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Fig. 7. — Evaporaleur Ryder.

compte de la perte qu'il y a toujours dans le traitement industriel de grandes quantités, alors que les essais de M. Boname ont été des essais de laboratoire, opérés sur des quantités plus faibles, traitées naturellement avec plus de soin.

Le directeur de la Slation d'essais de Maurice calcule que, dans les bananes vertes, la proportion de pulpe peut varier de 55 à 70 p. 100, et celle de la matière sèche dans cette pulpe de 35 à 45 p. 100. Toutefois — et ce qui prouve

combien des facteurs divers interviennent dans ces estimations, pour les modifier — alors que, dans un lot de bananes vertes analysé par M. Boname, la proportion de pulpe était de 55 p. 100, elle a été, dans un autre lot des mêmes bananes complètement müres, de 64 p. 100. Suivant donc le degré exact de maturité, on pourra obtenir,

pour une même variété, des résultats quelque peu diffé-

rents. Et ce n’est bien, dès lors, qu'une valeur approximative qu'il faut attribuer à ces indications sur le rendement.

Pour la préparation de la farine, les bananes vertes doivent tout d’abord être pelées. Cet épluchage est opéré plus aisément si les fruits — qui ne sont pas mürs — ont été au préalable plongés pendant 4 ou 5 minutes dans l’eau chaude à 80° C.

On peut ensuite découper la chair en rondelles de 3 à , millimètres d'épaisseur, el on fait sécher ces rondelles au soleil pendant deux ou trois jours. Mais, pour la fabrication en grand, il est plus pratique et plus rapide d'avoir recours aux séchoirs. M. Leuscher recommande le séchage à chaud dans les appareils à vide. On pourra done employer des séchoirs tels que ceux que construit la maison Scott de Londres (fig. 6). Cet outillage est du moins celui qui peut convenir pour de grandes entreprises; pour de plus petites installations, on recommande les évaporateurs plus simples du système Ryder. La maison Mayfarth notamment construit de ces séchoirs de différentes grandeurs (fig. 7). Les fruits, dans ces évaporateurs Ryder, sont placés sur desclaies contenues dans deux compartiments superposés. L'ensemble de ces deux compartiments forme une caisse qui est légèrement inclinée et repose par sa partie la plus basse sur un foyer à double enveloppe. L'air sec qui s’est échauffé dans le manteau de ce foyer traverse la caisse, passe sur les fruits, et, entrainant sous forme de vapeur l'eau qu'ils contiennent, sort par l'ouverture qui se trouve à l'extrémité supérieure de la chambre.

Lorsque, par un moyen ou par l’autre, la dessiccation est opérée, les fruits sont pulvérisés dans des appareils qui sont encore de divers modèles. On construit même des broyeurs-pulvérisateurs-tamiseurs.

Si le tamisage n'a pas été effectué pendant la pulvérisation, on transporte la farine obtenue sur des tamis mécaniques, dont les mailles sont au nombre de 120 par 25 millimètres carrés. Le résidu de ce premier tamisage est de nouveau moulu, puis retamisé.

Complètement préparée et suffisamment sèche, la farine est emballée dans des caisses ou des barriques garnies intérieurement de papier.

Nous avons déja donné sa composition et indiqué quelques-uns de ses caractères. Ajoutons qu'elle est Jaunâtre, à saveur un peu douceâtre, à odeur de banane fraîche. Avec l’eau, le lait, le bouillon, elle donne des bouillies sans grumeaux. M. van der Laat fait remarquer que sa cuisson est lente et nécessite une heure au moins. Pour s'assurer, ditle même auteur, que cette cuisson est suffisante, on prend une cuillerée de la farine qui a bouilli et on la jette dans l’eau froide; elle ne doit pas flotter. Si elle reste à la surface, elle est encore crue.

BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE

W. Fawcett : The Banana Industry in Jamaica (West Indian

Bulletin. Barbados, 1902). — P. Hubert : Le Bananier (Dunod et Pinat, éditeurs. Paris, 1907). — De Wildeman : Les plantes tropi-

cales de grande culture (Castaigne, éditeur. Bruxelles, 1908). — Divers articles dans le Bullelin of the Botanical Departement Jamaica, et dans le Journal d'Agricullure tropicale (1901-1911).

HAPITRE IV

PESICEREALESE

Les principales céréales des pays chauds sont le riz, le maïs, le sorgho, ou gros mil, le petit mil, et tous ces autres petits grains désignés sous le nom général de millets.

LE RIZ Oryza sativa Lin.

Le riz, dont le grain est la base de l'alimentation de la moitié de la population du monde, et dont la production annuelle est au moins de 80 milliards de kilogrammes — pendant que celle du maïs est d'environ 104 milliards et celle du blé de 94 milliards — est, d’après de Candolle, originaire de l'Inde, C’est de cette partie de l'Asie méridionale que sa culture aurait été peu à peu propagée à travers toute la zone tropicale, s'avançant même assez loin dans la zone tempérée, puisqu'il y a actuellement un millier d'hectares de rizières dans le midi de la France, en Camargue.

Les grands pays rizicoles sont l'Inde anglaise (27 milliards de production annuelle), la Chine (23 à 27 milliards), le Japon (7 milliards), le Siam (3 milliards), l'Indo-Chine (2 milliards 1/4), Java (3 milliards). Les régions productrices qui viennent ensuite sont l'Italie, les Etats-Unis, Ceylan, les Phihppines et l'Espagne. Espérons que Madagascar prendra bientôt sérieusement rang parmi les pays d’exportation. |

L'Orysa sativa (fig. 8) est une plante annuelle, de 70 centimètres à 1",80 de hauteur, à nœuds nombreux, à feuilles planes, lisses, pourvues d’une grande ligule dressée

et bifide. L'inflorescence, longue de 20 à 40 centimètres et plus ou moins large et dense, est une panicule rameuse, où chaque épillet ne porte qu'une seule fleur développée, à six étamines. Les glumelles qui la protègent, et qui, plus tard, enveloppent entièrement le grain, sont concaves, de Couleur variable; l’inférieure est surmontée ou non d’une longue arête. Les glumes sont petites et presque égales.

Le fruit, ou grain, n'a pour tégument propre qu'une mince enveloppe, jaunâtre, rougeàtre ou noirâtre ; mais les glumelles, ou balles, en s'appliquant étroitement à sa surface, constituent une seconde enveloppe plus épaisse. Même après le battage, le grain est encore ainsi re ouvert de son tégument propre et des glumelles :

ce grain cortiqué est ce qu'on appelle le paddy, ou ris en paille.

Après la décortication, les glumelles ont disparu, mais le tégument persiste plus ou moins. Lorsque ce tégument a été complètement enlevé par Le polissage, on | a le rés blanc. Fig. 8. — Oryza [é On appelle dans le commerce ris cargo 1, CHR du riz seulement décortiqué, et qui con- 2 épillet; 3, glumelle 3 . ; supérieure ; 4, fleur.

tient encore, en général, en proportions ariables (5 à 20 p. 100), des grains qui ont échappé à la décortication et sont restés à l’état de paddy.

Pour l'exportation au loin, le rizcargo a sur le riz entierement décortiqué et blanchi l'avantage de fermenter moins facilement : la présence du paddy empêche, dans les sacs, en cours de route, le trop grand échauffement de la masse.

On sait que le riz blanc, qui contient 77 à 80 p. 100 d'hydrates de carbone (pour 12 à 14 p. 100 d'eau), est relalivement pauvre en substances azotées et en matières

grasses. M. Hooper, qui a analysé 159 échantillons de riz de l'Inde, y a trouvé, comme teneurs extrêmes : en principes azotés, 5,44 à 9,81 p. 100 ; en matières grasses, 0,10 à 3,18. La moyenne en matières azotées serait 7,25. C'est exceptionnellement que certaines variétés, telles que des Créoles de Maurice, contiendraient, d'après les analyses de M. Boname, jusqu'à 43 p. 100 de ces principes. Ces riz sont cultivés sans irrigation, comme riz de montagne. IL 4 est à remarquer qu'ils sont depuis longtemps appréciés | des gourmets pour la finesse de leur arome. D'après M. Bo- M name encore, quelques riz de Madagascar seraient aussi richement azotés que ces Créoles.

Au point de vue alimentaire, une distinction importante est celle des ris gluants et des ris non gluants. 4

On appelle ris gluants des riz d'Asie et de Malaisie dont M les grains, pendant la cuisson, s'agglutinent en une sorte de bouillie plus ou moins visqueuse. Ge sont les ketan de Java, les nep des Annamites, les mochigome du Japon. D'après les recherches de MM. Kreusler et W. Dafert sur des variétés du Siam, et de M. Shimoyama-Yunichiro sur des variétés du Japon, l'amidon des riz gluants ne se colore pas en bleu par l'eau iodée, mais en rouge (1); et ce serait un mélange d’amidon, de dextrines et, peut-être, de maltose. En somme, il y aurait ainsi déjà, dans le viz gluant, avant toute germination, quelques-uns des produits de dédoublement qui, d'ordinaire, n'apparaissent que pendant que la graine germe, au cours de la saccharification de

CT en me

d'esprit na

(1) La réaction est mème tellement nette que, ainsi que l’a cons-« taté dans notre Laboratoire M. L. Raybaud, elle constitue un moyens très simple pour reconnaitre si un échantillon indéterminé est riz gluant ou riz non gluant. Quelques grains décortiqués sont broyés. M et la poudre est jetée dans une petite quantité d’eau iodée; le mé lange cest rougeûtre si c'est un riz gluant, et bleu si c'est un riz nOnM gluant. La même réaction peut servir, du reste, à distinguer les maïs non gluants et les maïs gluants; et elle est vraisemblablements utilisable pour les millets. 4

a ne dt = +

l'amidon. Un des échantillons analysés par MM. Kreusler et Dafer contenait, après dessication complète : en amidon, 15,98 p. 100; en dextrine, 3,35; en sucre, 8,65; en protéine brute, 8,89: en matières grasses, 0,68. Dans les pays de production, ces variétés gluantes sont surtout utilisées pour la confection de mets spéciaux et de pâtisseries, ou encore, comme en Indo-Chine et en Chine, pour la fabrication de l'alcool, qui serait plus parfumé que celui des sortes non gluantes. D'après M. Shimoyama-Yunichiro, leur amidon ne se transforme que très incomplètement en empois.

Les riz non gluants sont les padi dalem de Java, les /ua des Annamites, les wrushi du Japon.

Au point de vue de la végétation et de la culture, il est aussi deux grandes catégories de variétés de riz. Les riz les plus fréquemment et Les plus largement cultivés sontles riz dits aquatiques ou de plaine, quinese plaisent etnese développent bien que sur des terres qui sont naturellement ou artificiellement inondées (1). Mais il est aussi des riz qui, tout en nécessitant une certaine humidité, se contentent des terres qui ne recoivent que l’eau des pluies; ce sont les riz de montagne, ou riz de risières sèches.

Il ne faut pas du reste, prendretrop à la lettre les termes, qui sont les plus souvent usités, de ris de plaine et de riz de montagne, puisqu'on cultive parfois en montagne — Si, par un moyen quelconque, comme à Java, ou, à Madagascar, chez les Betsileo, le terrain peut être inondé — des riz aquatiques, etinversement à de basses altitudes, sur des sols non submergés, des riz de terres sèches. Ces termes n'ont qu'un sens conventionnel.

Les diverses variétés de riz de plaine et de riz de mon-

(1) Au Cachar, dans l'Inde anglaise, ainsi qu'au Cambodge et en Cochinchine, il est un riz, dit riz flottant, dont la tige s’accroit au fur et à mesure que monte le niveau de l'eau, et qui peut ainsi

atteindre plusieurs mètres de longueur. La moisson est faite en bateau ; on coupe à la surface de l'eau.

tagne se subdivisent les unes et les autres d’après divers caractères, tels que la présence ou l'absence d’arête, la plus ou moins grande longueur de cette arête,la forme et les dimensions du grain, la couleur des enveloppes, le temps nécessaire à la maturation, la viscosité ou non après cuisson. Riz aquatiques et riz des terrains secs peuvent donc Être respectivement des riz gluants ou des riz non gluants, des riz hâtifs ou des riz tardifs, et des riz diversement colorés ; ils peuvent être aussi barbus ou non barbus.

En ce qui concerne la culture, on conçoit qu il faille étudier séparément les riz aquatiques etles riz secs, puisque leurs conditions de végétation sont toutes différentes.

Rizaquatiques, ou de plaine. — Les riz aquatiques ne peuvent, par définition même, être cultivés que dans les endroits où le cultivateur a à sa disposition assez d'eau pour qu'il soit possible d’inonder le champ aux moments voulus. Cette condition est réalisée :

1o Dans les terrains qui, comme en Birmanie anglaise, sont submergés par les pluies, pendant la saison où ces pluies tombent en abondance;

9o Dans ceux qui, comme au Cambodge, dans certaines résidences, sont recouverts chaque année, pendant la même saison, par la crue périodique du lac ou du fleuve voisins;

30 Dans les terres basses et marécageuses, comme celles des deltas des grands fleuves ;

40 Dans des sols qui ne sont pas naturellement humides, mais où l’eau est amenée, par un moyen quelconque, de points plus ou moins éloignés.

Ce dernier cas est évidemment celui qui nécessite les travaux les plus importants, car il faut alors — en plus de l'aménagement propre de la rizière — établir des réservoirs qui reliendront les eaux de la saison pluvieuse, ou creuser des canaux qui conduiront à la rizière l’eau des sources ou des rivières qu’on aura captées, ou enfin avoir recours à des machines élévatoires, simples (noria, cha-

id | LE nlz 49

douf, ete.) ou perfectionnées (mures par la vapeur), qui permettront d'utiliser soit les eaux souterraines mises à découvert par le forage des puits, soit les eaux de lacs ou de fleuves qui ne peuvent parvenir, par simple gravitation, aux terres à arroser.

Lorsque, au contraire, la rizière est établie dans l’une

Cliché Teissonniere).

Fig. 9. — Rizières labourées, à Madagascar.

Des trois premières conditions, les travaux sont beaucoup … moindres, surtout si l'on ne cherche pas à accroitre l’éten- … Que des terres cultivables en creusant des canaux dans le voisinage des sols natureïlement irrigués et si lon veut “+ contenter de ces derniers. Les seuls travaux nécessaires ë sont, en ce cas, des travaux de drainage, la construction de digues par lesquelles on retiendra et réglera l'inonda-

tion, et aussi, dans les terres marécageuses, l’assainissement.

Il ne suffit pas, en effet, qu'une rizière soit inondée : il faut encore : 1° qu'elle ne le soit qu’à certaines époques : 2° que, à chaque époque, elle le soit à une hauteur déterminée. Il faut aussi — d’où la nécessité de l’assainissement — que l'eau soit aussi limpide que possible: et le terme de marécageux, souvent employé à propos des terrains propres à l'installation des rizières, est trompeur ; ou, du moins, il est nécessaire de bien remarquer que ces sols marécageux ne sont utilisables — comme la Plaine des Jones, en Cochinchine — que lorsqu'ils ont été débarrassés de toute leur végétation, et bien drainés. La nécessité d’une eau pure serait telle que, d’après les expérience de M. Van der Stok, à Java, les rizières arrosées par des eaux qui ont déjà traversé d’autres champs fourniraient un rendement moindre en grain et en paille que les rizières qui recoivent l'eau fraiche, au sortir même du canal. Tout ce que celte eau peut contenir sans grand dommage, c’est une petite quantité de sel marin, puisqu'on cultive parfois le riz (en Camargue et dans le Turkestan russe) dans des terrains dont on opère le dessalement pour d’autres cultures ultérieures (celle de la vigne en Camargue et du cotonnier au Turkestan). D'après cependant des expériences de M. Laigle, de Saigon, la dose de 8 grammes de sel pour 100 de terre sèche arrête complètement le développement du riz.

Quant à l'aménagement même de la rizière, aucune règle générale ne peut évidemment être donnée, car il faut tenir compte, en chaque cas, de la nature et de la disposilion variables du terrain. Rappelons seulement que Ja plupart des rizières bien installées sont divisées en un certain nombre de carrés, dont chacun est entouré par un talus de terre de 30 à 40 centimètres de hauteur, muni de vannes Çà et là. Le terrain de ces carrés est en pente légère du côté où devra se faire l'écoulement de l’eau. Celle-

dat

ci, amenée sur un côté du champ par la fosse d'irrigation, pénètre par les ouvertures de la digue latérale qui borde intérieurement cette fosse et dont les vannes ont été levées, et se répand dans chaque carré en suivant les rigoles parallèles qui le traversent. On ferme les vannes quand la hau-

(Cliché Teissonnière).

Fig. 40. — L'arrachage des jeunes plantes de riz pour le repiquage à Madagascar.

teur de submersion voulue est atteinte. Lorsqu'on veut dessécher ou bien renouveler l’eau, on lève les vannes des digues intérieures ; en raison de la légère pente, l'eau passe des carrés supérieurs vers les carrés inférieurs, el finalement se déverse dans la fosse d'écoulement creusée sur le

côté le plus bas du champ.

Culture. — Lorsque tous les travaux précédents d'installation de la rizière sont terminés et que le champ a été

bien débarrassé de toute végétation étrangère, on peut entreprendre la culture (fig. 10).

Lesemis — ainsi,d'ailleurs,que lerepiquage — est fait dans une terre bien vaseuse, dont la surface doit être aussi lisse que possible. Il faut donc tout d’abord effectuer les labourages et hersages nécessaires pourarriver à ce résultat. Ordinairement on procède à deux labours, suivis d’un ou de plusieurs hersages. Le dernier de ces hersages doit assurer le nivellement parfait du champ. Avant le premier labour, si les pluies n'ont pas été suffisantes pour détremper fortement les terres, l'eau est amenée dans le champ et maintenue pendant plusieurs jours à une hauteur de 10 à 15 centimètres.

Labour et hersage sont faits par des moyens plus ou moins perfectionnés suivant les contrées. Souvent trop primitives dans les colonies, les machines employées sont, au contraire, de construction très soignée aux Etats-Unis. Citons notamment les marques « Oliver » et « South Bend ». Le travail est complété par des eultivateurs ou des herses.

En Italie, on laboure de 25 à 30 centimètres de profondeur {ces labours étant automnaux ou printaniers), puis on divise la terre soit à la main, avec des houes à bras, soit avec des instruments à chevaux. Pour parfaire l'aplanissement en terrain submergé — car il est des terrains qui ne retiennent pas l’eau, et qu’il faut donc maintenir inondés — on se sert d'un appareil spécial qui estle spianone. C'est essentiellement une longue planche traînée par un cheval et sur laquelle, pour augmenter le poids, le conducteur s’assied.

En Louisiane, ce n'est que par des temps très secs et dans certaines terres très fortes qu'on laboure et qu'on herse sous l’eau ; on submerge alors le champ, puis on passe la charrue et la herse lorsque le sol est encore très humide. Plus souvent on se contente du détrempage dû aux pluies.

LE RIZ 53 Le rizgerme de 12° à 13°, fleurit de 22° à 24e et mürit à 19°.

- En pays tempéré, il ne peut done être semé qu’au prin-

temps pour être récolté en septembre. En pays tropicaux, par contre, où la température peut, pendant toute l’année,

être suffisante pour permettre sa végétation, c’est la répar-

(Cliché Teissonnière),

Fig. 11. — Le repiquage du riz à Madagascar.

lition des pluies qui, dans les contrées du moins où il y à une saison sèche, est cause que l’époque de la culture n’est pas quelconque et doit coïneider avec l’hivernage.

En Birmanie, par exemple, où les rizières ne sontarrosées que par les pluies, c'est naturellement et nécessairement pendant cette saison pluvieuse que la culture a lieu; on sème au début de cette saison, le labourage et le hersage élant opérés dès que les premières averses ont détrempé la lèrre.

Lorsque l’eau est fournie par le débordement périodique annuel d'un cours d’eau, on attend de même le début de la crue, c’est-à-dire encore l’hivernage. Il en est ainsi sur les rives du Niger et du Mékong.

Les travaux d'irrigation auxquels nous avons fait allusion plus haut peuvent avoir toutefois cette utilité de remédier à la sécheresse de la saison défavorable et d’égaliser plus ou moins les conditions de toute l’année. C’est précisément l’un des buts que l'on désire atteindre actuellement à Madagascar. [Il est notamment dans le centre de l'ile, au point de vue de l’époque des semis, deux grandes catégories de riz : les riz de première saison, ou vary aloha, et les riz d’arrière-saison, ou vary ambiaty. Les riz de première saison sont ensemencés en avril, repiqués en juillet et récoltés en janvier (fig. 12). Les riz d'arrière-saison sont semés en juillet et août, repiqués en novembre et décembre et récoltés en juin. Ces vary ambiaty sont les plus cultivés; ce ne sont cependant pas les meilleurs. Les vary aloha sont à tous égards préférables : ils sont d'un rendement notablement plus élevé, Le grain pèse plus, il perd moins à la décortication, et il se gonfle aussi davantage à la cuisson. Enfin, récolté au début de l’année, il est d'une vente plus facile. Malheureusement ce qui, pour le moment, restreint sa culture, c'est qu'elle n’a lieu qu'en saison sèche et n’est donc possible qu'en terres irriguées. Les vary ambiaty, au contraire, semés en juillet sur le bord des rivières ou dans leur lit même, sont repiqués au début de la saison

pluvieuse ; Les terrains propices sont done plus nombreux

et plus étendus. Mais que — comme on l’a entrepris au Betsimitatatra, dans la plaine du Sambaina, à Antsirabé et à Betafo — on régularise le débit des rivières, de manière à conserver de l’eau en saison sèche, et la culture des riz de première saison remplacera de plus en plus celle des riz d'arrière-saison, en même temps, du reste, que deviendra moins aléatoire, parce qu'elle ne sera plus autant soumise

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aux caprices de la saison pluvieuse. la culture de ces vary ambiaty.

En Cochinchine, on distingue les ris hatifs, les ris de saison, et les ris tardifs. Les riz de saison, qui sont des riz de Six mois, sont ensemencés à la fin de juin ou au

(Cliché Teissonnière),

Fig. 12. — La moisson du riz à Madagascar.

commencement de juillet, repiqués un mois et demi plus tard, et récoltés de décembre à février. Les riz hâtifs sont semés en mal, repiqués en juin, récoltés en novembre et décembre. Les riz tardifs, qui sont précieux quand les inondations ont détruit les riz précédents, sont semés de

septembre à novembre et récoltés, selon les variétés,

trois ou quatre mois plus tard.

Suivant les pays, le riz est semé sur place où en pépinière. On sème ordinairement sur place dans les contrées

tempérées, aux États-Unis, en Italie, en Espagne, en Égypte, au Turkestan russe. On sème plutôt en pépinière, au contraire, dans la zone tropicale. L’ensemencemeut sur plaee est fait à la volée ou en lignes, et il l’est à la main ou avec des machines. Les semoirs à la volée construits actuellement aux États-Unis sont assez recommandables, d’après un ingénieur particulièrement compétent, M. Main, mais il n’en est pas de même de la plupart des semoirs en lignes, critiquables à plusieurs égards. Il y a, en tout cas, de ces semoirs pour rizières desséchées et d’autres pour rizières inondées.

En Italie, d’après M. Gobbetti, on emploie pour le semis à la volée de 100 à 180 kilogrammes de grain, suivant la nature du terrain: il faut d'autant plus de semence qu'on prévoit que la levée sera plus difficile. Lorsqu'on sème en lignes à la main, on fait passer au préalable une planchette (ou tavolone) qui porte sur sa face inférieure des baguettes en bois ou en fer. Ces baguettes, parallèles entre elles et distantes de 30 à 40 centimètres, tracent dans la boue les lignes dans lesquelles seront déposés les grains. La quantité de semence doit être à peu près la même que pour le semis à la volée. Avec le semoir mécanique, en terrains secs on espace les lignes de 18 à 25 centimètres selon le sol et la variété, et il faut de 70 à 90 kilogrammes de grain par hectare, et en terrains submergés on espace de 25 à 30 centimètres, en employant un peu moins de semence que pour le semis à la volée.

Pour le riz comme pour toutes les autres céréales le semis en lignes est évidemment celui qui est préférable.

Lorsqu'on sème en terrains inondés, il est une précaution qui est quelquefois prise, dans la Caroline du Sud par exemple, pour assurer la descente des grains au fond de l’eau : tous ces grains sont mis à tremper pendant quelque temps dans de l’eau fortement argileuse ; et ils sont ainsi enrobés d'une petite couche d'argile qui les alourdit.

LE RIZ Di

En pays chauds, avons-nous dit, on sème le plus souvent en pépinière, cette pépinière étant ordinairement conslituée par deux ou trois carrés du champ qu'on réserve et aménage à cet effet.

En Birmanie, où les semis ont lieu en juin, ce sont les champs les plus élevés qui servent ainsi de terres d’ensemencement; le grain y est répandu à la main à la surface de l'eau.

On a parfois contesté l’utilité de ces semis en pépinière, qu'on a considérés comme une routine à abandonner. La méthode offre cependant quelques avantages. D'abord elle laisse le champ libre plus longtemps et facilite ainsi la culture d'une autre plante sur le même terrain dans le cours de l’année. À cet égard, M. Gobbettila recommande même en Italie, où l’on pourrait cultiver, par exemple, avant le repiquage, du seigle ou du ravison. En pays chauds, on peut alterner avec du maïs, des patates, du tabac ou des Légumineuses. D'autre part, il résulterait d'expériences faites il y a quelques années aux États-Unis que, au moins sur les terres irriguées, le repiquage augmente le rendement; enfin le labour fait au moment de la transplantation supprime plus ou moins les frais de sarclage que nécessite le semis direct.

Qu'ils soient semés directement ou en pépinière, les grains qu'on répand sur le sol sont des grains qui, suivant les pays, ou bien n'ont pas encore commencé à germer ou bien, au contraire, sont déjà en voie de germination.

Les grains sont semés sans début de germination aux États-Unis, en Birmanie, etc. Au contraire, déjà au Turkestan russe, où l’on sème en place, les grains pour semence sont soumis pendant trois à six Jours à un trempage dans de l’eau faiblement courante, puis, la veille des semailles, on les retire et on les met en tas; ce n'est qu'ensuite qu'on ensemence.

En Égypte, où c'est aussi le semis direct, les grains su-

bissent un trempage analogue, après lequel ils sont étendus sur une natte; on procède à l’ensemencement lorsque la radicule a crevé les enveloppes.

Parmi les pays qui sèment en pépinière, là Cochinchine est de ceux qui pratiquent la même méthode. Les grains sont mis dans des sacs qu'on plonge dans l’eau pendant un à trois Jours, Jusqu'à ce que les premiers indices de la germination se manifestent. À ce moment, les grains sont

étalés sur une natte, à l'abri du soleil,et laissés ainsi pendant

vingt-quatre lieures. IIS sont ensuite égouttés et séchés, puis semés à la volée. Deux hectolitres de semence correspondent, dit-on, à l'ensemencement de deux ares de pépinière et à un hectare de plantation définitive. Si un hec-

tolitre de paddy pèse 51 kilogrammes en moyenne, c'est.

done 102 kilogrammes de semence qui seraient employés pour cet hectare ; et on voit que ce chiffre concorde sensiblement avec ceux que nous avons cités plus haut, d'après M. Gobbetti, pour l'Italie.

Au Tonkin, d’après M. Bui-Quang-Chieu, le trempage n'a lieu que pendant le jour et pendant une durée de deux à cinq jours, Après ce trempage, on entasse les grains sous de la paille ou des feuilles de bananier, ce qui entretient la température favorable à la germination. On sème de préférence le matin ou le soir, pour éviter l'influence de la grande chaleur sur les grains germés.

L'ensemencement opéré, les travaux qui suivent dépendent des conditions dans lesquelles il a été fait.

En Italie, où c’est le semis direct avec des grains non germés, M. Gobbelti recommande de maintenir tout d’abord le sol plutôt saturé d'humidité que véritablement

inondé ; la germination a lieu ainsi plusrapidement et plus :

régulièrement. Ce n'est que lorsque la plantule est sortie qu'on doit faire arriver l'eau en couche plus épaisse, variant, suivant la température, de 3 à 8 centimètres. Si le temps est chaud, comme cela est possible lorsque les se-

ES

LE RIZ 99 mis sont tardifs, la hauteur de la nappe liquide empéche un échauffement du sol qui serait nuisible à la plante. Quand la petite tige a 5 ou 6 centimètres de hauteur, il y a avantage, dit M. Gobbetti, quoiqu'on le fasse peu en Italie, à dessécher le champ pendant quelques jours (5 à 8, d’après la nature du terrain); le riz ainsi s'enracine mieux et se fixe au sol. |

En Louisiane, où on ne sème ordinairement que sur des terrains. humides mais non inondés, la submersion ne commence que lorsque le riz a 7 à 8 centimètres de hauteur.

Le repiquage, dans les pays où on le pratique, a lieu ordinairement un mois à un mois et demi après l’ensemencement en pépimère. Les plantules, à ce moment, ont 20 à 50 centimètres de hauteur. On ne transplantera que celles qui sont vert foncé ; on rejette celles qui sont jaunâtres ou vert pâle. Tous ces jeunes pieds, qui sont très rapprochés, car on a semé très serré, sont arrachés par touffes ; l'ouvrier les frappe contre son pied pour enlever la terre qui adhère aux racines, puis il les écime, ou plus exactement — car il faut naturellement respecter le bourgeon terminal — il coupe les extrémités des feuilles dressées qui dépassent, en le recouvrant, le sommet de la tige proprement dite. Les tiges ainsi coupées sont enfin mises en petites bottes, qu'on transporte sur le champ.

Le repiquage doit être fait le plus tôt possible ; généralement on y procède le lendemain de l’arrachage, Si, pour une raison quelconque, il doit être retardé, les bottes sont placées à l'ombre sur une terre très humide : on peut ainsi, quoique difficilement, les conserver cinq ou six jours.

L'opération, qui est le plus souvent le travail des femmes, estrapidement menée. L'ouvrier ou l'ouvrière, tenant d'une main sa botte, y prend de l’autre trois ou quatre pieds et, après avoir fait dans la boue, avee un bâton ou simplement avec le doigt, un trou, les met dans ce trou qui se referme de lui-même, en raison de la consistance

vaseuse du terrain. Les touffes sont repiquées en lignes, à 25 à 30 centimètres d'intervalle, et en quinconce. Pour exécuter leur travail, tous les ouvriers du champ se sont mis en rang sur l’un des bords, et c'est de là qu'ils partent. Ils marchent à reculons, en repiquant à l'endroit où ils viennent de passer et où la vase, qui s'était déplacée sous leurs pas, a repris sa surface unie.

Entre le moment de la transplantation et celui de la récolte le principal soin à prendre est le réglage de l’eau. Nous avons dit que les sarclages, qui sont indispensables lorsqu'on a semé directement, et pour lesquels on construit aujourd'hui des houes spéciales, telles que la « Mondina » en Italie, sont plus ou moins supprimés dans la culture par repiquage.

Le niveau auquel l'eau doit être amenée est déterminé par la croissance de la plante, car il faut toujours éviter une submersion complète et faire en sorte que le sommet des tiges émerge constamment au-dessus de la nappe liquide. Dans toutes les contrées où tous les travaux de drainage nécessaires n'ont pas été faits pour mettre Le champ à l'abri des inondations après des pluies trop abondantes, c'est cette immersion complète du riz pendant plusieurs jours qui amène trop souvent la perte de la récolte. Il en est ainsi en Birmanie, où nous avons vu que les cultivateurs ne sont pas maîtres de l’eau. Une mousson tardive et orageuse inonde parfois tous les champs, et les Birmans n'ont plus que la ressource de replanter. Ils recommencent ainsi certaines années jusqu'à trois fois, si les orages sont survenus au début de la saison. IL est évident d’ailleurs que les pays mêmes qui ont cherché à prendre quelques précautions contre ces accidents n’en sont pas complètement à l'abri lorsque la saison est particulièrement pluvieuse. En Cochinchine, les Annamites doivent parfois, pour cette raison, remplacer leurs riz de saison par des riz tardifs.

Immédiatement après le repiquage, l’eau ne doit pas être trop abondante dans la rizière. Aux Philippines, paraïit-il, la terre est même laissée sans irrigation pendant une semaine. Cette pratique peut avoir l'avantage de permettre à la plante de mieux s'enraciner. Et. en règle générale, chaque fois qu'une cause quelconque a pu pro- Yoquer un déplacement des racines dans le sol, l’assèchement momentané est une précaution utile. Ainsi, lorsque des sarclages sont nécessaires, on ne dessèche pas la “rizière au moment même de l'opération, et on abaisse

seulement le niveau de l’eau pour voir les herbes basses

qu'il s’agit d'enlever; mais aussitôt après le sarclage un

Æ&ourt desséchement a pour effet de raffermir l’enracinage

du riz, que le passage de la machine a pu ébranler.

Le riz repiqué n'est donc tout d’abord que légèrement | inondé, ou même est laissé pendant quelques jours en terrain seulement humide : mais, ces quelques jour | passés, on élève progressivement le niveau de l'eau dans le champ, au fur et à mesure que la tige s’accroit, en ayant, | nous le répétons, toujours soin que la partie supérieure de la tige soit dans l'air. La hauteur de la couche liquide ne doit, du reste, jamais dépasser 15 à 20 centimètres. À partir du moment où cette hauteur est atteinte, onrenou- | velle l’eau detemps en temps (tous les six à quinze jours Suivant le terrain), en l'amenant toujours au même niveau. Et il n'est pas nécessaire de le dépasser, puisqu'on tend à admettre aujourd'hui que ce qui importe principalement pour le riz, ce n’est pas tant de baigner dans l'eau que d'être sur un terrain très fortement humide.

Divers agronomes pensent même, tant aux État-Unis ‘qu’en Italie, que des asséchements périodiques sont favorables, non seulement parce qu'ils aident à l'enracinement, mais encore parce que la terre est mieux aérée et

"x ceci s'appliquant du moins à la zone tempérée —

JUMELLE. — Cultures coloniales. Tr

emmagasine plus de chaleur, qui favorise les transformations chimiques des substances fertilisantes. Mais il ne faut pas perdre de vue que le riz est une plante cultivée sous des climats très différents, et que les méthodes qui peuvent convenir à une contrée ne conviendront cependant pas toujours à une autre; en attendant que des études méthodiques aient été faites en de nombreuses régions, le s mieux est donc, en chaque pays, de se conformer pour le | moment aux habitudes locales. :

Très variable aussi est l'époque où, après la floraison, « la rizière est desséchée, quand elle peut l'être. En Italie, M. Gobbetti recommande de maintenir l'eau constamment à dans le champ à partir de l'instant où l'inflorescence apparait, ou tout au moins de réduire au minimum Île temps pendant lequelle terrain est à sec; et l'auteur italien pensex que le riz qui pendant cette période reste ainsi inondé fournit un produit de meilleure qualité. Ce ne serait donc que lorsque les épis sont à peu près mürs qu'il faut assécher, pour per mettre l'entrée des chevaux et des instruments agricoles. Et“ c'est ce qui se fait, en somme, aux États-Unis, où l'eau“ n’est supprimée que huit ou dix jours avant la récolte. Cepen= dant en certaines autres contrées, comme en Birmanie, on. admet qu'il faut mieux dessécher plus tôt, très peu de temps. après l’épiage, « lorsque l'épi commence à monter en. grain »; les riz obtenus dans ces conditions seraient plus beaux 2 se conserveraient mieux. M. Bui-Quang-Chieu est. d'avis qu'il y aurait lieu d'adopter au Tonkin cette pratiques qui est déjà en usage au Cambodge. En Cochinchine, le desséchement, là où il est possible, n’est fait qu'en vue de la commodité de la récolte. | Moisson et battage (fig. 12et13;.—La moisson est presque, partout faite à la main,avec une faux ou une faucille, et on. fauche plus ou moins haut au-dessus du sol. En certaines | contrées on ne détache même guère que l’épi. Il en serait, ainsi en Birmanie; et il n’y à pas lieu de blämer cette ha=

bitude si, comme on le dit, la paille est laissée sur pied pour être ensuite brûlée. Dans un pays où, tous les ans, on ressème le riz sur les mêmes terrains, sans apporter jamais aucun engrais, cette incinération sur place est un écobuage qui restitue au sol une partie des principes minéraux que la culture précédente lui a enlevés.

I ny à guère qu'aux États-Unis qu'actuellement on à

(Cliché Teissonnière).

Fig. 13. — Le battage du riz à Madagascar.

recours régulièrement aux machines(moissonneusessimples ou moissonneuses-lieuses); et encore ces machines ne sontelles surtout en usage que dans la partie du Golfe du Mexique Située à l'ouest du Mississipi (Louisiane, Texas), parce que les sols, là, sont assez fermes, après dessiccation, pour supporter le poids de ces moissonneuses. A l'est, Les terres sont en général trop molles.

mp Ts

Le même obstacle se présente malheureusement dans beaucoup de rizières d’autres pays; et M. Gobbetti fait, en outre, remarquer, à propos de l'Italie, que les talus qui divisent le champ en carrés et le morcellement du terrain qui en résulte sont d’autres conditions peu propices encore au facile fonctionnement des machines. Enfin l'avantage économique que ces moissonneuses représentent nest réel que dans les pays où la main-d'œuvre fait défaut ou coûte cher.

La maïson John Gordon, de Londres, la maison Ruston et Proctor, de Lincoln, sont parmi les maisons connues pour la construction de moissonneuses à riz.

Plus ou moins analogues dans l’ensemble, aux moissonneuses à blé, ces machines ne sont distinctes que par les particularités de construction qu'entraine la nature du terrain sur lequel elles doivent être employées. Leurs roues sont très larges et armées de crampons, ce qui empêche leur enfoncement dans un sol peu consistant; en plus, sous

sh

Eure

le tablier, en arrière de la scie faucheuse, est disposé un!

fort rouleau de bois qui maintient le niveau de ce tablier au-dessus de la terre.

Le riz moissonné est battu; et il l'est par l’un quelconque des diverses procédés usités autrefois ou de nos jours pour les autres céréales.

Ces procédés sont :

1° Le dépiquage à la main, avec le fléau ou tout autre instrument ;

90 Le dépiquage par piélinage, où au rouleau :

3° Le battage à la machine.

Le riz est souvent battu au fléau au Cambodge, en Guyane hollandaise, ete.

Au Cambodge, on bat encore à la main en tenant la gerbe et frappant les épis contre une claie en bambou. Au Tonkin, on pince les épis entre deux morceaux de bois dont on à

relié deux bouts au moyen d’une ficelle, et on frappe la.

ALEZRIZ 69

petite botte contre un billot de bois, ou contre une solive qui présente une arête, ou sur une pierre quelconque. Le procédé est analogue à notre ancien procédé au tonneau (où l'on frappait les épis contre le bord d’un tonneau dressé et ouvert) ou au battage au peigne, encore usité parfois chez nous pour le seigle.

Le piétinage est fait par l'homme lui-même, ou par des animaux tournant sur une aire, comme les anciennes aygalades de Provence.

En Indo-Chine, le dépiquage à pieds d'hommes,qui occupe les veillées et n’entraine aucun frais, est très fréquent, car il convient merveilleusement à la petite culture familiale. Au Cambodge, par exemple, d'après M. Adhémar Leclere, ce sont les jeunes gens et les jeunes filles qui, le soir, en S amusant,se placent des deux côtés d’un bambou posé hori-

Zontalement et égrènent sous leurs pieds les gerbes qu'on

leur jette. M. Bui-Quang-Chieu, en signalant le même procédé au Tonkin, dit qu'on obtient ainsi, par un travail d'lleurs très fatigant,39 kilogrammes de paddy par heure. La même méthode est usitée à Java.

Plus rapide mais moins parfait est le dépiquage par les buffles, très courant aussi en Indo-Chine; il donne de 45 à 70 kilogrammes à l'heure avec trois bêtes etun conducteur,

Au Turkestan russe, où l’on emploie également pour le même travail des bœufs, on bat de 70 à 100 gerbes à la fois et on estime qu'avec 5 ou 6 bœufs on peut battre 150 gerbes par jour.

Le dépiquage au rouleau, très pratiqué encore en Provence

pour le blé, l’est plus ou moins en beaucoup de contrées

pour le riz; il l'est par exemple au Tonkin.

Quant aux batteuses, elles sont jusqu'alors très peu connues aux colonies. M. Bui-Quang-Chieu dit bien qu'au Tonkin quelques essais ont été faits avec une petite batteuse française mue au manège et donnant 500 à 1000 kilogrammes de paddy à l'heure, mais ce n'a été qu'une ten-

tativeisolée. Ce n’est guère qu'en Europe et aux États-Unis que ces machines sont de plus en plus employées. En Italie, elles ont à peu près complètement remplacé l'ancien piétinage par les chevaux.

L'Angleterre et les États-Unis en construisent. En Angleterre, la maison Ruston, Proctor el Co fournit des machines (fig. 14) avec double batteur, et dont les cylindres ont comme dimensions, suivant la grandeur du modèle, 02,61, Om,91, 1m,22. Le dernier type de grandes dimensions sorti de ces ateliers ne pèse plus que 3251 kilogrammes. Les quantités de paddy battues par heure sont environ de 890 kilogrammes pour la machine de GL centimètres, 1350 kilogrammes pour celle de 91 centimètres, et 1780 kilogrammes pour celle de 17,22.

La maison John Gordon, de Londres, construit des batteuses analogues.

Après le battage, le riz doit être séché: il l'est sur des aires au soleil, ou — surtout dans Les pays où l’on emploie des machines — dans des appareils spéciaux à air chaud. En Guyane Anglaise, on se servirait depuis quelque temps du séchoir rotatif « Worrel », qui traiterait de 100 à 120 sacs de paddy par 24 heures. M. Gobbetti mentionne en Italie le séchoir « Cattaneo ».

Lorsqu'il n'a pas été obtenu avec des batteuses à nettoyage, le riz est vanné soit au van, soit au larare, soit en le remuant sur des aires avec une pelle les jours de grand vent.

Rendements. — En Cochinchine, où les rizières sont divisées, d’après leur valeur, en trois classes, pour lesquelles on percoit des impôts différents, on estime que les rendements ordinaires sont les suivants par hectare:

Dans les rizières de {re classe: 40 à 60 piculs, soit 2 400 à 3600 k.

Dons les rizières de 2e classe: 20 à 40 piculs, soit 1200 à 2400 k. Dans les rizières de 3e classe: 12 à 20 piculs, soit 720 à 1200 k.

A Java. on récolterait en bonnes terres 40 piculs, soit

LE RIZ 67 2 500 kilogrammes par baou, c'est-à-dire par 71 ares, ce qui ferait 3520 kilogrammes à l'hectare; et ce serait, d’après M. Tabel, à peu près la même quantité qu'on obtien-

drait à Deli, sur la côte Est de Sumatra.

Au Turkestan russe, la récolte moyenne serait de 2 660 kilogrammes.

En Italie, M. Gobbetti indique des chiffres plus élevés :

Fig. 14. — Batteuse à riz.

5000 à 6 000 kilogrammes dans les bonnes terres, 3 000 à 4000 kilogrammes dans les médiocres. L'auteur italien mentionne en outre les résultats obtenus à Vercelli par le directeur de l'Association des Agriculteurs avec diverses Variétés. On a récolté, par hectare, en champs bien travaillés et fumés : riz de Chine, 5 500 à 6 500 kilogrammes; riz de Ranghino (à grain très apprécié), 3 500 à 4 500 kilogrammes; riz de Bertone, 3 000 à 3 500 kilogrammes; riz d'Ostiglia (spécialement cultivé dans larégion de Mantoue), 2600 à 3000 kilogrammes. On voit que,comme toujours, les ren

dements peuvent être très inégaux suivant les variétés.

Aux Etats-Unis, en Louisiane, on admettrait comme moyenne 10 sacs par acre, soit 25 sacs par hectare. Or le sac pèse de 160 à 200 livres, soit 72 à 90 kilogrammes. Ge serait donc de 1 810 à 2260 kilogrammes par hectare. Il est cependant aussi des terrains qui donnent 12 à 45 sacs par acre.

Engrais. — La fumure est trop souvent négligée dans les pays chauds, où, il est vrai, on ne dispose pas toujours du fumier et des engrais nécessaires.

Les Annamites se contentent de répandre dans leurs rizières les cendres de balles de paddy et des excréments de buffles.

De recherches faites en 1887 au Japon par M. Georgeson il ressort bien que l'azote pousse surtout au développement de la paille et l'acide phosphorique à la production du grain,

la potasse ayant une action intermédiaire, M. van der Stok

toutefois, à Java, a remarqué que ces effets dépendraient aussi de la variété. Pour certaines variétés, le rapport du poids du grain à celui de la paille serait sensiblement cons-

tant (0,33 à 0,35), quel que soit l'engrais ; ce n’est que pour

d'autres que la fumure azotée augmente proportionnellement plus le poids de la paille. On ne peut des lors indiquer d'une façon générale les engrais qui conviennent au r'1z, même sur un terrain déterminé : ils dépendent, comme tou- Jours, du sol et de la variété à la fois. Des expériences méthodiques sont nécessaires en chaque région.

Dans l’ensemble, les exigences du riz sont celles de nos céréales européennes. M. Kellner, au Japon, dit qu'une récolte de 4000 kilogrammes de grain, plus 7200 kilogrammes de balles, contient approximativement 84 à 109 kilogrammes d'azote, 24 à 28 kilogrammes d'acide phosphorique, 45 à 79 kilogrammes de potasse. Pour une même récolte de 4000 kilogrammes, M. Gobbetti, en Italie, admet 71 kilogrammes d'azote, 43 kilogrammes d'acide

phosphorique, 67 kilogrammes de potasse et 27 de chaux.

L'engrais qui a donné à M. Kellner les meilleurs résultats est celui qui contenait 75 kilogrammes d'azote, 135 kilogrammes d'acide phosphorique et 50 kilogrammes de potasse.

En définitive, il ne faut pas une fumure trop azotée, surtout pour les variétés déjà tardives, ni trop riche en sels de potasse ; il y a moins d’inconvénients à forcer un peu la dose d'acide phosphorique.

Cet acide phosphorique sera fourni soit sous forme de superphosphates, soit à l’état de poudre d'os, soit avec les scories Thomas.

Les superphosphates (300 à 500 kilogr.) conviennent dans les terrains un peu calcaires, peu riches en substances organiques; on les met au moment du hersage. Les scories Thomas, avant le labourage, sont très bonnes dans les terres pauvres en calcaire, humides et riches. La poudre d'os mise lors du hersage convient dans lesterres sans calcaire. Cet engrais minéral complète un apport de 6000 à 8000 kilogrammes de fumier.

La potasse doit être donnée à l’état de chlorure, ou mieux de sulfate de potassium ; on en met de 50 à 150 kilogrammes après le labourage et avant l'ensemencement.

Quant à la chaux, elle n’est nécessaire que si le terrain n'en contient pas, non plus que l’eau d'irrigation ; elle est indispensable aussi dans les sols acides, chargés de substances organiques,ou peu perméables. On en répand de 1000 à 1 500 kilogrammes au moment du labourage, à intervalles de temps plus ou moins espacés, correspondant à plusieurs années.

Au Tonkin, M. Bui-Quang-Chieu dit quele chaulage préalable des rizières a développé la puissance d'action des engrais dans un sol qui contenait 0,028 de chaux ; et la chaux même employée seule a fourni une augmentation de 31 p. 100.

Riz de montagne.—Iln'estguère possible d'établir une délimitation botanique nette entre les ris de montagne et les ris de plaine, puisque, nous l'avons dit, les seconds de ces riz pourraient souvent, en somme, être cultivés sur des terrains seulement fortement détrempés et non inondés. Or les riz dits «de montagne » sontdes riz cultivés sur des terres ou l’eau ne séjourne pas, mais qui sont cependant très humides. Certaines variétés, au moins, de riz de plaine sont done cultivables à la façon des varietés de montagne et inversement. Il n’y a de réelle différence, par suite, qu'entre les ricières de montagne et eelles de plaine, la différence portant sur le mode d'installation de la riziere ellemême. Une rizière de montagne est une rizière volante dans laquelle on n'a organisé aucun système d'irrigation ou de drainage, et qui est un simple champ où le sol n'estque détrempé par les pluies de la saison. Ordinairement ces rizières, qui sont Jes rats des Annamites, les {avy ou tetikala de Madagascar, les gagah de Javal, sont établies par les indigènes sur l'emplacement de forêts qu'ils abattent et incendient; et cela suffit pour expliquer qu'on cherche à faire complètement disparaître dans les colonies un mode de culture qui à été de tous temps un des grands facteurs du déboisement.

I ya de ces rizières en Cochinchine dans le nord des provinces de Bien-hoa et de Thu-dau-mot; elles sont faites par les Stiengs, ou Moïs Hoans. Au Tonkin, les Mans en établissent dans les provinces de Son-tay, de Hagiang, ete. Au Laos, les Khas se livrent au même mode de culture dans les provinees de Vientiane, de Luang-Prabang, du Haut-Mékong, de Muong-son, ete.

À Madagascar, dans le nord-ouest, là où il reste encore quelques forêts, les peuples d'origine betsimisaraka, tels que les Antankara, les Antandrona et les Tsimihety,opèrent ainsi. En saison sèche, ils abattent une forêt vierge, ou, à défaut, une futaie suffisamment haute pour que l'humus

LE RIZ sh:

atteigne au-dessus du sol une épaisseur d'un ou deux centimètres. Cette forêt est ensuite brülée lorsque le bois est sec, et on ensemence aux premières pluies. L'indigène passe sur le terrain en faisant, sans se baisser, et avec l'extrémité d’un long bâton, un petit trou de loin en loin ; et illaisse tomber quatre ou cinq grains. Il sarele quelquefois avant la maturité. En mars et avril, le riz est récolté épi par épi, et le tout est emporté dans des couffins, pour être égrené à la main ou frappé à coups de bâton. Cette époque de la récolte est pour tous ces gens une très grande fête. Les variétés qui conviennent le mieux à ce genre de culture sont les hâtives ; on obtient d'une à trois tonnes par hectare. Les procédés sont les mèmes sur le versant oriental de l'ile, où les éavy sont encore plus nombreux que dans le nord-ouest, puisque c’est la partie la plus boisée de Madagascar.

Préparation des riz. — Le riz qu'exige le consommateur français est un riz qui à été soumis :

4° A la décorticaltion, qui le débarrasse de ses balles ;

90 Au blanchiment, ou polissage, qui enlève la pellicule jaunâtre qui recouvre encore le grain lorsque les balles ont été enlevées.

L'obtention parfaite du riztrès blane et glacé n'est guère possible que dans les grandes riseries industrielles, telles que celles d'Europe et de Saigon, et nous n'avons pas à déerire iei ces usines.

Toutefois entre les méthodes primitives indigènes et ces grandes pileries il est des installations en quelque sorte intermédiaires — ce qu'on a appelé des riseries agricoles — qui peuvent permettre au colon d'obtenir lui-même des riz blancs et propres, suffisamment préparés tout au moins pour la consommation locale.’

Ces sortes pourraient même, au reste, être exportées si le consommateur français voulait bien admettre que le riz non glacé vaut le riz glacé et lui est, au surplus, supérieur

au point de vue alimentaire. Ainsi, en effet, qu'on l’a déjà plusieurs fois fait remarquer, le riz glacé contient 0,38 p. 100 de matières grasses, pendant que la partie enlevée par le polissage (polish) en contient 7,2,la valeur nutritive de ce déchet étant, par suite, égale à 1,76 fois celle du riz glacé.

Mais, puisqu'il faut bien tenir compte des préférences même injustifiées du consommateur, le colon ne peut done guère espérer actuellement livrer directement chez nous un riz qui rivalise avec les produits des grandes usines. Tont ce qui lui est possible, c'est d'obtenir des riz pour la consommation aux colonies mêmes, ou encore, en vue de l'exportation, soit des riz cargos, soit des riz blanchis qui n'auront à subir qu'une dernière repasse aux pileries industrielles. Et c’est pour ce genre de travail que convient l'outillage qui constitue précisément ce que nous venons d'appeler une rizerie agricole. Les appareils en sont mus

à bras, ou au manège, ou au moteur. Nous les décrirons

après avoir rappelé rapidement les procédés indigènes.

Procédés indigènes. — Les indigènes, pour leur usage personnel, décortiquent presque toujours le riz en pilonnant le paddy dans des mortiers ; et ils se servent soit de pilons, soit de marteaux. En Asie et Malaisie, les marteaux sont de petites dimensions, et alors manœuvrés à la main, ou bien de dimensions plus grandes, et mus avec le pied. Dans ce dernier cas, le manche du marteau forme levier autour d'un bâton horizontal; le bras le plus long porte à son extrémité, et sur la face inférieure, une pièce de bois ou une lourde pierre en forme de pain de sucre qui retombe dansle mortier; l’ouvrier, pour élever et abaisser cette extrémité, Se sur latente opposée, nr correspond au petit bras.

Déjà moins primitifs sont les moulins à riz annamites. qui sont composés de deux meules horizontales, dont line férieure est dormante et la supérieure mobile. Le paddy

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LE RIZ di

arrive entre deux meules par l’orifice central percé dans la meule supérieure. Ce sont, en somme, mais seulement plus rudimentairement construits, les moulins à riz d'Es-

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Ù p= ] HN

(l III]

DES. — Décortiqueur à bras et au moteur, monté avec un tarare, pour l'extraction des balles de riz (Sloan).

pagne et les sbraminos d'Italie. Et le travail de ces moulins, quiest le travail de décortication proprement dite, est complété en Indo-Chine par un passage au mortier, qui est un blanchiment.

Décortiqueurs Nicholson. — L'outillage moderne le plus simple que puisse avoir le colon est celui qui est

Jumezce. — Cultures coloniales. Ts

représenté par les décortiqueurs du type Nicholson, 1e on peut faire fonctionner à bras.

La partie travaillante de ces décortiqueurs est une meule tronconique en aggloméré, montée sur un axe vertical, et tournant dans une enveloppe en bois qui est garnie de bandes de cuir placées suivant les génératrices (fig.15).

Fig. 16. — Tarare à riz.

La meule, au lieu de travailler contre une surface rigide, est done au contraire en contact avec une surface élastique ; ce qui diminue les brisures. Une vis permet de régler l'écartement de la meule et de l'enveloppe suivant la nature et la quantité du travail à faire. Le mouvement est transmis par un arbre horizontal qui peut recevoir une manivelle ou une poulie, selon que HRDRAT fonctionne à bras ou au moteur.

En France, les maisons Pilter, Sloan, ete., construisent

Sn ni ms

| 4 LE RIZ 75 | ce modèle. Avec manivelles pour deux hommes, le débit, | au dire des constructeurs, serait de 75 à 100 Rilosrenmes de paddy par heure :

avec moteur, il serait de 150 à 200 kilogrammes. Tout le paddy — qui à été d’abord passé au tarare (fig. 16) — n'est pas, du reste, entièrement transformé, après le premier passage au décortiqueur, en riz

Fig. 17. — Décortiqueur mû au moteur,

| décortiqué; il ne faut pas compter sur plus de 45 à 55 p. 100, suivant les variétés. Ceci nécessite donc l'emploi dun « séparateur de paddy », tel que nous allons le décrire plus loin. D'autre part, il faut séparer les balles du riz décortiqué, ce qui est, de nouveau, obtenu avec un tarare qui est, soit indépendant, soit attenant au décortiqueur. Dans la figure 15 le décortiqueur est accom- Dagné de ce tarare. Enfin il est recommandable de trier

Fig. 18. — Meule à riz Gordon pour décortiquage du paddy.

les grains décortiqués, ne füt-ce que pour en séparer les. brisures: et l'installation la plus modique d’un colon qui veut préparer du riz consommable doit donc, en définitive, se composer, tout au moins, d'un décortiqueur, d'un tarare, d’un séparateur de paddy et d'un trieur.

Outillage agricole plus complet. — Nous avons dit.

Fig. 19. — Decortiqueuse à riz, spécialement pour srandes usines.

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que les colons disposant d'une certaine force motricél peuvent, avec un outillage plus complet que le précédent, obtenir un produit qui se rapproche sensiblement de celui que livrent au commerce les grandes usines. Le grain n est plus, en effet, seulement décortiqué, mais blanchi, ces deux opérations étant faites successivement, dans des appareils séparés, ou simultanément, dans un même appä= reil combiné.

Lorsque la décortication et le blanchiment sont effectués dans des appareils séparés, le décortiqueur peut être encore un appareil Nicholson; et c’est le précédent fonctionnant au moteur, ou encore celui de plus grandes dimensions que représente la figure 17,et qui débite, par heure, de 1000 à

| h LE RIZ 11 2 000 kilos de paddy. On peut se servir aussi des « rice Mnills » de la maison Gordon (fig. 18), qui sont de trois dimensions, avec une force de 2 à 4 chevaux, et décortiquent respectivement, par heure, avec des meules de 1 mètre, 12,20 et 12,39 de diamètre, 810, 1 015 et 1 220 kilogrammes de grain en paille. Bien que plus spéciale-

Fig. 20. — Séparateur de paddy Gordon.

ment construit pour les grandes usines, le décortiqueur de la maison Sloan (fig. 19) peut également convenir, la force motrice nécessaire étant de 6 à 8 chevaux. Le cône intérieur, qui est horizontal, est en fonte, et percé de trous pour la sortie des grains; il est mobile à l’intérieur d'une enveloppe également conique. Le débit de paddy est, par heure, de 160 à 220 kilogrammes. La décortication, après ce premier passage, n'étant ordinairement pas complète, on sépare le paddy des grains décortiqués au moyen d'un «séparateur de paddy » comme celui de la maison Gordon (fig. 20), qui travaille une tonne par heure.

Le blanchiment qui suit la décortication peut être effectué par pilonnage, car la maison Gordon construit, pour le

Se à

riz qui a été décortiqué avec ses « rice mills »,les mortiers représentés fig. 21.

Chaque jeu se com-.

pose de deux de ces mortiers en fonte, dans lesquels s’élèvent et s'abaissent deux pilons qui n'en touchent Jamais le fond. Les grain nest donc pas broyé, mais seulement forte ment brassé : et c'est le frottement de tous les grains entre eux qui les débarrasse de tous

les débris de pellifig. 21. — Mortier à riz pour blanchiment le restant à leur

surface. Les appareils sont d’une capacité de 40, 80 ets 190 kilogr. et donnent,en dix heures, avec une rotation de 160 tours par minute, 810, 1620 et 3 810 kilogrammes

cn

de riz blanchi. AA ANSE SANAR NL i On complète RE = maintenant Île blanchiment par un brossage. Dans la machinc-brosseuse de Ja maison Gordon

Mapfed

Fig. 22, — Brosseuse à riz (Gordon).

(fig. 22), un axe garni de brosses tourne à l'intérieur

Fig. 23. — Séparateur de riz (Gordon).

d'un cylindre enveloppant, en forte toile métallique. Avec

Fig. 24. — Trieur Hignette à alvéoles pour le riz,

600tours par minute, l'appareiltravailleune tonne parheure.

Enfin un « séparateur de riz » (fig. 23) trie les brisures et les grains intacts. Suivant qu'il est composé d'un, ou de deux ou trois cylindres, il travaille une demi-tonne, une tonne ou une tonne et demie par heure. Il est d’autres trieurs qui, comme le trieur Hignette (fig. 24), séparent les grains entiers, les demi-grains et les brisures.

Pour le classement des grains entiers par grosseur, la maison Marcus Mason, de New-York, fournit, d'autre part, des trieurs qui donnent trois qualités de riz (fig. 25).

Cesdernier trieur ne néces-

d’un demi-cheval. La maison Mason fait donc remarquer qu'on peut Île raccorder facilement à l'axe de ses décor-

Fig. 25. — Trieur de riz (Mason). tiqueurs- polis-.

seurs.

Cette maison Mason est, en effet, une de celles qui construisent des appareils combinés « Engelberg » dans lesquels

(fig. 26) tout le travail est accompli avec une seule machine,

le riz passant automatiquement du décortiqueur au polis-

seur, Avec les plus petits modèles, pour lesquels il faut M une force motrice de 2 chevaux, le travail est, par heure, x

de 32 à 36 kilogrammes; avec les plus grands, pour lesquels

il faut une force de 8 à 10 chevaux, le débit est dem

Malheureusement ces décortiqueurs-polisseurs ne comportent pas de séparateur pour le paddy à repasser ; il en

résulte une assez forte proportion de brisures; car on est”

obligé d'augmenter le serrage pour supprimer le paddy

sitequ'uneforce #

| TR ÿ L. LE RIZ 81 “dans le produit obtenu. A cet égard, la décortication et le Mblanchiment séparés, quoiqu'ils entraînent un outillage plus compliqué, semblent préférables.

“ Comme décortiqueur-polisseur perfectionné, signalons

Fig, 26, — Décortiqueur polisseur Engelberg (Grand modèle)

RARE ROMA EE — a ———————2E

encore la machine que peut fournir la maison Sloan, et qui comprend (fig. 27) un décortiqueur, un polisseur, lune brosse et deux ventilateurs. La force motrice nécessaire est de 10 chevaux, et la production, par heure, est de 300 kilogrammes.

On voit qu'avec ces appareils on doit obtenir un riz

82 LES CÉRÉALES à,

se rapprochant considérablement de ceux des grandes usines et, en tout cas, ayant bonne apparence. Dans les décortiqueurs-polisseurs, en particulier, le principe du polissage est exactement le même que celui des grands po-

Fig. 27. — Appareil pour décortiquer, blanchir et brosser le riz.

lisseurs d'usines, tels que celui que construit (fig. 28) la maison Mason, et où la partie travaillante, à l'intérieur du cylindre-enveloppe immobile et perforé, est un tam: bour vertical tournant, recouvert d'une peau de mouton: C'est dans l'étroit intervalle qui sépare le tambour de l'enveloppe que passent et sont frottés les grains venant de la trémic située au-dessus. |

Étuvage. — Le procédéindien de l'étuvage consiste à soumettre, avant ladécortication, le paddy à l'action de la vapeur d'eau à 100v, en vase clos, ou encore, lorsque c'est un travail familial, à le maintenir un tent ion l’eau bouillante. Ce paddy est ensuite séché, et c’est alors seulement qu'il est décortiqué. Ainsi traité, le grain a une plus grande élasticité, qui diminue la proportion de brisures. C'est le boiled rice des Anglais, qui est plus translucide que le riz non étuvé et qui passe pour se conserver plus longtemps. En tout cas, ce qui est certain, c'est que cette sorte est celle qui est préférée des Indiens ; et elle est très demandée à Maurice, à la Réunion et en Afrique orientale et australe. L’étuvage est parfois pratiqué aussi, et depuis longtemps déjà, en Guyane. Le traitement parla vapeur ou l'ébouillantage, ainsi que le séchage, doivent, d’ailleurs, être opérés dans certaines conditionsetavec Fig. 28.— Polisseur à riz pour certaines précautions ; sans quoi PAUSE ME MAGIE on risquerait de perdre tout le riz qu'on veut préparer.

