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COCA. Di:
des trous de 30 centimètres environ de profondeur, dans lesquels ils ont entassé des feuilles mortes. Les intervalles sont à peu près de 5 mètres. M. Eberhardt pense que cel espacement est insuffisant et devrait être porté à 8 mètres; pour ce même botaniste, il y aurait aussi avantage à n'effectuer la transplantation qu'au bout de 2 ans.
Bien planté et bien soigné, le badianier doit atteindre, entre 20 et 25 ans, 7 à 8 mètres de hauteur et un diamètre de 42 à 13 centimètres. Normalement, la première récolte a lieu à 10 ans, les premières fleurs apparaissant à 7 ou S ans.
Chaque année, la floraison commence en avril et se répartit sur 2 ou 3 mois; les fruits sont mûrs en 2 mols. De 10 à 20 ou 25 ans, la moyenne de récolte, par pied, est de 30 à 35 kilos : à partir de 20 à 25 ans, elle est de 40 à 45 kilos.
M. Eberhardt dit que des feuilles du badianier, cueillies vers le milieu de la saison sèche, on pourrait retirer une essence très odorante et d’une belle couleur, qui lui parait intéressante.
Erythroxylon Coca Lmk.
Beaucoup d'£rythroæylon contiennent de la cocaine; l'Erythroæylon Coca n'est le plus intéressant et le seul exploité que parce qu'il en contient beaucoup plus que les autres espèces. Ainsi des feuilles d'Erythrorylon laurifolium Lmk., des Mascareignes, analysées par Eijkmann, en contenaient 0,1605 p. 100, et des feuilles de l'Ærythroxylon burmanicum Grir. 0,4675, tandis que la teneur de celles de l'£rythroxylon Coca étudiées par Île même chimiste était de 1,3196.
Niemann, de Gœttingen, est Île premier qui, en 1859, isola le principal alcaloïde de larbre à coca du Pérou el en signala les propriétés. Les études de Niemann passèrent
toutefois presque inaperçues, et ce n'est que depuis 1884, — année où un étudiant en médecine de Vienne, M. Küller, démontra, par des expériences précises, les services que le produit peut rendre, comme anesthésique local, dans les opérations chirurgicales — que l'£Erythroxylon Coca a pris pour nous une véritable importance. Antérieurement l'intérêt de la plante était resté localisé dans ses pays d'origine, le Pérou et la Bolivie, où les Indiens, depuis la plus haute antiquité, mâchent les feuilles du cocaïer pour tromper leur faim et leur soif, et aussi parce qu'ils sont persuadés qu'ils résistent mieux ainsi aux fatigues.
Avant la conquête espagnole, l'usage de la coca était au Pérou le privilège des Incas et des chefs, qui, par exceplion de faveur, l’accordaient quelquefois aux étrangers qu'ils recevaient. Mais les Espagnols, en arrivant dans le pays, autorisèrent et même engagèrent le peuple à user aussi du masticatoire... sur lequel ils s’empressèrent ensuite d'établir une sorte de monopole, qui devint ainsi une source sérieuse de revenus.
Aujourd'hui encore le porteur indien ne saurait se passer de son petit sac de coca, et, écrit M. Plane dans le récit de son exploration au Pérou, « la gratification d’un supplément de coca est toujours celle que ce cargador goûte le plus, et qu'il est préférable de lui octroyer, plutôt que du rhum, » Le même explorateur ajoute, au sujet de ses porteurs : « Toutes les 20 minutes, le convoi s'arrête pour prendre le repos de la cocada. Les charges sont déposées ou les hommes s’adossent simplement contre des arbres, et chaque Indien tire de sa petite bourse de laine une douzaine de feuilles de coca, qu'il met avec beaucoup de soin, une par une, dans sa bouche, en y ajoutant quelques fragments d’une petite pierre noirâtre, mastic durci fait avec les cendres caustiques de certains bois tendres spécialement choisis. Cette chique est conservée jusqu'à la prochaine cocada, »
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