourd, peut-être supérieur à celui du Balamcotta, est moins largement cultivé, précisément parce que là maturation a lieu plus progressivement et, en se faisant ainsi par périodes successives, force à échelonner les récoltes. La teinte générale de cette variété est vert sombre, au lieu d'être vert clair comme celle de la précédente; les épis sont plus courts et à fleurs plus denses que chez le Balamcotta. Il est une variation de ce type que lon nomme, en raison de la forme des feuilles, l’/vy-leafedform (c'est-à-dire : à feuilles de lierre).

Le Cheriakodi est une variété de faibles dimensions ; les feuilles, vert sombre, sont relativement petites (15 à 20 centimètres sur 7 à 10), et les épis sont courts (2em,50 à 5 cent.), garnis de fleurs très serrées. L’abondance de la récolte, en raison de cette densité des épis, la fait volontiers cultiver; la maturation est rapide, | |

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Culture et Engrais. — Les poivriers se plaisent sous les climats chauds et humides, aux basses altitudes et dans les endroits abrités contre les vents. On indique, comme hauteur annuelle de pluies, au moins 2 mètres. L'eau toutefois ne doit pas être stagnante. De bons terrains seraient les terrains argilo-sableux.

On multiplie le plus souvent par boutures, qu'on espace de 2 mètres environ en tous sens. Il y a ainsi 2 500 pieds par hectare. Voici, du reste, comment les Chinois opèrent à Hatien, que nous avons dit être une grande région de eul- Lure.

Le bouturage a lieu à la fin des pluies, en novembre et décembre. Mais, pour se procurer ces boutures, le planteur a, deux ou trois moisauparavant, mis en terre des branches de jeunes poivriers, dans le but d'y provoquer la formation de racines. Ces boutures en pépinière ont été, pendant tout ce temps, préservéespar des paillis contre l'ardeur du soleil et arrosées légèrement. Sur le terrain où on va Îles transporter, et qui est, de préférence, un sol neuf, au pied d'une colline ou d'une montagne, on a, d'autre part, creusé, aux intervalles de 2 mètres, des trous de 40 centimetres de profondeur et de 30 centimètres de largeur ; on y place un ou deux plants, en même temps qu'un pieu de 3 à 4 metres de hauteur et de 7 à 8 centimètres de diamètre, qui servira de tuteur. Ce pieu doit être d'un bois qui résiste à la pourriture et aux termites. Dans le trou où on les place les boutures sontrecouvertes d'un mélange deterre végétale bien meuble et de cendres qu'on obtient en brülant des feuilles et des branches sèches. On les protège contrel’ardeur du soleil en piquant tout auprès quelques feuilles de Z1cuala peltata (palmier qui est le cay ma cal des Annamites).

Après la mise en place, il n'y a plus qu'à bien sarcler la terre, à arroser en saison sèche, surtoutquandles plantssont jeunes, et aussi à bien fumer. À Hatien, les Chinois, dans

ce dernier but, utilisent beaucoup, à défaut de fumier de ferme, des déchets de poisson et aussi des carapaces de crevettes. Cet engrais de crevette contient (d'après des analyses de M. Durot citées par M. Haffner) 6,714 p. 100 d'azote et 3,838 d'acide phosphorique. Il arrive toutefois, fait remarquer M. Haffner, que cette poudre est nuisible; et les planteurs disent alors qu'elle estsalée. C'est fréquemment le cas, parexemple, pour la sorte qu’on trouve sur le marché de Cholon. La meilleure qualité de toutes est celle de Camau; moins bon est l'engrais de Baria et de Mytho, et moins bon encore celui de Haïnan et de Singapore. Cette poudre de crevette doit être répandue à raison de 150 grammes par p'ed à 3 ans, 300 grammes à 4 ans, 500 grammes à 5 ans, de 500 grammes à 700 grammes à 6 ans. Dans ses Champs d’Essais, M. Haffner a toujours constaté, d'autre part, le bon effet d'une application de 5 kilos d'engrais de ferme par pied.

Une autre observation de M. Haffner est la plus grande vigueur des lianes venues de semis, ainsi que leur plus grande résistance à la sécheresse, comparativement aux lianes de boutures. La ramification est toutefois plus tardive. Une premiere récolte, sur ces pieds de semis, à été obtenue à quatre ans.

