PULPE
séchée séehée
dans le vide à l'air
Eau » 14.00
Acide volatil (acide formique) ... » 25
Substance grasse 1.75 1.50
Sucre (saccharose) 6.50 5.55
Gomme . 4.25 . 3.65
Cellulose 11.00 " 9.40
Saponine 72.50 62.20
Matières extractives indéterminées 4 . 00 3 . 45
L'amande contient de l'amidon et de l'huile.
Ce Sapindus est prospère dans toute la zone de
l'Oranger : c'est dire qu'il ne saurait sortir du climat marin.
Depuis beaucoup d'années on multiplie facilement cette belle race du Hamma par le bouturage qui la fixe. Au bout de 10 ans un arbre est en pleine fructification et ses produits ont un écoulement assuré pour les usages locaux au prix de 1 fr. et 1 fr. 25 le kilog.
VEGETAUX CAOUTCHOUQUIFERES
Malgré l'importance prise par les matières caoutchouquifères dans l'industrie, l'élévation de leur prix et la crainte de les voir manquer un jour, on ne saurait assigner à l'Algérie du Nord et du Sud aucun rôle dans la production du caoutchouc, tout au moins dans l'état actuel de nos connaissances sur les végétaux fournissant ce produit.
La remarquable végétation de certains Ficus, sur le littoral seulement, avait attiré l'attention de quelques industriels séduit aussi par l'abondance du latex poisseux et d'apparance coagulante que laissaient couler les incisions répétées de l'écorce, des branches et même des racines adventives ou aériennes. Nous verrons par la suite la valeur de ce latex.
Les plantations de végétaux à caoutchouc sont à Tordre du jour dans toutes les colonies, au mieux dans toute la zone intertropicale du globe.
Il convient de rappeler que ces plantes avaient toujours attiré l'attention des acclimateurs et des directeurs de jardins botaniques
A la suite des expériences du Jardin d'Essai, nous sommes fixés depuis longtemps, sur la rusticité et le caractère nullement économique de ces végétaux eu Algérie.
En effet, ces tentatives répétées ont démontré que les nombreuses espèces dont la liste suit ne résistent
pas aux hivers et doivent être conservées en serre chauffée dès les premiers jours de novembre, pour n'en sortir qu'à la fin de Mai : de plus, si dans ces milieux fermés la température descend à -f- 10 f et si ces abaissements se renouvellent quelque peu, on voit les plantes souffrir et périr rapidement.
Bassia latifolia, Inde.
— longifolia, Inde.
Gastilloa elastica, Mexique.
Ghrysophyllum divers, Mexique.
Hancornia speciosa, Amérique du Sud.
Hevea brasiliensis, Amérique du Sud.
— guyanensis, Amérique du Sud.
Landolphia divers, côte occidentale d'Afrique.
Parmi les grandes Artocarpées le genre Artocarpus, ne résiste pas.
Artocarpus integrifolia, Moluques.
— incisa, Moluques.
Dans les Sapotées, VAchras sapota des Antilles est une plante de végétation chétive.
Dans les Apocynées quelques sujets offrent sur le littoral une certaine résistance, notamment les Plumeria 9 ei\ terres riches où l'eau ne séjourne pas l'hiver et dans des localités où la grêle n'est pas à craindre.
Cependant un grand arbre se signale par sa rusticité.
Alstonia seholaris, Indes or. — Ce végétal, dont on remarque non sans étonnement la bonne tenue au Jardin d'Essai d' Alger, y a 15 mètres de
hauteur et 70 cent, environ à sa base. Son latex est peu abondant et de qualité nulle.
Quant aux plantes à Outta Percha, notamment tout le genre Isonandra (Palaquim) dont la plupart des espèces sont originaires des parties les plus chaudes des Indes orientales et de la Malaisie, des expériences longues et coûteuses ont démontré que le froid et la sécheresse du climat algérien étaient nuisibles à ces plantes délicates à l'extrême, et que môme elles ne pouvaient y vivre dans une serre où la température s'abaissait à. moins de + 15°.
L'insolation directe et la chaleur de l'été leur étaient également défavorables.
Parmi les tentatives de cultures de plantes à caoutchouc dans les climats relativement tempérés on signale la résistance relative d'une Euphorbiacée.
