COCA
Les petits fragments ainsi mastiqués en même temps que la coca sont ce que le péruvien appelle la //ipta, qui est, en effet, de la cendre, soit des tiges de diverses plantes telles que le Chenopodium Quinoa, soit de pétioles de feuilles de bananier.
L'£rythroxylon Coca, qui est, à l'état sauvage, un petit arbre de 3 à 5 mètres de hauteur, croît dans les Andes de l'Amérique du Sud (Bolivie, Pérou et Colombie) jusqu à 3000 mètres au moins d'altitude.
On connaît actuellement plusieurs variétés d'£rylthroxylon Coca, et notamment : une variété à feuilles larges, dite de Huanuco; une autre variété, au contraire à feuilles étroites, dite de Trujillo, et qui serait, pour Morris, la variété nova-granatensis; une troisième variété qui est de nouveau à feuilles larges et est celle connue dans l'Inde et à Ceylan; et enfin la variété Spruceana de Burck, qui est à feuilles étroites et est le cocaïer de Java, sans doute obtenu, comme la précédente, par la culture.
Au sujet toutefois des variétés de Huanuco et de Trujillo, M. Pozzi-Escot doute qu'elles soient réellement distinctes, car leurs caractères différenciels pourraient être dus aux différences de végétation des deux régions. Le cocaier de Trujillo est cultivé dans la haute vallée du rio Ghicama, sur le versant occidental des Andes, entre 1 500 et 3000 mètres. La température est élevée, l'éclairement très vif et l'humidité atmosphérique très faible. Il y a des pluies abondantes de janvier à mars, mais il faut irriguer pendant le reste de l’année. La région de Huanuco est tout autre; c'est la région de la montana (d'où le nom de coca de la montana donné encore à la coca de Huanusco), région dont le climat est voisin de celui de la zone amazonienne, c est-à dire tropical. Il y a constamment une chaleur élevée, et une grande humidité; les pluies sont abondantes. Les cocaïers sont cultivés là à une altitude bien inférieure à celle de larégion serrana, Mais, alors que dans la vallée du
Chicama, ils n’atteignent normalement que 2 à 3 mètres, ils parviennent à 5 et 6 mètres dans la région de Huanuco: et, dans cette dernière contrée, les feuilles sont plus riches en cocaine (d’un quart ou d’un tiers) que dans le rio Chicama. On parvient à extraire, par kilogramme de feuilles sèches, 8 à 10 grammes de cocaïne avec la coca de Huanuco, tandis qu'on n’en obtient que 5 à 7 avec la coca de! Trujillo. L'humidité contribue notablement à ce rendement plus élevé en alcaloïde.
La culture de l'arbre à coca, en Bolivie, a lieu principalement dans les vallées orientales des Andes qu’on appelle « les Yungas », dans les départements de la Paz et de Cochabamba. Les plantations de cocaïers sont divisées là en catos, qui ont chacun environ 30 mètres de côté.
La multiplication a lieu par semis, qui sont faits en pépinière, au mois d'août, en terre bien meuble. On ombrage avec des feuilles de palmier. L'année suivante, à la même époque, on repique les jeunes plants sur des terrasses bien exposées, à flanc de colline. Le sol à été au préalable défoncé avec soin. On espace à 12,50 environ. M. Nathan Lévy dit que, au Pérou, on ombrage les jeunes pieds qui viennent d'être transplantés (et pour lesquels M. Nathan Lévy indique des intervalles beaucoup moindres que celui” que nous venons d'admettre) en semant du maïs entre les” lignes. La Graminée, poussant beaucoup plus vite que les“ cocaïers, les ombrage pendant le temps nécessaire. Dans la suite, pour faciliter la cueillette, les arbres sont taillés” à 2 mètres de hauteur. Î
D'après M. Pozzi-Escot, la culture est parfois faite aussi à l'ombre, sous les abris fournis par de grands arbres. Les feuilles sont alors plus grandes, plus minces, et d’un vert plus sombre, mais moins riches en cocaïne que celles qui ont été ensoleillées.
La première récolte a lieu généralement vers la fin de” la troisième année, rarement plus tôt. L’effeuillage de la.
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