Pour fournir un abri aux jeunes plants, M. Haffner sème, entre les rangées, une ligne de cotonniers ; et 1l jugé cet abri préférable à celui des feuilles de ZLicuala peltata. L'ombre très tamisée des cotonniers couvre entièrement le sol, sans que, d’ailleurs, les racines, qui s'étendent peu, entravent le développement des poivriers.

On a pu remarquer que les tuteurs employés en Indo- Chine sont de simples pieux, et non des arbres vivants.Il en est de même souvent à Singapore. Ce sont, au contraire, généralement des arbres dans l'Inde et en Malaisie ; et la queslion, dès lors, se pose de savoir quelle est, de ces deux méthodes, emploi de tuteurs morts ou de tuteurs vivants,

celle qui est préférable. D'expériences etd'observationsfaites à diversesreprises en Cochinchine, il semblerait bien résulter que la vigueur de végétation est plus grande lorsque le supportest un arbre : et, théoriquement, nous pouvonsle comprendre, car les racines aériennes du poivrier doivent vraisemblablement, comme celles du vanillier, puiser quelque nourriture dans l'arbre, grâce à une association mycorhizienne. Toutefois 11 se peut aussi que les lianes ainsi fortement nourries, et, par suite, comme on l’a observé, plus produetives, s’épuisent plus rapidement et vivent moins longtemps que les pieds qui croissent sur tuteurs morts. Où est, en définilive, l’avantage ? C'est ce qu'il serait nécessaire de bien établir avant de proclamer, pour un pays donné, la supériorité certaine de l’un des deux procédés.

En tous cas, lorsqu'on a recours aux arbres vivants, il est nécessaire de les élaguer fréquemment pour que leur ombre ne soit pas trop grande. Il faut aussi les étêter.

La liane elle-même doit être également écimée quandelle dépasse une certaine hauteur (2 mètres environ) ; cet écimage provoque la ramification et facilite la cueillette.

Dernière remarque. Nous avons dit que, à Hatien, on plante les boutures après les pluies ; en général cependant dans les autres contrées, et même déjà en certaines localités de la Cochinc hine, on procède plutôt à ce bouturage au commencement de la saison pluvieuse, qui est bien, en effet, l'époque qui peut sembler la plus favorable. Dans l'Est de la Cochinchine, à Bien-Hoa, Pépoque de la mise en place serait le mois de mai. Au Malabar, on bouture de même en Juin.

Récolte, Rendement et Préparation. — Le poivrier obtenu de bouture commence à fleurir à l’âge de 3 ans; mais, pour avoir des plants vigoureux et de longue durée, on recommande de supprimer les premières fleurs et de ne laisser les fruits mürir qu'à partir de la quatrième année. A

. 6 ans, la liane recouvre entièrement son support et entre

Ft 44 PLANTES A ÉPICES ET A AROMATES.

en plein rapport. Le rendement commence à diminuer vers l’âge de 20 ans ; et à 30 ans 1l devient ordinairement nécessaire de renouveler la plantation. Ce n’est qu'exceptionnellement que des poivreries plus âgées restent productives.

Le plein rapport d'un pied peut correspondre à plus de 3 kilos de poivre sec ; cependant, le plus souvent, il ne dépasse guère plus de 2 kilos, et, en Cochinchine, on admet, comme marche moyenne du rendement, la suivante :

SE RE RÉ 4m A à 0 kilog. 135 PR MR EE DOS A tn te eo Ra — 510 Li TES a RON Re ALLO RARES PTS RS 1 — 030 ÉD LOLATLS., at à ete SET CE 1 — 150 DORA B OS TANS Les DR de Ce DIE = 690 DORA ES DT ANS ee L NEO ER EE 0 — 915

Il y a, en général, deux récoltes par an; et les fruits mürissent quatre mois environ après la floraison. Ainsi, à Sumatra, il y a une première floraison en septembre, les fruits commencent à mürir en décembre, et la récolte, qui est la principale, a lieu en janvier. Il y a ensuite une seconde floraison en mars et avril, avec les pluies de la petite mousson, et on procède à une petite récolte en juillet et août, La qualité toutefois de cette seconde récolte, d’après Simmonds, estinférieure ; et la cause en est sans doute l’insuffisance des pluies pendant cette période. En Cochinchine, la principale récolte commence en décembre, c'’està-dire aussitôt après la saison pluvieuse.