Manihot Glazoivi, Brésil. — Cette plante est d'introduction trop récente en Algérie pour permettre de formuler un avis sur son avenir. On peut dire cependant que dans le jeune âge elle a besoin de soins horticoles et de vivre au moins deux ans sous abris. D'autre part sa durée d'existence est assez brève et en changeant de milieu elle ne paraît pas conserver Jes qualités de son latex, ainsi que le démontreraient déjà des expériences faites dans nos possessions de la côte occidentalo de l'Afrique.
Parmi les arborescents porteurs de latex à caoutchouc, des espèces du genre Ficus présentent seuls un développement remarquable et une véritable
rusticité quand elles restent strictement limitées à notre climat marin et surtout littoral. Quelques-uns de ces arbres âgés de 40 ans environ ont acquis des dimensions colossales et l'on peut admettre qu'ils ont atteint, depuis longtemps, le moment d'une exploitation normale, aussi ne semble-t-il pas téméraire d'affirmer que l'on peut se prononcer définitivement sur la valeur de leur latex.
Les expériences confirmées par des analyses chimiques viennent de démontrer encore une fois qu'il ne suffit pas d'obtenir d'une plante transportée dans un autre milieu toutes les apparences d'une végétation normale pour qu'elle contienne les substances économiques qui la font rechercher dans son pays d'origine.
Les Ficus arborescents que nous possédons en Algérie où l'on a pu y étudier une cinquantaine d'espèces^ sont tous d'origine exotique : aucune espèce du Soudan ne remonte dans nos limites sahariennes du Nord.
Les Ficus se présentent en quatre groupes à caractères bien tranchés dans leurs formes extérieures :
1° Troncs et branches à racines adventives.
2° Troncs et branches sans racines adventives et à inflorescences caulinaires.
3° Troncs lisses, sans racines adventives et sans inflorescences caulinaires.
4° Tiges flexueuses, sarmenteuses, etc.
1er groupe
Ce premier groupe nous intéresse plus particulièrement par la rapidité et l'ampleur de son développement.
La caractéristique de végétation de ces grands arborescents réside dans la présence de puissantes et nombreuses racines adventives ou aériennes. Ce caractère végétatif a une grande importance en ce sens que la plante présente une plus grande surface corticale à inciser et à hauteur d'homme.
Sur les premières ramifications d'un arbre adulte naissent des racines aériennes d'abord filiformes, souvent réunies en queue de cheval : elles se balancent au vent pendant leur élongation vers le sol ; mais quand elles l'atteignent, elles s'y fixent solidement pour prendre aussitôt un accroissement en diamètre qui fait que ces faisceaux de racines se soudent et constituent de véritables masses ligneuses au milieu desquelles le tronc, l'axe primitif de la plante a complètement disparu au bout de peu de temps. Plus tard, les nouvelles racines aériennes, descendant des hautes branches, se soudent dans leurs parcours sur d'autres parties ligneuses, racines ou branches. Souvent ces racines forment, suivant les espèces, des arcs-boutants, des supports ou des véritables colonnes, amarant fortement l'ensemble du végétal au sol et soutenant ses plus grosses ramifications.
Une section de Ficus à grandes feuilles, Ficus élastica pris comme type, se signale tout particulièrement par le développement puissant de ses racines aériennes.
Fieus maerophylla, Desf. de la côte orientale de l'Australie, souvent faussement dénommé F. Roœburghiiy Wall.
Ficus macropïiilla.
Cet arbre à dimensions colossales est le plus beau du type, en Algérie tout au moins, de développement et d'agglomération de racines adventives : c'est le Ficus le plus robuste, contenant le plus de latex et celui dont la multiplication s'obtient avec une grande facilité par le bouturage à l'air libre de très grosses branches pouvant être considérées comme de véritables arbres.
Il convient de ne pas confondre cette espèce avec le vrai Ficus Roocburghii, Wall, des Indes Orientales.
Cette dernière plante est bien différente. Sa feuille a une forme et une contexture autres, et quoique rustique elle est encore trop peu connue en Algérie pour permettre de porter un jugement sur l'intérêt qu'elle présente.
Ficus glumaeea et speeies, de formes voisines, sont des plantes analogues au type F. macrophylla par leur feuillage, leur latex abondant, mais émettant plus rarement des racines adventives : de très gros arbres n'en possèdent pas, d'autres nVn présentent que peu développées.
