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| te Fig. 45. — Écorces enroulées de canen morceaux longs de 30 nelle de Ceylan (A) et de cannelle centimètres environ, est de Chine (B); et leurs sections
mince, lisse, brillante, HR RrEne Gr RU
de couleur jaune elair, assez souple, de saveur aromatique,
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chaude et agréable. La sorte récoltée à Ceylan même est ordinairement considérée comme plusfine etestplus estimée. que les autres cannelles de Cinnamomum szeylanicum, obtenues ailleurs, et qui, du reste, n’ont qu'une faible importance commerciale. Java et les Seychelles sont les Seuls pays qui exportent actuellement de petites quantités. Le produit originaire de Ceylan se subdivise lui-même en plusieurs qualités, suivant la teneur en essence : etces qualités dépendent en grande partie de la situation de lan branche sur laquelle l'écorce a été prise. L'écorce du milieu de l’arbuste ou de la branche supérieure est la meil-u leure ; celle prise aux extrémités supérieures vient au
. @ hd rang ; celle des bases des branches est au troi-«
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Une qualité inférieure est exportée sous le nom de chips, ou copeaux; elle correspond surtout aux jeunes branches, qu'on à coupées avant leur complet développement.
Avec ces copeaux, ainsi qu'avec les tuyaux brisés ou les trop gros fagments d'écorce, on prépare l'essence de cannelle proprement dite, qui contient de 65 à 75 P. 1008 d'aldéhyde cinnamique, et seulement 4 à 8 p. 100 d’ eugéÆ nol. Les chips rendent de 0,5 à 4 p. 100 d'essence. Cétte ÿ essence à une odeur fine et agréable et une saveur douce“ et épicée. Une autre essence de cannelle, qui à à la fois l'odeur de cannelle et celle de girofle, et qui contient, en. effet, à côté de l'aldéhyde cinnamique, beaucoup d’eugénol (70 à 80 p. 100), est l'essence que fournit la distillation des feuilles (1,8 p. 100). Cette essence de feuilles est de moins en moins préparée. Enfin les racines donnent une essence camphrée, dont se sépare, par simple repos, du véritable camphre,
Lorsqu'on exporte des écorces récoltées sur des canneliers sauvages, la douane cinghalaise exige qu'elle soit marquée « cannelle sauvage ».
La culture du Cinnamomum seylanicun n'intéresse »
CANNELIERS. sy
guère à l'heure actuelle que Ceylan, où, d'ailleurs, 11 ny à que bien rarement l’occasion de renouveler les plantations, qui durent très longtemps. On peut multiplier par graines, par boutures, par marcottes ou par drageons. Mais, la plupart du temps, à Ceylan, d'après M. Tschirch, les planteurs procèdent par marcottage; et l'emploi de cette méthode est facilité par ce fait que, la tige principale de la plante étant coupée un peu au-dessus du sol pour la récolte, l'arbre prend, par les drageons qui partent de ses racines, la forme buissonnante.
Pour marcotter un de ces drageons, qu’on choisit bien développé, on enlève annulairement un morceau d'écorce, sur une longueur de 2 centimètres, et on courbe la branche
. de manière que cette région décortiquée soit enterrée; et
elle est ainsi maintenue jusqu’à ce qu’elle soit enracinée. À ce moment on la sépare de la plante-mère, on l'enlève avec la terre qui l'entoure, et on la transporte à l'endroit où elle doit être plantée. On conserve entre les pieds 4 à 5 mètres d'intervalle.
Pour les semis, on installe des pépinières vers décembre, et on transplante au moment des premières pluies, en avril.
Dans la suite, quel qu'ait été le mode de plantation, l'entretien des jardins de canneliers consiste à sarcler et biner, à butter, et à enlever toutes les plantes grimpantes qui pourraient apparaitre.
Nous avons vu que pour la récolte on coupe la tige au voisinage du sol. Il en repart des drageons qu'on coupe à leur tour 2 ans plus tard, et ainsi de suite.