Amidon de riz et bières et alcools de riz. — Le riz n est pas seulement utilisé comme aliment. Les brisures et farines qui représentent les déchets de toutes les opéralions que nous venons de décrire sont employées par les amidonneries, les glucoseries et les distilleries. On fait aussi avec certains riz, gluants ou non, des boissons. bières ou eaux-de-vie, très consommées en Extrème-Orient.

Nous ne pouvons entrer ici dans les détails de la préparation de l'amidon de riz; rappelons seulement que la première phase de cette préparation, et la phase qui précède donc la mouture, est le « trempage ». Ce trempage consiste à dissoudre le gluten du grain dans une lessive alcaline, où il passe à l’état de glutinate de soude.

La principale bière de riz est le saké des Japonais, qui le fabriquentavec desriznon gluants ou, urushi, bien décortiqués et blanchis. Ces riz, après avoir été cuits à la vapeur, sont étalés sur des nattes, dans des caves ou «germoirs», et mélangés avec une poudre vert jaunâtre, à raison de 1 gramme de cette poudre pour 40 kilogrammes de grain. La poudre ainsi ajoutée est formée des spores d'un champignon, l'Aspergillus Orysæ; le riz vadonemoisir. Bientôt en effet, toute la masse des grains est emprisonnée dans un feutrage mycélien; et ce riz moisi est le Xoi, sorte de levain avec lequel on va maintenant préparer le moto. Pour cette nouvelle préparation, on mélange, dans des cuves 68 litres de riz euit à la vapeur et 21 litres de koji, en additionnant de 72 litres d’eau. Le mélange est réparti dans un certain nombre de vases où , sous l'influence d’une diastase sécrétée par le champignon, et qui est la takadiastase, l'amidon commence à se saccharifier. Au bout de cinq à six jours, les contenus detous ces récipients sont versés dans une cuve plus vaste, où on laisse la température s'élever plus qu'au début. La transformation s’accélère et il y a mème apparition d'alcool. Celui-ci est, au … bout d’une dizaine de jours, dans la proportion de 10 p. 100; le liquide est alors le moto. 52 litres de ce moto filtré sont enfin mélangés, dans une nouvelle cuve, avec « 150 litres de nouveau riz cuit à la vapeur et 210 litres d’eau. La fermentation reprend, en même temps que la température s'élève ; et, au bout de 15 à 17 jours, le liquide est M

encore filtré : c'est le saké. On admet que la fermentation «

alcoolique du glucose est due à une levure, le Saccharomiyces Sake de Yabë.

Toute différente est la préparation de l'eau-de-vie annamite ou chinoise (ruou ou choum-choum). On emploie cette fois du riz gluant, ou nep, qu'on décortique et qu'on étuve. Ce riz étuvé estsaupoudré (à raison de 1 kilogr. 1/2 de poudre pour 100 kilogr. de grain) avec des macarons de levain, ou men, pulvérisés au préalable ; et le mélange est laissé pendant trois jours dans des jarres en terre, de 20 litres de capacité, remplies jusqu'à la moitié à peu près.

Les macarons de levain ont été obtenus en laissant moisir sur des nattes, dans des endroits obscurs, de la pâte de riz, additionnée de nombreuses substances végétales aromatiques réduites en poudre. Cette pâte, découpée en petits pains, a été en outre piquetée de quelques balles de riz, qui y introduisent les microorganismes qui vont être les agents de la transformation du riz; et ces organismes sont une moisissure de la famille des Mucorinées, le Mucor Rouxii de Wehmer (Amylomuyces Roux de Calmette) et un Saccharomyces.

Pendant la phase que nous venons de décrire, le Jucor Rouxii saccharifie l’amidon. Mais le mélange de riz étuvé et de poudre de macarons est ensuite complètement recouvert d’eau; et c'est évidemment à présent, dans ces conditions, une phase de fermentation alcoolique. En effet, très rapidement leliquide bouillonne, par suite d'un dégagement abondant de bulles de gaz. Au boutde deux jours,cette fermentation est jugée suffisante ; il n'y à plus qu'à distiller. Faite dans des alambics grossiers, cette distillation donne pour 100 kilogrammes de riz, 60 litres d'eau-de, vie à 360.

Nous avons dit que l'agent de Ja fermentation alcoolique devait être un Saccharomyces : 11 est possible aussi que le Mucor Rouxit, à partir de l'instant où il est submergé, devienne une forme-levure et contribue également, dans une certaine mesure, à la formation de l'alcool.

Ce que, en touteas, au point de vue scientifique, il est intéressant de constater, c’est que ce ne sont pas les mêmes microorganismes qui interviennent dans la fabrication de l’eau-de-vie annamite et dans celle du saké Jjaponais. Or ce serait à d’autres espèces encore qu'il faudrait attribuer des actions analogues dans la préparation des bières et eaux-de-vie d’autres pays. D’après M. Chrzaczez, les macarons employés au Cambodge seraient déjà tout autres que ceux de Cochinchine. Au reste, ils ne sont pas préparés de même, car il y entre de la farine de mais, et même de Vigna Catjang: et ils servent plutôt pour la fabrication d’une bière. M. Chrzaczez admet que la moisissure est le Jucor Cambodja. À Singapour et à Java, les aracks de riz sont fabriqués avec les macarons qu'on appelle le ragi. MM. Went et Gerligs, ainsi que M. Wehmer, ont trouvé dans ce ragi, comme Mucorinées, le Chlamydomucor Orysæ, le Rhisopus Orysæ et le Mucor dubius, et M. Wehmer pense que les deux premières de ces trois espèces, au moins, sont actives et remplacent le Mucor Rouxii du men. Parmi les Saccharomyces qui, d'autre part, joueraient un rôle, au moment de la fermentation, dans le ragi, MM. Went et Gerligs signalent le Saccharomyces Vordermanni.

Oryza Barthii Chev.

L'Orysa Barthii est un riz sauvage qui croit, en Afrique occidentale et centrale, dans toutes les parties de la zone soudanienne où sont des dépressions inondées à la saison des pluies, dans le moyen et le bas Sénégal, dans tout le moyen Niger, dans le haut de la boucle, et aussi dans les marais du Baguirmi, au sud du lac Tchad.

Au lieu de croitre en touffes, comme les riz cultivés, cette espèce émet des stolons, qui atteignent souvent plusieurs décimètres de longueur et produisent çà et là des groupes

PR TT NO et À CORRE NS.

+” LE RIZ rl

de deux à cinq tiges, un peu écartées les unes des autres. C'est ce caractère qui à fait regarder la plante comme vivace et l'a fait désigner sous le nom de « riz vivace du Sénégal » : en réalité, dit M. Chevalier, les rhizomes qui rampent dans la terre vaseuse, desséchée et dure pendant sept mois, ne peuvent sans doute guère résister à la sécheresse. |

L'Orysa Barthii reste en herbe pendant deux ou trois mois, et transforme, de juillet à septembre, certains marais en excellents pâturages. Les tiges s'élèvent ensuite à 1 mètre ou 1%,50, et parfois plus, dans les eaux profondes, la panicule dépassant toujours de quelques décimètres lé niveau de l'eau.

Les grains murs se détachent très facilement de l’épi; on ne peut done songer à couper les pailles, car on perdrait tout le grain. La récolte, d’après M. Chevalier, se fait ainsi : les indigènes circulent en pirogues à travers les prairies aquatiques, et, tenant d'une main une sorte de panier ou une calebasse, frappent les épis; les grains viennent tomber dans le récipient. Si la saison est trop avancée, les grains détachés flottent à la surface des eaux dormantes ; on les recueille avec une calebasse. Les femmes les décortiquent en les pilonnant dans un mortier en bois. Une grande partie est toujours brisée.

Le rendement du riz sauvage est très faible. Aussi les indigènes ne se livrent-ils à cette récolte que lorsque les ravages des insectes ou les intempéries climatiques ont compromis celle des céréales cultivées.

La sorte se vend très cher, et toujours en petites quantités. Elle est considérée comme une denrée de luxe et, en fait, a une saveur tres fine.

Coupée avant la floraison, la partie herbacée est un des meilleurs fourrages de l'Afrique Occidentale ; elle est aussi recherchée que le bourgou (Panicum stagninum R{z.)

LE MAIS Zea mays L.

Le maïs, tout comme le riz, n’est pas exclusivement une céréale des pays chauds ; il dépasse très largement la zone tropicale, puisque diverses variétés réussissent en France jusque vers 48° lat. N. et qu’il en est même quelques-unes, très hâtives, comme le Quarantain, qui fructifient dans toute la France.

Moins important que le riz en Asie et en Malaisie, le mais occupe, au contraire, la première place en Amérique, d'où il est d’ailleurs originaire. En Afrique, son rôle dans l'alimentation est presque partout un peu secondaire ; cependant sur la côte de Guinée, et principalement au Togo allemand, au Dahomey et au Lagos, la culture a pris depuis quelque temps une rapide extension, et les exportations, qui n'ont commencé qu'en 1903, augmentent chaque année. En [ndo-Chine, le maïs est surtout cultivé en Annam et au Tonkin. |

Les très nombreuses variétés que comprend l'espèce se distinguent entre elles par la couleur, la forme et la grosseur des grains, la hauteur des tiges, la durée de végétation, etc. Les variétés à grains jaunes et celles à grains blanes sont les plus communes et les plus importantes, mais il y à aussi des maïs violets et des maïs rouges.

Des analyses de M. Peckolt faites sur des variétés brésiliennes établissent bien que la composition de ces grains est aussi assez variable. Le maïs jaune foncé, le maïs cristallin, le maïs violet et la dente de cavallo du Brésil sont très riches en substances albuminoïdes (10,38 de ces substances, pour 100 de substance sèche, dans le maïs jaune foncé, au lieu de 4,29 dans le Pipoca violet); le maïs cayana, le maïs cristallin, le jaune foncé, le Cattete blanc et le maïs violet contiennentbeaueoup de subs-

LT à

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tances grasses (5,06 dans le naïs jaune foncé, au lieu de 3,94 dans le Cattete blanc); le Cattete blanc et la derltew de cavallo sont à grains très amylacés (84,09 de ces subs-! tances amylacées dans la dente de cavallo, au lieu de 584 dans le »naïs jaune foncé). l Il est encore des maïs gluants et des maïs non gluants.M Nous avons reçu récemment de M. le Commandant Vacher un mais cultivé au Tonkin dans la région de Hagiang, et4 qui est sucré et gluant. | Les meilleurs sols pour le maïs sont les terres meubles“ et riches; les terrains trop argileux, trop sablonneux ou trop marécageux sont mauvais. L'altitude peut être assez. élevée ; au Brésil, on cultive la Graminée jusqu’à 800 mètres, et plus haut.