Le poivre noir est préparé avec des fruits qui ne sont pas complètement mürs;le poivre blanc l'est, au contraire, avec des fruits bien rouges, et qui sont, par conséquent, ceux qu'on cueille à la fin de la période de récolte.

Les épis non entièrement mûrs, et qui doivent donner le poivre noir, sont égrenés ; et les fruits sont simplement desséchés, soit au soleil pendant quelques jours, soit (mé-.

thode chinoise) dans des séchoirs où ils sont étendus sur des dalles chauffées à feu doux. L'état voulu de dessiccation est obtenu lorsque le grain casse sous la dent.

Pour l'obtention du poivre blane, les fruits completement mürs sont placés dans des paniers qu'on laisse pendant 3 ou 4 jours dans l’eau courante. Par un frottement énergique la partie externe de la pulpe se détache ensuite facilement: les grains débarrassés de cette couche externe sont séchés au soleil.

ll est, d'ailleurs, aussi du poivre blanc qui, soit dans les pays d'importation, soit dans les pays mêmes de production, est préparé avec du poivre noir. Ge ne sont donc plus, en ce cas, des fruits mürs et frais de poivrier, mais des grains déjà desséchés de poivre noir, qui sont plongés pendant quelque temps dans l'eau; ces grains sont mis dans des sacs, qu'on plonge eux-mêmes dans des baquets. Lorsque le péricarpe charnu est suffisamment gonflé et commence à se désagréger, on achève le dépulpage avec des appareils spéciaux. La principale difficulté de l'opération consisterait, parait-il, à arrêter ce dépulpage au moment voulu, car, poussé trop loin, il enlève la partie interne et blanchâtre du péricarpe, et la graine, revêtue seulement de son tégument qui est foncé, réapparait noire, l'aspect désiré n'est pas alors obtenu.

Piper guineense. — Le Piper quineense Schum. et Thon. est le poivrier noir de l'Afrique tropicale. Ses grains ont à peu près la grosseur de ceux du Piper nigrum et sont employés de mème. C'est le poivre des Achantis, et aussi le poivre du Kissi. Il est, en effet, cultivé dans ce Kissi, en Guinée Française. L'espèce est spontanéte dans les forêts vierges et les galeries tropicales de la zone chaude de l'Afrique, et aussi bien dans l'Est que dans l'Ouest, car le Piper Clusit quon trouve en Afrique orientale n'est qu'une variété de ce Piper guineense.

CS

Piper longum Lin.

Le Piper longum L. donne, avec le Piper Chaba Hunter (Piper officinarum D C.), le poivre long du commerce, ainsi appelé parce que le produit commercial nest plus ici le fruit isolé, mais l'épi tout entier, sur lequel les fruits, très serrés les uns contre les autres, sont laissés réunis.

Le Piper longum donne le poivre long de l'Inde; le Piper Chaba donne le poivre.

long de Malaisie. |

Les deux espèces sont toujours dioïques ; ce qui, nous l'avons vu, n’est qu'exceptionnel chez le Piper nigrum, surtout à l'état cultivé.

Les épis du Piper Chaba sont plus longs (35 à 40 miilimètres) et plus gros (8 millimetres) que ceux du Piper longum. La prépa-

ration pour le commerce consiste, comme pour le poivre noir, à les cueillir avant maturité et à les dessécher au soleil.

La multiplication a lieu par rejets. On Fig. 11. — » ? ; Éd pe. plante à des intervalles de 2 mètres, en ter-

per Cha- rains élevés, riches. L'humidité ne serait pas

ba (Poivre

ma aussi nécessaire que pour le Piper nigrum. Le Le] .

Piper longum donnerait, par hectare, 90 kilos de récolte à la fin de la premiere année, 360 à la fin de la seconde, 540 à la fin de la troisième; puis le rapport ensuite diminuerait. Mais lorsque le pied a été arraché, les Indiens utilisent encore les racines, qui entrent dans la préparation de divers médicaments.

Myristica fragrans Hout.

Le muscadier, originaire de Céram et des autres îles qui forment la partie méridionale des Moluques, était, au

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