MUSCADIER
de l’amande, les veines périphériques radiales d'un brun rouge qui tranchent sur le fond grisätre. La noix de muscade contient, en outre d'une essence (8 à 15 p. 100) qui est très voisine de celle du macis et qui lui donne sa saveur caractéristique, et en plus aussi d’une substance résineuse. le tiers à peu près de son poids de matière grasse. C’est le beurre de muscade, qui est composé d'environ 3/4 de myristine, 1/4 d’oléine et 1 p. 100 de butyrine, et qui ne fond que vers 460, La noix de muscade contient encore de l’amidon et du tanin.
Le muscadier se plait aux basses altitudes (moins de 500 mètres), dans les endroits chauds et humides, abrités et ombragés. Il ne craint pas le voisinage de la mer. Le sol doit être frais, mais bien drainé. On a dit que les terrains sablonneux ne conviennent pas, cependant, à Déli, d'a- Fig. 13. — Graine de près M. Tabel, c’est surtout sur les Mmuscadier avec son bancs de sable, riches en humus, Donne qu'on appelle les pematangs, et qui sont parallèles à la mer, que l'arbre est cultivé, soit seul, soit mélangé avec tous les arbres fruitiers du pays.
Le muscadier est multiplié par graines. Ces graines doivent être très fraiches, car la faculté germinative disparait vite. Les semis sont faits en pépinière, dans une terre qui a été bien remuée ; la graine est mise à 2 ou 3 centimètres de profondeur. On arrose fréquemment, si besoinen est, pour maintenir le sol humide; la germination a lieu en 30 à 40 jours. Il est nécessaire que les jeunes plants soient ombragés, et ils peuvent l'être par des bananiers.
La mise en place est effectuée au cours de la seconde année, quand les pieds ont de 60 centimètres à 1 mètre de
hauteur ; on choisit, pour procéder à cette transplantation, un temps couvert.
Les intervalles entre les arbres doivent être de 8 à 10 mètres ; on dispose en quinconce. Dans chaque trou on met de la terre bien meuble, et, au besoin, de l’engrais. Mais longtemps à l'avance on a préparé l'ombrage, qui semble aussi nécessaire pour les muscadiers adultes que pour les jeunes. Cet ombrage peut être fourni par des arbres fruitiers, de taille élevée et de croissance rapide, et qui rapporteront avant le muscadier. On emploie encore en Malaisie les girofliers, les aréquiers, les cocotiers, etc.
Au moment de la mise en place, on met deux pieds par trou, carilne faut pas oublier que les sexes, dans l'espèce, sont séparés. Un pied mâle suffit pour une dizaine de pieds femelles. Dès la première floraison, c'est-à-dire vers 7 ou 8 ans, quand le sexe peut être reconnu, on supprime undes deux plants, en choisissant de telle facon quela proportion des arbres des deux sexes soit sensiblement celle désirée.
Les soins d'entretien d’un jardin de muscadiers sont presque nuls. Il n'y a qu'à enlever les gourmands, à diriger
un peu l'arbre, en l'empêchant, par la taille de sa cime,”
de trop s'élever. On cherche à ce qu'il soit bas et trapu. Pour éviter la présence, dans une plantation, de musca-
ET
diers entièrement mâles, c'est-à-dire improductifs, on a«
proposé à plusieurs reprises le greffage de branches femelles
sur des individus mâles. On ne laisserait alors au sujet que «
les quelques rameaux nécessaires pour assurer la fécondation. Des essais en ce sens ont été faits jadis avec succès à
la Réunion par M. Hubert; ils ont été répétés plus récem-"
ment par M. Thierry à la Martinique et par M. Harris à la Jamaïque. On peut avoir recours ou bien à la greffe par approche sur sujets déjà âgés d'un an, que l’on dispose
autour des plants mères, ou bien à la greffe par rameaw détaché, que l'on pratique en fente de côté. En fait, nous’
ne croyons pas que jusqu'alors ce greffage ait été beau-