Le rendement en écorce augmente avec l’âge, et en raison du plus ou moins grand nombre de drageons émis. Comme moyenne, Nicholls indique 170 kilos par hectare; et c'est à peu près la même évaluation que donne M. Tschirch.
Cinnamomum obtusifolium Nees.
Le cannelier de Chine etle cannelier d'Annam ont été considérés jusqu'en ces dernières années comme deux espèces distinctes, qui auraient étérespectivementle Cinnamomum Cassia BI. et le Cinnamomum Loureirii Nees; mais M. Perrot et Eberhardt ont, en 1909, modifié ces deux déterminations. Le cannelier d’Annam et du ue R serait le Cinnamomum obtusifolium Nces; et le canneliers de Chine serait une variété de cette espèce, qu'il faudraits nommer alors Cinnamomum obtusifolium var. Cassias Quant au Cinnamomum Loureirii, ce serait le cannelier# de Cochinchine, qui ne serait peut-être, au reste, également qu'une variété du Cinnamomum obtusifolium, et, par conséquent, le Cinnamomum obtusifolium var. Lou reirit.
Au point de vue commercial actuel, les deux cannelles* les plus intéressantes sont la cannelle de Chine et las cannelle d'Annam.
Cannelier de Chine. — Le Cinnamomum obtusifo lium var. Cassia différerait du type d'Annam par les prin« cipaux caractères suivants :
1° Les fruits ne seraient que de la grosseur d'un pois dans ce cannelier de Chine, tandis qu'ils auraient la grosseur d’une noisette dans le cannelier d'Annam.
2° Les nervures latérales des feuilles adultes se détacheraient de la nervure médiane à quelques millimètres du point d'insertion du limbe dans le cannelier de Chine, tandis qu'elles seraient tout à fait basilaires dans le type.
30 Les pédicelles floraux sont plus longs quele périanthe dans l'espèce annamite et à peu près de même longueur. que ce périanthe dans la variété chinoise.
La cannelle de Chine est récoltée dans les deux provinces méridionales de la Chine, le Kouang-Si et le Kouang-Toung.«
De mémoire d'homme, disent MM. Perrot et Eberhardt, on n’a jamais vu de canneliers sauvages dans cette contrée ; tous les canneliers exploités sont donc cultivés. Et ce serait cette culture de longue date qui aurait donné naissance à une variété du type annamite sauvage.
Les Chinois n'exploiteraient pas leurs arbres de façon aussi rationnelle qu'à Ceylan; jamais ils ne distillent les écorces seules, mais toujours un mélange de ces écorces avec une grande quantité de feuilles, ainsi qu'avec les fleurs et les rameaux.
Les écorces bien desséchées sont divisées en trois qualités et expédiées en bottes de 500 grammes. Elles sont dirigées sur Canton, qui les exporte vers l’Europe.
L'essence est transportée dans des récipients en plomb, qui présentent un grave inconvénient: pendant le transport, une petite partie de l’aldéhyde einnamique se transforme en acide, qui, par combinaison avec le plomb, donne du einnamate de plomb. On est donc obligé de rectifier en Europe cette essence de cannelle plombifère. D'autre part, le produit est souvent fraudé, notamment par l'addition de colophane et de pétrole. La colophane lui donne un arrièregout àâcre qu'il ne doit pas avoir lorsqu'il est pur; en ce dernier cas, c'est une essence à odeur sui generis, à Saveur douce et chaude. Elle contient plus d'aldéhyde cinnamique (75 à 90 p. 100) que l'essence de Ceylan.
Cannelier d'Annam. — Le Cinnamomum oblusifolium est normalement un arbre de 13 à 17 mètres de hauteur, à écorce brun grisâtre, et à feuilles oblongues ou oblongues-lancéolées (fig. 16).
