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PLANTES OLÉAGINEUSES

L'olivier est resté la culture oléifère par excellence.

Depuis l'ouverture du canal de Suez qui a ciéversé sur les marchés de Marseille une grande quantité de graines oléagineuses de l'Extrême-Orient et depuis refltteBBion de la culture du coton et de l'utilisation de sa graine, les végétaux producteurs d'huile ont été délaissés en Algérie.

L'usage du pétrole a également contribué à restreindre l'écoulement des graines grasses.

Les principaux oléifères sont :

Arachide (Arachis hypogea). — Cette Légumineuse connue en Algérie sous le nom de cacahuète, est originaire du Brésil, mais elle est cultivée dans beaucoup de régions intertropicales, notamment sur la côte occidentale d'Afrique : c'est une grande production du Sénégal.

En Algérie cette culture est très restreinte, car elle ne convient qu'à certains terrains légers et riches : elle n'a donc aucun intérêt au point de vue oléagineux.

Son rendement de 500 à 700 kilos à l'hectare est minime comparé à celui fourni par d'autres pays. La graine plus ou moins riche en huille est alimentaire car sa farine contient de 30 à 32 0/0 de matières azotées.

Cette plante annuelle est cultivée par quelques tribus arabes et par des maraîchers aux environs des villes.

Arganier ou Àrgan (Argania sideroœylon). — On doit citer cette Sapotèe originaire du Maroc parceque sa culture a été conseillée dans les terrains arides, indication certainement fausse.

Arbre épineux, poussant mal, lentement et dont les fruits contiennent un quart en moins d'huile que les olives.

Huile appréciée et agréable quand elle est fraîche.

L'Arganier ne saurait avoir, à coté de V Olivier, le moindre rôle économique dans l'Afrique du Nord.

Cameline (Myagrum sativum). — Cette Crucifère d'hiver, de végétation facile, craint les sécheresses. On évalue son rendement en graines de 12 à 20 hectolitres à l'hectare. Sans avenir en Algérie.

Colza (Brassica o'eracea campestris). Cette Crucifère serait une bonne culture hivernale si les produits de l'Inde ne défiaient toute concurrence sur les marchés de Marseille.

Dans les années humides les colzas algériens ont donné des rendements satisfaisants : 30 hectolitres de graines à l'hectare, mais l'huile a été difficilement placée.

Dans les années à printemps sec, cette culture est aléatoire.

Lin {Linum usitattssïmum). — Cette plante annuelle de la famille des Linées, a été autrefois une culture hivernale fort productive comme graine oléagineuse, mais les produits similaires de l'Extrême-Orient ont déprécié les cours en Algérie.

On cultive pour graines le Lin d'Italie, variété plus robuste que le Lin de Riga pour filasse, demandant des terres moins riches et supportant mieux les intempéries.

Une bonne culture donne environ 10 à 12 quintaux de graines par hectare, mais les prix qui étaient autrefois de 35 francs les 100 kilos sont descendus entre 22 et 24.

Il n'y a aucune usine en Algérie pour traiter cet oléagineux dont la culture se restreint de plus en plus.

Madie du Chili (Madia sativa). — Cette Composée très rustique de culture hivernale a une odeur forte, peu agréable et son huile a un goût particulier. Plante abandonnée.

Olivier. — VOlivier occupe certainement la plus grande place parmi les produits qui exigent une manipulation industrielle.

L'industrie des huileries commence seulement à préoccuper les Européens et sur quelques points des usines t à outillage perfectionné se livrent à une fabrication rationnelle de l'huile d'olive.

Jusqu'à ce jour la culture de l'Olivier est presque exclusivement entre les mains des indigènes qui fabriquent également au-moins les deux tiers de l'huile produite dans le pays : ils cultivent des variétés très oléifères.

La statistique triennale de 1894-1896 évalue à 4.376.476 les oliviers greffés possédés par les indigènes.

On peut estimer de 300.000 à 400.000 hectolitres la

fabrication de l'huile d'olive en Algérie dont le commerce d'exportation est assez limité puisqu'il représente à peine 1.500.000 francs avec un relèvement cependant marqué pour la période 1899-1900. L'huile d'olive étant une base de l'alimentation des indigènes, ces derniers ne sont pas incités à fabriquer pour l'exportation.

L'attention de l'industrie européenne doit donc être attirée sur les ressources en matière première qu'offre l'Olivier. Une meilleure fabrication permettrait à l'oléiculture de lutter contre l'invasion des huiles d'importation dont les arrivées sont de plus en plus importantes.

En effet, l'Algérie reçoit annuellement environ un million de kilogrammes d'huile d'olive et plus de 40 millions de kilogrammes d'huiles de graines grasses.

Pavot blane (Papaver domniferum). — Les essais négatifs faits avec cette plante annuelle ne laissent plus aucun doute sur la difficulté d'en obtenir un produit économique, suc laiteux qui est l'opium. Sa récolte est lucrative dans l'Orient, dans l'Inde principalement, mais il n'en est pas de môme en Algérie par le manque de main d' œuvre à bon marché.

Considéré comme oléifère, le pavot ne rend pas comme en France, une qualité d'huile suffisante.

Dans le Nord de la Métropole cette huile connue le nom d'œillette est estimée et recherché à l'égal de l'huile d'olive.

Les têtes ou capsules de ce pavot donnent environ six quintaux à l'hectare produisant 40 0/0 d'huile.

Ricin (Ricinus communts, sanguineus et autres espèces ou variétés). — La culture du Ricin a souvent préoccupé le cultivateur algérien, mais les essais qui ont été faits avec cette Eicphorbiacée n'ont pas été heureux. Il faudrait attribuer la cause de ces échecs réitérés aux gelées printanières et aux grêles, puis aux exigences de la plante en eau d'irrigation pendant Tété pour assurer des rendements moyens.

La cueillette impose l'emploi d'une main-d'œuvre assez considérable. Il y aurait économie à fabriquer l'huile sur place ou dans la région pour les besoins locaux, savonnerie, huile de graissage, etc.

On estime la production d'un hectare, en bonne terre, à 3.000 kilog. environ de graines non décortiquées soit 125 à 150 litres : c'est un faible rendement, l'huile industrielle valant, suivant pression, de 50 à 65 francs à Marseille.

Soleil ou Tournesol (Helianthus annuus). — Cette grande Composée du Pérou, herbacée et annuelle, # qui exige pour vivre beaucoup d'humidité et cfui se plait dans certaines parties de l'Europe, n'est pas indiquée pour l'Algérie.

On l'a essayée dans les terres humides et marécageuses comme asséchante, cependant dans ces conditions elle n'a pas toujours produit des graines en quantité suffisante.

Ses graines fournissent une huile comestible et industrielle ou sont utilisées pour la nourriture de la volaille.

Sésame (Sesamum indicum). - Cette Bignoniacée

herbacée de l'Orient et des Indes- Orientales appartient presque à l'agriculture arabe, mais insensiblement cette plante a disparu du bassin méditerranéen.

L'huile retirée de ses graines est comestible, excellente même, quoique inférieure à celle de l'olive. . Il faut à cette plante des bonnes terres, de la chaleur et par conséquent de l'irrigation régulière : elle souffre du siroco qui lait éclater brusquement ses capsules à l'époque de la maturité, faisant perdre ainsi un grand nombre de graines.

L'Afrique du Nord ne peut lutter contre Madras où la main d'œuvre est bon marché. Marseille est tributaire de ce pays.

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