‹ (Les) Cultures industrielles en AlgérieChapitre 13 sur 26 · PLANTES COMMENTAIRES, AROMA- TIQUES, ETC · texte numérisé non relu

PLANTES COMMENTAIRES, AROMA- TIQUES, ETC

Ces cultures spéciales et les industries qui en dérivent sont encore à peine naissantes.

Câprier (Capparis spinosa). — On trouve cette Capparidée frutescente à l'état sauvage dans toute l'Algérie, mais depuis longtemps elle a disparu des environs des grands centres. Autrefois on la rencontrait en abondance dans le massif montagneux des environs d'Alger où elle est rare maintenant, cependant elle est encore assez commune, en Kabylie, aux environs de Bougie notamment où elle est exploitée par les indigènes. Dans cette localité, la récolte des câpres et leur préparation alimente un très petit commerce d'exportation que Ton se propose toujours de développer par des plantations bien soignées des meilleures races de Câprier.

La câpre est le bouton floral de la plante qui, récolté avant son épanouissement, est conservé dans du vinaigre et vendu comme condiment.

La culture du Câprier n'est pas difficile : ce végétal se plaît dans les milieux secs et sains et sur les coteaux qui, bien que caillouteux à la surface, permettent aux racines de s'y enfoncer.

Quelques binages, une simple taille raisonnée, car les inflorescences se développent sur les rameaux de l'année, suffisent pour entretenir la végétation et assurer des récoltes normales.

Multiplication facile par semis, bouture et marcottage.

Cette plante est bien connue dans tout le bassin méditerranéen : elle est l'objet d'une culture suivie sur la côte provençale où se trouvent quelques bonnes races, mais il convient de rappeler que son exploitation ne sera vraiment économique en Algérie que 1* où la croissance spontanée du Câprier indique déjà que le milieu est convenable pour cette culture et où la main-d'œuvre est abondante et à bon marché.

La Kabylie littorale semble donc bien choisie et la fabrication d'un bon vinaigre de vin pourrait être une industrie connexe.

Coriandre (Coriandrum sativurri). — Cette Ombellifère annuelle est cultivée par les Arabes et les Kabyles sur de petites étendues. On la trouve sur les marchés indigènes où elle est achetée comme condiment aromatique et stimulant.

Cette plante est usitée dans le bassin méditerranéen et même dans le midi de la France. Elle exhale une odeur pénétrante infecte assez insupportable, due à une huile essentielle : on l'appelle pour cela le Mari de la punaise.

Fenouil (Fœniculum vulgare). — Cette Ombellifère dont toutes les parties ont une forte odeur aromatique est consommée à l'état de jeunes tiges comme condiment.

Elle n'est que très rarement cultivée.

Fenugree (Trigonella fœnum grœcum). — Cette Légumineuse est subspontanée : ses graines aromati-

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ques sont recherchées pour différents usages par les peuples orientaux.

On la cultive rarement.

Houblon (Humulus lupulw). — Cette grande Urticée vivace, à tiges volubites dont les inflorescences sont si appréciées pour la fabrication de la bière à cause du principe amer qu'elles contiennent, la lupuline, est plutôt une plante des pays tempérés froids à pluies estivales.

Les régions méridionales et principalement l'Algérie, a été sec, ne conviennent pas à cette plante qui a été essayée plusieurs fois dans les vallées de la Kabylie, puis enfin reprise sans succès par les immigrants alsaciens-lorrains après 1870.

Il a fallu renoncer à cette culture et continuer à faire venir le houblon de la France ou de l'Allemagne pour la fabrication de la bière : cela est d'autant plus regrettable que l'Algérie importe annuellement environ 3 millions de litres de bière.

Il n'y a que quatre brasseries en Algérie : à Alger, Aumale, Gonstantine et Oran.

Arom -root et Gingembre ne sont pas de culture possible en ce pays.

LES AURANTIACÉES INDUSTRIELLES

Oranges, élirons, cédrats, efe.

L'aire de végétation des Aurantiacées est très restreinte en Algérie, dans le sens de la profondeur du pays, c'est-à-dire que ces végétaux ne s'éloignent que faiblement du littoral.

Les belles orangeries de la Mitidja et de quelques points de la Kabylie sont connues : on sait aussi qu'avec de l'eau ces arbres prospèrent dans toutes les plaines peu élevées et voisines de la mer.

En dehors de la production des fruits pour la consommation, l'industrie met peu à contribution les principes essentiels contenus dans divers organes de ces plantes ordinairement odoriférantes dans presque toutes leurs parties.

Bergamotier (Gitrus bergamia), à fruits non comestibles, très acides, mais très parfumés dont on retire des produits connus sous les noms de Bergamote et Mellerose.

Bigaradier (Citrus bigaradia), à fruits très amers non comestibles, et dont l'écorce séchée après avoir été découpée en lanières sert à différentes préparations : elles sont connues sous le nom d'Ecorces d'oranges amères et employées par la pharmacie ou pour la fabrication de certaines liqueurs.

Des fleurs, plus odorantes que dans les autres espè-

ces, on extrait l'Essence de fleurs d'oranger et le Néroli.

Des feuilles et des jeunes branches distillées on obtient une essence dite petit-grain.

Les Bigaradiers à feuilles de Myrte et de Saule, Citrus myrtifolia et salicifolia sont des petites espèces dont les fruits confits sont connus sous le nom de chinois.

Usages locaux dans certaines exploitations.

Cédratier {Citrus medica), à fruits non directement alimentaires, mais se prêtant à la confection de compotes ou de confiseries. Autrefois les Cédrats étaient très recherchés pour ces usages.

Citronnier {Citrus limonium). — La fructification des citronniers est très abondante et l'arbre est rustique, cependant les citrons, même de bonne qualité, trouvent difficilement un prix rémunérateur sur les marchés locaux et ne sont pas appréciés pour l'exportation.

On reproche au citron algérien son peu d'acidité. En effet, on a confondu longtemps et planté des Limettiers à fruits doux au lieu de Limoniers à fruits acides.

Actuellement, des plantations de Citronniers de Païenne et de Naples, à peau fine et dorée, à pulpe juteuse et acidulé donnent d'excellents produits.

Les tentatives d'extraction de l'acide citrique n'ont pas été satisfaisantes.

Mandarinier {Citrus nobilis ou deliciosa) 9 à

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fruits délicats, mais de moins longue conservation que l'orange.

La liqueur de mandarine faite dans certains centres algériens est souvent une très bonne préparation qui a pris sa place dans le commerce des liqueurs.

Orangers à fruits doux (Citrus aurantium) et leurs nombreuses variétés.

Les Oranges constituent un assez grand commerce d'exportation : elles sont recherchées sur les marchés locaux, môme par les indigènes.

La cueillette des fleurs qui sert à fabriquer une eau de fleurs d'orangers, mais moins estimée que celle de Bigaradier, doit être faite avec prudence sur les arbres fructifères. Le prix du kilog.de fleurs varie entre 0.60 et 1.20 : ce sont principalement les Arabes qui font cette récolte.

L'écorce de l'orange fraîche, mais non avariée, entre dans la composition de certaines liqueurs ; on enlève cette écorce à l'aide de petits instruments, puis le fruit ainsi pelé est immédiatement revendu pour la consommation. On peut voir ce commerce à Marseille où arrivent des oranges de tout le bassin méditerranéen.

Les autres préparations avec l'orange ne concernent que des usages locaux ou familiaux et ne paraîtraient devoir préoccuper que si l'exportation des fruits frais tendait à diminuer.

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