Contrairement à ce que nous venons de constater pour la variété de Chine, l'espèce annamite est plutôt exploitée à l’état sauvage que cultivée. Sa culture, disent MM. Perrot et Eberhardt, n'est faite, en réalité, et tout à fait à l'état rudimentaire, que chez quelques Moïs, Pahis et Cédangs, qui y ont été encouragés par les missionnaires. En plus
de 5 ou 6 villages Moïs où l'on trouve, en pleine montagne, quelques éléments de plantations, représentés par quelques vingtaines de pieds environ autour des cases ou en forêt, il n'y a à signaler que les essais du P. Tissier, qui a actuellement un millier de pieds sur la rive. droite du Song-Tra-Bang (dans le Quang-Ngaï) et quelques essais aussi des indigènes dans leurs jardins, dans les cantons de Binh-Ha.
Mais, à l'état sauvage, le cannelier est réparti sur toute la longueur de la chaîne annamitique, du Sud au Nord. Les principales provinces d'exploitation sont toutefois celles de Than-Hoa et de Nghé-An dans le Nord, et celles de Quang- Nam et de Quang-Ngaï dans le Centre.
La sorte la plus réputée, dite cannelle royale parce que c'est la seule que consomme le roi, est celle du Than-Hoa. MM. Perrot et Eberhardt ont donné sur sa récolte d’intéressants détails. Les arbres sont découverts par hasard dans les forêts de la région montagneuse par les indigènes qui vont couper du bois. Dès qu'il a ainsi trouvé un cannelier, le Muong le marque et en informe le quan-chau, qui est propriétaire, dans son chau,detousles arbresde cette espèce. Ce quan-chau prévient à son tour le résident de la province, et celui-ci demande l'envoi de fonctionnaires chargés d'assister à la décortication. Car il ne suffit pas, pour que la cannelle soit « royale », qu’elle provienne du Than-Hoa, il faut encore que son origine ait été officiellement contrôlée et que le cachet de la résidence ait été posé sur les. morceaux d'écorce récoltés en présence des autorités francaises et indigènes. Pour cette récolte, le cannelier est entièrement ébranché, et, lorsqu'il ne reste plus que le tronc, celui-ci est coupé au ras du sol. Tronc et rameaux sont écorcés, puis taillés en morceaux égaux (30 à 40 centi-« mètres de longueur et 7à8 centimètresdelargeur). C'estalors que chaque morceau est marqué du cachet: et, comme le quan-chau n’ale droit de vendre la récolte qu'après un choix
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fait pour la cour, les fragments sont comptés et laissés sur leslieux.
La préparation de tous ces morceaux consiste maintenant à en gratter l’intérieuravec un racloir en os ou en bois.
Fig. 16. — Rameau fleuri de cannelier d'Annam. (Perrot et Eberhardt},
de façon à obtenir une surface interne lisse; puis, après avoir débarrassé l'extérieur de tous les corps étrangers qui | s'y trouvent, mousses, algues, ete., on place à l'intérieur une plaque de bambou qui s'applique sur cette face interne. L'écorce ne peut done pas s’enrouler ; les bords seuls se ” replient parce que la plaque de bambou est, à dessein, un k moins large que le fragment cortical. Quand l'écorce
Jumezce. — Cultures coloniales. IV. — 4
Eve
est à peu près sèche (fig. 17), le bambou est remplacé par de simples petites traverses, placées en haut, en bas et au milieu. La récolte est enfin classée. Le rendement total de l'arbre est très variable, car tout cannelier découvert est abattu, quel que soit son âge. Un pied de 15 à 16 mètres rapporte couramment de 12 000 à 15 000 francs.
Le mode de récolte que nous ve-m nons de décrire est, en somme, celui qu'on retrouve dans les autres régions de l’Annam. L'écor-* cage serait seule-" ment fait parfois sur l'arbre Sur pied ; cet arbre, d'ailleurs, meurt” après l'opération, et le résultat final est doncle mème.