Ficus elastiea, Roxb. Indes Orientales. — Cette espèce bien connue et classique peut être considérée comme le type des précédentes. En Algérie, c'est un arbre de haute taille, à racines aériennes moins nombreuses que daus le F. macrophylla et de rusticité moindre que ce dernier. Son latex est très abondant (1 ),
({) On peut voir au Muséum d'histoire naturelle à Paris un tronc de ce Ficus avec ses racines aériennes et qui donnera une idée du développement de ces organes. Ce remarâuable échantillon a été envoyé par le Jardin d'Essai 'Alger il y a une vingtaine d'années.
Un autre groupe de Ficus à latex très abondant, également à racines adventives, est caractérisé par la disposition de ces dernières et surtout par son feuillage : racines éparses, en sorte de câbles, feuilles petites, de formes et de dimensions analogues à celles des Troènes et des Cormellias, de couleur plus ou moins lisse ou sombre.
Fieus ltevigata, Vahl. Iles Caraïbes. — Ce très grand arbre a des feuilles luisantes et des racines aériennes peu agglomérées, mais descendant d'une certaine hauteur en forme de longs câbles.
Fieus nitida, Thunb. Indes Orientales. — Grand arbre de même nature et ne différant guère da l'espèce précédente que par un feuillage plus petit et plus sombre.
Il y a plusieurs espèces ou formes voisines de ces deux types, également intéressantes par leur végétation et leur feuillage : elles contiennent aussi un latex abondant.
Fieus rubiginosa, Desf. Nouvelle-Hollande. — Ce très grand arbre à fût bien formé, produit des racines aériennes en chevelu, mais ne se développant que sur les jeunes branches et fort lentement. C'est l'espèce de Ficus qui paraît remonter le plus au Nord dans toutes les expériences d'acclimatation. Son latex est abondant.
2 e groupe
Ce groupe ne présente pas de racines adventives et a des inflorescences caulinaires. Dans les espèces qui
lé composent, il y a des arbres de grande taille, à fût bien formé, portant de fortes ramifications.
Ce groupe est beaucoup moins lactescent en Algérie que le précédent, du moins dans les espaces qui y ont été essayées et qui y résistent.
Ces végétaux sont caractérisés, en dehors de l'absence de toutes racines aériennes, par la disposition des inflorescences sur le tronc même et sur les branches principales.
Ces inflorescences se présentent généralement en ramifications plus ou moins courtes, mais quelquefois, dans certaines espèces, elles sont allongées en racème très développé et pendant : tel, par exemple, le Ficus Lichtensteinû, Linck, du Cap de Bonne-Espérance, arbre qui ne paraît être qu'une fourne du Ficus capensis, Thumb. Afrique austr.
Les principales espèces qui se signalent par leur grande taille sont :
Ficus laurifolia, Lamck, Indes Occidentales, à puissante ramure et dont les racines qui partent de la base du tronc émergent du sol, en arête assez vive, sur une certaine surface avant de s'y enfoncer. Cette plante est sensible au froid.
Ficus racemosa, Lin. Indes Orientales. Très grand arbre à forte cîme chargée d'un beau feuillage.
Ficus sycomorus, Lin. Egypte et Soudan. Grand arbre d'aspect cendré et à feuillage terne, craignant l'humidité stagnante et ne paraissant pas se plaire dans le Sahara du Nord, quoique rustique aux environs du Caire.
Ficus capensis. Thumb. Afrique austr. Arbre de dimensions moindres que les précédents.
Ficus redinata. Desf. Inde, arbre à ramifications étalées à feuillage abondant qui se renouvelle complètement tous les ans.
3 e Groupe
Ce groupement comprend des grands Ficus à tronc lisse, sans racines adventives, sans inflorescences caulinaires et sans latex abondant en Algérie.
Ficus Bottera, arbre colossal, à tronc rougeâtre à feuillage brusquement caduc annuellement.
Ficus Tsjela. Roxb. Indes Orientales.
— Benjaminea, Lin. Indes Orientales souvent confondu avec les F. religiosa et populifolia.
4 e groupe
Ces quelques espèces sont grimpantes :
Ficus repens. — Espèce polymorphe suivant les milieux,
Ficus barbata. — S'attachant aux autres végétaux.
Les Ficus forment un groupe très nombreux qui renferme beaucoup d'espèces intéressantes au point de vue botanique et horticole. (le sont des plantes en général très rustiques sur le littoral algérien, mais qui supportent fort mal la lisière saharienne du Tell,
même dans les parties les plus basses (Biskra et OuedRhir).
Sur une cinquantaine d'espèces qui ont été étudiées au Jardin d'Essai d'Alger on n'en a vu disparaître que quelques unes, sous l'effet du climat, notamment les Ficus Benghaleusis, Indica et launfolia.
Ce dernier, malgé sa taille gigantesque a été tué instantanément par un froid réel.
Certaines espèces de la côte occidentale de l'Afrique présentent un intérêt, mais elles sont encore trop nouvellement introduites pour permettre de formuler un avis à leur sujet, notamment sur le Ficus Vogelii,
Il y a aussi une série de magnifiques espèces dont quelques unes ont un latex peu abondant, mais qui sont rustiques sans avoir une végétation comparable à celle des autres groupes.
Ficus, Murrayana, newosa, nymphœfolia, rubrinervis, etc.
. La question qui nous intéresse particulièrement chez les végétaux caoutchouquifères à des degrés différents, c'est l'abondance et la valeur de leur latex.
La qualité du caoutchouc retiré des Ficus algériens a été souvent discutée : elle était réelle suivant les uns, nulle selon d'autres.
Il y a quelques vingt-cinq ans, quand les Ficus elasiica et macrophylla prirent sur le littoral, et au Jardin d'Essai notamment, un rapide développement sous l'influence de l'irrigation dans un bon sol, oa pratiqua naturellement des saignées ou des incisions
aux grosses branches et aux racines adventives qui laissèrent couler un lait abondant.
Ce lait de coagulation assez facile, de nature gluante et poisseuse paraissait, à l'état frais, une matière agglutinative et élastique qui attira l'attention et provoqua des appréciations contraires encore émises à l'heure actuelle.
En 1896 pour préciser la question, un célèbre chimiste, Aimé Girard, de l'Institut, reprit l'étude du latex des Ficus du Jardin d'Essai qu'il avait commencé en 1890. Ce savant expérimentateur mourut dans le le cours de ses expériences, mais on retrouva dans ses notes de précieuses indications résumées ci-contre et se rapportant à nos espèces les plus intéressantes.
Les laits provenant des diverses espèces de Ficus du Jardin d'Essai d'Alger présentent par rapport au latex des Ficus d'autre origine des anomalies extrêmement intéressantes (1).
En général, c'est entre 0.980 et 0.990 qu'il parait juste de placer la densité du lait de caoutchouc ordinaire, mais les laits des Ficus algériens ont donné des résultats autres :
Ficus macrophylla 1.000
(2 me échantillon). . . 1.005
— elastica 1.001
— nitida 0.971
— laevigata 1.005
(1) Lindet, Société d'encouragement pour l'Industrie nationale, juillet 1898.
Leur densité était donc voisine de l'unité, mais il convient de faire remarquer que le produit auquel ces laits doivent leur opacité était, au moment de l'étude, non pas de caoutchouc, mais une véritable résine.
La teneur en caoutchouc des laits de ces mêmes Ficus a été ainsi établie :
Caoutchouc 0/0
Ficus macrophylla 37.5
— elastica 17.3
— nitida 31.3
— laevigata 28.8
Le pourcentage élevé du caoutchouc dans le Ficus macrophylla d'Algérie a encore frappé quelques esprits qui n'ont pas conclu des espériences d'Aimé Girard jjue ce caoutchouc particulier n'était qu'une résine sèche et cassante sans aucune valeur industrielle.
Voici la nomenclature des principales espèces de Ficus essayées sur le littoral algérien et y présentant une végétation satisfaisante.
Ficus sycornorus, latex abondant, mais fluide, s'échappant rapidement après l'incision.
— racemosa, latex assez abondant.
— incarnea —
— oppositifolia —
— . leuconeura —
— quercifolia —
— Chauvierii —
— Neumannii ~
Ficus coronata, très peu de latex dans le tronc et les grosses branches, mais plus abondant dans les jeunes rameaux.
— carpensis, très peu de latex dans le tronc et
les grosses branches, mais en possédant dans les divisions du racème très développé.
— cordata, contenant peu de latex.
— mollis, —
— obtusifolia —
— - populifolia ? —
— laurifolia —
Les Ficus heterophylla et Vogelii paraissent avoir un latex abondant, mais les plantes sont encore trop jeunes pour êlre analysées.
Il en est de même pour VEucomia ulmoides 9 Euphor* biacée de la Chine tempérée qui donnerait une gutta, peu utilisable au dire des anglais qui se sont prononcés il y a quelques années feur la valeur de cette plante.