CAMPHRIER
de 3 ans, plantés à 1°, 80 sur 1", 80, c'est-à-dire comprenant 4 750 pieds, doit donner 67 kilos de camphre, soit, par an, en trois tailles, 209 kilos.
En Italie, M. Giglioli admet qu'un arbre de 15 ans peut fournir annuellement 35 kilos de feuilles fraiches, et un arbre plus âgé 50 kilos Suivant l’âge, 3 ou 2 arbres donneraient donc 1 kilo de camphre et 0Ke,930 d'huile.
Ajoutons que, au Texas, on aurait obtenu de bons résultats en semant les graines de camphrier à la facon du blé et en fauchant les plans à 30 centimètres du sol lorsqu'ils ont À mètre environ. Le plant coupé émet des rejets, qu'on fauche de nouveau un peu plus tard, et ainsi de suite.
Autres Camphriers. — Diverses plantes autres que le Cinnamomum Camphora peuvent produire du camphre, etil faut rappeler notamment comme telles le Dryobanalopsaromatica etles espèces voisines, de Bornéo, de Sumatra et de Labuan, et le Blumea balsamifera de l'Asie austroorientale et de la Malaisie.
Le Dryobanalops aromatica donne, on le sait, le camphre de Bornéo,oucamphre de Baros, où kapur bornéol, plus hydrogéné que le camphre du Japon, auquel on le ramène par traitement avec l'acide azotique. Plus estimé que le produit japonais, le bornéol de Malaisie est beaucoup plus rare surles marchés etest presque entièrementemployé dans l'Inde, au Siam et en Chine. On le recueille à l’état eristallisé dans les cavités du tronc des Dryobalanops. Ge ne serait pas d’ailleurs un produit normal de l'arbre; il proviendrait de la sublimation de l'essence de cet arbre dans les fentes creusées par les larves d'un Coléoptère. C'est ce qui expliquerait que la récolte soit excessivement variable et que tous les pieds ne donnent pas nécessairement du camphre ; en fait, on retire de 1%#,5 à 66,5 de bornéol de certains individus et on n'obtient rien sur beaucoup d’autres.
Le Blumea balsamifera,ou camphrée, est en Indo-Chine le dai-bi des Annamites. C’est un sous-arbrisseau de la
famille des Composées, de 1 mètre à 21, 50 de hauteur. On le retrouve dans l'Inde, en péninsule malaise, à Java et aux Philippines. En Indochine, les indigènes en pratiquent dépuis longtemps la distillation au Tonkin et au Laos. Les
feuilles, récoltées en octobre, sont mises avec de l’eau dans,
une marmite posée sur le feu : et sur cette marmite en est
renversée une autre, de mêmes dimensions, dont les bords
sont lutés avec de la glaise. Cette marmite supérieure est, en outre, entourée d’un tronc d’arbre évidé, dans lequel passe de l'eau et qui forme réfrigérant. Le camphre qui se dégage des feuilles vient se déposer sur les parois continuellement refroidies. Ce camphre, qui ressemble à celui du Cinnamomum Camphora, est très recherché des Chinois qui lenomment ngai-camphon et l'emploient en médecine, ou pour parfumer leur première qualité d'encre de Chine. La distillation dure 48 heures : 25 kilos de feuilles donneraient 120 grammes de camphre.
Ilicium verum Hook.
Le badianier, qui fournit l’anis étoilé du commerce, ne serait pas, comme on l’a longtemps pensé, l’{Uicium anisalum Gaertn., mais, d'après M. Eberhardt, l/’Z{icium verum, du sud de la Chine, introduit de longue date dans le Haut-Tonkin (régions de Dong-dang, Vinh-Rât, Halung, Nacham, Thatkhé, et massif du Mauson).
C'est un arbre à port pyramidal, de 10 à 15 mètres de hauteur, au tronc lisse et blanc, rappelant, dit M. Eberhardt, «le tronc uni de nos hêtres, avec la couleur blanche de celui des bouleaux ». Il peut vivre plus de 200 ans.
Dansle Haut-Tonkin, la récolte a lieu de juillet à octobre. L'indigène l'effectue à la main, en grimpant dans l'arbre, sans aucune précaution. La distillation est faite dans des appareils qui, d'ordinaire, appartiennent au village et qui sont loués par celui-ci aux divers propriétaires.
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BADIANIER. 89
Les fruits, sans être au préalable desséchés, sontmis, avec de l’eau, dans une marmite M (fig. 25), quesurmonte un vase en terre cuite (R), en forme detroncde cônerenversé. Le fond de ce vase, qui est donc la petite base du tronc de cône,
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Fig. 25. — Appareil pour la distillation des fruits de badianier (d’après Eberhardt)
est concave sur les bords et percé de trois trous; dans la partie supérieure, correspondant à la grande base, s'emboîte un plat creux (C) dans lequel cireule continuellement un courant d’eau qui est amené par un bambou et s'écoule par un autre. Lorsque le feu est allumé au-dessous de la
marmite — qui estun vase haut, bombéun peu au-dessus du milieu de sa hauteur — les vapeurs passent par les trois trous dans le vase tronc-conique, où elles se condensent. Le mélange d’eau et d'essence se réunit alors dans la rigole annulaire du fond, d’où une ouverture le mène, par un tube en bambou, dans un récipient posé sur un support, près de la marmite. Dans ce récipient, la différence de densité amène une séparation entre l’eau et l'huile essentielle: celle-ci vient surnager, pendant que, par un siphon ingénieusement imaginé, qui fait communiquer Je fond du récipient avec le fond de la marmite placé plus bas, l’eau repasse dans cette marmite. L’essence que cette eau à pu retenir en petite quantité n’est ainsi pas perdue.
Le produit recueilli est vendu par les indigènes à des commerçants, qui le livrent à l'exportation après lavoir toutefois vérifié. La vérification consiste à laisser pendant quelque temps en repos l'essence achetée, pour permettre la séparation de l’eau ajoutée frauduleusement. l’exportalion est faite en bidons d’une contenance de 7K8,500, emballés par quatre dans des caisses en bois.
I n’y à pas, au Tonkin, de culture méthodique du badianier. L'indigène, le plus souvent, peu après la récolte d'octobre, sème les graines à la volée en pépinière autour de sa maison; puis, le moment venu, il repique les jeunes plants, et dès lors, en dehors de la récolte, il ne s'occupe plus deses arbres qu'une ou deux fois par an, pour enlever la brousse qui pousse autour.
D'après M. Eberhardt, le badianier aurait surtout besoin d'un sol profond, ni marécageux ni trop siliceux, non plus que trop calcaire, riche en humus. Le soleil ne doit pas être trop vif, et il est bon d’ombrager. L'arrosage, en période de sécheresse, est aussi utile.
Les Annamites repiquent généralement vers le treizième mois, sur les mamelons qu'ils ont choisis comme terrain de plantation, et où ils ont, longtemps à l'avance, creusé