Il y a deux principales époques pour la récolte ; la première, etla plus importante, dur second au quatrième mois annamite, au moment de la montée de la sève; puis une seconde, plus faible, vers” le septième mois, quand il y a une nouvelle poussée sé veuse. Les écorces, détachées et séchées comme nous l’a vons dit, sont mises en paquets ; et c’est en cetétat qu'elles,
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Fig. 17. — Écorce de cannelle d’Annam.
(Perrot et Eberhardt).
«Sont, Soit livrées aux agents des maisons chinoises de Faï-fo, si elles ont été achetées sur place avant la récolte — comme cela à lieu bien souvent, car ces agents, ou laibuon, parcourent les pays de canneliers et examinent les arbres encore sur pied — soit apportées sur les marchés, dont les principaux sont Tramy et Phuoc-son dans le Quang- Nam, et Tra-bong, Co-sau et Dong-khé dans le Quang-Noaï. Le paiement n’a pas lieu en monnaie, mais en objets d'échange. |
Sur le marché, les écorces sont soumises à un premier triage. Celles du milieu du tronc sont les plus estimées : viennent ensuite les écorces des extrémités des branches, préférées à leur tour aux écorces des bases de ces branches.
Ces caractères font établir des subdivisions dans la première et la troisième des trois grandes catégories suivantes :
Le que-kep, qui est l'écorce du trone des arbres ayant plus de 10 centimètres de diamètre ; et c’est la cannelle parvenue « à maturité » ;
Le que-kien, qui est l'écorce insuffisamment « mûre » des arbres plus jeunes ;
Le que-tanh, qui provient des branches.
Toutes ces écorces, taillées en morceaux égaux, sont coupées en biseau à leurs extrémités. Elles sont de nouveau desséchées sur des planchettes en bois. Certaines modifications quise manifestent, au cours de cette dernière manipulation, dans l'aspect des fragments indiquent à l'opérateur expérimenté la valeur exacte du produit et l'amenent souvent à opérer un second classement quelque peu différent du premier. |
La cannelle d’Annam estsupérieure à la cannelle de Chine, et cette supériorité est si bien reconnue par les Chinois qu'ils réservent pour la vente sur place toute ou presque toute la cannelle qu'ils reçoivent de notre Indochine; et ils préferent exporter leurs sortes indigènes.
Remarquons bien que, contrairement à ce qui à lieu, pour la cannelle de Ceylan, la cannelle d'Annam la plus. estimée est la cannelle sauvage.
Caryophyllus aromaticus Lin.
Le giroflier est, comme le muscadier, originaire des Moluques. Les Hollandais, qui, ainsi que nous l'avons vu, avaient fait détruire tous les muscadiers dans les iles autres que les Banda, avaient usé du même procédé pour s’assurer le monopole des girofles ; les girofliers avaient été conservés dans une seule île, celle d’Amboine. Poivre cependant fut assez heureux pour trouver quelques plants de ces autres arbres à épices dans l'endroit même où il avait découvert les muscadiers, et les deux espèces furent ainsi apportées en même temps à Maurice. \
En 1772, cinq de ces jeunes girofliers furent donnés par l'intendant de l'Ile de France à un créole de Bourbon, Joseph Hubert; quatre périrent, mais le cinquième fut le père de presque tous les girofliers actuels de la Réunion,
Vers la même époque, grâce encore à Poivre, d’autres pieds étaient envoyés à Cayenne, à Saint-Domingue et à la Martinique.
À Zanzibar, qui est devenu etresté un te grands centres. de production des girofles, l'introduction date de Ia fin du xvin® siècle; les plants furent apportés de Bourbon pars un Arabe et un officier français. !
Il est bien probable que c’est aussi vers le même moment que lParbre fut importé à Sainte-Marie de Madagas | car, autre pays actuel d'exportation.
Le giroflier est un arbre de forme pyramidale, de 10 à 15 mètres de hauteur, à tronc lisse et gris clair, à feuilles (fig. 18) persistantes.
Les inflorescences sont des cymes corymbiformes termi: