PLANTES A CIRES, A LAQUES, A RÉSINES A VERNIS, ETC
Les différents végétaux producteurs de ces matières n'ont aucun rôle à jouer f dans nos cultures algériennes; ils sont pour la plupart sans rusticité et par conséquent sans valeur économique.
Arbres à vernis (Eleococca vernicifera). — Euphorbiacée arborescente produisant en Chine une graine oléifère, espèce de noix de laquelle on extrait une sorte de mastic, de vernis, de laque, etc., matières qui servent à la conservation de beaucoup d'objets.
Toutes tentatives d'acclimatation ont été vaines en Algérie.
Arbre à suif (Croton sebiferum, Stillingia). — Cette Euphorbiacée arborescente originaire de la Chine et du Japon est rustique dans le climat marin : elle se couvre de graines abondantes, de la grosseur d'un pois, blanches, recouvertes d'une matière sébacée qui est le suif végétal.
Ce produit n'a aucun avenir dans l'industrie, même pour des usages locaux.
Camphrier (Laurus camphora). — Cet arborescent de la famille des Laurinées, originaire de la Chine, du Japon, de Formose, etc., est rustique sur le littoral algérien et dans toutes les parties montagneuses du climat marin où il ne gèle pas au dessous de —3°.
La bonne végétation de cette plante dans ces condi-
tions avait incité certains industriels à procéder à des plantations régulières de cette Laurinée pour en extraire du camphre, actuellement fort recherché pour certaines préparations pyrotechniques. Mais d'après les expériences qui ont été faites au Jardin d'essai d'Alger, et sur des arbres de diverses provenances, malgré l'odeur prononcé^ des feuilles et du bois, la quantité de camphre qu'ils contiennent est infime et réduite à l'état de traces. Ces analyses ont été confimées par feu Aimé Girard, de l'Institut.
Cirier (Myrica cerifera), de l'Amérique du Nord, également sans utilité.
Riras vernieifera, sueeedanea, de la Chine et du Japon, résistent dans le climat marin, mais sans utilité industrielle.
Certains Palmiers exsudant une matière cireuse sont de médiocre végétation même sur le littoral.
Ceroxyloii andieola, de la nouvelle Grenade australe, Iles Juan Fernandez.
Les Conifères qui constituent en grande partie les forêts algériennes se prêtent peu à l'exploitation des résines en raison de leur difficulté d'accès.
Le Pin d'Halep est saigné par les Arabes pour leurs usages.
Le Thuya ou Callitris quadrivalvis produit une résine particulière appelée Sandaraque.
PLANTES SAPONIFÈRES
Savonnier du Hamma (Arbre à savon). — Sapindus. — Un Savonnier a produit dans les cultures du Jardin d'Essai d'Alger une forme particulière se signalant par sa robusticité, sa fructification et la richesse de son fruit en matière saponifère.
Jusqu'au moment où les mérites de cet arbre ont été reconnus on employait indiférament pour différents usages les fruits de divers Sapindus, notamment du S. Indiens, et ce serait perpétuer une erreur que de laisser croire un seul instant qu'il y a pu avoir confusion entre ces différentes espèces et celle en question.
Ce Savonnier a été longtemps connu et Test encore sous le nom d'introduction Sapindus marginatus, mais d'après l'étude de Rhadlkofer il faudrait le rapporter au Sapindus Mukorossi.
Cependant comme la plante a été déterminée sur des échantillons de culture provenant du Jardin d'Essai on a cru devoir mieux la spécifier Sapindus Mukorossi, var carinatus, à cause de la forme de son fruit.
Les fruits saponifères de ce bel arbre sont employés à divers usages domestiques notamment pour le lavage des étoffes de drap et les lainages.
Une simple macération de ces fruits dans de l'eau chaude suffit pour faire une émulsion savonneuse qui en appropriant les étoffes précitées leur laisse un lustrage tout particulier.
L'administration du Jardin d'Essai préoccupée des
avantages économiques de cette espèce la signala, puis procéda à l'analyse chimique de ses fruits pour en déterminer les principes actifs, aussi en 1889, on put présenter à l'Exposition universelle, grâce aux travaux de MM. G. Rivière et Baillache, du Laboratoire agronomique de Versailles, une matière saponifère extraite des fruits qui intéressa vivement les industriels.
Mais cette matière se modifiant et se concrétant avec le temps, à cause de certains corps qu'elle contenait, du sucre notamment (6 p. 100), les habiles expérimentateurs précités procédèrent à l'extraction de la saponine pure obtenue par le traitement des fruits par l'alcool et le séchage dans le vide.
Ce-nouveau produit tut exposé à l'Exposition coloniale de Lyon en 1894 où il fut apprécié par l'industrie.
L'analyse chimique du Savonnier du Hamma faite en 4888 par MM. Rivière et Baillache révèle la composition suivante :