‹ (Les) Cultures industrielles en AlgérieChapitre 3 sur 26 · TUBERCULES EXOTIQUES · texte numérisé non relu

TUBERCULES EXOTIQUES

On avait penàé extraire aisément des matières féculentes de certains tubercules communs dans les régions intertropicalés, mais les expériences ont démontré que si quelques-uns pouvaient résister sur le littoral algérien, ils y étaient sans rôle utilitaire. Tels sont :

Gingembres (Maranta ou Arow*root) sont sans rusticité.

Les Aroïdées, Caladium divers, le Caladium edvle OU Taro pris comme type, ne peuvent venir que sur le littoral, mais ils n'ont qu'une faible teneur en fécule, puis il faut les débarafcser de îeurs principes 1 acres et nuisibles.

PLANTES SACCHARIFÈRES

Dès le début de l'agriculture française en Algérie, pensant trouver en ce pays un climat voisin de la forme tropicale, on a tenté la culture des végétaux saccharifères et, dans cet ordre d'idées, la Canne à sucre a été plantée sur plusieurs points de la colonie, mais ces essais ont été infructueux ainsi que pour le Sorgho suwé et la Betterave, quoique pour cette dernière plante la question ne paraisse pas entièrement résolue suivant certains agronomes.

Betterave industrielle. — La betterave n'a été cultivée jusqu'à ce jour que comme plante fourragère, encore prend-elle une place presque nulle, dans l'assolement.

La question s'est pesée dans diverses circonstances de savoir s'il ne serait pas possible de .produire la betterave du type industriel pour la fabrication de l'alcool et surtout pour celle du sucre dont la consommation est relativement considérable en Algérie (5 à 6 millions de francs par an).

Les analyses de betteraves à sucre obtenues en Algérie en terre sèche ou arrosée ont montré que dans certains cas ces racines avaient une richesse à peu près égale à celle mise en œuvre dans les sucreries de la France.

En plus des difficultés de la législation spéciale, les conditions économiques actuelles de l'Algérie ne permettent pas de penser que les diminutions de frais généraux de fabrication pourraient-être un avantage.

Le prix de la main-d'œuvre est plus élevé ^n Algérie que dans la métropole et le charbon qui y coûte 11 à 13 fr. la tonne rendue à l'usine serait trois fois plus cher.

Les analyses des betteraves sucrières recueillies en Algérie suffisent pour donner des indications intéressantes.

En 1883, M. Bernou, pharmacien militaire à Alger a trouvé dans 10 variétés de betteraves sucrières une richesse saccharine variant de 10 à 19 p. 100 de jus (saccharose).

En 1893 et 1894, M. Trottier, distillateur (1) à Hussein-Dey a fait l'expérience suivante :

Un hectare de betterave sucrière (Vilmorin), a donné environ 32.000 kilos de racines : les analyses ont fait ressortir le rendement en sucre entre 3.050 et 4.050 kilog.

Il est reconnu que la culture de la Betterave n'est guère possible sans le secours de quelques irrigations et que, rationnellement conduite elle exige une dépense de 500 francs par hectare.

Canne à sucre (Saccharum oflîcinarum). — Les expériences sont maintenant assez concluantes pour bien établir que la Canne à sucre n'a aucun avenir industriel, d'abord parce qu'elle ne rencontre pas en Algérie des conditions climatériques pouvant suffire à son entière constitution.

La culture de la Canne quoique ayant été tentée dans la zone littorale, dans les terres riches des plaines soumises à des irrigations estivales très réguliè-

(1) Algérie Agricole.

res, dans la province d'Oran notamment, n'a pu résister aux abaissements au-dessous de zéro qui sont assez fréquents.

Cependant, quand ces froids ne se produisent pas, la Canne à sucre bien soignée atteint une hauteur de l m 60 environ. L'évolution végétative et la saccharifération paraissent se terminer dans le courant de février.

Au Jardin d'Essai d'Alger, la teneur en sucre atteint quelquefois de 10 à 12 p. 100 suivant les années; la quantité de glucose est très faible.

On. sait que la culture de la Canne à sucre qui avait été très prospère, il a quelque 25 ans, sur toute la côte Est de l'Andalousie, d'Alméria à Gibraltar, a disparu pour faire place à la Betterave dont l'aire d'extension est plus grande et dont la culture est moins dispendieuse.

En résumé, les essais faits sur divers points de l'Algérie avec la Canne à sucre démontreraient que la faiblesse du rendement en matières sucrées ne couvrirait pas les dépenses de culture et de fabrication pour obtenir du sucre et de l'alcool.

Les principales variétés cultivées ont été :

Canne à sucre grosse blonde.

— blonde d'Otaïti.

— violette.

— rubanée violette.

— petite verte de l'Inde.

Caroubier (Ceratonia siliqua). — Les fruits de cette Légumineuse arborescente, les Caroubes contiennent une grande quantité de sucre.

Le Caroubier se rencontre à l'état spontané en Algérie et dans une zone assez limitée puisqu'il s'arrête bien avant POlivier : dans certains cas des plantations ont été faites par des colons qui commencent à en recueillir les fruits.

Les analyses chimiques de caroubes récoltées dans une plantation faite à Bougie, il y a une quinzaine d'années, confirme la grande richesse saccharine de ces fruits.

En moyenne 100 kilos de siliques sèches, sans leurs graines, donnent 41 kilos de sûçre total :

Saccharose 21 .46

* Glucose 19.62

C'est encore à MM. G. Rivière et Baillache que nous devons une analyse complète de nos caroubes algériennes ; elle s'établit ainsi :

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