Une bonne fumure est nécessaire, et les indigènes ont: bien su le reconnaitre, Au Soudan, ils ensemencent exclu-! sivement aux environs des villages, dans les endroits ou l’humus est abondant. En beaucoup de pays, au Brésil aussi bien qu'au Dahomey, c'est malheureusement la raison pour laquelle trop souvent on établit les champs sur l’emplacement des forêts qu'on détruit dans ce but. Au bont de quelques années, lorsqueles récoltes successives ont absorbé les principes fertilisants provenant de l’incinération, ces champs sont abandonnés, et le déboisement continue plus“ loin.

Les semis sont généralement faits au début de la saison pluvieuse; ils ne réussissent en saison sèche que dans les k endroits qu'on peulirriguer, ou dans les terres qui, comme celles des rives du Niger et du Sénégal, ont été inondées pendant les pluies et restent encore longtemps humides après le retrait des eaux. Dans le Niger, on peut, par exemple, ensemencer en novembre pour récolter en février ou en « mars.

La rapidité de végétation du maïs (2 à 4 mois suivant les variétés et les contrées) permet plusieurs récoltes par an.

br Lots nm >.

En République Argentine, où le maïs fut, de tout temps, la base de l'alimentation végétale, et donne de gros rendements, principalement dans les provinces de Corrientes, de Santiago del Estero et de Salta, entre 25° et 500 Jati-

Fig. 30, — Récolte du mais.

tude Sud, on peut semer en octobre et récolter en Janvier, puis faire un second ensemencement à ce moment. En Nouvelle-Calédonie, les premiers semis ont lieu en février et on moissonne en juin; les seconds sont faits en août, on récolte en décembre. Si lon veut faucher en vert, on peul même encore semer en janvier. Dans le Bas-Dahomey, on ensemence en avril — comme dans toutes les colonies de

l'Afrique Occidentale à double hivernage — et on récolte en juillet; puis un second ensemencement est effectué en septembre, quand surviennent les pluies du petit hivernage, et celle dernière récolte est müre de novembre à janvier. Elle est, dit M. Chevalier, moins abondante que la première, mais les épis sèchent beaucoup mieux, de sorte que la qualité compense la quantité.

On sèmeleplus souvent le maïs enlignes, dans des poquets dans chacun desquels on dépose trois grains. Les distances à conserver entre ces poquets dépendent des dimensions

qu'atteint la variété, et aussi de la nature du terrain; nous

croyons cependant qu’on peut admettre, comme intervalles ordinaires convenables, 1 mètre d'interlignes et 70 centimètres sur chaque ligne.

Quand les plantules commencent à sortir et atteignent quelques centimètres, on n'en laisse qu'une par trou et on pratique un premier sarelage; on en fait un second et on bine quand les tiges ont 30 à 40 centimètres: puis un peu plus tard on butte. Après la fécondation — ce qu on reconnait aux flétrissements des styles qui surmontent les épis femelles latéraux — on écime. Cetécimage, qui n’est cependant pas une habitude constante, consiste à couper un peu au-dessus du dernier épi femelle la partie supérieure de la tige, qui se termine par la panicule mâle, La maturation est ainsi activée,

Les rendements en grain oscillent entre de larges limites, selon la variété, le terrain et la saison.

En République Argentine, lamoyenne serait de 3500 kilogrammes à l'hectare, mais on obtient parfois, lorsque le champ a été bien entretenu, 5000 à 6000 kilogrammes. M. Pittier donne des nombres à peu près analogues pour Costa-Rica.

D'après M. Chevalier, M. Roustan, au Dahomey, à la Stalation agricole de Niaouli, près d'Allada, a récolté, sans fumure mais après un bon labour : 3728 kilogrammes pour

DR A 7e

la variété gogolokoni semée en lignes; 3408 kilogrammes pour la nioli semée de même; 2908 pour la kindo semée asymétriquement. En réalité, les indigènes obtiennent 2000 à 3000 kilogrammes pour la première récolte et 1 000 à

2000 pour la seconde, soit environ 4 tonnes dans l’année. L'engrais fourni au maïs doit être fortement azoté. D'après MM. Muntz et Girard, une récolte de 25 hectolitres de grain enlève au sol, en France, 51 kilogrammes d'azote. On doit done encore abondamment fumer au fumier de ferme; on pourra aussi appliquer, quand ce sera possible, 300 kilogrammes de nitrate de soude et 200 kilogrammes de superphosphate par hectare. Une addition de chlorure de potassium (100 à 150 kilogrammes) nest pas, non plus, inutile.

Lorsque les épis de maïs ont été détachés des tiges, ils doivent être desséchés. Si le temps est sec, cette dessiceation est facilement obtenue en étalant les épis au dehors, sur dés claies ou sur une aire. Lorsqu'il fait humide, on peut, à la rigueur, les suspendre dans des hangars bien aérés; mais le séchage est lent, et le mieux est d’avoir recours à la dessiceation artificielle dans des séchoirs, ou dans des fours qui ont été, au préalable, chauftés, et où les épis sont laissés pendant vingt-quatre heures.

L'égrenage est souvent fait à la main, et c’est, la plupart du temps, le travail des femmes; mais il est évidemment préférable, iei encore, d'utiliser les égrenoirs mécaniques que vendent tous les constructeurs de machines agricoles.

Ces égrenoirs sont à bras ou au moteur: L'égrenoir à bras « Black Hawk » de la maison Pilter — dont le plus petit modèle (fig. 31) ne coûte pas plus d'une quinzaine de francs

Fig 31:

Egrenoir de maïs, à main.

— Convient admirablement pour la petite culture. L’appareil est fixé par des vis contre la planche d'une Caisse ; les grains tombent directement dans cette caisse, et les räflessontautomatiquement rejetées au dehors, par suite de la disposition spéciale de la trémie fixe. Avec cet égre-

Fig. 32.— Egrenoir à maïs, double, avec ventilateur. table, courroie et crible secoueur.

noir, un seul ouvrier obtient, en cinq heures, 615 litres de mais égrené.

L'appareil à moteur, d'un prix plus élevé, est composé d'un tambour de grandes dimensions, auquel on adapte un ventilateur spécial, et qu'on peut faire fonctionner à 400 tours par minute (fig. 32). Le rendement, selon la qualité, est de 26 à 28 hectolitres, par heure, de maïs marchand, mis en sacs.

Un hectolitre de maïs pèse, en moyenne, 10 à 75 kilogrammes.

| LE MAÏS 95 “ Aprèsl'égrenage, il est nécessaire de soumettre les grains MA une nouvelle dessiecation; ils sont, dans ce but, exposés

au soleil sur des nattes. M. Mountmorres recommande de

les aérer en les étalant sur des toiles métalliques, dans un “magasin de la factorerie bien éclairé, souvent blanchi et

fumigé. M. Chevalier ajoute qu'il peut être également utile

de les pelleter fréquemment, pour troubler les charancons Mans leurs pontes et empècher leur propagation. En Amérique, on se sert, à cet effet, de machines élévatoires qui remuent le grain continuellement. Enfin la meilleure de hioutes les précautions serait la stérilisation par le sulfure “de carbone. Le traitement, pendant une heure, par un courant d'air chauffé à 65° n'a pas, d'après M. Baillaud, | donné de bons résultats en Afrique Occidentale; le maïs à pris un aspect ridé qui à nui à sa vente. Les essais effec- | tués avec le sulfure de carbone ont été, par contre, plus | encourageants. Le maïsqu'on veut ainsitraiter est mis dans

| des sortes de caisses en fer que l’on peut fermer hermétique- | ment, et l’on place, à la surface des tas, des plats peu pro- | fonds qui contiennent le sulfure. On peut aussi plus simplement recouvrir le tas et les plats avec des toiles à voile. Le traitement dure de 24 à 48 heures.

__ Rappelons qu'il est certaines variétés de maïs dont la | moelle est particulièrement riche en sucre, et qui sont | Te comme plantes saccharifères, notamment dans WAmérique du Nord. Des usines pour la fabrication de ce sucre de maïs auraient été montées en ces dernières années en Pensylvanie et à Cuba ; une autre doit être construite ‘en Floride. Il y a longtemps, du reste, qu'on étudie aux Etats-Unis cette question des sucres de maïs et de sorgho. | Pour augmenter la teneur en sucre, on recommande de

détacher de la tige Les épis femelles avant la maturité, lorsue les grains sont encore laiteux. d'opération à aussi pour effet d'empêcher l'accumulation de silice: ee qui est un grand [” si l'on veut, d'autre part, utiliser la tige pour la

fabrication de la pâte à papier. Enfin, si l’on veut obtenir 1@ l'alcool et faire du résidu un tourteau alimentaire, il y a encore intérêt à diminuer la proportion de cette silice. D'après M. Stewart (cité par leJournal d'Agriculture tros picale), le maïs (ou, du moins certaines variétés) renferme dans sa tige 80 p. 100 de vesou à 13 p. 100 de sucre en) moyenne. Le rendement en sucre serait donc de 81 à, 91 kilogrammes à la tonne. D'autre part, la tige peut dons, ner 90 kilogrammes environ de cellulose. Les épis verts! contiennent 20 p. 100 de leur poids de matières fermen tescibles, dont on peut retirer la moitié, en poids, d’alcook à 95°, tout en ayant comme résidu un produit richement: albuminoïde, utilisable comme tourteau. On aurait, en, définitive, avec les fortes récoltes que fournit le maïs dans le sud des États-Unis, des productions de sucre atteignant, 20 000 kilogrammes par hectare, et, comme sous-produits

2500 litres d'alcool, 25 000 kilogrammes de cellulose et une; tonne de tourteau.

Sorghum vulgare Pers.

Le sorgho, ou gros mil, ou blé de Guinée (fig. 33) n’est, pas seulement cultivé pour son grain, mais aussi commé fourrage, ou comme plante saccharifère (Afrique, Chine États-Unis), ou encore pour ses grappes, avec lesquelles: lorsqu'on a enlevé les grains, on fait des balais (Italie et France méridionale). Il y à aussi au Soudan une variété (faraoro, où mil des teinturiers) qui serait exclusivement cultivée pour la couleur rouge que fournissent la tige et les feuilles, et qui sert pour la teinture des cuirs.

La culture de la variété à balais dans le midi de la F rance nous indique que l’aire de distribution de l’espèce est encore très vaste et s'étend bien au delà de la zone tropicale.

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